vignette|Gorée. vignette|Saint-Louis vers 1900. Rue du Liban. vignette|Dakar en 1888.vignette|Rue Nationale à Rufisque en 1904
Les Quatre Communes, lire en ligne et lire en ligne , consulté le ), (lire en ligne, consulté le 11 octobre 2015), (lire en ligne, consulté le ), (lire en ligne, consulté le ), ou Quatre Vieilles, sont les quatre premières communes de plein exercice créées par la France au Sénégal. Il s’agit de Saint-Louis et Gorée, érigées en communes dès , Rufisque, en , et Dakar, en .
Citoyens dès la Première République française, les originaires des quatre communes se voient attribuer certains droits politiques et un décret du modifiant, pour les indigènes nés dans l'une des quatre communes constituées au Sénégal, le décret du , déterminant les pouvoirs répressifs des administrateurs coloniaux vis-à-vis des indigènes non citoyens français, dans (consulté le 12 octobre 2015) les du régime de l'indigénat. Leurs habitants ont, en outre, envoyé un député à la Chambre des députés de la République française à partir de 1848. Néanmoins, un décret du les prive d'une partie de droits civils et politiques réservés aux citoyens français et les place sous « statut civil réservé »Civ. 28 avril 1909. La particularité des Quatre Communes est qu'alors qu'en droit colonial français et jusqu'à la loi dite « Lamine Guèye » du tendant à proclamer citoyens tous les ressortissants des territoires d'outre-mer, Journal officiel de la République française, , (consulté le ), les des colonies sont en principe privés de citoyenneté.
Blaise Diagne, assimilationniste et personnalité politique française, les qualifie de « Berceau de la France Africaine ». Pendant la Première Guerre mondiale, la loi Blaise Diagne du 29 septembre 1916 conféra à leurs habitants une pleine citoyenneté françaiseCA AOF. Ch. musulmane. 2 avril 1926, , dans (consulté le 12 octobre 2015)CE Sect. 4 décembre 1936, , dans , (consulté le 12 octobre 2015).
Les Quatre Communes ont conservé leur dénomination bien qu'en , leur nombre ait été réduit à trois par la réunion de Gorée à Dakar.
Une colonisation progressive
La colonisation des Quatre Communes
Les indigènes de l'île Saint-Louis et de l'île de Gorée se voient accorder la citoyenneté française par l'Assemblée nationale législative de la Première République Française le . Ils font donc partie des premiers citoyens français étant donné que c'est la période où le concept de citoyenneté française voit le jour.
La conquête du Sénégal La présence française dans ces quatre communes a été un élément majeur de la colonisation française après la conférence de Berlin (1884-1885). En effet, la France désirait construire un chemin de fer afin de relier ses communes de Saint Louis et de Dakar et finit par entrer en conflit avec le Damel du Cayor, Lat Dior. La France s'assure le contrôle militaire de l'ensemble du Cayor dès 1865 à la suite de la bataille de Loro. Les rapports restent tendus mais à la suite de l'aide militaire française apportée à Lat Dior contre Cheikhou Amadou en 1875, ils trouvent un terrain d'entente et signent en 1879 un traité autorisant la construction du chemin de fer en échange du maintien de Lat Dior à la tête du Cayor. Toutefois, l'année suivante Lat Dior décide de révoquer le traité et mène des attaques contre les positions françaises, ce qui empêche la construction de la ligne ferroviaire. Pour la France, Lat Dior a violé le traité de 1879. Ce prétexte, associé à la fin de la conférence de Berlin, permet une intervention militaire qui fait officiellement du Cayor un protectorat français en 1886, la colonisation de l'ensemble de l'Afrique de l'Ouest est alors amorcée. Saint Louis, puis Dakar deviendront par la suite les deux capitales successives de l'AOF créée en 1895.
Un droit de vote pour les Parlements de la République
La députation, un acquis de la République (1848/1879)
Le statut des habitants de Saint-Louis est posé par la Révolution de 1789 (Lamiral, un envoyé porteur du cahier de doléances des notables, européens et mulâtres, se fait plus ou moins accepter dans les couloirs des États généraux, sans statut défini). Il s'y est créé progressivement un statut de Français citoyen auquel le code civil est appliqué partiellement pour tenir compte des particularités juridiques musulmanes.
