Le mot lapin () est un terme très général qui désigne en français une partie des animaux lagomorphes à longues oreilles. On les différencie des lièvres par une silhouette moins élancée et par les petits qui naissent aveugles et nus, cachés dans un nid creusé au sol.
« Lapin » est en fait un nom vernaculaire ambigu, désignant une partie seulement des différentes espèces de mammifères classées dans la famille des Léporidés, qui regroupe à la fois les lièvres et les lapins. Ce terme ne correspondent donc pas à un niveau précis de classification scientifique. Longtemps classés dans l'ordre des rongeurs, les Léporidés sont maintenant regroupés dans un ordre à part avec les Pikas: les Lagomorphes.
En employant le terme « lapin », on fait le plus souvent référence au lapin domestique issu du lapin de garenne (Oryctolagus cuniculus), l'espèce sauvage d'origine européenne qui s'est répandue un peu partout, puisqu'elle est à la base des multiples races de lapins élevées à présent dans le monde entier, y compris des lapins nains. Cependant, les lapins ne se limitent pas à cette seule espèce européenne : il existe en effet plus d'une vingtaine d'espèces de lapins sauvages dans le monde, réparties dans dix genres biologiques. Plusieurs sont menacées d'extinction et protégées au .
Le lapin est un gibier traditionnel, classé en cuisine avec les volailles et il est un mets apprécié dans de nombreux pays. C'est aussi un animal très présent dans de nombreux domaines culturels. L' est évoqué dans l'art et la littérature tout autant que dans la culture populaire, la mythologie et la symbolique de plusieurs continents. De nombreux personnages de fiction célèbres sont des lapins, notamment dans l'univers enfantin. Le mot « lapin » est par ailleurs utilisé aussi bien comme patronyme que comme marque commerciale.
Terminologie Le substantif masculin [consulté le 19 novembre 2016]. [consulté le 19 novembre 2016].Entrée [consulté le 19 novembre 2016]. lapin (prononcé ) est dérivé de lapereau par changement de suffixe. Il est attesté au .
Espèces Les lapins sont présents un peu partout sur la planète et se répartissent en dix genres, tous classés dans la famille des léporidés, avec leurs proches parents les lièvres. Ce ne sont donc pas des rongeurs mais des lagomorphes, une branche cousine qui comprend les lièvres, les lapins et les pikas.
Remarque : Les lapins domestiques sont tous issus de l'espèce Oryctolagus cuniculus, qui est à l'origine de toutes les races de lapin sélectionnées en élevage : voir la Liste des races de lapins.
Les lapins sont répartis dans les genres suivants de la famille des Leporidae : Brachylagus, Bunolagus, Caprolagus, Nesolagus, Oryctolagus (lapin commun), Pentalagus, Poelagus marjorita, Pronolagus, Romerolagus et Sylvilagus (ou lapins d'Amérique). C'est-à-dire que les Léporidés sont presque tous des lapins, à l'exclusion du genre Lepus qui rassemble les lièvres. Sept de ces genres ne comprennent qu'une seule espèce de lapin, on dit que ce sont des genres monospécifiques. Le genre Nesolagus regroupe deux espèces, le genre Pronolagus en compte trois et le genre Sylvilagus rassemble quinze espèces, soit au moins 27 espèces différentes de lapins en tout.
Caractéristiques thumb|alt=Dessin ancien montrant un lapin et en dessous son squelette|Planche zoologique : le squelette du lapin. Les lapins sont des mammifères herbivores. Leurs caractéristiques générales sont celles des Léporidés, avec des nuances pour chaque espèce : voir les articles détaillés pour plus d'informations sur leur comportement ou leur physiologie respective.
thumb|center|upright=2|Morphologie du lapin. Description Ces mammifères sont des proies plus grosses que la plupart des rongeurs, donc très recherchées par de nombreux carnivores. Ils tentent en permanence d'échapper à quantité de prédateurs, dont l'homme, grâce à une excellente vue à 360°, leurs grandes oreilles à l'ouïe fine et une morphologie particulièrement adaptée à la course. Leurs longues et puissantes pattes arrière repliées sous le corps leur permettent en outre de bondir ou de se tenir assis pour observer leur environnement.
