Le Nord-Kivu est une province de l'est de la république démocratique du Congo. La nature y est riche de la variété de sa faune et de sa flore, mais aussi de son relief accidenté parsemé de lacs, de rivières, de neige et de volcans.
Cette province fait l'objet de violences et de combats depuis 2004, qui provoquent d'importants déplacements de population, et entraînent des crises humanitaires récurrentes.
Géographie Située à l'est du pays, elle est limitrophe de quatre provinces congolaises, de la région Ouest de l'Ouganda et du Rwanda. Elle jouxte la province de l'Ituri au nord, les provinces de la Tshopo et du Maniema à l'ouest, et le Sud-Kivu au sud. À l'Est, elle est limitée par l'Ouganda et le Rwanda.
Subdivisions La province est divisée en trois villes et six territoires. Les trois villes sont : Goma (chef-lieu de la province) ; Beni ; Butembo. Un projet est en cours depuis 2013 pour accorder aussi le statut de ville pour : Kasindi ; Oicha ; Luholu.
En outre, la province du Nord-Kivu compte six territoires. + Territoires du Nord-Kivu Désignation Chef-lieu Superficie (km²) Population (2004) Territoire de Beni Oicha Territoire de Lubero Lubero Territoire de Masisi Masisi Territoire de Nyiragongo Kibumba 163 Territoire de Rutshuru Rutshuru Territoire de Walikale Walikale
Histoire
Cette province est issue du découpage de l'ancienne province du Kivu intervenu en 1988.
Conflits et insécurité
En 1994, à la suite de la prise de contrôle de Kigali par le Front patriotique rwandais (FPR), qui vient de mettre fin au génocide des Tutsis au Rwanda, des centaines de milliers de Hutus rwandais, accompagnés des forces génocidaires, traversent la frontière avec le Zaïre et environ trouvent refuge dans la province du Nord-Kivu. Cet afflux de personnes déstabilise la région, déjà marquée par des tensions politico-ethniques... Concentré dans des camps proches de la frontière, les Hutus deviennent majoritaires dans les zones de Masisi, Rutshuru et Goma, ce qui contribue à dégrader l'équilibre politique de la région et attise les conflits entre groupes ethniques. Ces évènements marquent un tournant concernant l'instabilité et la violence dans l'est de la république démocratique du Congo (RDC), dont la province du Nord-Kivu.
À partir de 1996, la province est l'une des zones où se déroulent les première et deuxième guerres du Congo, qui entraînent des déplacements massifs de civils, des massacres et violations des droits de l'homme dans la région et le pays. Un accord de paix, signé en 2003, met formellement fin à la deuxième guerre du Congo, mais les combats se poursuivent dans la région des Kivus, où des groupes armés continuent à déstabiliser la région et perpétuer l'insécurité, en commettant exactions, crimes, viols et autres violations des droit humains, et entrainant des déplacements de populations.
Parmi ces groupes on compte les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un mouvement issu des anciennes forces et milices impliquées dans le génocide des Tutsi au Rwanda, dont les membres ont trouvé refuge dans la région en 1994, et composé de Hutus rwandais, ainsi que différentes rébellions à dominante tutsi, tel que le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) de Laurent Nkunda et le Mouvement du 23 mars (M23).
La rébellion de Laurent Nkunda et du CNDP se déroule entre 2004 et fin 2008, et oppose le groupe rebelle à l'armée congolaise ainsi qu'aux FDLR. Ce conflit entraine d'importants déplacements de population dans la région et vers les pays frontaliers, ainsi que des exactions et des violations des droits humains, commis par les différentes parties impliquées dans le conflits, dénoncés par Amnesty International et le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).
Le Nord-Kivu est aussi déstabilisé par la présences des rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) dans l'est de la province, dont une attaque en , tuent près de 50 civils dans le territoire de Beni (Nord-Kivu) et celui d'Irumu (Ituri).
Conflit du M23 (depuis 2021)
Depuis , à la suite de la reprise des armes par le Mouvement du 23 mars (M23), la province du Nord-Kivu est le cadre de nombreux affrontements entre les troupes du M23, assisté des Forces rwandaises de défense, et les Forces armées de la république démocratique du Congo et ses supplétifs, des milices civiles et des groupes armés regroupés sous la bannière .
Les rebelles du M23, avec l'aide du Rwanda prennent le contrôle de vaste pan de la province du Nord-Kivu dans les territoires de Nyiragongo de Masisi, de Rutshuru, et de Lubero, dont les localités de , Bunagana (en 2022) et Kanyabayonga (en 2024), un lieu stratégique qui donne accès au nord de la province.
