Bulgnéville est une commune française située dans le département des Vosges, en Lorraine, dans la région administrative Grand Est. Elle a été le chef-lieu d'un canton de 1790 à 2014, au moment où les décrets d'application du , portant délimitation des cantons dans le département des Vosges, ont officiellement fait passer l'ensemble des communes du canton de Bulgnéville dans celui de Vittel.
Ses habitants sont appelés les Bulgnévillois.
Géographie Géologie et relief Espaces naturelsBiodiversité : Une zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique (Znieff) : Vôge et BassignyZnieff.
Localisation Communes limitrophes
Voies de communications et transports Voies routières Bulgnéville est desservie par l’autoroute A31 ; la sortie, 9, menant aux communes voisines de Contrexéville et de Vittel, intéresse aussi les usagers d’Épinal. Le contournement de la ville a été inauguré le , en même temps que la déviation de Contrexéville. vignette|redresse=1.8|centre|<center>Carte de la commune de Bulgnéville et des proches communes.
Transports en commun Fluo Grand Est.
Lignes SNCF thumb|gauche|100px|Gare de Vittel.|alt= Gare de Vittel. Gare de Contrexéville. Gare de Neufchâteau.
Transports aériens Les aéroports les plus proches sont : « Vosges Aéroport » d'Épinal-Mirecourt ; l'aéroport de Nancy-Essey.
Hydrographie
Réseau hydrographique centre|400px|<center>Un coin de l'étang(carte postale Adolphe Weick).
La commune est située dans le bassin versant de la Meuse au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par le ruisseau de Dreuve, le ruisseau de l'Etang de Bulgneville et le ruisseau du Bois des Fosses..
vignette|centre|redresse=2.0|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|<center>Réseaux hydrographique et routier de Bulgnéville.
Gestion et qualité des eaux Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Nappe des Grès du Trias Inférieur ». Ce document de planification, dont le territoire comprend le périmètre de la zone de répartition des eauxUne zone de répartition des eaux est une zone comprenant les bassins, sous-bassins, fractions de sous-bassins hydrographiques et systèmes aquifères définis dans le décret du 29 avril 1994, où sont constatées une insuffisance, autre qu'exceptionnelle des ressources par rapport aux besoins. de la nappe des Grès du trias inférieur (GTI), d'une superficie de , est en cours d'élaboration. L’objectif poursuivi est de stabiliser les niveaux piézométriques de la nappe des GTI et atteindre l'équilibre entre les prélèvements et la capacité de recharge de la nappe. Il doit être cohérent avec les objectifs de qualité définis dans les SDAGE Rhin-Meuse et Rhône-Méditerranée. La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est le conseil départemental des Vosges..
La qualité des eaux de baignade et des cours d’eau peut être consultée sur un site géré par les agences de l’eau et l’Agence française pour la biodiversité..
Climat
En 2010, le climat de la commune est de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Lorraine, plateau de Langres, Morvan, caractérisée par un hiver rude (), des vents modérés et des brouillards fréquents en automne et hiver..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « St Ouen-lès-Parey_sapc », sur la commune de Saint-Ouen-lès-Parey à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . ...
Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.. Ils sont consultables sur un site publié par Météo-France en ..
Urbanisme Typologie Au , Bulgnéville est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Vittel - Contrexéville, dont elle est une commune du pôle principalLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (43,2 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (45,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (43,2 %), prairies (25,8 %), terres arables (14 %), zones urbanisées (13,4 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (3,6 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=2.1|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Capellam Buluuaciville, corr. Buliniaciville (1033) ; Belignievilla (1169) ; Bulinevilla (1196) ; Boloniacivillam () ; Bulleneigneville (1255) ; Bullenneigville (1256) ; Buligneigville (1256) ; Beligneiville (1261) ; Beulengneiville (1270) ; Bulygneville, Buligneville (1274) ; Bulligneiville (1280) ; Buligneyville (1288) ; Buleneiville (1295) ; Boleigneiville (vers 1300) ; Boleygnevile (vers 1300) ; Bulgneyvile (1302) ; Beligneville (1303) ; Bouloigneivile (1304) ; Bullegneyville (1319) ; Bulleneville (1321) ; Bulleneiville (1322) ; Builgneville (avant 1346) ; Bailligneville (1361) ; Bullegnevilles (1361) ; Bulligneville (1361) ; Bouligneville (1395) ; Bouglegnyville (1397) ; Hue de Bullegneyville (1426) ; Boulegneville (1431) ; Bulegnieville (1441) ; Bugneville (avant 1466) ; G. de Bourgnainville () ; Bellemeville en Lorraine () ; Bulgneville (1504) ; Beullegneville (1562) ; Bullugneville (vers 1600) ; Bulingneuville () ; Bulgnieville (1711)..