En 1848, la Révolution accepte (le ) l'envoi d'un député au parlement de la Seconde République (Barthélémy Durand Valantin, réélu en ) pour les ports de Saint-Louis et de Gorée, tous les habitants depuis plus de cinq ans pouvant voter ( votants le , dont des noirs et des métis).
Napoléon III retire ce droit le , qui est rétabli le (élu Lafont de Fongauffier)Gerti Hesseling, Histoire politique du Sénégal : institutions, droit et société (traduction Catherine Miginiac), Karthala, 2000, 437 p. .
L’administration locale craignant l’influence du député, il est à nouveau retiré par la loi organique du , sur l'élection des députés, dont l'article 21 réservait ce droit aux quatre colonies — la Martinique, la Guadeloupe, la Réunion et les Établissements français de l'Inde — auxquelles l'article 2 de la loi du , relative à l'organisation du Sénat, avait attribué des sénateurs.
La représentation du Sénégal à la Chambre des députés est rétablie, sous la présidence de Jules Grévy, par la loi du Loi du 8 avril 1879, qui rétablit la représentation des colonies de la Guyane et du Sénégal à la Chambre des députés, publiée au Journal officiel de la République française le 9 avril 1879 .
Elle est confirmée par les lois ultérieures.
Le tableau annexé à loi du attribue au Sénégal l'élection d'un des dix députés attribués aux coloniesLoi du 16 juin 1885, qui modifie la loi électorale, publiée au Journal officiel de la République française le 17 juin 1885 , avec le tableau y annexé .
Une vie politique locale fondée sur les clans
Avant la première guerre mondiale, la vie politique des quatre communes est liée au petit nombre d'électeurs, à l'isolement relatif (les nouvelles prennent du temps pour aller et venir de métropole), et prend donc un tour local où c'est moins le parti que le « clan » qui fait l'élection. Les députés sont en général soit des officiers de la marine nationale, soit des mulâtres. Le clan des commerçants bordelais, le rôle de l'Église, et le clan des commerçants locaux se disputent en général les suffrages. C'est la lassitude de ce système paralysant qui conduit à la montée d'une nouvelle génération de noirs partiellement acculturés qui, à partir de 1900, s'investissent dans un jeu politique jusque-là tenu par les mulâtres et les coloniaux. La victoire de Blaise Diagne en 1914, premier noir élu député, débouche sur un élargissement de la citoyenneté au-delà des quatre communes.
Liste des députés
La Deuxième République
Barthélémy Durand Valantin 1848-1850 Vacant 1850-1852 Aboli 1852-1871 thumb|Arrivée de B. Diagne, député du Sénégal, haut commissaire du gouvernement pour le recrutement des troupes noires à Dakar en mars 1918.
La Troisième République
Jean-Baptiste Lafon de Fongauffier 1871-1876 Aboli 1876-1879 Alfred Gasconi 1879-1889 Aristide Vallon 1889-1893 Jules Couchard 1893-1898 Hector d'Agoult 1898-1902 François Carpot 1902-1914 Blaise Diagne 1914-1934 Galandou Diouf 1934-1940
Députés notables 1945-1960
Amadou Lamine-Guèye Léopold Sédar Senghor Mamadou Dia Abbas Guèye
La citoyenneté au-delà du droit de vote Le statut civil réservé
Les originaires des communes de plein exercice de Dakar, Goré, Rufisque et Saint-Louis étaient régis par un « statut local ». Mais, à l'égard de ceux-ci, le domaine d'application du « statut local » était limité à certaines matières : l'état des personnes, le mariage, les successions, donations et testaments. Ces matières faisaient l'objet de leur « statut civil réservé », d'abord défini, sous le Second Empire, par un décret du Décret du , sur l'organisation de la justice musulmane au Sénégal, publié au Bulletin des lois de l'Empire français du ., puis, sous la République, par un décret du . Dans les autres matières, notamment dans celle des obligations, les originaires des communes de plein exercice étaient soumis au « statut civil français ». Il s'agissait d'une situation exceptionnelle qui ne s'expliquait que par l'ancienneté des Établissements français du Sénégal, auxquels le territoire des quatre commune de plein exercice était réputé correspondre.
