Frédéric-Guillaume de Brunswick-Wolfenbüttel (né le à Brunswick, mort le à Quatre Bras de Baisy-Thy), surnommé « le Duc noir » (), est un militaire et prince allemand. Il est brièvement duc de Brunswick-Lunebourg et prince de Wolfenbüttel en 1806, avant l'invasion française. Il récupère sa principauté en 1813 et devient duc de Brunswick, avant d'être tué durant les Cent-Jours.
Biographie
Quatrième fils du duc Charles-Guillaume-Ferdinand de Brunswick-Wolfenbüttel et d'Augusta de Hanovre, Frédéric-Guillaume entre dans l'armée prussienne au grade de capitaine en 1789 et participe aux batailles engagées contre la France. En 1805, son oncle, le duc Frédéric-Auguste de Brunswick-Wolfenbüttel-Œls décède sans descendance, Frédéric Guillaume hérite alors du duché de Brunswick-Oels.
Le , il participe à la bataille d'Iéna, tandis que son père, maréchal de camp de l'armée prussienne, commande à la bataille d'Auerstaedt. Ce dernier meurt d'une blessure reçue durant la bataille et Frédéric-Guillaume hérite du duché de Brunswick-Wolfenbüttel, son frère aîné étant mort quelques mois auparavant sans laisser d'héritiers et ses deux frères cadets étant mentalement retardés. Toutefois, son règne est bref : après sa victoire, Napoléon fait du Wolfenbüttel un simple département du royaume de Westphalie. La perte de son duché fait de Frédéric-Guillaume, exilé chez sa belle-famille dans le pays de Bade, l'un des opposants les plus acharnés à la domination napoléonienne sur l'Allemagne.
En 1809, la guerre éclate entre la France et l'Autriche. Frédéric-Guillaume saisit cette occasion pour créer un corps de partisans avec l'appui de l'Autriche : la Schwarze Schar, la « légion noire », leurs uniformes étant noirs en signe de deuil de leur pays occupé. Frédéric-Guillaume lève une armée de hommes bientôt renforcés par autrichiens avec pour objectif de tomber sur les arrières de l'Armée d'Allemagne. Il se porte le sur Dresde obligeant le roi de Saxe à fuir sur LeipzigStéphane Béraud, La machine de guerre napoléonienne se grippe, article dans Science et Vie : Guerres et Histoire n°83 p. 32. Il réussit brièvement à reprendre le contrôle de la ville de Brunswick en , devenant un héros populaire dans la région.
Après la défaite de l'Autriche à la bataille de Wagram cette même année, il traverse la Bohême et le nord-ouest de l'Allemagne, malgré la présence des troupes ennemies. Après la prise de Halberstadt, il affronte les Westphaliens, supérieurs en nombre, qui essayent de l'arrêter à Oelper près de Brunswick, et bat les troupes du général français Reubell. Il est contraint de s'embarquer le avec son armée à Elsfleth (près de la ville d'Oldenbourg) sur des bateaux américains et se rend au Royaume-Uni. Entre-temps, il visite clandestinement à plusieurs reprises son ancien duché, contribuant ainsi à sa popularité.
Incorporé dans l'armée britannique, son corps militaire combat avec beaucoup de succès en Espagne avec Wellington. La Prusse ayant mis un terme à l'occupation française, il retourne à Brunswick en 1813 et y lève des troupes fraîches. Il est tué à la bataille des Quatre-Bras, près de Waterloo, le .
La veille de la bataille il avait été invité, comme de nombreux autres protagonistes alliés, au bal de la duchesse de Richmond à Bruxelles. Sa présence y est confirmée par le témoignage de Georgiana, Douairière De Ros, tout comme celle du duc de Wellington.
Descendance
En 1802, Frédéric-Guillaume épouse Marie de Bade (1782-1808), fille du magrave-héréditaire Charles-Louis de Bade et d'Amélie de Hesse-Darmstadt. Par cette union, le duc devient le beau-frère du tsar et du roi Gustave IV de Suède.
Trois enfants sont nés de cette union : Charles (1804-1873), duc de Brunswick ; Guillaume (1806-1884), duc de Brunswick ; une fille mort-née (1808).
