Le secteur de l'énergie au Portugal est marqué par un fort déficit des échanges énergétiques, le Portugal important la totalité des combustibles fossiles consommés dans le pays, soit 64 % des besoins d'énergie primaire du pays en 2023.

Le développement des énergies renouvelables (EnR) a amélioré la situation dans le secteur électrique (69,7 % d'EnR en 2023), mais n'a qu'un impact limité sur le bilan énergétique global, car l'électricité ne représente que 25,5 % de la consommation finale d'énergie ; la part des EnR dans la consommation d'énergie primaire en 2021 est de 30,4 %, dont 17,2 % pour la biomasse et les déchets, 8,1 % pour l'éolien, le solaire et la géothermie, et 5,1 % pour l'hydroélectricité ; la part des énergies renouvelables dans la consommation finale brute d'énergie atteignait 34 % en 2021, très supérieure à la moyenne de l'Union européenne : 21,8 %.

Le Portugal se classe au des pays européens producteurs d'électricité éolienne en 2023, l'éolien fournissant 26,8 % de la production d'électricité ; pour la puissance installée éolienne par habitant il est au européen. Sa production solaire atteignait 11,2 % de la production d'électricité du pays en 2023, se classant au des producteurs photovoltaïques de l'Union européenne en 2024. La puissance installée des centrales hydroélectriques portugaises se classe au européen ; 45,5 % de cette puissance se compose de centrales de pompage-turbinage.

La consommation d'énergie primaire par habitant au Portugal dépasse de 20 % la moyenne mondiale, mais est inférieure de 26 % à la moyenne de l'Union européenne, de 22 % à celle de l'Espagne et de 31 % à celle de la France.

Les émissions de liées à l'énergie par habitant au Portugal en 2022 sont inférieures de 19 % à la moyenne mondiale, de 42 % à la moyenne de l'Union européenne, de 15 % à celles de la France et de 25 % à celles de l'Espagne.

Vue d'ensemble Principaux indicateurs de l'énergie au Portugal Population Consomm.énergieprimaire Produc-tion Importa-tion nette Consomm.élect.* ÉmissionsGHG**tab.GHG-FC Année Million PJ PJ PJ TWh Mt éq 1990 10,0 702,6 142,0 624,2 25,2 38,8 2000 10,29 161,0 923,6 41,0 59,0 2010 10,57 983,9 242,9 782,2 52,4 48,5 2011 10,56 956,6 231,6 792,1 51,2 48,0 2012 10,51 897,7 197,1 764,1 49,8 46,6 2013 10,46 900,0 240,8 709,0 49,0 44,7 2014 10,40 886,4 250,4 686,4 48,5 43,7 2015 10,36 919,9 222,1 775,2 49,8 47,9 2016 10,33 912,6 251,1 735,5 50,3 47,3 2017 10,30 953,1 218,4 830,9 51,6 51,7 2018 10,28 921,8 244,8 786,7 51,9 48,1 2019 10,29 910,9 245,8 768,4 51,6 43,3 2020 10,30 843,4 254,4 602,8 50,0 37,4 2021 10,32 830,6 257,4 616,1 50,9 35,9 variation1990-2021 +3 % +18 % +81 % -1 % +102 % -7 %

Production d'énergie primaire La production nationale est composée en 2021 à 100 % d'énergies renouvelables, dont : biomasse et déchets : (57,4 %) hydroélectricité : (16,6 %), très fluctuante : en 2017, en 2018, en 2019, en 2020. autres (éolien, solaire, géothermie) : (26,0 %).

Cette production couvrait 31 % des besoins d'énergie primaire du pays en 2021. Elle a progressé de 81 % depuis 1990 (hydraulique : +30 %, biomasse-déchets : +42 % ; autres : x112).

Importations Le Portugal importait 74 % de ses besoins d'énergie primaire en 2021, dont 7 % pour fournir les carburants des transports internationaux.

Pétrole Le pétrole est la principale ressource énergétique utilisée au Portugal : en 2021, soit 41,6 % de l'énergie primaire consommée. Il est importé à 100 %.

La production de pétrole du Portugal est modeste : par jour en 2012 (après un pic à par jour en 2008), soit 2 % des besoins ; la consommation baisse rapidement : par jour en 2012 après un pic à par jour en 2002.