Il en résultait que les originaires des communes de plein exercice relevaient, en principe, des juridictions dites « de droit français ». Ce n'est que pour juger les affaires intéressant leur « statut civil réservé » que des juridictions dites « de droit local » avaient été créées. Pour les musulmans, il s'agissait de juridictions dites de droit musulman, tenues par des « cadis ». Pour les non-musulmans, la juridiction spéciale était constituée par la juridiction de droit français, complétée par l'adjonction d'un assesseur appartenant à leur coutume. L'appel était portée devant la cour d'appel de Dakar, assistée, pour les musulmans, d'un « cadi » ou, pour les non-musulmans, d'un « notable ».
Les originaires des communes de plein exercice, qui ne conservaient leur « statut local » qu'en matière de « statut civil réservé », étaient soumis au régime répressif français. Il en résultait qu'ils n'étaient pas soumis au régime dit de l'indigénat, lequel permettait à l'autorité administrative certaines peines de police.
La qualité de citoyen français
Le statut intermédiaire
La pleine citoyenneté
Une loi du disposait : « Les originaires des communes de plein exercice du Sénégal et leurs descendants sont et demeurent des citoyens français soumis aux obligations militaires prévues par la loi du ».
Des communes et des citoyens de plein exercice Le député Jean-Baptiste Lafon de Fongaufier impose au gouverneur, un décret du que Saint louis et Gorée (avec Dakar Guet Ndar, Ndar Toute Sor, et en 1884, Gokhoumbathie) deviennent des communes de droit, avec respectivement seize et quatorze conseillers municipaux (Dakar est séparée de Gorée en 1878) et le même statut est accordé à Rufisque (avec Diokoul, Mérina et Tiawlène) en . De plus, un conseil général est rétabli en 1879 (il avait été mis en place mais seulement pour les commerçants avant 1850). Cela donne une citoyenneté partielle aux habitants des quatre communes, que le député Blaise Diagne (premier député noir) réussit à rendre complète en 1916 par une négociation permettant d'établir la conscription dans les quatre communes en échange d'une citoyenneté française (accordée aux parents y compris aux épouses des polygames dans certains cas). C'est ce statut qui permet à Galandou Diouf puis à Lamine Gueye et dans le cadre de la réforme de 1944 Leopold Sedar Senghor d'être députés.
Liste des maires
Gorée
1849-1872 : François de Saint Jean, père de la signare Mary de Saint Jean De la création de la commune de plein exercice à sa réunion à celle de Dakar 1872-1877 : Duréçu Potin 1877-1880 : Charles Chaussende 1880-1881 : François Piécentin 1881-1884 : Kerny Sarrazin 1884-1890 : Charles de Marguerie de Montfort 1892-1914 : Joseph Le Bègue de Germiny 1917-1925 : Claude Potin 1929 : Gorée fusionne avec Dakar
Saint Louis
Au , la plupart des maires sont des métis issus de signares. 1828-1848 : Jean-Jacques Alin, d’origine antillaise 1848-1851 : Barthélémy Durand Valantin, également député du Sénégal 1851-1856 : Nicolas d’Erneville 1856-1872 : Blaise Dumont De la création de la commune de plein exercice à l'indépendance 1872-1875 : Auguste Bréchet 1875-1880 : Gaspard Devès 1882-1889 : Auguste de Bourmeister 1890-1891 : Jean-Jacques Crespin, petit-fils de Jean-Jacques Alin () 1891-1894 : Jules Couchard 1894-1895 : Jean-Jacques Crespin () 1895-1909 : Louis Descemet 1909-1910 : Justin Devès, fils de Gaspard Devès () 1912-1916 : Justin Devès () 1919-1925 : Amadou Dugay Clédor
Dakar
1887-1892 : Jean Alexandre, premier maire de Dakar 1892- : Marguerie de Montfort