Le château Saulnier, anciennement appelé château de La Salle ou La Salle de Maulmont, est un château situé à Saint-Front-la-Rivière, dans le département de la Dordogne, en Nouvelle-Aquitaine. Établi dans la vallée de la Dronne, il trouve son origine dans une maison forte médiévale attestée au XIIIe siècle, transformée puis reconstruite entre le XVe et le XVIIe siècle.

D’abord conçu comme un ouvrage défensif contrôlant la vallée, l’édifice devient progressivement une demeure seigneuriale et une maison de plaisance à la Renaissance. Ses façades et ses toitures ont été inscrites au titre des monuments historiques en 1969. Cette première protection a été remplacée en 2015 par une inscription portant sur la totalité du château, sa cour, son puits et ses espaces extérieurs.

Présentation Le château se trouve dans la partie sud-ouest du bourg de Saint-Front-la-Rivière, le long de la route conduisant aux lieux-dits La Varenne et Sceau-Saint-Angel. Il est également visible depuis la route départementale 83.

Il occupe une position de plaine, à environ 200 mètres à l’est de la Dronne, entre Brantôme et Saint-Pardoux-la-Rivière. Cette implantation lui permettait de surveiller la vallée tout en restant à une distance suffisante de la rivière pour être protégé de ses crues. Les anciens fossés défensifs étaient vraisemblablement alimentés par la Dronne. Le canal encore visible constitue un vestige du système hydraulique qui reliait les douves à la rivière.

Historique

Une maison forte médiévale L’occupation seigneuriale du site est attestée dès le XIIIe siècle. Un document daté de juin 1272, provenant des archives du couvent de Saint-Pardoux, mentionne un échange concernant la seigneurie avec Marguerite de Bourgogne, vicomtesse de Limoges.

La maison forte primitive aurait été constituée de deux corps de logis disposés en retour d’équerre et reliés par une tour ronde. Cette dernière conserve un dispositif défensif établi au-dessus de la porte et porté par trois consoles. Une tourelle ronde appartenant au bâtiment médiéval a par ailleurs été englobée dans la façade nord lors des agrandissements ultérieurs.

La seigneurie paraît ensuite avoir été liée à la famille de Maumont. Geoffroy de Maumont, damoiseau né vers 1370 et encore vivant après 1427, est cité comme seigneur de La Salle de Maulmont et de Saint-Front-la-Rivière.

La demeure aurait subi plusieurs destructions au cours de la guerre de Cent Ans. En 1454, peu après la bataille de Castillon et la fin du conflit en Guyenne, la maison forte fut transformée en château. Cette campagne est notamment marquée par la construction d’une grosse tour ronde.

Les reconstructions de la Renaissance Au XVIe siècle, le domaine passa par mariage à la famille Roux de Lusson, qui le conserva jusqu’au début du XVIIIe siècle. Cette famille entreprit une importante reconstruction de l’édifice médiéval, donnant au château l’essentiel de son apparence actuelle.

L’aile occidentale comprend deux grandes pièces desservies, à leur jonction, par un escalier à vis. Son plan demeure caractéristique de la fin du Moyen Âge, tandis que plusieurs de ses ouvertures et éléments décoratifs relèvent de la Renaissance. Il pourrait s’agir soit d’une restauration profonde d’un bâtiment plus ancien, soit d’une reconstruction réalisée au milieu du XVIe siècle.

L’aile nord, construite en retour d’équerre, appartient à une campagne postérieure. Elle fut vraisemblablement élevée sur des bases médiévales afin de relier la grosse tour ronde aux autres corps de logis. La lucarne méridionale de cette aile porte la date de 1584. Les travaux pourraient ainsi avoir été conduits sous Léonard Roux de Lusson, qui rendit hommage pour la terre de La Salle le 15 juin 1583.

Au cours de la seconde moitié du XVIe siècle, la façade nord fut allongée. Une petite tour ronde fut construite à son angle sud-est, tandis que deux pavillons carrés en saillie et un bâtiment de communs vinrent délimiter la cour au sud. Les façades furent alors percées de fenêtres à meneaux et ornées de lucarnes surmontées de frontons triangulaires.

