Élie Faure, né le à Sainte-Foy-la-Grande (Gironde) et mort le à Paris (Seine), est un médecin, historien de l'art et essayiste français.

Il est l'auteur d’une Histoire de l’art, qui est une importante étape historiographique dans cette discipline. Son ouvrage Napoléon, dans lequel il compare l'empereur des Français Napoléon à un « prophète des temps modernes » inspire le film d'Abel Gance.

Biographie Jeunesse et formation

Fils de Pierre Faure, négociant protestant, et de Suzanne Louise Zéline Reclus, Jacques Élie Paul Faure est très lié à deux de ses oncles, le géographe et militant anarchiste Élisée Reclus et l’ethnologue Élie Reclus. En 1888, il rejoint à Paris ses frères Léonce et Jean-Louis, et s’inscrit au lycée Henri-IV, où il a comme condisciples en classe de philosophie Léon Blum, René Berthelot, Gustave Hervé et Louis Laloy.

Passionné de peinture, il visite régulièrement le musée du Louvre et se plonge dans les ouvrages de son professeur de philosophie, Henri Bergson.

Son baccalauréat en poche, il s'inscrit à la faculté de médecine, puis commence à exercer dans les quartiers populaires. Il travaille en qualité d'anesthésiste aux hôpitaux de Paris, avec son frère Jean-Louis, chirurgien et gynécologue, et se spécialise dans l'embaumement. Il continue cependant à fréquenter les expositions et les ateliers de peintres et de sculpteurs.

Le , il épouse Suzanne Gilard, fille du pasteur d'Eynesse, qui lui donnera une fille, Élisabeth, que son ami le peintre Eugène Carrière croquera vers 1902Portrait d'Élisabeth Faure par Eugène Carrière avec envoi : , Paris, musée d'Orsay.. Le , il présente sa thèse de doctorat en médecine.

Il s'engage aussi dans les combats politiques de l'époque, prenant notamment parti pour Dreyfus et participant à des mouvements socialistes.

Historien de l'art En 1902, Élie Faure commence à publier des articles consacrés à l'art dans L'Aurore. Il se passionne pour Paul Cézanne et surtout pour Diego Vélasquez, auquel il consacre son premier livre. Entre 1905 et 1909, il tient une série de conférences sur l'histoire de l'art à l'université populaire La Fraternelle du de Paris. Il en tira le contenu de son principal ouvrage, une Histoire de l'art, publiée à partir de 1909. Dans un style très lyrique et poétique (), cette œuvre monumentale, plusieurs fois remaniée, retrace l'évolution de l'architecture, de la sculpture, de la peinture et des arts domestiques de la préhistoire au début du , mais en occultant l'art académique de la seconde moitié du .

En 1904, il entre au comité d'honneur du Salon d'automne, et y organisera plusieurs expositionsVéronique Dumas, « Faure, Élie », in : Dictionnaire critique des historiens de l'art (notice en ligne sur inha.fr)..

Dans Les Constructeurs (1914), il s'interroge sur le rôle des artistes dans la société et sur l'influence de penseurs comme Michelet et Nietzsche.

Participation à la Première Guerre mondiale Médecin militaire pendant la Première Guerre mondiale, Élie Faure doit rejoindre le front. Il est traumatisé par l'atrocité des combats et est évacué à l'arrière pour neurasthénie. De retour au front, il participe en tant que médecin à la bataille de la Somme. Dans son ouvrage La Sainte Face, publié en 1918, il transcrit les . La , « Près du feu », écrite entre mai et , retrace la période d’ à au cours de laquelle il était médecin à l'arrière des lignes. La , « Loin du feu », évoque sa convalescence, à Paris et sur la Côte d’Azur avec une visite à Paul Cézanne. La , « Sous le feu », est rédigée dans la Somme entre août et ..

