Le Petit Cheval bossu (en , Koniok-Gorbounok) est un conte de la littérature russe, écrit en vers en 1834 par Piotr Erchov, inspiré par le folklore russe. Il est associé au conte-type ATU 531 (The Clever Horse). Le conte fut publié d’abord par extraits dans la revue mensuelle pétersbourgeoise La Bibliothèque pour la lecture, puis en entier en 1856. Dès sa parution, il fut apprécié par Pouchkine à qui Erchov et Senkovski l’avaient fait lire.

Cette œuvre a inspiré des ballets et des films. Rodion Chtchedrine en a tiré un ballet en 1955 ; le compositeur Éric Voegelin a composé en 2007 un conte symphonique du même nomVoir Le Petit Cheval Bossu..

Sujet Un paysan avait trois fils, Daniel, très intelligent, Gabriel, moyennement intelligent, et Ivan, plutôt simplet. Ils vendaient leur froment en ville, mais ils remarquent un jour que les grains ont été foulés par quelqu’un. Ils décident de monter la garde à tour de rôle. Cependant les aînés, craignant le froid de la nuit, abandonnent leur garde, tandis que le cadet, lorsque son tour arrive, voit arriver à minuit une magnifique jument blanche avec une crinière d’or. Il l’attrape, la jument lui dit alors que, s’il la libère, elle lui donnera les trois poulains auxquels elle va bientôt donner naissance. Les deux premiers seront très beaux et il pourra les vendre, alors que le troisième, le plus petit, pourra être son meilleur ami.

Trois jours après, la jument donne naissance aux trois poulains promis, dont le petit cheval bossu aux longues oreilles qui est capable de voler. Daniel et Gabriel trouvent par hasard les deux premiers chevaux, magnifiques avec leur belle crinière d’or, et décident de les vendre. S’apercevant du méfait, Ivan est fort contrarié. Le Petit Cheval bossu lui raconte ce qui s’est passé et le mène à ses deux frères. Ceux-ci décident d’aller tous les trois en ville pour se partager le produit de la vente. En chemin, ils aperçoivent au loin une petite lueur. Daniel demande à son frère Ivan de lui en rapporter une étincelle, et ce dernier enfourche son Petit Cheval bossu. Arrivé près de ce qu'il croyait être un feu, il s’aperçoit qu'il ne brûle pas, ni ne fait de fumée... Le Petit Cheval bossu lui explique qu’il s’agit en fait de l’Oiseau de feu, et qu’il vaut mieux ne pas le toucher car cela porte malheur, mais Ivan prend une plume de l’oiseau qu’il cache dans son chapeau et retourne vers ses frères sans rien dire.

Arrivés le lendemain dans la capitale, les frères vont au marché aux chevaux. Un dignitaire prévient le tsar que de magnifiques chevaux sont en vente et celui-ci vient les acheter sur-le-champ. Cependant, les chevaux s’échappent des écuries du tsar et viennent retrouver Ivan. Le tsar décide alors d’engager Ivan comme maître d’écurie. Celui-ci accepte et fait venir ses frères à qui il donne de l’argent. Les frères se trouvent chacun une épouse et vivent paisiblement. Ivan continue de travailler dans les écuries, mais suscite la jalousie d’un boyard qui en était le maître autrefois. Ce dernier décide d’espionner le jeune garçon, car il avait remarqué qu’il ne venait jamais lui-même nettoyer les écuries ni soigner les chevaux, alors qu’ils étaient bien nourris et bien entretenus.

Caché, le boyard voit Ivan entrer dans les écuries et tirer de son chapeau la plume de l’Oiseau de Feu, dont obtient de la lumière pour nettoyer l’endroit et s’occuper des chevaux. Le boyard raconte tout au tsar qui convoque Ivan et lui réclame cet Oiseau de Feu. Ivan, désemparé, demande de l’aide au Petit Cheval bossu.

Ils partent dans la forêt pour trouver l’oiseau. Au bout d’une semaine, ils pénètrent dans une colline d’argent. Le Petit Cheval bossu explique à Ivan que l’Oiseau de Feu y habite. Ivan répand alors des graines et laisse du vin que lui avait donné le tsar comme provisions de voyage pour attirer l’oiseau. Il s’en empare et l’apporte au tsar. Rempli de joie, celui-ci nomme Ivan grand écuyer.

