La Cité internationale de la tapisserie à Aubusson, dans le département de la Creuse en Nouvelle Aquitaine, est une institution publique à vocation culturelle, artistique et économique adossée à une filière de production de tapisseries composée de manufactures et ateliers privés. Son socle muséal intègre les collections de l’ancien musée départemental de la tapisserie fondé par André Chandernagor en au Centre culturel et artistique Jean-Lurçat. Installée depuis dans les anciens locaux de l’École nationale d'art décoratif d'Aubusson, elle présente à la fois l’histoire, les collections, et les savoir-faire de la tapisserie détenus depuis près de 6 siècles sur le territoire d’Aubusson-Felletin. Elle comporte également un centre de formation et mène une politique de création contemporaine et de promotion de l'écosystème art tissé / design et matières textiles sur le territoire sud creusois.
Historique Du musée à la cité vignette|gauche|Ancien musée de la tapisserie d'Aubusson, allée Jean-Marie Couturier, avant . Le syndicat mixte de la Cité internationale de la tapisserie à Aubusson, établissement public regroupant le conseil régional du Limousin, le conseil général de la Creuse et la communauté de communes Aubusson-Felletin et bénéficiant du soutien de l’État a été créé en , en réponse à l’inscription de la tapisserie d’Aubusson au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO en . Il a pour objectif la création et la gestion de la Cité internationale de la tapisserie visant à valoriser les savoir-faire de la tapisserie d’Aubusson, à développer la filière économique privée existante et à promouvoir la grande histoire de la tapisserie d’Aubusson.
En , la gestion des collections de l’ancien musée départemental est confiée au syndicat mixte de la Cité internationale de la tapisserie à Aubusson.
La même année, autour du nouveau Projet scientifique et culturel. (PSC), sont mis en place une politique d’expositions, la création d’un centre de formation au tissage piloté par le Greta du Limousin et le lancement de la constitution d’un fonds contemporain.
En est lancé un concours d’architecture et de muséographie pour l’implantation de la Cité dans les anciens locaux de l’École nationale d'art décoratif d'Aubusson, dont l’agence d’architecture Terreneuve sera lauréate.
Le , la Cité est inaugurée par le président de la République, François Hollande, accompagné de la ministre de la Culture et de la Communication, Audrey Azoulay, actuelle directrice générale de l’UNESCO. Elle abrite des espaces d’exposition sur , un centre de formation aux métiers de la tapisserie, une plateforme de création contemporaine et d’innovation, ainsi que l’atelier déconcentré Mobilier national spécialisé dans la restauration de tapisseries présent depuis .. Elle accueille également le Centre de ressources - Bibliothèque des arts André Chandernagor constitué de , de fichiers d’artistes, thématiques ou topographiques, de fonds iconographiques ou audiovisuels et d’archives., qui en font le premier centre de ressources sur la tapisserie en Europe.
La deuxième tranche du développement immobilier de la Cité internationale de la tapisserie mise en œuvre en va permettre d'étendre les espaces d’expositions pour faire face aux besoins engendrés par l’accroissement des œuvres produites par la Cité : Fonds contemporain (appels à création, commandes mécénées, édition déléguée, collection Carrés d’Aubusson) ; Grandes tentures (Aubusson tisse Tolkien, L'Imaginaire de Hayao Miyazaki en tapisserie d'Aubusson, Hommage à George Sand). Cet espace permet également d’élargir les possibilités d’expositions temporaires à différentes saisons. Désormais l’ensemble des expositions de la Cité seront présentées dans ce nouveau lieu.
Cette deuxième tranche comprend également l’aménagement d’un Pôle professionnel visant à approfondir, valoriser sous différents aspects l’ensemble des savoir-faire de la tapisserie d’Aubusson, en les faisant découvrir / interagir avec un public de professionnels et d’amateurs avertis.
