Le théâtre de la Côte Pacifique est le théâtre d'opération où se déroulèrent les opérations militaires de la guerre de Sécession dans les États proches de l'océan Pacifique, dont la Californie, l'Oregon et le Nevada, ainsi que dans les territoires de Washington, d'Utah et de l'IdahoLe Massacre de Bear River eut lieu dans la partie du Territoire de Washington qui donna naissance à l'Idaho après la bataille. Cependant, le colonel Connor obtint le rattachement de la vallée de la Bear River au district militaire de l'Utah, avant la campagne, pour protéger une communauté de Mormons qui s'y était installée..

Sur ce théâtre, les opérations des troupes de l'Union, des régiments de Volontaires venus principalement de Californie, mais aussi d'Oregon et, pour quelques compagnies, du territoire de Washington, furent principalement dirigées contre les Indiens.

Les troupes régulières de l'Union et celles de la Confédération ne s'affrontèrent pas directement, sauf dans le territoire du Nouveau-Mexique. Des opérations furent cependant menées contre des bandes confédérées d'irréguliers en Californie, et de fortes garnisons furent placées dans le sud de la Californie et du territoire du Nouveau-Mexique, pour contrôler ces régions où les sympathies sécessionnistes étaient fortes.

Malgré l'absence de confrontation directe (sauf au Nouveau-Mexique), des navires de guerre confédérés croisaient dans l'océan Pacifique, mais les opérations navales ne parvinrent pas à perturber le commerce vers l'est des États-Unis. Le dernier navire confédéré, le CSS Shenandoah, tira le dernier obus de la guerre dans la Mer de Béring, au large des côtes de l'Alaska.

Les tentatives de la Confédération d'acheter des vaisseaux ou de s'en emparer pour organiser des raids sur la côte ouest furent contrecarrées par les autorités de l'Union ou par l'Escadre du Pacifique.

Sécession sur la Côte Ouest des États-Unis

En 1860, après l'élection d'Abraham Lincoln à la présidence des États-Unis-Unis, les partisans du Sud envisagèrent de faire sécession et de former, avec l'Oregon, une « République du Pacifique »".

Leur plan dépendait de la coopération du colonel Albert Sidney Johnston, qui commandait, depuis son quartier-général de Benicia, toutes les troupes fédérales du département du Pacifique. Johnston rencontra une délégation de sympathisants sudistes et, avant qu'ils aient pu prendre la parole, il les informa qu'il avait eu vent d'un projet visant à s'emparer des forts de San Francisco et de l'arsenal de Benicia, qu'il avait pris ses dispositions pour défendre les installations placées sous son contrôle avec toutes ses forces et jusqu'à la dernière goutte de son sang. Il les invita à passer le message à leurs alliésAsbury Harpending, The great diamond hoax and other stirring incidents in the life of Asbury Harpending, San Francisco, James H. Barry Co., 1913, p.36.

Privé de soutien, le projet de sécession Californie-Oregon ne put aboutir. Entre-temps, les partisans de l'Union, doutant de la loyauté de Johnston, télégraphièrent à Washington pour demander son remplacement. Le brigadier-général Edwin Vose Sumner fut rapidement dépêché à l'ouest, via le canal de Panama pour relever Johnston (). Ce dernier démissionna le et, après l'arrivée de Sumner le , remit son commandement et s'installa, avec sa famille, à Los Angeles.

Le , le territoire de l'Arizona vota pour se séparer du territoire du Nouveau-Mexique et rejoindre la Confédération. Chez les Unionistes, cette initiative attisa les craintes d'une sécession de la Basse-Californie. Ces craintes étaient étayées par les résultats du vote très largement favorable à la séparation de la Basse-Californie, lors du passage du Pico Act de 1859, mais également par la puissance du parti sécessionniste dans le sud de l'État et par ses menées ouvertement sécessionnistes, dont, en particulier, la création de compagnies de miliciens.

