Jean Bouffet (1882-1940) est un général français, mort au cours des opérations de mai-juin 1940.

Biographie Jeunesse et études

Né le , Jean, Gabriel, Ferdinand Bouffet est le fils du préfet Gabriel Alexis Bouffet et d'Anna Gabrielle Koechlin. En 1884, sa sœur Andrée, Isabelle, Suzanne naît (elle se mariera avec Jacques, Édouard Guerlain, industriel, propriétaire des parfumeries Guerlain). Sa mère meurt en 1890 alors qu'il est âgé de huit ans.

Jean fit ses études au lycée Janson-de-Sailly. Bachelier ès-lettres et ès-sciences, en 1900. Il entra à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr (promotion du Tchad)Liste de Saint-Cyriens par promotion dans la section de cavalerie à dix-neuf ans, porte en deuxième année les galons de maréchal des logis-chef, et finit deuxième de sa promotion en 1902 avec le grade de sous-lieutenant. Il choisira la cavalerie et suivra dès le le cours des sous-lieutenants élèves à l’École d'application de la cavalerie à Saumur, il sortira troisième.

Temps de troupes Il servira alors :

- le de dragons à partir du .

- le de dragons à partir du . En , il participera à la répression de la grève de Draveil-Vigneux ; à cette occasion il se verra attribuer la médaille d'honneur pour acte de courage et de dévouement.

Après quelques années passées dans ce régiment, il suit les cours de lieutenant d'instruction à l'École de cavalerie de Saumur et il finira premier avec la mention exceptionnelle "Parfaitement bien".

Entre-temps, il suivra le premier cours des officiers à l'École d'application pour le tir de l'infanterie du Camp du Ruchard en 1909. Le , il recevra un témoignage de satisfaction du Ministre en reconnaissance de son zèle et de son travail et de ses excellents résultats qu’il a obtenus à la suite du cours de tir qu’il a suivi du au à l’école du Ruchard.

- le de chasseurs à cheval à partir du où il est promu capitaine.

- le de chasseurs à cheval à partir du .

Il est admis en 1913 à l'École supérieure de guerre et il obtiendra son brevet d'état-major.

Première Guerre mondiale En État-Major

Il servira les États-majors :

- de la de cavalerie ( Bureau : opérations) à partir du .

- du de cavalerie () à partir du .

- de la Ire armée française () à partir du .

- du Grand quartier général ( Bureau : effectifs) à partir du .

- du d'armée () à partir du .

- du Groupe d'armées de réserve () à partir du .

- du Groupe d'armées du centre () à partir du .

Sur le Front

Désireux de servir dans la troupe, il regagne le front militaire le avec le de cuirassiers à pied. Ensuite, il est affecté au d'infanterie le , il y commandera le bataillon. Lors de la Bataille de Montdidier en (Offensive Michael), son bataillon sera cité à l'ordre de la Armée.

Le il est nommé chef de bataillon (T.T.).

Au cours de la Grande Guerre, il a mérité la Croix de guerre 1914-1918 avec cinq citations et les insignes de chevalier de la Légion d'honneur tant pour sa haute compétence que pour son courage au feu.

Période de responsabilité en état-major Il est placé hors-cadre et il servira les états-majors : du détachement des armées du Nord à partir du , où il sera promu chef de bataillon (T.D.) le . de la armée française à partir du . de la division d'infanterie en tant que chef à partir du . de la armée française - armée française de Belgique - ( bureau) à partir du . de la division d'infanterie en tant que chef à partir du . de l'Armée française (section d'orient) à partir du puis ( bureau) à partir du où il est promu lieutenant-colonel le . du général Pierre Georges Duport (membre du conseil supérieur de la guerre) à partir du . du maréchal Philippe Pétain (vice-président du conseil supérieur de la guerre) à partir du .

Commandement en unité opérationnelle et hautes responsabilités en état-major Il reçoit alors le commandement du régiment d'infanterie de ligne le où il est promu colonel. Le , il est promu officier de la Légion d'honneur.

En 1932, il suit les cours du centre d'études tactiques d'artillerie de Metz. Après un stage au centre des hautes études militaires, il entre à l'état-major particulier de l'infanterie et devient chef d'état-major de l'Inspection générale de l'infanterie du au .

