Le tramway de Québec (officiellement TramCité) est un projet de tramway situé à Québec, au Québec (Canada) et constitué d'une ligne comportant entre les quartiers de Cap-Rouge et de Charlesbourg en passant notamment par Sainte-Foy, Sillery, Montcalm, Saint-Roch et le Vieux-Limoilou. La ligne a une longueur de (12,0 mi), dont deux sont prévus en souterrain.

Confirmé en par la CDPQ Infra, le gouvernement du Québec et la Ville de Québec, le tramway ira de l'avant et pourra transporter ses premiers passagers en 2033 avec une mise en chantier en 2027. L'ensemble du projet est évalué à 7,6 G$.

Un ancien système de tramway existait dans la ville entre 1865 et 1948.

Historique Ancien tramway (1897–1948)

vignette|gauche|Anciens tramways circulant sur l'avenue des Érables, en 1898.

Le transport en commun naît à Québec dans les avec la création de circuits de tramways hippomobiles. Moins chers que les traditionnelles calèches, ils gagnent vite en popularité au point où deux compagnies se partageront le service. L'année 1897 est considérée comme charnière puisque le réseau municipal est entièrement électrifié et organisé en distinctes. Le tramway connaîtra une expansion jusque dans les , alors que son réseau compte , de Sillery à Montmorency. Comme plusieurs tramways à travers le monde, son réseau est démantelé avec l'avènement de l'autobus. Le dernier véhicule circule le .

Études sur le retour du tramway (2000–2017) Entre 1972 et 1990, quatre études sont réalisées relativement à l'insertion d’un « système de transport rapide » à Québec. Les voies réservées et les circuits de bus à haut niveau de service sont la solution retenue et mise en œuvre en 1992. Les Métrobus sont mis en service le . Une décennie plus tard, le tramway commence toutefois à être envisagé.

2003 : proposition de reconversion des axes Métrobus En 2000, le ministère des Transports du Québec donne à la Société de transport de la Communauté urbaine de Québec le mandat d'effectuer une étude d’opportunité et de faisabilité pour l'insertion d'un tramway le long des axes Métrobus.

Le Réseau de transport de la Capitale publie en 2003 une étude d'opportunité et de faisabilité d'un système léger sur rail à la demande du ministère des Transports en . L'étude démontre que l'implantation d'un tramway à Québec est possible et aura des effets positifs. Le projet initial présenté propose d'insérer le tramway le long des axes métrobus 800 et 801 existant. Ces corridors concentrent une forte densité de population. D'une longueur de , on considère que le réseau prendrait à construire.

En 2003, l'étude d’opportunité et de faisabilité recommande la construction d'un réseau de tramway à Québec. En 2005, la ville de Québec inscrit ce mode de transport dans son Plan directeur d’aménagement et de développement 2005-2025.

2010 : proposition du comité sur la mobilité durable vignette|Carte de la proposition de 2010. Le , le comité sur la mobilité durable de la Ville de Québec recommande l'implantation de deux lignes de tramway d'ici 2030 pour un projet évalué en tout à de dollars.. La première ligne est d'une longueur de . Les wagons partant de la rive-sud du fleuve prennent au passage le pont de Québec, le boulevard Laurier, traversent l'Université Laval, descendent la côte Nérée-Tremblay, longent le boulevard Charest jusqu'au Palais de justice. Bifurquant au nord, ils empruntent le boulevard des Capucins, le chemin de la Canardière pour aboutir au futur écoquartier d'Estimauville. Une branche se sépare au moment de traverser Saint-Roch pour monter sur la Colline parlementaire, jusqu'au Grand Théâtre. La seconde ligne, d'une longueur de , part du Grand Théâtre pour se rendre jusqu'à Charlesbourg. Elle passe par la Pointe-aux-Lièvres, puis par ExpoCité pour se rendre jusqu'aux Galeries Charlesbourg. Cette ligne pouvait être prolongée vers l'ouest de la haute-ville.

