Pierre Le Menuet de La Jugannière, né le à VaudrimesnilÉmile Laubrey indique le 18 septembre 1746, Cahiers de doléances pour les États Généraux de 1789, département de la Manche, volume III, p. 79, 1907. ou Périers, mort le à Caen, est un magistrat et homme politique français des .

Biographie

Orphelin dès son plus jeune âge, il est élevé par sa grand-mère puis, à la mort de celle-ci quand il a 9 ans, par un grand-oncle paternel, prêtre près de Saint-LôMémoires, Académie nationale des sciences arts et belles-lettres de Caen, 1840, p. LXXVII.

Élève au collège de Coutances, il est reçu, à l'issue de ses études de droit, avocat à 22 ans et exerce près le bailliage de PériersBiographie normande : recueil de notices biographiques et bibliographiques sur les personnages célèbres nés en Normandie, Par Théodore-Éloi Lebreton, Publié par A. Le Brument, 1858.. Il épouse en 1764 la fille de M. Lefebvre, avocat réputé au bailliage de Saint-Lô.

Il se fixe à Saint-Lô en 1779 et devient échevin de la cité trois ans plus tard, à l'instar d'un de ses oncles qui avait également été conseiller de Roi au début du .

Il est toujours dans ses fonctions lorsque la Révolution éclate. Partisan des réformes, il est, en 1792, nommé accusateur public près le tribunal criminel de la Manche.

Le Menuet est un homme extrêmement intelligent, capable de fournir un travail considérable, une quantité de rapports et d'arrêts, tous rigoureux et d'une étonnante luciditéSur ses grandes qualités, V. Histoire du Bon-Sauveur de Saint-Lô, Dr R. Le Clercc, français, Imprimerie Notre-Dame, Coutances, 1930.. Il apporte, dans ses différentes fonctions, une grande fermeté de caractère, à laquelle il sait allier un grand esprit de modération, et, plusieurs fois, il ne craint point d'exposer sa tête pour sauver celle des citoyens en danger : un prêtre qui partait pour l'émigration, et qui venait d'être rejeté sur la côte par une tempête, ne doit son salut qu'au courage énergique de ce magistrat. Dénoncé, pour ce fait, au représentant du peuple Jean-Baptiste Le Carpentier, qui se trouve alors en mission à Coutances, Le Menuet est sévèrement réprimandé par celui-ci. Lorsque Le Carpentier lui demande pourquoi il n'avait pas appliqué à cet ecclésiastique la loi sur les émigrants :

Alors que les Vendéens assiègent Granville, Le Menuet qui a deux fils dans la place forte prend la présidence d'une commission chargée de la défense de Coutances.

Après le 9 thermidor, il devient président du Tribunal criminel de la Manche (1794).

Le magistrat est élu, le , député de ce département au Conseil des Anciens, par 73 voix (84 votants). Il ne s'y occupe que de travaux de législation et en particulier du paiement des intérêts de la dette publique. Il devient secrétaire de cette assemblée en l'an VII.

Durant la préparation du coup d'État du 18 brumaire, il est sollicité pour participer à l'établissement du nouveau régime, notamment par Régnier, mais refuse d'y prendre part. Avec l'instauration de Consulat, il perd sa fonction législative mais, sous l'impulsion de son compatriote et collègue Charles-François Lebrun devenu troisième consul, il est nommé président de la Cour d'appel de Caen le .

Déjà décoré de la Légion d'honneur, il est créé baron de l'Empire le .

Au moment de la réorganisation des cours et tribunaux, Le Menuet de La Jugannière est appelé aux fonctions de premier président de la Cour impériale de Caen, le . La Restauration le maintient dans ses fonctions jusqu'en 1823, époque à laquelle il donne sa démission par suite des tracasseries qui lui étaient suscitées.

Replacé à la tête de cette même Cour en 1830, le magistrat y est maintenu jusqu'à sa mort, en 1835. Il était alors dans sa quatre-vingt-neuvième année. Il est inhumé au cimetière Saint-Jean.

Vie familiale

Un fils de Le Menuet de La Jugannière, Pierre Israël Le Menuet de La Jugannière, né à Saint-Lô en 1771, suivit aussi la carrière de la magistrature et devint procureur général à Caen. Il fut, pendant les Cent-Jours, nommé député du Calvados et mourut en 1816. Un autre fils, Gilles Le Menuet de La Jugannière, né à Saint-Lô en 1773, avocat et magistrat, fut maire de Saint-Lô de 1832 à 1840. Il est décédé en 1860. Un fils de ce dernier, le baron Ferdinand Le Menuet de La Jugannière (1800-1885), officier de la Légion d'honneur, fut président de chambre à la Cour d'appel de Caen.

La famille du baron Le Menuet de La Jugannière compte parmi les familles subsistantes de la noblesse d'Empire.

Fonctions

Avocat (1768) ; premier échevin de Saint-Lô (1781) ; Accusateur public près le tribunal criminel de la Manche (1792) ; Président du Tribunal criminel de la Manche (1794) ; Député de la Manche au Conseil des Anciens (, secrétaire de cette assemblée en l'an VII) ; Président de la Cour d'appel de Caen () ; Premier président de la Cour Impériale de Caen ( - 1823, 1830-1835).

Titres

Baron Le Menuet de La Jugannière et de l'Empire ().

Distinctions

Commandeur de la Légion d'honneur.

Armoiries

Figure Blasonnement Armes de la famille Le Menuet de la Jugannière :

D'azur, à la croix d'or, accostée en chef de deux roses d'argent et en pointe de deux coquilles du mêmeArmorial de J.B. RIETSTAP - et ses Compléments. Armes de Pierre Le Menuet de La Jugannière, baron de l'Empire :

D'azur, à la croix d'or, accostée en chef de deux roses d'argent et en pointe de deux coquilles du même ; au canton des Barons Présidents ou Procureurs généraux en Cour impériale.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

Articles connexes Liste des députés de la Manche ; Liste des membres du Conseil des Anciens. Familles subsistantes de la noblesse française

Liens externes

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