D'après Pierre-Henri Billy, le nom, d'origine gallo-romaine, signifierait « domaine de Bullinius »Pierre-Henri Billy. Origine des noms des villes et des villages de France. Famot, Genève, 1981, 320 pages, p. 62. Toutefois, le suffixe "ville" évoque plutôt le haut moyen-âge (mérovingien ou carolingien, voire plus récent). Dans les récits du Moyen Âge et jusqu'au , la ville est également nommée BullignevilleHenry Wallon, Jeanne d'Arc (1875) : Dans la bataille engagée contrairement à ses conseils, il fut tué et René fait prisonnier (Bulligneville, 2 juillet 1431).. Au cours du , la ville est nommée dans ses archives paroissiales sous le nom de Bulgnévilla.
Histoire Aux origines La présence d'une installation gallo-romaine est reconnue par sondage de l'Institut national de recherches archéologiques préventives (I.N.R.A.P.) en à la sortie sud de Bulgnéville, sur le lieu-dit les Longues Royes. D'autres découvertes isolées et plus anciennes, attestent d'une occupation gallo-romaine sur l'étendue du territoire de la commune. Quelques objets de cette période sont visibles au musée de la localité.
Le site de Bulgnéville fut ensuite occupé par les Mérovingiens comme le prouve le cimetière découvert au centre du village au milieu du . Un inventaire anonyme de la fin du retrouvé dans les archives municipales fait le descriptif suivant : "en 1859 ou 1860, lors de la démolition d'une maison qui se trouvait près de l'hôpital au centre du bourg, on a trouvé des vases de terre noire et l'emplacement d'un cimetière ou champs de bataille contenant une grande quantité d'ossements humains". Ce paragraphe évoque l'emplacement d'un cimetière mérovingien où il est courant de retrouver des poteries à cuisson réductrice qui se situerait à l'ouest de l'actuel monument aux morts.
La butte sommitale de l'église et l'actuel château devient sans doute entre le le siège d'un château médiéval au sud-ouest duquel se sont développées en contrebas des habitations (basse-cour), devenant le point de départ du village tel que nous le voyons encore aujourd'hui. Placée sur des routes commerciales, Bulgnéville se développe grâce à des foires.
La bataille de Bulgnéville (1431) vignette|Bataille de Bulgnéville. Miniature issue du manuscrit de Martial d'Auvergne, Les Vigiles de Charles VII, vers 1484, BNF, f.77v. Pendant l’époque troublée de la guerre de Cent Ans le nom de Bulgnéville prit une consonance dramatique. Le , son territoire fut le théâtre de la bataille de Bulgnéville qui opposa les troupes franco-lorraines du jeune duc René aux Anglo-Bourguignons alliés à Antoine de Vaudémont.
Le conflit a pour origine la succession de Lorraine : le comte de Vaudémont (1416-1458) Antoine renie la politique de son père Ferry (1393-1415) mort à Azincourt et se met au service du roi d’Angleterre. Le duc René-I, successeur de son beau-père Charles-II duc de Lorraine, décédé en 1431, somme son cousin (et rival) Antoine de lui faire hommage et engage les hostilités. Antoine reçoit d’importants secours des Bourguignons et des Anglais. René est aidé par les contingents du roi de France : sous sa bannière marche le fameux et chevaleresque Arnault Guilhem de Barbazan (1360-1431). La chevalerie lorraine se fait battre par l’armée d’Antoine, mieux ordonnée, mieux armée, pourvue d’excellents archers picards et anglais et de couleuvrines. Barbazan, dont on n’a pas suivi les conseils, fut tué au cours de la bataille. René fut lui fait prisonnier et emmené en captivité au palais ducal de Dijon, en la tour qui a conservé le nom de tour de Bar. Les choses s'apaisèrent ultérieurement par le mariage de Yolande d'Anjou, fille de René I avec Ferry II (fils d’Antoine) comte de Vaudémont (1458-1470) et dont le fils René II fut comte de Vaudémont, duc de Lorraine et duc de Bar.
La maison de Lorraine-Vaudémont, descendante par la branche puînée de la maison d’Alsace (Gérard d’Alsace 1048-1070) a actuellement comme descendance directe par les hommes la maison de Habsbourg-Lorraine : François III (1708-1765) comte de Vaudémont, duc de Lorraine, duc de Bar, puis grand-duc de Toscane et empereur épouse Marie-Thérèse d’Autriche. Le couple est l'ancêtre de tous les membres de la maison de Habsbourg-Lorraine actuelle mais aussi, en lignes féminines du roi d'Espagne, du roi des Belges et du grand-duc de Luxembourg ainsi que de toutes les dynasties catholiques.
L'époque moderne La guerre de Trente Ans est venue casser l’essor économique du village après le Moyen Âge. Sa forteresse fut démantelée et le village fut traversé par nombre de troupes et de mercenaires jusqu’en 1650.