En 2015, une deuxième étude de faisabilité est déposée. La ville de Québec choisit d'écarter le tramway et privilégie un service rapide par bus (SRB).. En 2017, le choix du SRB est abandonné à son tour lorsque la ville de Lévis, qui était partenaire, annonce son retrait. Six semaines après les élections municipales de 2017, le maire réélu Régis Labeaume relance le projet d'un tramway.

Projet du réseau structurant (2018–2023) Engagement politique et choix d'un premier tracé vignette|Logo du réseau structurant de transport en commun (RSTC). En , quelques semaines après les élections municipales tenues en novembre, le maire réélu Régis Labeaume indique que sa promesse d'un projet de transport en commun structurant prendrait finalement la forme d'un tramway. La conjoncture politique permet cette fois-ci, contrairement au précédent projet de 2010, un investissement massif des gouvernements fédéral et provincial dans les infrastructures de transport en commun.

Le , la Ville de Québec, conjointement avec le gouvernement Couillard et l'appui du gouvernement fédéral, annonce la construction d'une ligne de tramway et d'une ligne de trambus au coût avoisinant $. Ils signent l' « Entente concernant le projet de réseau structurant de transport en commun ».

La ligne proposée relierait Charlesbourg à Cap-Rouge en passant par la colline parlementaire. Une portion souterraine de est prévue. Les fréquences de passage seraient de 3 à en période de pointe et de 10 à le jour et la fin de semaine. La capacité du tramway serait de par véhicule. La date de 2026 est retenue pour son ouverture.. Ce nouveau réseau structurant de transport en commun est rapidement dénigré par des promoteurs d'un autre projet d'envergure, celui d'un lien autoroutier sous-fluvial entre Québec et Lévis. Le gouvernement Legault, succédant au gouvernement Couillard en 2018, assure son appui pour la continuité du projet. La « Loi concernant le Réseau structurant de transport en commun de la Ville de Québec » est adoptée le . Appuis et oppositions

À la suite de l'entente politique de 2018, différents groupes ou citoyens prennent position sur la construction d'un tramway. En , une trentaine de personnalités d'affaires de la ville signe une lettre en appui au projet. En , un regroupement en faveur du projet nommé « J'ai ma passe » et composé de plusieurs organismes d'affaires et environnementaux de la région voit le jour. Un autre mouvement nommé « Québec désire son tramway » est créé en et fait notamment la distribution de pancartes promotionnelles. La Chambre de commerce et d'industrie de Québec, les grands employeurs de la ville comme les banques et les compagnies d'assurances ainsi que l'Université Laval comptent parmi les appuis au tramway.

Dans la population, des sondages réalisés au fil du temps expriment un appui majoritaire au projet dans les arrondissements traversés par le tramway (La Cité-Limoilou et Sainte-Foy–Sillery–Cap-Rouge), mais minoritaire ailleurs dans la ville. L'inquiétude des dépassements de coûts a un impact sur l'appui. En , un sondage révèle que 60 % de la population sont défavorables au tramway et que 37 % restent favorables. C'est un déclin de en trois mois. Les conditions hivernales, l'esthétisme des fils électriques, la fluidité routière, les coûts élevés et le choix du tracé sont des enjeux soulevés par les opposants. L'abattage d'arbres sur certains tronçons de la ligne suscitent aussi de la contestation de citoyens appuyés par Anne Guérette et Martine Ouellet. En , le groupe citoyen « Québec mérite mieux » et son avocat Guy Bertrand demandent un arrêt des travaux du tramway devant les tribunaux. La Cour supérieure rejette les arguments du groupe en .

