Georges Duhamel, né à Paris le des registres d'état civil établit le 2 juillet 1884 à la mairie du de Paris. et mort à Valmondois (Seine-et-Oise, actuellement Val-d'Oise) le Acte établit le 14 avril 1966 à Valmondois. Note reportée en marge de l'acte de naissance le 18 avril 1966., est un médecin, écrivain et poète français.
Rendu célèbre par l’écriture de Civilisation (prix Goncourt 1918) puis de la Chronique des Pasquier, il fut élu en 1935 membre de l’Académie française dont il fut secrétaire perpétuel de 1944 à 1946. Il devint ensuite un président très actif pour le renouveau de l’Alliance française après-guerre.
Georges Duhamel est, par ailleurs, le père du compositeur Antoine Duhamel et le grand-père de l'écrivain journaliste Jérôme Duhamel.
Biographie Jeunesse et études Georges Duhamel naît au 4, rue Coypel près de la place d'Italie dans le de ParisGeorges Duhamel, Géographie cordiale de l'Europe, Mercure de France, 1931, .. Il est le troisième d’une famille de quatre enfantsMarie Emma Duhamel aura sept maternités, dont seuls quatre enfants survivront. qui vit chichement des activités d’un père, Pierre-Émile Duhamel (1849-1928), , et d'une mère, Marie Emma Pionnier (1854-1939), tous deux herboristes. « PharmacienL'acte de naissance de Georges Duhamel indique qu'en 1884, son père est herboriste. Cependant Pierre-Émile Duhamel exerça successivement ou concomitamment de très nombreuses activités telles que journaliste correspondant du Figaro au Havre, herboriste-pharmacien, agriculteur, éleveur, commerçant avant de devenir médecin. Dans Inventaire de l'abîme, Paul Hartmann éditeur, Paris, 1944, . », son père décide d'entreprendre, passé quarante ans, des études de médecine.
Après une enfance perturbée par les nombreux déménagements de sa famille (plus d'une dizaine d'adresses à Paris, puis au Havre, Nevers, et enfin à Montreuil-sous-BoisCésar Santelli et Marcel Saurin, Georges Duhamel. L'homme, l'œuvre, éditions Bordas, 1947, .), Georges Duhamel fait ses études au lycée Buffon à Paris, puis au lycée de Nevers, et enfin à l'Institution Roger-Momenheim pour l'année de philosophieGeorges Duhamel, Biographie de mes fantômes, éditions Paul Hartmann, 1944, ..
Il obtient son baccalauréat en 1902 et décide alors de poursuivre des études scientifiques. Après une licence de sciences, il entame des études de médecine, qu’il achève en 1909.
Abbaye de Créteil vignette|redresse|gauche|Les membres de l'abbaye de Créteil en 1906. Georges Duhamel est le deuxième en partant de la gauche. Entre 1906 et 1908, il crée avec son ami le poète Charles Vildrac, qui deviendra son beau-frère, et René Arcos « l’abbaye de Créteil » ou groupe de l'Abbaye, phalanstère d’artistes regroupant poètes, écrivains, musiciens et peintres., groupe d'écrivains unanimistes, expérience qu’il a relatée de façon romancée, bien qu’il s’en soit défendu, dans le cinquième volume de la série de la Chronique des Pasquier, le Désert de Bièvres. Georges Duhamel avait marqué son entrée dans la littérature par des poèmes, puis la publication de Des légendes, Des batailles, en 1907, L'Homme en tête et Sur la technique poétique (avec Charles Vildrac), en 1909, Selon ma loi, en 1911.
Tandis que son théâtre est représenté à L'Odéon, il se voit confier en 1912 une rubrique critique au Mercure de France. Il devient un des auteurs de la maison, qu’il dirige ensuite pendant quelques années, à la mort d’Alfred Vallette en 1935.
À l'occasion de représentations théâtrales à l'abbaye de Créteil, il fait la rencontre et s'éprend de l'actrice Blanche Albane avec laquelle il entretient une importante correspondance. Il l'épouse le à ParisNote reportée en marge de l'acte de naissance. et aura avec elle trois fils : Bernard (1917-1996, futur chirurgien-pédiatre, , , ; sur le site des éditions Masson.), Jean (1919-1998, futur médecin proctologue infantileVincent de Parades, « Jean Duhamel (1919–1998) », in Colon and Rectum , , , .) et Antoine Duhamel (1925-2014, futur compositeur de musique)« Repères chronologiques », in Vie et aventures de Salavin, éditions Omnibus, 2008, .. De 1910 à 1914, frais diplômé en médecine et en chimie biologique, il travaille sur les propriétés des métaux à l'état colloïdal pour les laboratoires pharmaceutiques Clin à Paris, dirigés par le bibliophile Léon Comar, tout en laissant libre cours à ses aspirations littéraires. Il est le parrain de Blanchette Brunoy, fille du dessinateur Henri Doucet..
Engagé volontaire pendant la Première Guerre mondiale Durant la Première Guerre mondiale, Georges Duhamel décide de s'engager dans le service actif, alors qu'il avait auparavant bénéficié d'une réforme médicale en raison de sa vue.. Il veut faire don de lui-même et partager les épreuves des hommes de sa générationLaurence Campa, « Le Goncourt de la paix », L'Histoire, , décembre 2008, .. À partir de 1914, il occupe pendant quatre ans les fonctions de médecin aide-major dans des « autochir », dans des situations souvent très exposées.. Alors qu'il exerce près du front de Champagne en 1915, puis participe à la bataille de Verdun et à la bataille de la SommeGeorges Duhamel, Vie des martyrs et autres récits des temps de guerre, éditions Omnibus, 2005 ., il décide de raconter les épreuves que les blessés subissent. Deux romans naîtront de cette expérience : d'une part Vie des martyrs, paru en 1917, un recueil de récits qui connaîtra un certain succèsLaurence Campa, .. La presse compare ce livre au roman d'Henri Barbusse, Le Feu, lauréat du prix Goncourt en 1916. Georges Duhamel entreprend ensuite la rédaction de Civilisation, livre-témoignage sur les ravages de la guerre. Le livre sort en sous le pseudonyme de Denis Thévenin car Duhamel ne veut pas être accusé de profiter de la guerre pour faire de la littérature et reçoit le le prix Goncourt.
