Le meurtre de Junko Furuta est une affaire criminelle de la fin des années 1980 dans laquelle une Japonaise, , âgée de 17 ans au moment des faits, est enlevée, violée, torturée et assassinée.

Le crime est principalement perpétré par quatre garçons mineurs proches des milieux yakuzas, , , et , mais de nombreuses personnes, principalement des amis de ces derniers, avaient connaissance de ces actes ou y ont contribué.

Crime Junko Furuta est née à Misato, dans la préfecture de Saitama. Adolescente, elle fréquente le lycée de Yashio-Minami. Avant son enlèvement, elle avait accepté un emploi dans un magasin d'électronique, où elle prévoyait de travailler après avoir obtenu son diplôme.. Junko Furuta est décrite comme une élève sérieuse, avec d'excellentes notes et des absences très rares. Elle travaillait à temps partiel dans une usine de moulage de plastique deux fois par semaine depuis pour économiser de l'argent en prévision d'un voyage de fin d'études.

Le , deux jeunes hommes, Hiroshi Miyano et Shinji Minato, rôdent à Misato dans le but d'enlever et de violer une jeune fille.. À , ils aperçoivent Junko Furuta rentrer à vélo de l'usine où elle travaille. Minato, sous les ordres de Miyano, fait tomber la jeune fille à vélo et s'enfuit, laissant son ami lui porter assistance en prétendant passer par hasard, et lui propose de la raccompagner chez elle. Junko Furuta accepte mais Miyano la mène dans un entrepôt et la viole une première fois en lui révélant qu'il faisait partie des yakuzas. Il l'emmène ensuite à l'hôtel, la viole une seconde fois puis téléphone à ses amis. Vers trois heures du matin, il part au parc avec elle, où les trois autres garçons les rejoignent. Ils cherchent dans les papiers de la jeune fille, trouvent son adresse et l'effrayent en lui disant que si elle essaye de s'échapper, ils enverront des yakuzas tuer sa famille. Finalement, ils s'installent à Ayase, quartier d'Adachi, dans la maison des parents de Minato. Comme les parents de Junko avaient signalé la disparition de leur fille à la police, Miyano force Furuta à les appeler et à leur faire croire à une fugue, prétendant qu'elle était avec un « ami » et qu'elle était en sécurité, ce qui provoque l'abandon des recherches.. Furuta essaya de s'échapper à plusieurs reprises, suppliant les parents de Minato de l'aider, mais ni ceux-ci, terrorisés par Miyano et leur propre fils, ni le frère de Minato, ne prévinrent la police.

Furuta est séquestrée dans la résidence des Minato pendant 40 jours, période durant laquelle elle est violée et torturée par les quatre garçons et de nombreuses autres personnes, parmi lesquelles des relations yakuzas de Miyano....

Certains des complices sont officiellement identifiés, dont Tetsuo Nakamura et Koichi Ihara, qui sont accusés de viol après que leur ADN a été retrouvé sur et à l'intérieur du corps de la victime. Ihara aurait été victime d'intimidation pour violer Furuta. Après avoir quitté la maison des Minato, celui-ci raconte l'incident à son frère qui informe leurs parents. Ces derniers contactent la police qui se rend chez les Minato ; cependant, ils déclinent l'invitation d'entrer dans la maison, estimant que la proposition à elle seule était une preuve suffisante qu'il ne s'y passait rien de répréhensible. Les deux officiers seront renvoyés pour ne pas avoir suivi la procédure.

En décembre, Furuta parvient à contacter la police au téléphone mais Miyano prétexte une erreur lorsque celle-ci rappelle, en représaille les tortures s'intensifient alors et sa santé se dégrade fortement. Les coupables, finissant par se lasser d’elle ne la libèrent pas pour autant et continuent les sévices. Ils kidnappent une jeune fille de 19 ans qu'ils violent et laissent repartir.

Le , après avoir perdu une partie de mah-jong dans un important pari, Miyano décidèrent de s'en prendre à Junko Furuta pour se défouler. La jeune fille, affaiblie, ne survécut pas à ce dernier déchainement de barbarie et mourut dans la journée.

Moins de vingt-quatre heures après, le frère de Nobuharu Minato appelle ce dernier pour lui dire que Furuta semble morte. Craignant d'être arrêté pour meurtre, le groupe enveloppe son corps dans des couvertures et le transporte dans un sac de voyage. Ils le cachent ensuite dans un bidon qu'ils remplissent de béton. Vers , ils enterrent le container dans un trou recouvert de terre à Kōtō« Rapist, Murderer Given 20-Year Sentence », The Daily Yomiuri, 13 juillet 1991, ..