Le dimorphisme sexuel est peu apparent entre le mâle et la femelle, même si la femelle est de constitution plus fine avec un bassin plus large. Seul un examen des parties génitales permet de différencier les jeunes individus entre eux. Toutefois, un fanon - sorte de double menton qui sert de réserve de graisse - est parfois bien visible chez la femelle adulte tandis qu'il est quasi inexistant chez le mâle, à moins d'être atteint d'obésité.
Le poids et la taille des lapins adultes varient grandement selon l'espèce biologique : un Lapin pygmée (Brachylagus idahoensis) fait en moyenne de long (de Brachylagus idahoensis sur le site Animal Diversity Web (ADW), consulté le 25 nov. 2013) et pèse environ (entre ), tandis qu'un Lapin de garenne (Oryctolagus cuniculus) peut mesurer jusqu'à (de Oryctolagus cuniculus sur le site Animal Diversity Web (ADW), consulté le 25 nov. 2013) pour un poids maximal de (de ). La différence est encore plus considérable si on considère les races d'élevage de lapins domestiques puisqu'une race comme le géant des Flandres peut faire plus de dix kilogrammes à l'âge adulte et même certains individus dépasser les vingt kilogrammes pour plus d'un mètre de long Tara Brady, It's the B-easter bunny! Meet the world's biggest rabbit who is 4ft 4inches and weighs a whopping 3.5 stone, dans le Daily mail du 7 April 2012, consulté le 25 nov. 20113..
Mode de vie Contrairement aux lièvres, tous les lapins vivent en groupe et creusent des terriers qui peuvent être complexes quand le terrain, ou garenne, est favorable. Ils se distinguent aussi de leurs cousins lièvres par le fait que les lapereaux naissent nus et aveugles. Les petits doivent rester cachés dans un nid tapissé du poil ventral de leur mère, creusé à même le sol ou au fond d'un terrier. Ils sont soignés et allaités par la lapineAppelée aussi « hase » pour le Lapin de garenne, comme la femelle du lièvre durant plusieurs semaines, en début et en fin de journée, avant d'être capables de se débrouiller seuls. Vers deux semaines, ils commencent à grignoter des végétaux puis, vers quatre à cinq semaines, ils suivent leur mère avant de prendre leur indépendance. Une femelle peut avoir de trois à cinq portées par an, après une durée de gestation qui dure environ un mois. Le nombre ou le poids à la naissance des lapereaux est très variable en fonction de la taille de la portée et selon les espèces ou les races.
Strictement herbivores, les lapins se nourrissent à la belle saison surtout d'herbes diverses et de plantes fourragères. En hiver, les lapins n'hibernent pas, ils grignotent en revanche un peu tout ce qu'ils peuvent trouver comme végétation comestible. Le Lapin de Nuttall est même capable de grimper sur des troncs d'arbres inclinés pour trouver un peu de verdure en zone désertique. Comme tous les léporidés, ils pratiquent la cæcotrophie qui consiste à ingérer certaines de leurs déjections partiellement digérées pour en récupérer les derniers nutriments et micro-organismes. Les autres crottes forment des groupes de boulettes très sèches, abandonnées sur leurs lieux de pâturage. Une autre pratique d'hygiène commune avec les lièvres consiste à prendre des bains de poussière dans une dépression du sol, sec et gratté Rabbits, sur le site du Washington Department of Fish & Wildlife, consulté le 24 novembre 2013.