Au bord de l’océan habite une jeune et belle princesse, que l’on disait fille de la Lune et sœur du Soleil, qui chante et joue de la musique. Le boyard suggère au tsar d’y envoyer Ivan pour la ramener. Le Petit Cheval bossu conseille à Ivan de demander au tsar deux draps, une tente brodée d’or, de beaux couverts et toutes sortes de friandises. Le jeune homme et sa monture arrivent à l’océan, dressent la tente et disposent les friandises. Poussée par la curiosité, la belle princesse entre dans la tente en chantant et en jouant de la cithareOu gousli, instrument à cordes pincées.. Ivan se saisit d’elle, mais ému par ses chants, il ne la mène au tsar que le lendemain.

Arrivée à la cour, elle est présentée au tsar qui décide de l’épouser le lendemain, mais elle demande qu’auparavant on aille lui chercher son anneau resté au fond de l’océan. Le tsar y envoie Ivan, et la princesse demande à ce dernier de saluer pour elle sa mère la Lune et son frère le Soleil.

Ivan et le Petit Cheval bossu rencontrent une grande baleine échouée, avec un village sur le dos, qui, apprenant qu’ils se rendent au palais du Soleil, leur fait promettre de demander pourquoi elle a été condamnée à s'échouer. Ils promettent et se rendent au térème ("maison traditionnelle") de la princesse, où le Soleil habite la nuit et où la Lune se repose le jour. Apprenant que le tsar veut épouser sa fille, la Lune entre dans une grande colère et déclare qu’elle ne donnera la princesse qu’à un beau jeune homme, et point à un vieux tsar. Quant à la baleine, elle avait été condamnée à rester prisonnière sur le bord de l’océan, car, dix ans plus tôt, elle avait avalé trois dizaines de navires. Elle ne serait pardonnée que si elle les libérait et pourrait alors retourner dans les profondeurs de la mer.

Sur le chemin du retour, Ivan rapporte les mots de la Lune à la baleine qui aussitôt libère les navires ; les habitants qui vivaient sur son dos la quittent alors. Enfin libre, elle retourne en mer, mais auparavant elle demande à Ivan comment le remercier. Il lui dit d’aller chercher l’anneau de la princesse. La baleine envoie alors ses huîtres et ses coquillages le chercher au fond des eaux. Ils l'y trouvent et le donnent à Ivan qui le rapporte à la capitale.

Le tsar offre l’anneau à la princesse, mais elle refuse une nouvelle fois de l’épouser, l’estimant trop âgé pour elle.

Elle lui donne toutefois un moyen de retrouver la jeunesse : il suffit d’apporter trois chaudrons, l’un de lait bouillant, l’autre d’eau bouillante et le dernier d’eau glacée et de s'y baigner. Le tsar, méfiant, demande à Ivan de le faire en premier. Le Petit Cheval bossu lui donne l'exemple en s'y trempant la tête et la queue. Après le bain dans le troisième chaudron, Ivan se transforme en prince magnifique.

Le tsar se précipite à son tour, mais meurt ébouillantéCe type de punition du méchant est fréquent dans les contes de fées et figure notamment dans une version du conte russe des Trois Royaumes. ! Le peuple reconnaît alors la belle princesse comme sa tsarine. Elle prend la main d’Ivan et le place sous la couronne du marié. Les noces commencent et le peuple danse et se réjouit avec ses nouveaux souverains.

Adaptations Koniok-gorbunok, film soviétique réalisé par Alexandre Rou, sorti en 1941 Le Petit Cheval bossu, film d'animation soviétique d'Ivan Ivanov-Vano sorti en 1947 Le Petit Cheval bossu, film russe de Oleg Pogodine sorti en 2021

Bibliographie Le Petit Cheval bossu (1834), conte russe en trois parties de Piotr Erchov, traduit en français par Michèle Couvret Edilivre, 2023 .

Notes et références

Articles connexes Sivko-Bourko

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