Au niveau politique, Québec 21 sur la scène municipale et le Parti conservateur du Québec sur la scène provinciale sont les seuls partis à s'opposer au projet. Malgré leur position forte et une visibilité médiatique, leur succès électoral est timide aux élections municipales de 2021 et provinciales de 2022. De son côté, la Coalition avenir Québec montrera par moments des réticences face au projet lors de la législature. En , le député caquiste Éric Caire ira jusqu'à faire une déclaration controversée en demandant que la mairie de Québec « arrête de polluer l’existence des conducteurs [automobiles] avec des projets comme ça », avant de se rétracter.

Au niveau médiatique, certains animateurs de de la ville s'affichent clairement contre le projet. L'animateur de radio Éric Duhaime se lancera en politique notamment sur cet enjeu. Dans une campagne publicitaire pro-tramway en 2022, la Ville de Québec fait un clin d'œil humoristique à ces animateurs dans une parodie dont le slogan est « l'émission où on réfléchit en commun même si c’est juste moi qui parle ».

Financement, approbations et modifications En 2019, une mésentente survient sur le programme fédéral précis qui sera utilisé pour financer le projet. La Ville de Montréal acceptera alors de céder 800 M$. En , la Ville de Québec retranche le trambus du projet afin d'augmenter le financement seul du tramway, ce qui soulève des critiques de l'opposition municipale et du gouvernement provincial. Ce dernier met le projet sur pause, alors que des travaux ont déjà débuté.

vignette|gauche|En 2018, la ligne du tramway devait relier l'avenue Le Gendre au boulevard Louis-XIV. Louis-XIV est remplacé par l'avenue D'Estimauville en 2021. vignette|gauche|Carte du projet entre 2021 et 2023. La ligne du tramway devait relier l'avenue Le Gendre à l'avenue D'Estimauville en 2021.

Du au , le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement mène des consultations publiques. Dans son rapport, l'organisme recommande des modifications au projet présenté par la ville. Fin 2020, les négociations entre la Ville et le gouvernement provincial sont tendues. Le premier ministre François Legault affirme que la mouture présentée n'accorde pas assez de place à la desserte des banlieues. Cette saga politique se termine finalement avec une entente le , avec des modifications apportées par le gouvernement Legault. Charlesbourg est remplacé par D'Estimauville comme terminus à l'est de la ligne. Le Conseil exécutif du Québec donne son aval par décret confidentiel le . Il est publiquement officialisé le .

Les appels de propositions sont lancés le . Cependant, en raison de l'acquisition de Bombardier Transport par Alstom quelques mois plus tôt, le contexte n'est pas favorable à la concurrence et un seul soumissionnaire répond à l'appel. En , la Ville décide donc de reprendre le processus en le divisant en deux : un sera pour le matériel roulant et l'autre pour la construction des infrastructures.

À l'issue des élections municipales de novembre 2021, le seul parti politique s'opposant catégoriquement au projet (Québec 21) termine en troisième place avec 25 % des votes. Le nouveau maire Bruno Marchand s'engage à poursuivre le travail amorcé tout en promettant des améliorations. Fin , la Ville accuse de nouveau le gouvernement Legault de vouloir saboter le projet en repoussant la signature de décrets concernant les appels de proposition. La réticence du gouvernement est motivée par trois facteurs : la montée en popularité du Parti conservateur du Québec, opposé au projet et faisant craindre des pertes électorales dans la région, le refus du maire Marchand d'appuyer immédiatement le projet gouvernemental du tunnel entre Québec et Lévis, puis finalement un débat local concernant l'insertion du tramway et des coupes d'arbres sur le boulevard René-Lévesque. Les partis d'opposition à l'Assemblée nationale ainsi que l'Union des municipalités du Québec, voulant protéger l'autonomie des municipalités par rapport aux interventions gouvernementales, font toutefois pression et les décrets gouvernementaux sont finalement adoptés le sans aucune condition. Les appels de proposition sont lancés à la mi-.

Sélection des partenaires Le consortium de génie-conseil Tram-Innov est choisi pour la conception préliminaire et les devis techniques du tramway en .