Postérité
vignette|alt=Emprunt à 4 % de Frédéric-Guillaume, duc de Brunswick-Lunebourg, de 25 thalers, émis à Brunswick le 20 juillet 1814, encaissable à la Caisse générale du duché de Brunswick-Lunebourg, contracté pour le financement de la guerre de libération contre Napoléon|Emprunt à 4 % de Frédéric-Guillaume, duc de Brunswick-Lunebourg, de 25 thalers, émis à Brunswick le 20 juillet 1814, encaissable à la Caisse générale du duché de Brunswick-Lunebourg, contracté pour le financement de la guerre de libération contre Napoléon thumb|right| Monument Brunswick à Baisy-Thy (Belgique). On lit en allemand sur la plaque : « Frédéric-Guillaume comte de Brunswick et de Lunebourg combattit à la tête de ses troupes et tomba non loin de cet endroit le 16 juin 1815. »
Monuments en sa mémoire : le Duc noir, monument érigé le , sculpteur . À partir de , de nouveau devant le palais ducal reconstruit à Brunswick. mémorial Brunswick à Baisy-Thy (commune de Genappe, Belgique) sur la route nationale 5, au sud du carrefour des Quatre-bras non loin du lieu où il mourut. Ce monument a été érigé par l'état de Brunswick pour les 75 ans. Le bronze a été coulé dans les fonderies Wilhelm à Bornum. à au Brunswick, (célèbre aussi son père). Obélisque mémorial à Ölper (près de Brunswick) en mémoire de ladite bataille ; mémorial à Brunswick (porte Saint-Pierre), où le duc bivouaqua pendant la campagne de 1809 ; mémorial à Burgdorf (Basse-Saxe), où le duc bivouaqua pendant cette même campagne ; mémorial à Syke (Basse-Saxe), où le duc bivouaqua également ; dans le port de Elsfleth Basse-Saxe) ; monument de 1909 à Schöppenstedt section de Wolfenbüttel (Basse-Saxe) ; monument à Hessen près de Fallstein (Saxe-Anhalt).
Aujourd'hui, une bière locale porte son nom : Schwarzer Herzog.
Notes et références
Bibliographie Gerd Biegel (Hrsg.): Auf dem Weg nach Waterloo. Der Schwarze Herzog. Für Braunschweig gegen Napoleon. MatrixMedia Göttingen 2015, .
Kurt von Priesdorff: Soldatisches Führertum. Band 3, Hanseatische Verlagsanstalt Hamburg, o. O. [Hamburg], o. J. , , S. 116–122, Nr. 1025. Eik F. F. Reher: Elsfleth und der Schwarze Herzog. Zur Erinnerung an den 6. und 7. August des Jahres 1809, dem Ende des Zuges der „Schwarzen Schar“ quer durch Deutschland in Elsfleth. Isensee Verlag, Oldenburg 1999. Eberhard Rohse: Tränen des Vaterlands 1815. Hoffmanns „Elegie auf den Tod des Herzogs von Braunschweig“. In: Marek Halub, Kurt G. P. Schuster (Hrsg.): Hoffmann von Fallersleben. Internationales Symposion Wrocław/Breslau 2003 (= Braunschweiger Beiträge zur deutschen Sprache und Literatur. Band 8). Verlag für Regionalgeschichte, Bielefeld 2005, , S. 85–131. Gerhard Schildt: Braunschweig-Lüneburg(-Oels), Friedrich-Wilhelm Herzog von. In: Horst-Rüdiger Jarck, Günter Scheel (Hrsg.): Braunschweigisches Biographisches Lexikon – 19. und 20. Jahrhundert. Hahnsche Buchhandlung, Hannover 1996, , S. 92. Christopher Schulze: Der Schwarze Herzog: Friedrich Wilhelm von Braunschweig-Oels. Eine Biographie. Diplomica Verlag, Hamburg 2014, . Louis Ferdinand Spehr: Friedrich Wilhelm, Herzog von Braunschweig-Lüneburg-Oels. Gebr. Meyer, 1848, (books.google.de).
Paul Zimmermann: Der Schwarze Herzog – Friedrich Wilhelm von Braunschweig. August Lax, Hildesheim 1936 (digisrv-1.biblio.etc.tu-bs.de).
Liens externes
Fredericguillaume Fredericguillaume Fredericguillaume Catégorie:Generalmajor du royaume de Prusse Catégorie:Chef militaire prussien des guerres napoléoniennes Catégorie:Personnalité du royaume de Westphalie Catégorie:Campagne de Belgique Catégorie:Naissance en octobre 1771 Catégorie:Naissance à Brunswick (Basse-Saxe) Catégorie:Naissance dans la principauté de Brunswick-Wolfenbüttel Catégorie:Décès en juin 1815 Catégorie:Décès à 43 ans Catégorie:Personnalité inhumée dans l'église Saint-Blaise de Brunswick Catégorie:Duc d'Œls Catégorie:Militaire allemand mort au combat lors des guerres napoléoniennes Catégorie:Militaire allemand des guerres de la Révolution française Brunswick