Jean-Ludovic Silicani, né le à Alger, est un haut fonctionnaire français et conseiller d'État honoraire. Il a notamment été, de 1995 à 1998, commissaire à la réforme de l’État, et, de à , président de l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep).

Biographie

Jeunsese et études Jean-Ludovic Silicani naît dans une famille d'enseignants. Ses parents ont été instituteurs puis directeurs d'école élémentaire publique. Silicani suit des études en classes préparatoires scientifiques et devient ingénieur civil des mines, diplômé de l’École des mines de Nancy, option (promotion 1972-1975) du Journal Officiel, daté du 23 octobre 1975. Il est titulaire d'une maîtrise et d'un DEA de sciences économiques. Il est ancien élève de l'Institut d'études politiques de Paris (Sciences Po).

Admis à l'École nationale d'administration (ENA), il effectue sa scolarité au sein de la promotion Voltaire (1978-1980), dont il sort major de la voie d'administration économique Le journal du dimanche - classement de sortie de la "promotion "Voltaire"Le roman de la promotion Voltaire, , de Martin Leprince, 2013. Éd. Jacob-Duvernet.Actualité / Biographie de Jean-Ludovic Silicani, président de l'Arcep, arcep.fr. En sortie d'école, il choisit d'intégrer le Conseil d'État.

Parcours professionnel Au Conseil, Silicani est rapporteur à la section du contentieux et à la section des travaux publics (1980-1984). Il dirige la mission juridique du Conseil d’État auprès du ministère de l’Industrie et de la recherche de 1983 à 1984.

En 1984, il quitte l'administration centrale pour être nommé directeur à l’Agence nationale de valorisation de la recherche (Anvar).

Il rejoint le ministère de la Culture et de la Communication, comme directeur de l’administration générale, de 1986 à 1992 sous les ministères de François Léotard puis de Jack Lang.

Il est nommé en 1992 directeur général de l’établissement public de la Bibliothèque de France.

En 1993, il devient directeur de cabinet de Simone Veil (ministre d’État, ministre des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville). Il coordonne notamment la préparation de la réforme des retraites du secteur privé qui intervient en 1993.

En 1994, il est rapporteur général de la mission sur les responsabilités et l'organisation de l'État (mission présidée par Jean Picq à la demande du premier ministre Edouard Balladur à qui est remis le rapport).

De 1995 à 1998, il crée puis exerce auprès du Premier ministre (Alain Juppé) les fonctions de commissaire à la réforme de l'État. À ce titre il coordonne l'élaboration du premier plan d'ensemble de réforme de l'État et de l'action publique et engage sa mise en œuvre : plan de déconcentration, et de simplification (suppression, remplacement par de simples déclarations...), des 4 500 régimes de procédures administratives ; préparation du projet de loi qui allait devenir la loi d' sur les relations entre les citoyens et les administrations et qui définissait notamment le cadre des "maisons de service public" devenues "France Service" ; mise en place des premières mesures visant à séparer, au sein de l’État, les fonctions d'actionnaire et de régulateur afin d'éviter les conflits d'intérêts ; mesures visant à améliorer la gouvernance des ministères ; première maquette de la réforme budgétaire qui allait aboutir à la LOLF en 2001...).

Réintégré au Conseil d’État en 1998, il y est président de la chambre de la section du Contentieux de 2003 à 2009https://www.arcep.fr/actualites/les-communiques-de-presse/detail/n/jean-ludovic-silicani-est-nomme-president-de-lautorite.html.

Parallèlement, en 2001, il est nommé président du Conseil supérieur de la propriété littéraire et artistique (CSPLA) qui vient d'être créé, fonction qu'il exerce jusqu'en 2009. En , il rédige pour le Premier ministre (Jean-Pierre Raffarin) un rapport sur la rémunération des directeurs d'administration centraleLa Rémunération au mérite des directeurs d'administration centrale : mobiliser les directeurs pour conduire le changement : rapport au Premier ministre, Jean-Ludovic Silicani, La Documentation française, avril 2004. En 2005, il est nommé président du comité d’orientation du fonds d’aide à la modernisation de la presse quotidienne et assimilée d’information politique et générale. En 2006, il est nommé président du conseil d'administration de la Réunion des musées nationaux, fonction qu'il occupe jusqu'en 2009. En 2008, il est nommé membre du comité pour la réforme des collectivités locales dit "comité Balladur", qui publie son rapport en .