L'entre-deux-guerres Une fois démobilisé, il retrouve ses livres, reprend ses voyages, s'intéresse au cinéma et travaille sur des thèmes philosophiques et historiques, notamment sur une biographie de Napoléon publiée en 1921. En 1931, il fait le tour du monde, voyage aux États-Unis, au Mexique où il rencontre le peintre Diego Rivera, découvre le Japon, la Chine, l'Inde et l'Égypte. Inquiet de la montée du fascisme au cours des années 1930, il milite après le et adhère au comité de vigilance des intellectuels antifascistes. Il soutient les Républicains contre Franco lors de la guerre d'Espagne, rend visite aux combattants de Barcelone et de Madrid, et devient en 1936 coprésident du Comité d’aide au peuple espagnol. Au début 1937, il lance un appel à Léon Blum en faveur de l'Espagne et signe une ultime pétition en faveur de l'Espagne dans le journal L'Humanité en . Ses témoignages sur la guerre d’Espagne seront publiés après sa mort dans Méditations catastrophiques.

Victime d’une crise cardiaque, il meurt à Paris le . Il est enterré dans le cimetière familial du village des Laurents à Saint-Antoine-de-Breuilh (Dordogne).

Amitié avec Chaïm Soutine Élie Faure voue une passion toute paternelle et artistique au peintre Chaïm Soutine, qu'il considère comme un génie. Dès 1927, il le recueille chez lui, l'emmène en voyage, règle plusieurs de ses ardoises, lui achète quelques toiles et lui consacre une monographie en 1929.

Cette amitié très forte va cependant tourner court. Soutine est tombé amoureux de la fille de Faure, Marie-Line dite Zizou, pour laquelle son père a peut-être d'autres projets en vue : en 1930, Soutine et Faure se brouillent et se séparent.

L'historien d'art lui écrira : ..

Récompenses Croix de guerre. Chevalier de la Légion d'honneur.

Publications Vélazquez, 1903. Formes et Forces, 1907. « Frédéric Nietzsche », Les Hommes du jour, , Catalogue général des éditions et collections anarchistes francophones : Frédéric Nietzsche.. Les Constructeurs, Georges Crès et , collection « Les proses », 1914 ; rééd. Denoël, 1981, Coll. « Médiations », . La conquête, Éditions Georges Crès et , 1917. La sainte Face, Éditions Georges Crès et , 1917. La Roue, 1919. La Danse sur le Feu et l'Eau, Éditions Georges Crès et , 1920. Cervantes. Napoléon, 1921. Histoire de l'art, 5 volumes illustrés, 1919-1921. Édition critique par Martine Courtois (établissement du texte, introduction, dossier critique), Denoël 1985-1987 ; puis Gallimard, , 5 vol., 1988 ; rééd. Bartillat, 1 vol., 2010, XX + (dont 190 p. de planches) . L’Art antique, introduction et dossier critique par Martine Courtois, Denoël, , . Rééd. Gallimard, collection « Folio Essais », 1988 . L’art médiéval, dossier critique par Martine Courtois, Denoël, , . Rééd. Gallimard, , 1988 . L’Art renaissant, dossier critique par Martine Courtois, Denoël, , Rééd. Gallimard, , 1988 . L’Art moderne I, dossier critique par Martine Courtois, Denoël, , . Rééd. Gallimard, , 1988 . L’Art moderne II, dossier critique par Martine Courtois, Denoël, , . Rééd. Gallimard, , 1988 . L'arbre d'Éden, Éditions Georges Crès et , 1922. Matisse, monographie, Éditions Georges Crès, 1923 The Art of Cineplastics, trad. de Walter Pach, Boston, The Four Seas, 1924. Derain , monographie, Éditions Georges Crès, 1925. Cézanne , monographie, Éditions Georges Crès, 1926. L'Esprit des formes, 1927. Édition critique par Martine Courtois, Gallimard, « Folio Essais », 1991, , ; rééd. Le Livre de poche . Soutine , monographie, Éditions Georges Crès, 1929. Corot , monographie, Éditions Georges Crès, 1931. « Découverte de l'archipel », La nouvelle revue critique, collection « Les essais critiques », , 1932. « D'autres Terres en vue », La nouvelle revue critique, collection « Les essais critiques », , 1932.  Les Trois gouttes de sang, Paris, 1929, Edgar Malfère, Mon périple, suivi de Reflets dans le sillage, 1931. Réédition critique par Juliette Hoffenberg, Seghers, 1987 ; 10:18, 1994. Regards sur la terre promise, Paris, Jean Flory Éditeur, 1936. « Partir », Mieux vivre, Édition Formule Jacquemaire, , Rhône, J. Bonthoux pharmacien, , . Reflets dans le sillage, Paris, Jean Flory Éditeur, 1938. Équivalences, Éditions Robert Marin, 1951. Fonction du cinéma : de la cinéplastique à son destin social (1921-1937), préface de Charles Chaplin, Éditions d'histoire et d'art/Librairie Plon, 1953. Méditations catastrophiques, Paris, Bartillat, 2006 .