Opérations contre les sécessionnistes et la Confédération Déclenchement de la guerre de Sécession Sécurisation de la Basse-Californie Au déclenchement de la guerre de Sécession, une sécession de la Californie du Sud paraissait possible : la population y était très largement en faveur d'une séparation d'avec la Californie ; des milices de partisans de la sécession avaient été constituées et le drapeau de la Californie, emblème de la république de Californie, flottait depuis plusieurs mois dans les comtés de Los Angeles et de San Bernardino George Henry Tinkham, California men and events : time 1769-1890, 2nd, revised ed., Record Publishing Company, 1915. pp.194-195.

Quand l'annonce de la prise de Fort Sumter atteignit la Californie, les sécessionnistes manifestèrent publiquement leur joie. Seule San Diego disposait alors d'une petite garnison de l'Union, mais, en mai-, la cavalerie fédérale dépêcha vers camp Fitzgerald (Los Angeles) trois compagnies jusqu'alors cantonnées au fort Mojave et au fort Tejon et l'option sécessionniste devint rapidement irréaliste.

Soupçonné par les autorités fédérales, le général Johnston échappa à l'arrestation et rejoignit les Los Angeles Mounted Rifles, une milice sécessionniste, en qualité de simple soldat. Quittant Warner's Ranch le , ils franchirent les déserts du sud-ouest jusqu'au Texas, traversant le Colorado pour arriver en Arizona, territoire sécessionniste, le .

Le , A. J. King, shérif-adjoint du comté de Los Angeles avait également créé, avec d'autres personnalités influentes de la localité d'El Monte, une autre milice sécessionniste, les Monte Mounted Rifles. Décidés à soutenir Johnston, ils en furent empêchés par les autorités et par l'armée fédérale, dont les officiers saisirent une livraison d'armes qui leur était destinéeJ. M. Scammel, Military Units in Southern California, 1853-1862 ; California Historical Quarterly, vol. XXIV, chapitre 3. II. The Los Angeles Units, p.14.

Chargé de la supervision des comtés de Los Angeles, San Bernardino, San Diego et Santa Barbara, le major William Scott Ketchum s'embarqua, le , à San Francisco pour rejoindre San Pedro. Il fit ensuite route rapidement pour installer son campement près de San Bernardino () avec les compagnies D et G du Régiment d'infanterie, renforcées au début du mois de septembre par un détachement de du First U.S. Dragoons équipés d'un obusier.

La garnison de Ketchum, qui n'eut à subir que quelques tirs isolés, maîtrisa le soulèvement sécessionniste de Belleville et une simple démonstration de force des dragons dans les rues de San Bernardino, au début du mois de novembre, suffit à calmer les manifestations hostiles à l'Union qui avaient accompagné la campagne des élections sénatoriales dans le comté de San BernardinoThe California State Military Museum, Historic California Posts:Posts at San BernardinoThe War of the Rebellion Series I, vol. L, chapitre LXII – Operations on the Pacific Coast, Part I, pp.16, 27, 28, 429, 450, 466, 512, 515, 567, 569, 585, 594, 595, 601-602, 606, 607, 612, 614-615, 617, 660-661, 663, 669-670, 687.]</ref>.

Pendant la seconde moitié de 1861, tandis que les troupes fédérales étaient progressivement remplacées par les Volontaires de Californie, les généraux de l'Union s'appuyèrent sur les San Bernardino Mounted Rifles et sur le capitaine Clarence E. Bennett pour recueillir des renseignements et conserver le contrôle du comté de San Bernardino, malgré ses sympathies pour la cause rebelleCalifornia Histoire de la milice d'État, des unités de la Garde nationale et des San Bernardino Rangers..

Le est créé le district de Californie du Sud, avec pour quartier-général Culver City, à l'ouest de Los Angeles (il sera ensuite transféré aux Drum Barracks)The California State Military Museum, Historic California Posts : Camp LathamHistoric California Posts : Drum Barracks (Camp San Pedro, Camp Drum, Fort Drum, and Wilmington Depot)Historic California Posts : Fort MacArthur - Military Museum.

