est le deuxième album du groupe de rock anglais Oasis, sorti le chez Creation Records. Il contient parmi les plus grands tubes d'Oasis comme Some Might Say, Champagne Supernova, Don't Look Back in Anger, et bien sûr Wonderwall qui connaît un très grand succès. Le son du groupe se fait moins brut que celui de Definitely Maybe avec des arrangements plus variés.
Il sort au plus fort de la rivalité du groupe avec Blur et occupe à sa sortie la première place des classements musicaux au Royaume-Uni et dans plusieurs autres pays. Il est désormais le plus grand succès commercial du groupe avec plus de 22 millions d'albums vendus à travers le monde. Il reçoit plusieurs récompenses, dont le Brit Award du meilleur album britannique en 1996, et est suivi par une tournée ayant engendré quelques-uns des plus grands concerts de la carrière du groupe, notamment celui de Knebworth, renforçant ainsi l'« Oasismania » qui marque le sommet de leur popularité en 1995 et 1996. Accueilli tout d'abord de façon mitigée par la critique, il est par la suite considéré comme l'album phare de la britpop et figure dans plusieurs listes des meilleurs albums de tous les temps.
Enregistrement Après le succès de Definitely Maybe, premier album d'Oasis sorti en 1994, le groupe retourne en studio d'enregistrement en . Le batteur Tony McCarroll a été renvoyé le mois précédent, après la sortie du single Some Might Say, qui avait été enregistré en mars. Il s'agit donc de son dernier enregistrement avec le groupe. Il est remplacé par Alan White. Accompagné du producteur Owen Morris, le groupe réserve les studios Rockfield, situés à Monmouth dans la campagne galloise, pour six semaines.
Les premières séances d'enregistrement sont très productives, Roll with It étant enregistrée en live en une seule prise . Les jours suivants, le groupe enregistre d'autres chansons à raison d'une par jour. Hello est enregistrée le deuxième jour. Wonderwall et Don't Look Back in Anger les troisième et quatrième jours respectivement. Noel souhaite chanter un de ces deux morceaux et laisse le choix à Liam, qui choisit de chanter Wonderwall. Noel assure donc le chant sur Don't Look Back in Anger. Le cinquième jour, après l'enregistrement de Champagne Supernova, Liam fait venir dans le studio un groupe de personnes rencontrées dans un pub local. Cela entraîne une violente dispute entre les deux frères, Noel finissant par frapper Liam à la tête avec une batte de cricket. L’enregistrement est par conséquent suspendu après une semaine de sessions.
Deux semaines plus tard, le groupe retourne au studio. Les deux frères échangent une accolade et l'enregistrement reprend, de nouveau au rythme d'une chanson par jour. Morning Glory, She’s Electric, Cast No Shadow, Step Out (face B du single Don't Look Back in Anger) et Bonehead's Bank Holiday (qui apparaît sur la version vinyle de l'album) sont enregistrées. Owen Morris décrit la session comme la qu'il ait connu dans toute sa carrière de producteur. Plus tard, pendant la phase de mixage de l'album aux studios Orinoco à Londres, Paul Weller enregistre des overdubs de guitare solo et de chœurs sur Champagne Supernova. Il ajoute également des pistes de guitare et d'harmonica sur la chanson instrumentale The Swamp Song qui avait été enregistrée par le groupe au festival de Glastonbury la même année. Le morceau apparaît sur l'album sous la forme de deux extraits de quelques secondes sans titres placés respectivement entre les chansons Hey Now! et Some Might Say, et entre Morning Glory et Champagne Supernova. La version complète apparaît en face B du single Wonderwall et plus tard dans la compilation The Masterplan en 1998. La dernière chanson composée pour l'album, , est écrite par Noel Gallagher dans un train qui le ramène au pays de Galles. La chanson est dédiée à Richard Ashcroft de The Verve. À la fin de l'enregistrement, Owen Morris déclare que l'album va tout balayer sur son passage et que ce sera le Never Mind the Bollocks de la décennie.