Après la guerre, Georges Duhamel donne, le à la maison des Amis du livre sur invitation d'Adrienne Monnier, une importante conférence sur le thème Guerre et Littérature dans laquelle il invente, selon Antoine Compagnon, la notion de « littérature de témoignage par Antoine Compagnon, cycle de cours 2014 donnés au Collège de France, le 21 janvier 2014. » et s'inquiète du désintérêt littéraire rapide concernant la Grande Guerre pouvant conduire à au profit d'une « littérature de convention » — analyse qui sera reprise deux ans plus tard par Maurice Genevoix dans l'avant-propos des Éparges.
Reconnaissance et cycles littéraires Rendu à la vie civile, Georges Duhamel se consacre désormais entièrement aux lettres et à la défense d’une civilisation à visage humain. En 1919, il découvre en Seine-et-Oise la vallée du Sausseron et Valmondois, où il passera tous ses étés faisant l'acquisition en 1925 de la « maison neuve » ou « maison blanche » au lieu-dit de La Naze.. Il écrit alors en 1920, Confession de minuit, qui deviendra le premier tome de son premier cycle romanesque Vie et aventures de Salavin (1920-1932), considéré par de nombreux critiques littéraires comme précurseur des questions existentialistes que développeront plus de quinze ans plus tard Camus dans La Chute (1956) et Sartre dans La Nausée, Nuit blanche, le magazine du livre, , 1992, . (1938).
C’est au début des années 1930 qu’il entame sa Chronique des Pasquier qui le rendra célèbre, selon le principe du roman-fleuve, œuvre qui est parfois comparée aux Rougon-Macquart d'Émile Zola ou aux contemporains Thibault de Roger Martin du Gard. La publication de ce cycle littéraire au Mercure de France s'étend de 1933 à 1945. Elle peut être vue comme la transposition littéraire autobiographique de la vie de Georges Duhamel dans son héros principal Laurent Pasquier. En 1935, Georges Duhamel devient directeur du Mercure de France. et la même année est élu le Par 17 voix contre 7 à l'historien Charles Diehl., à sa seconde tentativeSa première candidature date de 1934 pour le fauteuil d'Eugène Brieux où il fut battu par 11 voix contre 17 à Léon Bérard., à l’Académie française au fauteuil 30 à la suite du décès de G. Lenotre ; sa réception officielle au sein de l'Illustre Compagnie a lieu le avec un discours d'accueil prononcé par Henry Bordeaux. En 1937, il est également élu à l'Académie de médecine.. Avec François Mauriac, qui en est le fer de lance, il s'oppose nettement mais en vain à l'élection en de Charles Maurras à l'Académie françaiseJean-Luc Barré, François Mauriac, biographie intime, tome I – 1885-1940, éditions Fayard, 2009 , ..
Entre 1930 et 1940, il accomplit de nombreux voyages en France et à l’étranger, défendant par de brillantes conférences la langue et la culture françaises ainsi que l’idée d’une civilisation construite sur le cœur de l’homme et non uniquement sur les progrès techniques de la mécanisation envers lesquels il est le plus souvent critique, le classant comme un écrivain de gaucheGeorges Duhamel collabore à L'École libératrice, hebdomadaire du Syndicat national des instituteurs. Il est notamment lié à son directeur Georges Lapierre.. Articles et conférences sont rassemblés sous divers titres, et la période de l'entre-deux-guerres constitue celle de son plus grand succès auprès du public. Il devient alors membre du jury du prix Jeunesse, dont il prendra plus tard la présidence, en 1945.
Il fonde avec Pierre Raoul Dubois, alias Pierre Dane, l'Office de l'information en 1953.
Années sombres de la guerre : un académicien en résistance Au début des hostilités de la Seconde Guerre mondiale, Georges Duhamel redevient chirurgien-militaire à l'arrière, opérant durant l'exode de 1940 les blessés civils à l'hôpital de Pontchaillou à Rennes, magazine Place publique du Conservatoire du patrimoine hospitalier de Rennes, septembre-octobre 2014, . ; rééd. FeniXX, 2020, , .. Après la défaite, il voit dès l'été 1940 une partie de son œuvre interdite par les Allemands. qui mettent sur la liste Bernhard des ouvrages interdits par la Gestapo trois de ses livresCivilisation (1918), Mémorial de la guerre blanche (1939) et Positions françaises (1940).. Quelques mois plus tard, c'est l'ensemble de son œuvre qui est inscrite sur la liste Otto, se voyant de plus interdit de toute publication en 1942Hueber (1997), .. Durant toute cette période sombre, durant laquelle il reste volontairement à Paris et ne fait que quelques séjours dans sa maison de campagne de Seine-et-Oise, il tient tête ouvertement à la pression de l'occupant et à la fraction pétainiste de l’Académie française.Hueber (1997), ., Revue française de science politique, 1958, , , . , institution au sein de laquelle il est durant cette période volontairement très présent et actif à « visage découvert ». Il explique cette attitude dans une lettre à son ami François Mauriac indiquant :