La stratégie de survie des lapins consiste à rester toujours en vue d'un refuge possible. De son côté, la hase ne rejoint le nid qu'à l'aube ou au crépuscule, restant loin des lapereaux le reste du temps afin de ne pas signaler ses petits aux prédateurs. Si l'un des membres de la colonie repère un danger, il ne crie pas mais tape rapidement le sol du pied pour alerter ses congénères, mais quand il est capturé et craint pour sa vie, il pousse un glapissement, sorte de puissant cri aigu. En cas d'alerte, les lapins sont capables de rester très longtemps immobiles pour passer inaperçus, ne prenant la fuite qu'au dernier moment, en zigzaguant pour dérouter le poursuivant.
Ces animaux sont surtout actifs à l'aube et au crépuscule. Durant le jour, ils se cachent par exemple dans les buissons, sous les souches ou les tas de bois ou encore les vieux bâtiments agricoles. Ils n'hibernent pas et par grand froid cherchent refuge dans un terrier qu'ils creusent eux-mêmes ou abandonné par un autre animal.
Malgré toutes ces précautions, un lapin vit rarement très vieux dans la nature. Quand ils ne meurent pas en bas âge, dévorés par des serpents et des petits carnivores comme les Mustélidés, les chats ou bien broyés dans leur nid par les engins agricoles, les adultes sont capturés bien avant d'atteindre un âge avancé par des prédateurs plus costauds (rapaces nocturnes ou diurnes, Canidés, Félins, ). Les hivers trop rigoureux ou au contraire sans neige suffisante pour s'enterrer leur sont fatals, à moins qu'ils ne soient décimés par les zoonoses. Les lapins sont également chassés par l'homme ou écrasés le long des routes, si bien que leur espérance de vie moyenne est d'une année dans la nature, même s'ils peuvent vivre deux ans ou plus en théorie.
Pour leur part, les lapins domestiques de compagnie peuvent vivre une dizaine d'années, s'ils sont bien soignés. Certains individus battent des records de longévité en dépassant une quinzaine d'annéesSoins du vieux lapin, sur le site Marguerite & Cie, consulté le 28 novembre 2013..
Impact écologique vignette|gauche|alt=gravure ancienne montrant un renard avec un lapin dans la gueule et des chasseurs au loin|Les renards et les hommes sont parmi les principaux prédateurs des lapins. vignette|alt=Cactus aux raquettes grignotées et sectionnées|Opuntia saccagé en hiver dans un désert par des lapins affamés. vignette|alt=un grand félin tacheté, vu de face|upright|Le Lynx ibérique est directement menacé par l'épidémie décimant les lapins de garenne dont il se nourrit dans cette péninsule.
Les lapins ont une capacité de reproduction importante avec plusieurs portées par an de plusieurs petits. Certaines espèces peuvent même se montrer très envahissantes quand les conditions leur sont favorables. Avec cinq portées par an pouvant compter chacune jusqu'à douze petits, on a calculé que la descendance théorique d'un seul couple de lapins de garenne pourrait atteindre le chiffre de à la première génération, si tout facteur de mortalité précoce était écarté Conejo, www.sierradebaza.org.. C'est ainsi que de garenne introduits en 1874 ont suffi à submerger l'Australie qui a compté jusqu'à trente millions d'individus, faute de prédateurs et de virus pour limiter leur proliférationJean Demangeot, Les milieux « naturels » du globe, Paris, Armand Colin, , 2002, .. vignette|redresse|Oryctolagus cuniculus, Tasmanie (Australie). Même dans le cas d'une espèce volontairement introduite et qui se reproduit modérément, celle-ci peut perturber l'écosystème. Elle peut être un vecteur de maladies, ou de parasites, et occuper la niche écologique des espèces indigènes en causant notamment des dégâts sur la végétation. Ce fut par exemple le cas lors des essais d'introduction en Europe de lapins américains (Sylvilagus sp.) et en particulier du Lapin de Floride (Sylvilagus floridanus). En 1989, l'Union européenne a finalement mis fin à l'expérience en préconisant l'éradication totale des spécimens survivants déjà introduitsRecommandation du Comité des ministres aux états membres relative à l'introduction du lapin américain (sylvilagus sp) en Europe, par le Conseil de l'Europe, Comité des ministres..