Georges Maroniez, né à Douai le et mort à Paris le , est un peintre, photographe et inventeur français.

Biographie Fils d'un industriel, fabricant de sucre à Montigny-en-Ostrevent, Georges Philibert Charles Maroniez manifeste un goût et des dons pour le dessin et la peinture. Son père l'encourage mais lui demande aussi de faire son droit, le métier d'artiste étant peu considéré à l'époque. À l'issue de ses études, il entamera une carrière de magistrat, successivement à Boulogne-sur-Mer (1891), Avesnes-sur-Helpe (1894) et Cambrai (1897).

En parallèle de la faculté de droit, il suit assidûment les cours académiques de l'école des beaux-arts de Douai, et devient en 1880 l'élève de Pierre Billet (1837-1922) à Cantin. Il y rencontre le peintre Adrien Demont (1851-1928), gendre du peintre réaliste Jules Breton (1827-1906). Sur les conseils de ce dernier, il présente son premier tableau au Salon de Douai puis, en 1887 à Paris, Soleil couchant à Esquerchin (localisation inconnue).

En vacances à Wissant, il se lie avec le ménage Adrien Demont et Virginie Breton, avec lesquels il découvre les paysages du littoral. À chaque été pendant plusieurs années, autour des Demont-Breton, il va y retrouver ses amis douaisiens : Fernand Stiévenart, Henri et Marie Duhem, Félix Planquette. C'est l'époque du groupe de Wissant. On parlera aussi de l'« École de Wissant » ou « de la Côte d'Opale », incluant des peintres de Berck amis des Demont-Breton, un des plus illustres étant Francis Tattegrain (1852-1915). Grâce à la présentation et au parrainage d'Adrien Demont, Georges Maroniez devient, en 1889, sociétaire de la Société des artistes français. Au Salon annuel, il obtiendra une mention honorable en 1891, une médaille de en 1905 et une médaille de en 1906 ; cette dernière le classant hors-concours aux Salons suivants.

Esprit inventif, curieux et pratique à la fois, il s'intéresse à la photographie et invente un premier appareil photographique à mainBrevet , en date du , à pour un appareil de photographie instantanée à main pour l'emploi de plaques pelliculaires Planchon en très grand nombre., puis un deuxième encore plus simple Brevet , en date du , à pour un appareil de photographie instantanée, à magasin et à main, dans lequel le mouvement de l'obturateur et le système de chargement de plaques sont reliés et fonctionnent automatiquement sous la simple pression d'un unique bouton., le Sphynx, appareils qu'il fait breveter en 1891. Le Sphynx emploie les films auto-tendus PLAVIC inventés par le chimiste et industriel boulonnais Victor Planchon (1863-1935)'Victor Planchon : les débuts du cinéma à Boulogne-sur-Mer'., avec lequel Georges Maroniez est en relation. Les prises de vue réalisées avec cet appareil portatif lui sont précieuses pour capter des scènes du bord de mer : départ et retour des pêcheurs, déchargement du poisson… scènes qu'il reproduira ensuite sur toile en atelier. Il rapporta également de ses nombreux voyages en Méditerranée (Afrique du Nord, Italie, Palestine, Égypte…) de multiples clichés sur plaques de verre. photographies, dont 462 autochromes, ont été déposées puis données à la médiathèque d'agglomération de Cambrai, Le Labo, chargée de les conserver et d'en assurer le rayonnement Le Labo a numérisé ces clichés et les a mis en ligne en Mars 2024 sur laborar.lelabocambrai.fr (rechercher “Fonds Georges Maroniez”)..

Sa créativité est constamment en éveil, ainsi il imagine et construit un appareil cinématographique fonctionnant avec de la pellicule Lumière et dans lequel la trépidation des images est suppriméeBrevet , en date du , à pour un appareil cinématographique supprimant les trépidations., appareil qu’il présente en à la Société photographique de Cambrai.

En 1899, il épouse Jeanne Dutemple à Cambrai. Le couple aura trois filles : Germaine, Simone et Madeleine.