Huit ans après son ouverture, le projet Cité de la tapisserie s’est traduit par un important accroissement du nombre de visiteurs avec une tendance annuelle avoisinant les . Elle est aujourd’hui l’établissement muséal le plus visité du Limousin.
Ces dernières années, les tombées de métier et dévoilements des nouvelles œuvres produites par la Cité internationale de la tapisserie sont devenues des cérémonies à caractère événementiel, fortement relayées par les médias et présidées par des personnalités, à l'instar du président de la République Emmanuel Macron et son épouse Brigitte Macron, de l'ambassadeur du Royaume-Uni en France, Ed Llewellyn, de l'ambassadeur du Japon en France, Junichi Ihara, de la présidente de l'Institut français, Eva Nguyen Binh, etc.
De nombreux mécènes apportent leur soutien aux créations de la Cité internationale de la tapisserie.
Événements notables Inscription de la tapisserie d’Aubusson sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO en . La Cité internationale de la tapisserie et son directeur Emmanuel Gérard se sont vu décerner le Prix Liliane-Bettencourt pour l'intelligence de la main - Parcours (édition ), récompensant ainsi tout le travail effectué pour œuvrer au renouvellement de l’intérêt du public vis-à-vis de la tapisserie d’Aubusson et à la valorisation de ses savoir-faire séculaires... En , l’association Lainamac, avec le soutien de la Cité internationale de la tapisserie, a porté l’homologation de deux indications géographiques, “Tapis d’Aubusson” et ”Tapisserie d’Aubusson”, visant à assurer aux consommateurs l’authenticité des produits qu’ils achètent et permettre aux artisans et manufactures de valoriser leur production et de protéger leur savoir-faire de la concurrence déloyale et de la contrefaçon.
Collections
La Cité internationale de la tapisserie présente un ensemble de tapisseries du , mais aussi des tapis et des fonds de cartons et de maquettes :
660 tapisseries et tapis ; d’art graphique, dont environ ou dessins ; 60 pièces de mobilier tissé ; 20 pièces de matériel de tissage et d'outils ; tissées, dépôt de l’ENAD (formats moyens, échantillons d’apprentissage) ; 600 pièces de broderie sarrasine, réalisées par les élèves de l’École de jeunes filles de l’ENAD entre et .
Le nouveau parcours d’exposition de la Cité internationale de la tapisserie s'articule autour de différents espaces : « La Nef des tentures », « Les Mains d'Aubusson », « La Plateforme de création contemporaine » et « Tapisseries du monde ».
« La Nef des tentures » expose dans une galerie de et de de haut près de six siècles de productions de tapisseries d'Aubusson depuis le . Dans des décors en trompe-l'œil, les œuvres sont contextualisées dans leurs époques d'origine, à commencer par La Millefleurs à la licorne, la plus ancienne tapisserie marchoise connue à ce jour () acquise par la Cité internationale de la tapisserie en . « Les Mains d'Aubusson » présente les savoir-faire de la filière tapisserie, de la teinture à la filature en passant par le tissage sur métier de basse lisse. La scénographie aborde la particularité de la tapisserie d'Aubusson, caractérisée par une production « à quatre mains », résultat de l'association d'un artiste créateur et d'un lissier artisan d'art, capable d'interpréter l'intention artistique de l'auteur. « La Plateforme de création contemporaine » est dédiée à l’exposition des réalisations contemporaines portées par la Cité de la tapisserie. Depuis , elle présente le projet de grande tenture L'Imaginaire de Hayao Miyazaki en tapisserie d'Aubusson. L'espace « Tapisseries du monde », dévoile l'universalité de la tapisserie, en montrant que cette technique de tissage a été utilisée par tous les peuples du monde à un moment donné de leur histoire.
Le est caractérisé par les millefleurs et par verdures inspirées des Flandres, dites « à feuilles de choux », « à grandes feuilles », « à feuilles renversées » ou « à aristoloches », peuplées d’animaux réels ou fantastiques. Le est représenté au travers de sujets littéraires ou religieux prisés de l’époque et organisés en séries de tapisseries appelées tentures : Didon et Énée, Renaud et Armide, etc.
