Le Crédit agricole est une banque française proposant des services financiers à l'échelle internationale.

En 2018, le groupe possède le plus grand réseau de banques coopératives et mutualistes au monde., dont trente-neuf caisses régionales de Crédit agricole en France.

En 2026, il est la neuvième plus importante banque au monde en termes d'actifs et la deuxième française après BNP Paribas.

Officiellement créé en 1894 pour faciliter les investissements de l’agro-industrie et historiquement organisé selon un système mutualiste entre les différentes caisses régionales avec le soutien de l'État, il est devenu, à partir de la fin du , un groupe bancaire privé, généraliste et international, coté via sa holding Crédit agricole SA au CAC 40 de la bourse de Paris.

Historique Durant la seconde moitié du , l'agriculture française accumule des retards techniques par rapport à d'autres voisins européens et peine à trouver des crédits à long terme, souples et bon marché. Plusieurs projets de création de banques de l'agriculture voient le jour, dont celui du Crédit foncier de France en 1861, mais aucun n'aboutit du fait notamment que la plupart des agriculteurs n'étaient pas propriétaires, mais aussi de la mauvaise gestion de ces institutions...

Naissance du Crédit agricole et création des caisses locales et régionales (1894-1900) thumb|153x153px|left|alt=Jules Méline - à l'origine de la création de la première caisse locale|Jules Méline est à l'origine de la création des premières caisses locales. L'histoire du Crédit agricole remonte à la fin du , à une loi de 1884 permettant la libre association professionnelle, qui autorise entre autres la formation de syndicats agricoles, et la création de banques locales mutualistes. La création de la Société de crédit agricole. de l'arrondissement de Poligny à Salins-les-Bains dans le Jura a lieu le . Cette institution est la première du genre en France.

S'inspirant de cette expérience et pour encourager le crédit au profit de la petite exploitation familiale, la loi du , promue par le ministre de l'Agriculture Jules Méline, permet la création de caisses locales de crédit agricole.. Les premières caisses sont la création d’élites locales composées d’agronomes, de professeurs, de propriétaires alors que les agriculteurs sont encore minoritaires.

Dans les premières années, l'activité est d'abord exclusivement composée de prêts à court-terme. Il s'agit d'avances sur récoltes qui permettent aux agriculteurs de vivre mieux. Viennent ensuite les emprunts à moyen puis à long terme qui leur permettent de s'équiper ou d'acheter du bétail.

Cependant, les caisses locales se trouvent vite confrontées à des problèmes financiers tels que le manque de capitaux ou les garanties insuffisantes des petits exploitants. En cause, la loi de 1894 qui ne comportait aucun avantage en la matière. Il faut attendre 1897 pour que l’État règle ces problèmes puisqu'il impose à la Banque de France d'apporter des ressources au Crédit agricole. Une dotation de de francs-or et une redevance annuelle de deux millions de francs sont ainsi versés. Un an plus tard, la loi de 1898 résout la question des garanties.. Enfin, la loi du institue une commission du ministère de l'Agriculture pour la répartition de cette avance entre les caisses régionales qui sont créées pour l'occasion. Ces caisses coopératives fédèrent les caisses locales de leur ressort géographique et leur servent de caisses de compensation.

Développement du maillage territorial (1900-1945) Dès le début du siècle, les caisses locales et régionales se multiplient. Chaque département est ainsi pourvu d'au moins une caisse à la veille de la Première Guerre mondiale. Cependant, l'État continue d'assurer les trois quarts des ressources et le prêt à court terme reste majoritaire, et ce, malgré la possibilité de pratiquer des prêts à long terme comme le permettent les lois du et du .

L'isolement de certaines régions lors de la Guerre tend à montrer la nécessité d'une banque centrale régulatrice, d'autant plus que le Crédit agricole est sollicité pour financer le rétablissement d'exploitations endommagées pendant le conflit.

Durant les années 1920, la banque continue de développer son maillage territorial et ses activités avec notamment l'ouverture des crédits aux petits artisans ruraux en 1920, le financement de l’électrification des campagnes ou encore le financement des collectivités publiques en zone rurale à partir de 1923.

La loi du permet de donner plus d’autonomie à la direction du crédit qui dépend directement du ministère de l’Agriculture afin d'en faire un établissement public central de compensation entre les caisses régionales. L’Office national de Crédit agricole apparaît alors sous l'égide de Louis Tardy, son directeur général. En 1926, il est rebaptisé Caisse nationale de Crédit agricole. La « pyramide » institutionnelle du Crédit agricole est ainsi achevée.. La loi de 1920 constitue en outre le cadre juridique des opérations du Crédit agricole en France.

Les caisses locales et régionales ne sont pas épargnées par la Grande Dépression de 1930. Le rôle de la Caisse nationale est alors accru et celle-ci vient en aide aux caisses les plus exposées. Un fonds commun de garantie des dépôts est créé en 1935. L'année suivante, le Crédit agricole finance par l'escompte les stocks de blé lors de la création de l'Office national interprofessionnel des céréales. Les mécanismes de paiements utilisés permettent alors de populariser l’usage du chèque et du compte bancaire dans les campagnes.

Entre 1939 et 1945, le régime de Vichy alourdit la tutelle du Crédit agricole. Dans le même temps, les mutations financières sont importantes, avec l'apparition du bon à cinq ans..

L'après-guerre et la création de la Fédération nationale du Crédit agricole (1945-1966) Pour financer l’effort de reconstruction de l’après-guerre et pour renforcer la mécanisation de l’agriculture, la Caisse nationale de Crédit agricole intensifie la collecte pour compléter les ressources venues de l’État. Les caisses régionales ouvrent de nombreux bureaux : de en 1947, le total passe à en 1967.

