Le musée archéologique d'Olympie est un des principaux musées de Grèce. Il dépend du ministère grec de la culture (septième éphorat des antiquités préhistoriques et classiques) et est dirigé (en 2009) par Georgia Xatzi. Il fut le premier musée créé hors de la capitale. Il abrite les découvertes faites sur l'Altis, le site d'Olympie : des objets allant de la Préhistoire à l'époque romaine voire jusqu'aux . Ses pièces maîtresses sont l’Hermès portant Dionysos enfant de Praxitèle, les frontons du temple de Zeus, la « Victoire de Paionios » ainsi que la coupe ayant appartenu à Phidias. L'ampleur de sa collection de bronzes antiques en fait la plus importante du mondeDescription. Ministère grec de la Culture..
Le musée est installé dans deux bâtiments : le bâtiment principal avec douze salles d'exposition (organisées de façon thématique et chronologique : époques préhistorique, géométrique et archaïque, céramique archaïque et classique, sculpture monumentale en terre cuite, frontons et métopes du temple de Zeus, « Victoire de Paionios », atelier de Phidias, Hermès de Praxitèle, époque hellénistique, époque romaine, statuaire romaine et dernières années du sanctuaire) et une aile avec les services aux visiteurs. Un autre bâtiment, consacré à la boutique du musée, est un peu à l'écart, à mi-chemin du site archéologique.
Histoire Premier musée
Les travaux de fouilles du site d'Olympie, dans la seconde moitié du , rendirent très vite nécessaire la construction d'un bâtiment pour abriter les découvertes. Le banquier philanthrope Andréas Syngrós la finança (pour drachmes) et confia le chantier aux deux architectes et archéologues allemands, qui avaient commencé les fouilles du site, Wilhelm Dörpfeld et Friedrich Adler.
Un bâtiment néo-classique fut érigé sur la colline de Drouva à la sortie de la ville, sur la route du sanctuaire. Achevé en 1888, il était le premier musée grec construit hors de la capitale. Endommagé par un tremblement de terre en 1954, il était aussi trop petit pour accueillir l'ensemble des collections. La construction d'un nouveau musée fut décidée dans les années 1970. Longtemps inusité, le bâtiment abrite depuis 2004 un musée de l'histoire des Jeux olympiques antiques, crée à l'occasion des Jeux olympiques d'été d'AthènesHistoire. Ministère grec de la Culture..
Musée actuel thumb|upright=1.5|Plan du musée. Le premier musée ayant montré ses limites, la construction d'un nouveau bâtiment fut confiée à l'architecte grec Pátroklos Karantinós. Commencé en 1966, le « nouveau musée » fut achevé en 1975, mais le transfert des œuvres prit du temps. L'exposition définitive ne fut inaugurée qu'en 1982 par la ministre de la culture de l'époque, Mélina Mercouri. La muséographie était due à Nikólaos Gialoúris, alors Éphore des antiquités, à Ismini Trianti et au sculpteur S. Trianitis qui fut chargé d'installer la « Victoire de Paionios » sur un socle spécifique. Aussi, celle-ci ne fut visible qu'à partir de 1994. Le musée a été rénové dans le cadre de la préparation des Jeux olympiques de 2004. Il a été fermé de septembre 2003 au . Les collections ont été réorganisées en conservant l'esprit de la première présentation. Les salles ont été agrandies ; la lumière, la ventilation et l'air conditionné revus ; la boutique a été déplacée ; l'Hermès de Praxitèle a été installé dans une salle qui lui est entièrement consacrée, sur un socle anti-tremblement de terre ; des salles nouvelles ont été créées : l'atelier de Phidias et les dernières années du sanctuaire, à la place de l'exposition sur les jeux olympiques antiques, déplacée dans un musée spécifique.
Le musée actuel est organisé en deux bâtiments. Les collections sont dans les douze salles d'exposition du bâtiment principal. L'aile est de celui-ci est destinée aux services aux visiteurs (cafétéria et toilettes), tandis que ses sous-sols contiennent les réserves et les laboratoires de conservation (terres cuites, bronzes, pierre et mosaïques). La boutique (objets et livres) est installée dans un autre bâtiment, entre le musée et le site archéologique.
Le tableau ci-dessous présente le nombre de visiteurs gratuits et payants par année et par mois. La deuxième colonne indique le nombre total de visiteurs annuels.Sources : General Secretariat of the National Statistical Service et Autorité hellénique de la statistique (ELSTAT), mars 2021. TotalJanvierFévrierMarsAvrilMaiJuinJuilletAoûtSeptembreOctobreNovembreDécembre2004ferméferméfermé200520062007200873620092010880855 7072011557610201220132014201520162017201820192020ferméfermé217541fermé
Le tableau ci-dessous présente les recettes par année et par mois en euros (€). La deuxième colonne indique les recettes totales annuelles.Sources : General Secretariat of the National Statistical Service et Autorité hellénique de la statistique (ELSTAT), mars 2021. TotalJanvierFévrierMarsAvrilMaiJuinJuilletAoûtSeptembreOctobreNovembreDécembre2004ferméferméfermé200520062007200820092010201120122013201420152016452017201820192020828ferméfermé960336fermé
Collections
Le musée est précédé d'une grande cour carrée à péristyle. Divers éléments d'architecture et des statues (dont le torse d'une statue colossale d'Auguste provenant du Métrôon) y sont exposés, tandis que dans le hall d'entrée se trouve une maquette du site à son apogée (époque romaine) avec l'ensemble des bâtiments qui y furent construits. Elle permet de mieux visualiser les deux visites (celle du musée et celle du site lui-même).