En , la rébellion prend le contrôle de plusieurs localités clés de la province, dont Masisi, et Sake. Le , le M23 entre dans la ville de Goma, le chef-lieu de la province. Les combats se poursuivent pendant plusieurs jours, faisant de nombreuses victimes parmi les civils et les combattants. Le bilan de ces affrontements est lourd: des milliers de morts et de blessés sont à déplorer. Le , le M23 contrôle la majeure partie de Goma. Début l'Alliance fleuve Congo, dont le M23 fait partie, installe une administration parallèle dans la province.
Démographie
Le Nord-Kivu est la province la plus peuplée de la RDC après Kinshasa. Elle compte près de vingt tribus, et 60% de sa population est constitué de Nande (également appelés Yira).
Les principales ethnies ou tribus présentes au Nord-Kivu sont :
Nande : présents surtout dans les territoires de Beni et de Lubero, ainsi que dans les villes de Butembo, Beni et Goma. Ils vivent du commerce, de l'industrie et de l'agriculture (café, cacao) ; Hunde : installés dans les territoires de Masisi, Rutshuru et Walikale. Ils vivent de l'agriculture et de l'élevage ; Banyarwanda (Hutu et Tutsi) : concentrés dans les territoires de Masisi, Rutshuru et Nyiragongo. Ils vivent de l'élevage bovin et de l'agriculture ; Nyanga : présents surtout dans le territoire de Walikale. Ils vivent de l'agriculture et de l'artisanat minier ; Tembo : présents dans les territoires de Masisi et Rutshuru. Ils vivent de l'agriculture et de la chasse ; Talinga : localisés dans le territoire de Beni. Ils vivent de l'agriculture vivrière ; Piri : basés dans le territoire de Lubero. Ils vivent de l'agriculture et de l'artisanat minier ; Kumu : localisés dans le territoire de Walikale. Ils vivent de l'agriculture et de la pêche ; M’vuba : présents dans le territoire de Beni. Ils vivent de l'agriculture ; Pakombe : installés dans le territoire de Beni. Ils vivent de l'agriculture ; Amba : vivant dans le territoire de Beni. Ils vivent de l'agriculture et de la chasse ; Kusu : installés dans le territoire de Walikale, et originaires de la province du Maniema Ils vivent de l'agriculture ; Bila : localisés dans le territoire de Beni. Ils vivent de l'exploitation forestière ; Lese : localisés dans le territoire de Beni. Ils vivent de la chasse, de la pêche et de la cueillette ; Lega : venus de la province du Maniema vers le territoire de Walikale. Leur activité principale est l'agriculture et l'artisanat ; Mbuti : dispersés dans les forêts de la province, surtout dans le territoire de Beni. Ils vivent de la chasse, de la pêche et de la cueillette.
Administration
Gouverneurs .
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Le , Constant Ndima Kongba est nommé gouverneur militaire de la province par le président Félix Tshisekedi, après que ce dernier a déclaré l'état de siège fin dans la province, en proie à une insécurité grandissante. Il succède ainsi à Carly Nzanzu Kasivita le ..
Après le massacre par l'armée de civils qui manifestaient contre la MONUSCO, Constant Ndima Kongba est remplacé à titre intérimaire par le général-major Peter Cirimwami le . Cirimwami est tué le lors d'affrontements contre le Mouvement du 23 mars près de Goma..
Il est remplacé par le général-major Evariste Somo Kakule par ordonnance du . Le , en raison de la présence à Goma du M23, le nouveau gouverneur s'installe à Beni, dans le nord de la province, transférant le chef-lieu provincial de Goma à Beni.
Mise en place d'une administration parallèle par l'AFC Le , à la suite de la prise de Goma par le Mouvement du 23 mars (M23), l'Alliance fleuve Congo (AFC), dont le M23 fait partie, annonce dans un communiqué la nomination d'autorités parallèles. Erasto Bahati Musanga, chef des finances de l'AFC/M23, est désigné gouverneur de la province du Nord-Kivu. Il est secondé par deux gouverneurs adjoints: Willy Manzi Ngarambe, vice-gouverneur chargé des affaires politiques, administratives et juridiques, et Shadrack Amani Bahatil, vice-gouverneur chargé des affaires économiques, financières et du développement.
Notes et références Notes
Références
Voir aussi
Bibliographie
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Articles connexes Kivu Guerre du Kivu Liste des villes du Nord-Kivu Liste des gouverneurs du Nord-Kivu
Liens externes
Site officiel du parc national de la Virunga
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