Nommé général de brigade le , il est affecté à l'état-major général de l'armée à la disposition d'un général de division membre du Conseil supérieur de la guerre jusqu'au . En , il fut envoyé en tant qu'observateur aux manœuvres suisses.

Puis il prend, en 1936, le commandement de la division d'infanterie de Mulhouse, qu'il conservera lors de l'engagement de cette grande unité en Sarre en 1939. Il est promu général de division le . Le général Jean de Lattre de Tassigny le remplace le .

Seconde Guerre mondiale Il commande le corps d'armée à partir de où il est élevé aux rang et appellation de général de corps d'armée, le .

Le corps d'armée appartient à la armée Armée Ordre de bataille au 10/05/1940 (général Corap), dont il constitue l'aile gauche, lorsque, le , elle pénètre en Belgique. Conformément au plan Dyle, le général Bouffet est chargé de la défense de la Meuse de Namur à Anhée et doit faire face aux difficiles problèmes posés, dès le 12 au soir, par les infiltrations de l'infanterie de la Panzer-Division du général Max von Hartlieb-Walsporn au niveau de l'île de Houx, à la limite des zones de responsabilités des corps d'armée et corps d'armée, ce secteur n'est pas encore occupé. En cette circonstance, le général Bouffet fait preuve d'une activité intense, se portant à tous les points critiques, ne donnant pas d'ordres sans être venu sur place juger la situation et donnant l'exemple du calme et de la lucidité.

Le au matin, le corps d'armée reçoit l'ordre de se replier. Jean Bouffet définit alors un itinéraire de repli qui passe au sud de Charleroi. À , il ordonne au colonel Marteau, commandant la division légère de cavalerie, de replier ses unités par les villages d'Acoz, de Gerpinnes, de Tarcienne, de Gourdinne et de Thy-le-Château.

Le poste de commandement avancé de la division s'installe au carrefour de Nalinnes Bultia, au sud de Charleroi, où le corps d'armée établit également le sien. D'autre part, la Brigade Légère Mécanisée et le Bataillon du régiment de dragons installent respectivement leurs postes de commandement à Nalinnes-Centre dans les bâtiments de la maison communale et au lieu-dit "Pairain".

L'installation de ces différents postes de commandement est terminée dès . Les importantes colonnes de véhicules qui stationnent près de ces postes de commandement sont repérées par l’aviation ennemie et, vers , les stukas commencent les bombardements et les mitraillades. Sans se soucier des bombes qui éclatent autour de lui, le général Bouffet continue à donner ses ordres. C'est alors qu'il tombe mortellement blessé.

Le capitaine Durant de Saint-André, du bureau du corps d'armée, décrit l'attaque au Bultia dans les termes suivants :

Le lieutenant Stein ( GRCA) a recueilli le corps du Général puis l'a amené au Quesnoy, où il a reçu les honneurs de la sépulture au début de l'après-midi du , peu de temps avant que les Allemands n'y entrent.

Hommages posthumes Le général Bouffet fait partie des treize officiers généraux français morts au cours des opérations de mai-juin 1940.

Il reçoit la croix de guerre 1939-1945 à titre posthume avec palme.

Le journal Paris-soir dimanche du samedi , annonce la mort du général Jean Bouffet avec un article d'Henry Bordeaux (Académie française) où il relate la nuit du (Henry Bordeaux et Jean Bouffet étaient tous deux à l'état-major du corps de cavalerie en 1915) "Le Général Bouffet tué debout à son poste de commandement".

Il repose au cimetière de Passy ( division) dans le caveau familial depuis 1945.

Louis Aragon dans Les Communistes (cinquième roman du cycle Le Monde réel) relate l'attaque du PC et la mort du général Bouffet: "Ici, les avions allemands anéantirent, l’instant de crier, tout un état-major, celui du Corps ; trente officiers, dont le général Bouffet, une quarantaine de sous-officiers et de soldats".

Le , à Ham-sur-Heure-Nalinnes, une stèle "À la mémoire du général Jean Bouffet, des officiers, sous-officiers et soldats du Corps de la Armée française morts sur le territoire de Ham-sur-Heure-Nalinnes, le , pour la défense de nos libertés" a été inaugurée par le sénateur Dominique TilmansSite du Sénateur Dominique Tilmans.