Collection préhistorique et protohistorique La salle 1 (à gauche du hall) est consacrée à la période préhistorique, grâce aux découvertes réalisées sur le site mais aussi dans la région d'Olympie. Les tessons exposés ici et remontant à la fin du néolithique (4300 - 3100 ) ont été découverts dans le remblai nord du stade olympique. Ils sont les indices d'une occupation très ancienne du site. Les objets les plus anciens (poteries à la main et outils en pierre) datent de l'Helladique Ancien II et III (2700 - 2000 ). Certains proviennent du « tumulus de Pélops » (entre le temple d'Héra et l'autel de Zeus sur le site archéologique) dont une reconstitution est aussi proposée. D'autres ont été aussi découverts dans des habitats voûtés, les constructions les plus anciennes présentes sur le site. Les vases exposés sont caractéristiques de cette période : des « saucières », des cruches de type prochous, des vases dont la forme est proche de l'amphore, des phiales à une seule anse, des canthares et des askoi (« vases canards »). Les cruches prochous et les phiales ont un décor, estampé ou incisé, sur la lèvre, l'anse ou la base qui montre les relations à l'Helladique ancien entre Olympie et la Culture de Cetina (en Croatie actuelle). Les liens avec la région dalmate se sont longtemps poursuivis comme le prouvent les céramiques et les outils de l'Helladique moyen (2000 - 1600 )Collections. Ministère grec de la Culture.
La période mycénienne (1600 - 1100 ) est représentée par des objets (en terre cuite, pierre ou bronze) trouvés dans diverses tombes à tholos de la région, principalement sur les collines de Zouni et Kalosaka près du musée. Les vases mycéniens, à décor linéaire simple, présentés ici sont principalement des amphores qui conservaient de l'huile, des amphores à étrier pour les huiles aromatiques, des alabastres, ovoïdes ou cylindriques, pour les onguents et des kylix (vases à boire). On peut aussi voir des idoles féminines en terre cuite dites en , des bijoux (colliers en pâte de verre), des ustensiles de toilette (rasoirs), des intailles, des armes (pointes de lance) et un casque en défenses de sanglier.
thumb|upright=1.4|Bronze néo-hittite (), réemployé par les habitants d'Olympie.
La salle se termine avec trois plaques de bronze provenant d'Assyrie et datant de l'époque néo-hittite (). Elles témoignent des relations entre les deux régions. Leurs décors évoquent une procession avec des prêtres menant des animaux au sacrifice et un défilé de guerriers (cavaliers et fantassins avec des cuirasses). Elles ont été réutilisées pour recouvrir des objets en bois, aujourd'hui disparus.
Les bronzes
Cette grande salle (la 2) expose des objets en bronze, principalement des époques géométrique et archaïque () : armes, boucliers, casques, jambières, lébètes (chaudrons) de toutes tailles (miniatures, de taille normale ou monumentaux comme le plus ancien chaudron monumental sur trépied conservé remontant au ), trépieds, figurines et plaques ornées. Il s'agit de la plus importante collection de bronzes antiques au monde. Les offrandes à Zeus en constituent la très grande majorité et démontrent l'influence et la richesse du sanctuaire dès cette période.
Les offrandes à Zeus proviennent de l'immense autel constitué des cendres des animaux qui lui étaient sacrifiés sur l'Altis. Parmi ces cendres, les archéologues ont retrouvé un très grand nombre de figurines de bronze (et parfois en terre cuite) animales ou humaines, provenant de l'ensemble du Péloponnèse : les ateliers argiens, corinthiens, laconiens et éléens sont représentés. Les plus anciennes () sont quasiment abstraites. Les suivantes ajoutent peu à peu des détails. Diverses interprétations ont été proposées pour ces statuettes. Les figures masculines représenteraient Zeus, parfois Zeus guerrier lorsqu'il y a casque ou figure d'aurige, parfois une épiphanie du dieu. Elles pourraient aussi représenter le fidèle en position d'orant. Les figures féminines pourraient donc être soit Héra soit une adoratrice. On peut voir une figure féminine chevauchant en amazone ( du ). Un groupe de sept femmes nues dansant en rond pourrait figurer des nymphes (). Les figures animales sont le plus souvent des chevaux ou des taureaux. Les chaudrons (de toutes tailles) étaient aussi un type récurrent d'offrande à Zeus. La salle en expose toute la variété, ainsi que des anses (décorées de chevaux dans les premiers temps puis de plus en plus de figures humaines ou divines comme les Telchines). Un cheval (début du ) en bronze (fonte pleine) de plus grande dimension que les autres statuettes similaires marque esthétiquement (et physiquement dans la salle) le passage de l'époque géométrique à l'époque archaïque. À partir du se développe un style « orientalisant » intégrant de nouveaux motifs, comme les lions, les sirènes et surtout les griffons. Un nouveau type de chaudron apparaît aussi, le chaudron à « cuve clouée », remplaçant le chaudron à « cuve mobile ». Les nouveaux motifs sont appliqués sur la lèvre de la cuve. Des protomés de sirènes ou de griffons sont appliqués en décor.
Objet Description Origine et datation 150pxOffrandes à Zeus
Animaux en bronze et terre cuite.Olympie150pxGroupe de femmes dansant en rond
Ronde de sept figures féminines, nues. Ronde de jeunes filles en âge de se marier (?)
Offrande à Zeus, bronze.Olympie150pxStatuette de cheval
Offrande à Zeus.
Bronze, fonte pleine.Olympie
début du 150pxTête de lion en bronze
Peut-être fixée sur un bouclier ou un édifice.
Importation orientale : néo-hittite.Olympie