Le développe un goût pour des sujets plus légers à thématiques exotiques (chinoiseries) ou mythologiques. La mode des “alentours”, motifs décoratifs permettant d’adapter facilement la taille des tapisseries aux intérieurs, se répand.
Le voit l’émergence des grandes manufactures qui participent aux expositions des produits de l’industrie, puis aux expositions universelles. La décoration intérieure se diversifie dans les tissages d’ameublement, les tapis, en suivant de multiples styles (néo-classique, néo-gothique, orientaliste).
Le s’illustre par les deux grands mouvements de création : les tapisseries conçues à partir de modèles pensés directement par des peintres cartonniers pour être réalisés en tapisserie, à l'instar de Jean Lurçat, Dom Robert, Jean Picart Le Doux et les tapisseries de peintres, adaptées des œuvres des grands artistes du qui nécessitent l'intervention d'un « metteur en laine », intermédiaire permettant de réaliser l'adaptation de l'œuvre pour la tapisserie. La Cité internationale de la tapisserie possède la seule tapisserie reproduisant une œuvre de Man Ray ou encore des œuvres de Le Corbusier, Georges Braque, etc. De plus, les tapisseries réalisées par l'atelier des élèves lissiers de l'École nationale d'art décoratif d'Aubusson, pour la plupart d'après des modèles des grands maîtres du , ont été déposées à la Cité par l'État.
Au , dans l’optique de renouveler l'image du médium tapisserie vis-à-vis du grand public, la politique de création contemporaine développée par la Cité internationale de la tapisserie a permis de constituer dès un fonds contemporain, avec la production d’une quarantaine d’œuvres. Ce fonds contemporain s'est enrichi au travers d'œuvres lauréates d'appels à création telles que Peau de Licorne de Nicolas Buffe.., Confluencia de Bina Baitel, Bleue de Marie Sirgue, d'une collection de mobilier créée par Valérie Maltaverne et produite en édition déléguée au studio Ymer et Malta, de commandes mécénées à l’instar de la réalisation de la tapisserie commémorative du centenaire de la Première Guerre mondiale Pieta for World War confiée à Patrick Guillot., de l'artiste allemand Thomas Bayrle, de Ghost Horseman of the Apocalypse in Cairo Egypt de Clément Cogitore, ou encore de la collection Carrés d’Aubusson. Des artistes comme Raphaël Barontini, Mathieu Mercier participent également à l'enrichissement de ce fonds contemporain en créant des œuvres destinées au tissage.
La création de tapisseries contemporaines est complétée par la production de grandes tentures. En , la Cité internationale de la tapisserie a signé une convention avec le Tolkien Estate, présidé à l’époque par Christopher Tolkien, lançant la réalisation de la grande tenture Aubusson tisse Tolkien.. Celle-ci comprend quatorze tapisseries et deux tapis, qui ont été tissés à partir de l’œuvre graphique originale de J. R. R. Tolkien. L’exposition estivale de la Cité internationale de la tapisserie au Centre culturel et artistique Jean-Lurçat a connu des records de fréquentation avec la présentation inédite de l’ensemble de la tenture. Elle fait ensuite l'objet d'une exposition itinérante, par exemple au musée Jean Lurçat à Angers en ..
En complément de cette incursion dans le monde anglo-saxon et dans celui de la pop culture, la Cité internationale de la tapisserie choisit le cinéaste d’animation japonais Hayao Miyazaki en grand inspirateur d’une nouvelle tenture. C’est ainsi qu’en qu’une convention est signée avec le Studio Ghibli de Tokyo pour la réalisation de L'Imaginaire de Hayao Miyazaki en tapisserie d'Aubusson, composée de six tapisseries monumentales constituant des arrêts sur image de différents films de Hayao Miyazaki..