D' à , il est chargé par le gouvernement de mener une large concertation, notamment avec les organisations syndicales des 3 fonctions publiques, préalablement à la rédaction de son Livre blanc sur l'avenir de la fonction publiqueLivre blanc sur l'avenir de la fonction publique : faire des services publics et de la fonction publique des atouts pour la France.

En 2009, il est nommé président de l'Autorité de régulation des communications électroniques et postales (Arcep) publié au Journal officiel de la République française du 10 mai 2009.. Son mandat s'est achevé le , à l'issue d'une cérémonie à la Sorbonne au cours de laquelle Emmanuel Macron, alors ministre de l'économie, a prononcé un discours. Pendant ces six années le marché français des télécoms s'est profondément transformé avec notamment l'arrivée du opérateur mobile pour laquelle certains l'ont critiqué.. SFR, Bouygues Telecom et Free sont tous devenus convergents (c'est-à-dire opérant à la fois sur les marchés fixes et mobiles) à l'image de ce qu'Orange faisait depuis des années ; des réseaux à très haut débit ont été déployés sur l'ensemble du territoire, qu'ils soient fixes (fibre optique) ou mobiles (4G) ; les prix des services fixes et mobiles destinés aux particuliers ont baissé de plus de 40% entre 2010 et 2015 ; les opérateurs ont augmenté régulièrement leurs investissements qui sont passés en moyenne annuelle (hors achat de fréquences) de 6 milliards d'euros avant 2011 à 15 milliards d'euros en 2021).

En 2015, il réintègre le Conseil d'État comme président adjoint à la section des travaux publics. Il est à la retraite depuis et poursuit une activité de politiste spécialiste de l'action publique.

Ouvrages et publications

Ouvrages et rapports

Livre-Blanc sur l’avenir de la fonction publique, faire des services publics et de la fonction publique des atouts pour la France, La Documentation française, Paris, 2008 La prise en compte du risque dans la décision publique : pour une action publique plus audacieuse, La Documentation française, Paris, 2018, en tant que président du groupe de travail et du comité de rédaction du Conseil d'État. Action publique : pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ?, Institut Montaigne, Paris, 2019 Abécédaire de la régulation, sous la direction de Éric Brousseau et Joëlle Toledano [Agence/Autorité - Des différents vecteurs de l'intervention publique, par Jean-Ludovic Silicani], Dauphine PSL et Bona fidé éditions, 2025

Sélection d'articles

« Demain, l’État régulateur », Les Echos, « Peut-on encore réguler l’audiovisuel ? », Le Monde, avec Arnauld Bertrand, « Osons transformer la gouvernance de l'État ! », Les Echos, « Pour une révolution normative », Génération Libre, 15 juin 2017 « Adapter la fonction publique aux enjeux du XXIe siècle tout en restant fidèle aux valeurs qui l’animent », Le Monde, « Simplifier l’accès aux services publics pour les rendre plus efficaces », La Revue parlementaire, « État-providence en France: pourquoi un tel fossé entre les faits et les représentations ? », Le Figaro, « Quel avenir pour l’État-Providence ? », ENA hors les murs, octobre 2020, n° 500 « La réforme de l’État implique celle de l’ENA », Acteurs publics, 12 avril 2021 « Pour un filet social universel », Les Echos, 6 mai 2021 « L’État profond, mythe ou réalité ? », Acteurs publics, 27 juin 2023 « Une rémunération au mérite est un élément essentiel de la modernisation de la fonction publique », Le Monde, « Les agences, responsables ou boucs émissaires des dysfonctionnements de l'Etat ? », Acteurs Publics,

Décorations

Notes et références

Liens externes

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