Galp Energia (Petróleos e Gás de Portugal, SGPS, S.A) Galp Energia, site officiel consulté le 3 novembre 2013. est la principale entreprise portugaise du secteur pétrolier et gazier, créée le dans le cadre de la restructuration du secteur énergétique portugais. Elle mène des activités d'exploration au Brésil, en Angola et au Mozambique, y produit par jour ; ses réserves atteignent . Elle est le seul raffineur au Portugal (). Elle exploite , dont au Portugal. Elle importe le gaz naturel (contrats de fourniture de six milliards de m³ de gaz naturel par an d'Algérie et du Nigeria) et le vend à de clients en Espagne et au Portugal. Elle a de centrales électriques (cogénération et éoliennes).

Dans le cadre d'un consortium avec l'italien ENI, Galp possède trois concessions de prospection dans l'Océan atlantique, dont la réalisation d'un puits de prospection en eaux profondes à 46 km d'Aljezur dans l'Algarve. Le contrat est prolongé jusqu'à fin 2018, ce qu'ont contesté un millier de manifestants à Lisbonne le .

Le 8 janvier 2026, l'espagnol Moeve (ex-Cepsa) et le portugais Galp annoncent leur intention d'unir leurs activités de raffinage et de stations-service, en créant deux grandes plateformes énergétiques à dimension européenne : IndustrialCo, plateforme industrielle qui englobera le raffinage et la chimie, ainsi que les développements en matière d'hydrogène et de carburants bas carbone, afin d'accompagner les clients industriels et RetailCo, plateforme « mobilité » qui regroupera le réseau de stations-service, la vente de carburants et la recharge des véhicules électriques, ainsi que les services de proximité pour les particuliers. IndustrialCo disposera d'une capacité de traitement de pétrole brut combinée de près de 700.000 barils par jour, contre 1 million de barils par jour pour Repsol, et RetailCo disposera d'un réseau de 3.500 stations-service, soit presque autant que RepsolCécile Thibaud, Pétrole : Moeve et Galp nouent une grande alliance dans la péninsule Ibérique pour contrer les majors, Les Échos, 8 janvier 2026..

Gaz Le gaz naturel est la deuxième source d'énergie primaire utilisée au Portugal : en 2021, soit 25 % de la consommation totale d'énergie primaire ; il est entièrement importé.

Selon l'EIA, le Portugal a commencé en 2012 pour la première fois à produire du gaz naturel : de mètres cubes ; la consommation, apparue en 1997, a progressé rapidement jusqu'à de mètres cubes en 2011, puis a fléchi en 2012 à ; les importations par contre ont continué à croître à .

Les ventes de gaz ont démarré en 1997 et ont bondi en deux ans de de mètres cubes ; elles ont culminé à en 2008, puis ont décliné du fait de la crise économique à en 2011 et en 2012 The market in Portugal, sur le site de Galp Energia consulté le 3 novembre 2013..

Le Portugal est approvisionné en gaz naturel : depuis l'Algérie par le gazoduc Maghreb–Europe qui relie le gisement d'Hassi R'Mel à Cordoue en Espagne ; de là, le gazoduc d'Estrémadure alimente le Portugal. par le terminal méthanier de Sines, mis en service en 2004 par REN Atlantico, dont la capacité de regazéification est de de mètres cubes par an LNG Map, site de Gas Infrastructure Europe consulté le 3 novembre 2013.. En , sa capacité de stockage a été portée à et sa capacité d'émission de gaz à /h Transport's Value chain, storage and regasification -Investment, site de REN consulté le 3 novembre 2013.

Les infrastructures de transport et de stockage de gaz sont gérées par Redes Energéticas Nacionais REN - the network of all networks, site de REN consulté le 3 novembre 2013. qui exploite également le réseau de transport d'électricité.

Les centrales électriques de Tapada do Outeiro et TER (Termoeléctrica do Ribatejo) fonctionnent à partir de gaz naturel.

Charbon Le charbon n'est presque plus utilisé au Portugal : en 2021, soit 1 % de la consommation totale d'énergie primaire, en forte baisse ( en 1990, soit 16,4 %) ; il est entièrement importé.

La production de charbon au Portugal a cessé en 1995 après avoir atteint un pic à en 1990 ; le Portugal a consommé de tonnes en 2012 ; après avoir atteint un pic à en 2000, la consommation de charbon a décru jusqu'à en 2010, puis s'est redressée comme dans toute l'Europe à cause du bas prix du charbon américain, conséquence du boom du gaz de schiste aux États-Unis ; tout le charbon consommé est importé : les importations ont atteint en 2012 Portugal - Overview, sur le site de l'EIA consulté le 4 novembre 2013..