Hommages Depuis 1980, un prix Élie-Faure est décerné pour récompenser le meilleur livre d’art de l’année. Un collège situé près de sa commune natale de Sainte-Foy-la-Grande, à Port-Sainte-Foy-et-PonchaptSite web du collège Élie Faure., et un lycée situé à Lormont portent son nomSite web du lycée Élie Faure.. La rue Élie-Faure est située dans le de ParisJacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, Les Éditions de minuit, troisième édition, 1963, supplément, 1972, « Rue Élie-Faure », .. En 2017, la mairie du de Paris et la ville de Sainte-Foy-la-Grande commémorent sa collection et ses voyages, avec le soutien du ministère de la Culture. En octobre 2023, la ville de Paris appose une plaque commémorative en hommage à Élie Faure au 147 boulevard Saint-Germain2023 DAC 326 Apposition d’une plaque commémorative en hommage à Elie Faure au 147 boulevard Saint-Germain à Paris ..

Descendance Son fils François Faure (1897-1982) est un résistant et un compagnon de la Libération.

Son petit-fils Jean-Louis Faure (1931-2022), est l'auteur de sculptures d'esprit libertaire et anti-stalinien (Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir refusant de serrer la main d'Arthur Koestler, localisation inconnue). Son inspiration est située aux confins du dadaïsme, du surréalisme et de la pataphysique« Jean-Louis Faure », Medium, , 2004, (extrait en ligne)..

Documentation Ses archives sont déposées à l'Institut national d'histoire de l'art.

Notes et références

Annexes

Bibliographie Juliette Hoffenberg, Élie Faure : une collection particulière, Paris, éditions d'art Somogy, 2017. Martine Courtois et Jean-Paul Morel, Élie Faure, Biographie, Paris, Librairie Séguier, 1989. Hélène Sarrazin, À la rencontre d'Élie Faure, Périgueux, Fanlac, 1982 ; réédition 1995, ( et cahier de photographies) (notice éditeur en ligne). Christophe Brun, Élisée Reclus, une chronologie familiale, 1796-2015, , , , illustrations, tableaux généalogiques, documents (en ligne sur hal.archives-ouvertes.fr et sur raforum.info). Yves Lévy, Écrits sur Élie Faure, Bassac, Éditions Plein chant, 1988. Paul Desanges, Élie Faure, Regards sur sa vie et sur son œuvre, Genève, Pierre Cailler éditeur, 1963.

Articles connexes Histoire de l'art Bataille de la Somme

Liens externes

Répertoire de textes en ligne, sur classiques.uqam.ca. Sophie Triquet (dir.), avec Philippe Bordes et Sarah Linford, Bibliographie. De Jacob Burckhardt à Meyer Schapiro, Paris, 2009, . Le musée du Pays Foyen à Sainte-Foy-la-Grande expose le bureau et une partie de la bibliothèque d'Élie Faure.

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