Le , Hiroshi Miyano et Jō Ogura sont arrêtés pour le viol collectif de la femme de 19 ans qu'ils avaient enlevée en décembre. . La police trouve le baril contenant le corps de Furuta, identifié par ses empreintes, le jour suivant. Le , Jō Ogura est arrêté pour une autre agression sexuelle, puis arrêté à nouveau pour le meurtre de Furuta, suivi par l'arrestation de Yasushi Watanabe, Nobuharu Minato et le frère de Minato.

Jugement Les quatre garçons sont arrêtés et jugés en tant qu'adultes ; cependant, suivant les procédures japonaises concernant les crimes commis par des mineurs, leur identité n'est pas révélée par le tribunal. Ils sont désignés en tant que « Garçon A » pour Hiroshi Miyano, « Garçon B » pour Yuzuru Ogura, « Garçon C » pour Shinji Minato et « Garçon D » pour Yasushi Watanabe. Cependant, les journalistes du Shukan Bunshun retrouvent et publient l'identité des quatre garçons. Les accusés plaident coupable pour la charge réduite d'avoir , plutôt qu'un meurtre.

En , un tribunal de première instance condamne Hiroshi Miyano, le chef présumé du crime, à 17 ans de prison. Il fait appel de sa sentence, mais le juge de la Haute Cour de Tokyo Ryūji Yanase le condamne à trois ans de prison supplémentaires. Cette peine de 20 ans est la deuxième plus élevée prononcée au Japon avant la prison à vie. Il avait 18 ans au moment du meurtre. La mère de Miyano aurait envoyé aux parents de Furuta 50 millions de yens après avoir vendu la maison familiale.. Miyano est libéré sur parole en 2009. .

Pour sa participation au crime, Jō Ogura fait 8 ans de prison juvénile avant d'être relâché, en . Il change alors de nom pour celui de Jō Kamisaku. En , il est arrêté pour avoir agressé une connaissance, qu'il pensait être en train d'éloigner sa petite amie de lui.. Kamisaku est condamné à 7 ans de prison pour le passage à tabac. Sa mère a vandalisé et souillé la tombe de Junko Furuta, déclarant que cette dernière avait ruiné la vie de son fils..

Minato Nobuharu, qui avait été condamné à l'origine à une peine de quatre à six ans, est de nouveau condamné à cinq à neuf ans par le juge Ryūji Yanase en appel. Il avait 16 ans au moment du meurtre. Les parents et le frère de Minato n'ont pas été inculpés. Les parents de Furuta, consternés par les peines modérées prononcées contre les assassins de leur fille, gagnent un procès civil contre les parents de Nobuharu Minato, au domicile duquel les crimes ont été commis. Après sa libération, Minato emménage chez sa mère. En 2018, Minato est arrêté à nouveau pour tentative de meurtre après avoir battu un homme de 32 ans avec une barre de métal et lui avoir tranché la gorge avec un couteau...

Média

L'affaire fit l'objet d'une attention nationale envers les jugements et la réhabilitation des délinquants juvéniles, surtout dans le contexte de jeunes jugés en tant qu'adultes, et fit sensation dans les médias.

Un film d'exploitation, Joshikōsei konkurīto-zume satsujin-jiken (女子高生コンクリート詰め殺人事件 : ), fut tourné par le réalisateur Katsuya Matsumura en 1995. Yujin Kitagawa (plus tard membre du duo musical Yuzu) joua le rôle du principal coupable dans le film. Un autre film, (コンクリート , alias ), mis en scène par Hiromu Nakamura, fut tourné en 2004 et basé sur l'un des livres écrits sur l'incident, puis un autre, , fondé sur l'affaire.

La série de mangas 17 ans, Une chronique du mal (17歳。, Jūnana-sai., « 17 ans ») de Seiji Fujii, publiée en 2004 au Japon et en 2020 en France, s'inspire grandement de ce fait divers.

En 2006, le groupe de visual kei japonais The GazettE sortit une chanson sur leur album NIL, appelée Taion/体温 (Température corporelle) ; la chanson est un hommage à la jeune fille.

Les Histoires vraies modernes du bizarre de Waita Uziga reprennent cette histoire dans le chapitre L'Étudiante dans le Béton.

Le tome 3 du manga Reversible Man, écrit par D. Natakani, s'inspire grandement de cette affaire.

La musique de incluse dans l'album raconte l'histoire de Furuta.

La liste des titres de l'album Don't Be Afraid Of Dying de Sewerslvt sur Discogs. est un acrostiche de « Junko Furuta », en hommage à cette dernière.

Notes et références Notes

Références Voir aussi Bibliographie

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