Le deuxième ministère Thiers, quatorzième ministère de la monarchie de Juillet, est constitué le . Il comprend 9 ministres sous la présidence d'Adolphe Thiers. Il reste en place jusqu'au .

Constitution

La composition précise de la majorité qui a renversé le deuxième ministère Soult ne peut être connue puisque le vote a eu lieu au scrutin secret. Guizot ayant été nommé ambassadeur à Londres, c'est Thiers qui s'impose au parlement. C'est donc tout naturellement que Louis-Philippe va faire appel à lui, malgré sa répugnance.

Thiers feint d'abord de vouloir laisser la présidence au maréchal Soult ou au duc de Broglie, mais l'un et l'autre refusent, et quand le roi suggère le nom de Molé, c'est Thiers qui refuse et accepte alors de « se dévouer ».

Il est à ce moment en froid avec les principales figures du centre gauche, reprochant à Dufaure et à Passy leur participation au deuxième ministère Soult, et à Sauzet de l'avoir battu à la présidence de la Chambre des députés. Il s'entoure alors d'autres hommes et forme son gouvernement.

Thiers se réserve les Affaires étrangères et fait entrer Charles de Rémusat à l'Intérieur, Alexandre-François Vivien à la Justice, le général Despans-Cubières à la Guerre, Joseph Pelet de la Lozère aux Finances, l'amiral Roussin à la Marine, Victor Cousin à l'Instruction publique, Alexandre Goüin à l'Agriculture et au Commerce et Hippolyte François Jaubert, beau-frère de Duvergier de Hauranne, aux Travaux publics. Dans cette équipe, seuls Pelet de la Lozère et Despans-Cubières ont déjà été ministres, et encore brièvement. La moyenne d'âge du ministère est de 47 ans, ce qui fait dire à Thiers qu'il a composé un cabinet de « jeunes gens ».

Louis-Philippe prend la situation comme une humiliation : « Je signerai demain mon humiliation », écrit-il le au comte Duchâtelcité par Guy Antonetti, Op. cit. , p. 811. Et à propos du choix du ministre des Finances, il dit : « Cela ne fera pas de difficulté ; que M. Thiers me présente, s'il veut, un huissier du ministère. Je suis résigné. »

Le ministère est bien accueilli par la Chambre qui, lors du débat sur les fonds secrets engagé le lui accorde 246 boules blanches contre 160 boules noires. En effet, sous la monarchie de Juillet, le débat sur les fonds secrets de la police politique tient lieu de vote de confiance puisque ces fonds sont dépensés sans contrôle par le gouvernement.

Composition

Nominations du

Présidence du Conseil Fonction Image Nom Président du Conseil des ministres 80px Adolphe Thiers

Ministères

Fonction Image Nom Ministre des Affaires étrangères 80px Adolphe Thiers Ministre de l’Intérieur 80px Charles, comte de Rémusat Ministre de la Justice et des Cultes 80px Alexandre-François Vivien Ministre de la Guerre 80px Amédée Despans-Cubières Ministre des Finances 80px Joseph, comte Pelet de la Lozère Ministre de la Marine et des Colonies 80px Albin Roussin Ministre de l'Instruction publique 80px Victor Cousin Ministre des Travaux publics 80px Hippolyte François Jaubert Ministre du Commerce et de l'Agriculture 80px Alexandre Goüin

Sous-secrétariats d’État

Fonction Image Nom Sous-secrétaire d’État à l’Intérieur 80px Léon de Mallevile(nomination du ) Sous-secrétaire d'État à l'Agriculture et au Commerce 80px Adolphe Billault(nomination du )

Fin

Le , Rémusat présente au Conseil des ministres le projet de discours du Trône préparé par Hippolyte Passy que Louis-Philippe doit lire à l'ouverture de la session parlementaire. Le roi le repousse, jugeant certaines formules trop belliqueuses et révolutionnaires. Le cabinet présente aussitôt sa démission, que Louis-Philippe accepte. Le lendemain, il fait venir à Paris Soult et Guizot.

Références

Sources

Guy Antonetti, Louis-Philippe, Paris, Fayard, 1994 - Benoît Yvert (dir.), Premiers ministres et présidents du Conseil depuis 1815. Histoire et dictionnaire raisonné, Paris, Perrin, 2002 -

Notes

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