Le district fut tout d'abord institué pour contrôler la population de Californie du Sud, en majorité favorable à la sécession. Il englobait le comté de Tulare au nord, qui à cette époque était beaucoup plus étendu qu'aujourd'hui, incluant les actuels comtés de Kings, de Kern, et d'Inyo ainsi qu'une partie du comté de Fresno.

Le , les soldats de l'armée régulière de Ketchum basés à camp Latham furent relevés par trois compagnies du 1st California Cavalry et envoyés dans le comté de San Bernardino County pour y établir camp Carleton et, plus tard, Camp MorrisThe California State Military Museum, Historic California Posts : Camp Carleton (Camp Banning, Camp Prentiss, New Camp Carleton)The California State Military Museum, Historic California Posts : Camp Morris.

Des unités de volontaires furent également dépêchées au camp Wright, dans le comté de San Diego pour surveiller les abords méridionaux de la Californie, de l'autre côté du désert du Colorado, depuis le fort Yuma, sur la rive ouest du fleuve. Elles étaient également chargées d'intercepter les sympathisants sécessionnistes qui voyageaient vers l'est pour y rejoindre l'armée des États confédérés.

En , toutes les troupes à l'entraînement au camp Latham furent transférées au camp Drum, laissant une compagnie pour surveiller les environs de Los Angeles. À la suite des dégâts subis par camp Carleton lors des grandes inondations de 1862, la garnison fut transférée au New Camp, à proximité du foyer rebelle d'El Monte. Pendant le reste de la guerre, les garnisons de l'Union furent maintenues en Californie du Sud.

Campagne de la California Column Début 1862, le quartier-général du district servit de base à la campagne dite de la California Column, sur le territoire confédéré de l'Arizona.

La Californie envoya quelques-uns de ses régiments de Volontaires à l'est, pour débarrasser de leurs garnisons rebelles le territoire du Nouveau-Mexique ainsi que l'Ouest du Texas autour d'El Paso. Par la suite, des unités californiennes restèrent sur place et y combattirent les Navajos, les Comanches et les Apaches après la guerre de Sécession, jusqu'à ce qu'elles soient relevées par des troupes fédérales en 1866.

En , le territoire de l'Arizona, alors sous le contrôle du district de l'Arizona, fut transféré du département du Nouveau-Mexique au département du Pacifique puis, en , au département de Californie.

Opérations de l'escadre du Pacifique En raison du blocus de l'Union contre la Confédération, la marine du Nord n'avait qu'une réserve de navires limitée pour garder les ports et protéger le commerce de la côte Pacifique.

L'Escadre du Pacifique resta donc toujours de petite taille : un navire était posté en permanence à Panama pour protéger ce qui constituait le terminal pacifique pour les chargements d'or transportés par les vaisseaux de la Pacific Mail Steamship Company.

Les autres vaisseaux patrouillaient la côte entre Panama et la Colombie britannique, selon les besoins. Le chantier naval de Mare Island, dans la baie de San Francisco, était le port d'attache de l'escadre.

Défenses de la côte Pacifique Pour protéger les ports, et particulièrement la Baie de San Francisco, d'où partaient l'or et l'argent extraits sur la côte Pacifique, des attaques confédérées et de celles des empires britannique ou français, des forts furent construits et améliorés. Les fortifications côtières de Fort Point et de Camp Sumner furent construites à la limite du Presidio de San Francisco, et d'autres à Fort Baker sur les Marin HeadlandsThe California State Military Museum, Historic California Posts : Camp Sumner.

Un fort fut construit sur l'Île d'Alcatraz, au centre de la baie, pour accueillir les prisonniers confédérés ; il devint par la suite une prison fédérale.

La baie de San Francisco était également protégée par l'arsenal de Benicia, par Fort Mason à la pointe San Jose, et par Camp Reynolds, sur Angel Island.