Le mixage et le matriçage de l'album se déroulent à Londres. La technique de matriçage utilisée, avec une très forte compression, a conduit certains journalistes à prétendre qu'elle était responsable d'avoir déclenché la course au volume. Andy Bennet et John Stratton notent dans leur livre sur la britpop que cette technique a pour résultat des chansons particulièrement bruyantes, la voix de Liam Gallagher étant mise au premier plan à un tel point qu'elle est plus proche d'un son live que d'un enregistrement traditionnel.
Composition Le style musical de l'album diffère sensiblement de Definitely Maybe, les compositions étant plus axées sur les ballades et mettant l'accent sur des refrains percutants qui restent dans la tête, alors que l'instrumentation et les arrangements plus variés contrastent avec le son brut du premier album. Le single Whatever, enregistré entre les deux albums avec l'Orchestre symphonique de Londres, sert de modèle pour définir le son plus doux de la plupart des chansons de Émission documentaire , partie 7, What the World Is Waiting For, diffusée le 30 juin 2007 sur BBC Two. Pour Noel Gallagher, évoque le fait de rêver d'être une star de la musique alors que évoque celui d'être réellement une star de la musique. Dans un documentaire sur BBC Two, l'ancien rédacteur en chef du New Musical Express affirme que Noel Gallagher commence avec cet album à assumer sérieusement le fait d'être la voix de toute une génération. Le timbre de voix et l'accent mancunien de Liam Gallagher contribue à l'efficacité des mélodies et des paroles et son dans Wonderwall augure du .
L'album est parsemé d'emprunts et de références musicales. Ainsi, Hello est fortement influencée par de Gary Glitter qui est d'ailleurs crédité comme coauteur ; Don't Look Back in Anger s'inspire d'Imagine de John Lennon pour son introduction ; contient des clins d'œil à With a Little Help from My Friends des Beatles et au thème musical de l'émission pour enfants des années 1970 ; et Morning Glory est influencé par The One I Love de R.E.M.. La chanson présente une telle ressemblance avec Uptight (Everything's Alright) de Stevie Wonder qu'elle est retirée de l'album au dernier moment devant la menace de poursuites judiciaires.
Titre et pochette Le titre de l'album est tiré des paroles du morceau Morning Glory. est le nom donné en anglais à la plante Ipomoea tricolor. En argot, cette expression désigne une érection matinale, bien que les paroles du morceau semblent plutôt évoquer la consommation de cocaïne.
La pochette est une photographie où l'on voit un homme de dos qui marche dans une rue et croise un autre homme, dont le visage est flou. L'homme de dos est le directeur artistique Brian Cannon, qui a conçu la pochette, alors que celui qui arrive en face est Sean Rowley, un DJ londonien. Sur la gauche, entre le second réverbère et l'épaule de Sean Rowley, un homme se tient de profil en se masquant le visage avec un objet. Il s'agit du producteur de l'album Owen Morris tenant le master de ce dernier dans sa main. La photo a été prise à 5h du matin pour de meilleures conditions de lumière (les réverbères sont allumés) sur Berwick Street (en venant d'Oxford Street) dans le quartier de Soho à Londres, célèbre pour ses disquaires indépendants.
Sortie et accueil La sortie de l'album est précédée par celle de deux singles au Royaume-Uni. Le premier, Some Might Say, sort six mois avant l'album et se classe à la première place de l'UK Singles Chart. La sortie du second, Roll with It, donne lieu à un évènement resté dans les annales de la musique : le groupe Blur, apprenant la date de sortie de ce single, décide de retarder celle du sien, Country House, d'une semaine pour que les deux chansons sortent en même temps et ainsi les confronter. C'est le point de départ de la fameuse , très largement médiatisée par les journaux et la télévision et supposée symboliser la lutte entre la classe moyenne du sud du pays et la classe ouvrière du nord. Finalement se classe première des charts britanniques et deuxième, avec des ventes respectives de et , l'ensemble des ventes de singles cette semaine-là ayant augmenté de 41 pour cent. Un mois plus tard, lors d'une interview, Noel Gallagher est interrogé au sujet de la rivalité d'Oasis avec Blur et lance au sujet de Damon Albarn et d'Alex James : . Cette phrase provoque une forte controverse et Noel écrit une lettre d'excuses.