Une dernière campagne de travaux, entreprise à la fin du XVIe ou au début du XVIIe siècle, vit l’aménagement de l’aile sud entre deux échauguettes de plan carré. Elle pourrait être attribuée à Léonard Roux de Lusson ou à son fils Guy, qualifié de seigneur de La Salle de Maulmont et de Saint-Front-la-Rivière lors de son mariage avec Jeanne de Lambertye, célébré le 7 janvier 1608.

À partir du milieu du XVIIe siècle, les Roux de Lusson semblent avoir privilégié leur château de Reilhac. Gabriel Roux de Lusson rendit encore hommage pour La Salle en 1667 et portait toujours le titre de seigneur du lieu en 1688. Après lui, le château paraît avoir été moins régulièrement occupé.

La famille Saulnier Au XVIIIe siècle, le domaine sortit de la ligne directe des Roux de Lusson. Il revint à Jean-Jacques de Saulnier, né en 1709, dont la grand-mère, Isabeau Roux de Lusson, appartenait à l’ancienne famille seigneuriale.

C’est à cette époque que l’appellation de château Saulnier se substitua progressivement à celles de La Salle et de La Salle de Maulmont.

Jean-Jacques de Saulnier mourut sans descendance. Sa veuve, Jeanne de Labatut, vendit le domaine le 26 janvier 1787 à Nicolas Dubut.

Les familles Dubut, Ortal et Durieux Nicolas Dubut, notaire et conseiller-secrétaire du roi en la Cour des aides de Montauban, acquit le château pour y établir une partie de sa famille. Son fils aîné, François-Léonard Dubut, avait reçu les terres et baronnies de Saint-Paul et du Chalard, mais mourut dès 1788. Nicolas Dubut accueillit alors au château ses petits-enfants devenus orphelins ainsi que la famille de son fils cadet, Jean Dubut, futur maire de Saint-Front-la-Rivière.

Le château se trouvait alors dans un état dégradé et présentait peu de confort. Nicolas Dubut engagea une importante campagne de modernisation. Les couvertures furent reprises, les fenêtres des ailes occidentale et méridionale agrandies afin de faire entrer davantage de lumière, et les menuiseries extérieures remplacées. À l’intérieur, la plupart des anciennes cheminées furent remplacées par des ouvrages d’inspiration néoclassique, encore marqués par l’influence du style Louis XV.

Le domaine passa ensuite aux descendants de Nicolas Dubut. Zulma Dubut épousa Léonard Durieux en 1822. En 1881, Noémie Dubut, héritière du château, épousa le médecin de Marine Albert Ortal. Une partie des dépendances fut progressivement cédée, notamment une aile remise à la commune pour y installer une école.

En 1940, pendant la Seconde Guerre mondiale, le château accueillit des réfugiés alsaciens. La propriété fut ensuite transmise, par la famille Ortal, à la famille Durieux, qui en demeure propriétaire.

Architecture Le château se compose principalement de deux ailes disposées en retour d’équerre autour d’une cour. Les constructions associent des vestiges de la maison forte médiévale à des aménagements réalisés pendant la Renaissance.

La grosse tour ronde de l’angle nord-est est couronnée d’un chemin de ronde porté par des mâchicoulis à trois redans. Plusieurs tours et échauguettes complètent le dispositif, tandis que les façades présentent des fenêtres à meneaux et des lucarnes à fronton triangulaire.

Dans la cour, au pied de la tour médiévale, se trouve un puits de la Renaissance. Celui-ci est abrité par une toiture de pierre reposant sur une corniche débordante et quatre piliers carrés.

Les anciens fossés et le canal reliant le château à la Dronne témoignent de l’organisation défensive et hydraulique primitive du domaine.

Protection patrimoniale Les façades et les toitures du château ont été inscrites au titre des monuments historiques par arrêté du 18 septembre 1969.

Cette protection a été étendue par l’arrêté du 6 novembre 2015, qui s’est substitué au précédent. L’inscription concerne désormais la totalité du château, sa cour avec son puits, ainsi que les jardins, le verger, le canal, l’allée et la prairie qui l’entourent. Le château demeure une propriété privée.

Galerie

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Liste des châteaux et demeures de la Dordogne Liste des monuments historiques de l'arrondissement de Nontron

Liens externes

https://chateausaulnier.wixsite.com/saint-front

Saulnier Catégorie:Monument historique inscrit en 1969 Catégorie:Monument historique inscrit en 2015