Le charbon est presque uniquement utilisé pour la production d'électricité ; la centrale thermique charbon de Sines, sur le port de Sines par où arrivent la plupart des importations du Portugal, a été rénovée en 2006-2007 afin de réduire ses émissions d'oxydes d'azoteMODERNISATION DE LA CENTRALE THERMIQUE DE SINES, site de TPF Planege consulté le 4 novembre 2013..

La centrale à charbon Central Tejo a alimenté Lisbonne de 1909 à 1972, mais en 1944, une nouvelle loi (nº2002 – Loi de l’Électrification Nationale) donna une priorité absolue à la production d’énergie hydroélectrique ; cette loi relégua la « Central Tejo » au second plan en raison de la construction de la première grande centrale hydroélectrique: le barrage du « Castelo do Bode », qui commença à produire en 1951 et, progressivement, la « Central Tejo » devint une centrale de réserve. Elle a été transformée en musée.

Consommation d'énergie primaire L'Energy Institute estime la consommation d'énergie primaire du pays à en 2023, soit 0,2 % de la consommation mondiale13. Elle se répartit en 64 % de combustibles fossiles (pétrole : 47 %, gaz naturel : 17 %) et 36 % d'énergies renouvelables14. Le Portugal a une consommation d'énergie primaire par habitant très basse pour un pays européen, estimée à en 2023, en baisse de 7 % par rapport à 2013, supérieure de 20 % à la moyenne mondiale (), mais inférieure de 26 % à la moyenne de l'Union européenne (), de 22 % à celle de l'Espagne (), de 31 % à celle de la France () et de 32 % à celle de l'Allemagne ()15.

La consommation totale d'énergie primaire locale et importée atteignait en 2021, répartie comme suit : pétrole (net des exportations de produits pétroliers et des soutes internationales) : (41,6 %) gaz naturel : (25 %) charbon : (1 %) total combustibles fossiles : (67,5 %) hydroélectricité : (5,1 %) biomasse et déchets : (17,2 %) éolien, solaire, géothermie : (8,1 %) électricité (solde importateur net) : (2,1 %). Depuis 1990, la consommation de charbon a reculé de 93 % et celle de pétrole de 23 % ; celle d'hydroélectricité a progressé de 30 %, celle de biomasse-énergie de 42 %, et celle d'énergies nouvelles (éolien, solaire) a été multipliée par 112.

Énergie finale consommée Après raffinage du pétrole brut et transformation en électricité et en chaleur de la quasi-totalité des ressources en charbon, de 61 % de celles de gaz naturel, de 3 % de celles de pétrole et produits pétroliers importés, et de 33 % des ressources en biomasse et déchets, voici la répartition de la consommation d'énergie finale en 2020 : produits pétroliers : (47,2 %) gaz naturel : (11,1 %) biomasse et déchets : (14 %) solaire thermique, etc : (0,7 %) électricité : (25,5 %) chaleur : (1,4 %)

La part des énergies renouvelables dans la consommation finale brute d'énergie atteignait 33,98 % en 2021 au Portugal, taux largement supérieur à celui de l'Union européenne : 21,8 %, de l'Allemagne : 19,2 %, de la France : 19,3 % et de l'Espagne : 20,7 %, mais très inférieur à celui de la Norvège : 74,1 %, de la Suède : 62,6 % ou de la Finlande : 43,1 %Part des énergies renouvelables dans la consommation finale brute d'énergie, Eurostat, 19 juillet 2023. :

+ Part des énergies renouvelables dans la consommation finale brute d'énergie ktep 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 Union européenne à 27 14,40 % 14,55 % 16,00 % 16,66 % 17,42 % 17,82 % 17,98 % 18,41 % 19,10 % 19,89 % 22,04 % 21,77 % Portugal 24,15 % 24,60 % 24,57 % 25,70 % 29,51 % 30,51 % 30,86 % 30,61 % 30,20 % 30,62 % 33,98 % 33,98 % Cette part est fluctuante, selon les variations climatiques (pluies, vents), mais sa progression tendancielle est très visible.

La consommation d'énergie finale se répartit par secteur en 2020 de la façon suivante : industrie : (28,9 %) transport : (31,9 %)