sort finalement le et entre directement à la première place du classement de ventes d'albums au Royaume-Uni. Il reste dans les trois premières places pendant sept mois. À la suite du succès international de Wonderwall, l'album connaît également le succès à l'étranger, se classant premier en Australie, au Canada, en Espagne, en Irlande, en Nouvelle-Zélande, en Suède et en Suisse ainsi que dans le Top 10 de tous les autres principaux classements internationaux. L'album se vend à plus de quatre millions d'exemplaires aux États-Unis. Il fait partie des trois albums les plus vendus de tous les temps au Royaume-Uni, avec 6,2 millions d'exemplaires écoulés. Il s'est vendu à plus de 22 millions d'exemplaires à travers le monde.
Classements et certifications
Classements + Meilleures positions de dans les classements musicaux Classement musical Meilleureposition (Canadian Albums Chart)1 (Tracklisten)3 (Productores de Música de España)1 (Billboard 200)4 (Suomen virallinen lista)8 (SNEP)8 (Irish Recorded Music Association)1 (FIMI)5 (VG-lista)5 (Associação Fonográfica Portuguesa)6 (UK Albums Chart)1 (Sverigetopplistan)1
Certifications + Certifications de Pays Ventes Certifications + + + + + + + + + + + + + + + + + + + +
Accueil critique L'album a été accueilli à sa sortie de manière mitigée par la critique. Ainsi, David Stubbs, du Melody Maker, évoque un album , alors qu'Andy Gill, de The Independent, estime qu'il faut attendre la fin de l'album pour avoir des œuvres vraiment brillantes comme et Champagne Supernova. David Cavanagh, du magazine Q, estime quant à lui que les paroles des chansons .
Parmi les critiques positives, Jon Wiederhorn, de Rolling Stone, affirme que l'album est un et que le groupe . Mike Flaherty, dEntertainment Weekly, met en avant la des ballades et , le de et qu'est Champagne Supernova, et estime que seul est gâché par des . Robert Christgau estime que c'est un album à et met particulièrement en avant et .
Par la suite, les critiques se font quasi-unanimement très favorables. Pour Stephen Erlewine, d'AllMusic, Noel Gallagher et n'est pas un grand innovateur mais il est alors que le groupe atteint et que le chant de Liam Gallagher est devenu . Pricilia Decoene, de Music Story, évoque un album qui , que le premier album du groupe et fait . John Harris, dans son livre sur la britpop, estime que les critiques négatives de l'époque sont passées à côté des forces universelles de l'album et que la nature de nombre de chansons de l'album .
Distinctions Lors des Brit Awards 1996, Oasis remporte les prix du meilleur album britannique, du meilleur groupe britannique et de la meilleure vidéo britannique pour le single Wonderwall, qui est aussi nommé, avec Roll with It, dans la catégorie de la chanson de l'année, prix remporté par Back for Good de Take That.
Tournée
Le groupe entame le à Bath une série de 103 concerts, principalement en Europe et en Amérique du Nord avec également quelques dates au Japon, qui s'achève le à Rochester. La tournée est interrompue plusieurs fois et plusieurs concerts sont annulés en raison des querelles régulières entre les frères Gallagher.
En , le bassiste Paul McGuigan quitte le groupe après s'être fait insulter par Liam Gallagher. Il est remplacé par Scott McLeod mais celui-ci n'arrive pas à s'adapter au mode de vie frénétique du groupe et le quitte à son tour pendant une tournée américaine. Le groupe joue quelques concerts à quatre avant que McGuigan ne soit convaincu de réintégrer la formation début novembre.