Décorations thumb|right|En grande tenue de général de brigade avec ses décorations et les aiguillettes d'état-major Placard 106px106px 106px106px106px106px106px

Intitulé Décorations françaises 55px Officier de la Légion d'honneur () 55px Croix de guerre 1914-1918 avec 3 palmes de bronze, 1 étoile de vermeil et 1 étoile d'argent 55px Croix de guerre 1939-1945 avec 1 palme de bronze (à titre posthume) 55px Médaille d’honneur pour acte de courage et de dévouement en argent de classe, décernée par le ministère de l'Intérieur () 55px Médaille interalliée 1914-1918 55px Médaille commémorative de la guerre 1914-1918

Ordres étrangers 55px Chevalier de classe de l'Ordre du Mérite militaire () conféré par le roi Alphonse XIII () 55px Compagnon de l'Ordre du Service distingué () conféré par le roi George V ()

Grades École spéciale militaire de Saint-Cyr Élève de classe - 30/10/1900 Élève de classe - 02/04/1901 Brigadier - 24/08/1901 Maréchal des logis-chef - 05/11/1901

Officier subalterne Sous-lieutenant - 01/10/1902 Lieutenant - 01/10/1904 Capitaine - 24/06/1912

Officier supérieur Chef de bataillon à TT - 07/04/1918 Chef de bataillon à TD - 28/06/1918 Lieutenant-colonel - 25/03/1926 Colonel - 24/06/1930

Officier général Général de brigade - 12/12/1933 Général de division - 19 /06/1937 Général de corps d'armée - 15/01/1940

Famille Jean, Gabriel épousa le Tableaux généalogiques de la famille Koechlin, 1460-1914 (sur autorisation du Général gouverneur militaire de Paris en date du ) Anne, Louise Laffon de Ladebat (1886-1971), fille du général Édouard Laffon de Ladebat, ils eurent quatre enfants:

Jacqueline, Jeanne (1911-1974), qui se maria à Michel Weisgerber administrateur civil (chevalier de la Légion d'honneur, officier de l'ordre national du Mérite, chevalier du Mérite agricole); Jean-René (1914-1941), ayant fait l'École polytechnique (X 1934), officier dans l'Armée française, lieutenant d'artillerie; Roger, Pierre (1918-2001), ayant fait l'École spéciale militaire de Saint-Cyr (promotion de Marne et Verdun), officier dans l'Armée française, combattant de la Seconde Guerre mondiale (il fut interné dans l'Oflag XVII-A), de Madagascar et de l'Algérie ; général de brigade (officier de la Légion d'honneur, commandeur de l'ordre national du Mérite, Croix de guerre 1939-1945, Croix de guerre des TOE, Croix de la Valeur militaire, Médaille coloniale...); Gilberte, Gabrielle (1920-1938).

Sources

Patrick Cabanel, « Jean Gabriel Bouffet », in Patrick Cabanel et André Encrevé (dir.), Dictionnaire biographique des protestants français de 1787 à nos jours, tome 1 : A-C, Les Éditions de Paris Max Chaleil, Paris, 2015, Biographie des généraux de la Seconde Guerre mondiale Historique de la promotion (1900-1902) de l’École Spéciale Militaire de Saint-Cyr, promotion du Tchad (site de La Saint-Cyrienne) Liste des saint-cyriens mort pour la France (Musée du Souvenir - École spéciale militaire de Saint-Cyr) Musée des officiers généraux français des armes et des services (Musée des étoiles) Biographie des anciens élèves de l’École Supérieure de Guerre Site du ministère de la défense des militaires décédés durant la Seconde Guerre mondiale (Base Mémoires des hommes) Site du ministère de la défense des monuments aux morts (Base Chemins de mémoire) Tombeau des Bouffet au cimetière de Passy Côte SHD : 13 Yd 564

Notes et références

Bibliographie Revue historique des Armées, 1979, , p

Catégorie:Naissance en mai 1882 Catégorie:Naissance à Lille Catégorie:Décès en mai 1940 Catégorie:Décès à Ham-sur-Heure-Nalinnes