En 1905, les succès de sa peinture et la politique anticléricale du ministère Combes le décident à démissionner de la magistrature et à se consacrer entièrement à son art. Mobilisé en 1914 quand éclate la Première Guerre mondiale, il est nommé chevalier de la Légion d'honneurDossier de Légion d'honneur sur la base Léonore. en . Pendant l'occupation du Nord, son atelier est pillé et son épouse déportée à Holzminden en Basse-Saxe avec des centaines d'autres otages civils françaisClaudine Wallart et Marine Vasseur, « Déportation de prisonniers civils pendant la première guerre mondiale : le camp de Holzminden », sur histoire-image.org.. La famille Maroniez s'installe en 1919 à Paris, rue d'Aguesseau. En 1922, il est nommé Rosati d'honneur Rosati d'honneur depuis 1892, archives de la Ville de Fontenay-aux-Roses..

Désormais inspirée surtout par la Bretagne, la peinture de Georges Maroniez est très appréciée en France et à l'étranger. Il meurt d'une crise cardiaque à Paris le . Il est inhumé à Cambrai dans le caveau de famille au cimetière de la Porte Notre-Dame.

Son œuvre Jeune adolescent, Georges Maroniez commence à peindre aux environs de Douai alors que meurent Corot, Millet, Courbet, les grands maîtres du paysage. D'abord peintre de la campagne et de la vie rurale, au style naturaliste, il évolue ensuite au contact de l'École de Wissant vers les marines, plus précisément les paysages et scènes de bords de mer.

Il excelle dans ce genre au point d'être présenté comme un peintre de la mer, ce qu'il récusera. Peintre , il représente la vie des gens de mer dans les paysages côtiers et les scènes de port. Il s'attache à saisir le quotidien d'humbles marins pêcheurs et de leurs familles, le labeur pénible, le courage, l'attente.

Il est aussi le peintre d'une France rurale et prospère après plus de 40 ans de paix, peu mécanisée, utilisant des chevaux et des bateaux à voile, flottilles de voiliers de pêche qui lui ont fourni tant de sujets de tableau. Puis à partir des années 1920, les chalutiers à moteur vont se multiplier.

Son œuvre est abondante et disséminée en France, en Europe et en Amérique du Nord. On l'estime à plus de 800 tableauxJ. Maroniez, Catalogue raisonné, ., auxquels s'ajoutent des milliers d'études, pochades et dessins préparatoires, ainsi que ses nombreuses prises de vues photographiques. Plusieurs œuvres sont conservées dans des musées, principalement dans le nord de la France, notamment au musée de Cambrai et au musée de la Chartreuse de Douai.

Œuvres dans les collections publiques

États-Unis Laurel (Mississippi), : Nuit à Dordrecht, huile sur toile, . New York, musée d'Art Dahesh : Paysage rural, 1893, huile sur toile, . France Boulogne-sur-Mer, château-musée : Les Moulières, 1905, huile sur toile, . Lille, palais des Beaux-Arts : Pêcheurs d'Equihen, 1902, huile sur toile, . Royaume-Uni Leamington Spa, Art Gallery and Museum : Clair de Lune, huile sur toile, . Taïwan Tainan, Chimei Museum : Le Grand-père, 1895, huile sur toile, .

Notes et références

Pour approfondir Bibliographie . . , en 14 volumes. , Maroniez, Georges Philibert Charles. Michèle Moyne-Charlet, Anne Esnault, Annette Bourrut Lacouture, Yann Gobert-Sergent, Visages de Terre et de Mer - Regards de peintres à Wissant à la fin du , Édition du Pas-de-Calais, Silvana Editoriale, , . .

Yann Gobert-Sergent, Georges Maroniez, un peintre de marines de la Côte d'Opale, Cercle Historique Portelois, Le Portel, , . . . . .

Liens externes

Œuvres de Georges Maroniez dans les musées des Hauts-de-France Fonds Georges Maroniez: photographies prises par G. Maroniez, numérisées par Le Labo - Cambrai Georges Maroniez et ses appareils photographiques et cinématographique, sur cinematographes.free.fr

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