En 1948, la Fédération nationale du Crédit agricole est créée. Elle est chargée de représenter les caisses régionales de Crédit agricole auprès des pouvoirs publics et de la Caisse nationale du Crédit agricole. Elle joue également un rôle de formation du personnel et d'élargissement progressif des compétences du Crédit agricole.

En 1959, un décret permet au Crédit agricole le financement de prêts immobiliers pour logement principal en zones rurales, quel que soit le statut du propriétaire, même non agricole. La distribution des obligations à long terme créées en 1950 permet au Crédit agricole de s'autofinancer à partir de 1963.. Les flux financiers entre l’État et l’organisme s’inversent, car le Crédit agricole remonte désormais l’épargne des campagnes vers le Trésor public.

L'institution Crédit agricole continue de se moderniser profondément avec un renouvellement important des dirigeants dans les caisses régionales et à la Caisse nationale. Paul Driant devient le premier président de la Caisse nationale de Crédit agricole issu du monde agricole en 1960. Il exerce ses fonctions pendant quatorze années consécutives..

Naissance de la banque universelle (1966-1988) La Caisse nationale de Crédit agricole obtient l'autonomie financière de l’État en 1966, dans le but de dynamiser l'épargne et de débudgétiser ses interventions.. La collecte ne passe ainsi plus par le Trésor public. C'est donc la Caisse nationale qui assure désormais la péréquation entre caisses régionales déficitaires ou excédentaires. La loi de la « ruralité » de 1971 étend les possibilités de financement du Crédit agricole aux zones rurales, mais aussi en direction de nouvelles clientèles, telle que les artisans et les industries agro-alimentaires. Les prêts aux PME et PMI viendront ensuite.

La réforme bancaire de 1966 permet à l'établissement de proposer à tous les ménages des produits identiques à ceux de ses différents concurrents (compte sur livret, plan d'épargne logement).

Les premières filiales sont créées à la fin des années 1960 afin de répondre à des besoins spécifiques de la Caisse nationale de Crédit agricole : Union d’études et d’investissements (UI) en 1967 pour les prises de participations, Segespar en 1968 pour la gestion d’actifs, et Unicrédit en 1971. pour les crédits aux industries agro-alimentaires voient ainsi le jour. Dès 1967, le Crédit agricole distribue ses premiers prêts d'épargne-logement qui seront conventionnés à partir de 1972 et des prêts d'accession à la propriété en 1977.

En 1976 est lancée pour la première fois la signature « le bon sens près de chez vous »..

Le Crédit agricole ouvre sa première succursale à l'étranger en 1979, à Chicago (États-Unis), ce qui marque le début de la stratégie d'internationalisation du groupe. La revue « » classera d'ailleurs l'établissement au premier rang mondial des banques cette année-là. Dans cette continuité, le Crédit agricole est soumis pour la première fois en 1984 à une loi bancaire alors qu'il était jusque-là soumis uniquement au code rural. Un accord d'interbancarité est également signé pour marier la carte bancaire verte du Crédit agricole à la carte bleue des autres banques.

Durant ces années 1980, la diversification des métiers du groupe Crédit agricole débute, en particulier dans le domaine des assurances. les filiales Predica pour l'assurance-vie et Pacifica pour le secteur de l'assurance dommages voient le jour, respectivement en 1986 et 1990. Le groupe prend ainsi le virage de la bancassurance, avec notamment le premier plan d'épargne retraite. À cette époque, de nombreux administrateurs des caisses locales sont aussi administrateurs d'une autre institution agricole, l'assureur Groupama, et un rapprochement entre les deux n'est alors pas exclu. Ce scénario sera finalement écarté.

Les mutations institutionnelles en 1988-2001 Le , la loi de mutualisation de la Caisse nationale de Crédit agricole entre en vigueur.. Transformé en une société anonyme, l'organe central du groupe devient propriété des caisses régionales à 90 % et du personnel à 10 %. La société est donc désormais totalement indépendante de l'État, ce qui met fin aux prélèvements autoritaires de ses excédents. En 1990, le Crédit agricole perd le monopole des prêts bonifiés à l’agriculture. Un an plus tard, en 1991, son processus de « normalisation » se termine, puisque le financement des grandes entreprises lui est ouvert..

L'internationalisation du groupe continue en 1989 avec la prise de participations dans le capital de Banco Ambrosiano Veneto en Italie et de Banco Espirito Santo au Portugal en 1991.

Du côté des caisses régionales, un processus de regroupement est amorcé officiellement à partir de 1990, notamment dans un souci de maîtrise des coûts : l’objectif est de diviser le nombre de caisses existantes par deux ; il est dépassé à l’orée du . Dans le même temps, 18 des 94 caisses régionales sont cotées sur le marché secondaire en émettant des certificats coopératifs d'investissement. L'essentiel du capital social des caisses reste cependant aux mains des de sociétaires, clients de l'établissement.

En 1993, Lucien Douroux, porteur du projet de mutualisation à la Fédération nationale du Crédit agricole devient le premier directeur général de la Caisse nationale. nommé par le Crédit agricole et issu de ses rangs.

En 1996, le groupe rachète Indosuez puis crée Indocam, filiale de gestion d'actifs (renommée Crédit agricole Asset Management en 1999) et Crédit agricole Indosuez pour la banque de financement et d'investissement. La diversification du groupe se poursuit en 1999 : il entre au capital du Crédit lyonnais à la faveur de la privatisation de l'établissement et acquiert Sofinco, l'un des leaders du crédit à la consommation..