Le Cymric est un paquebot transatlantique britannique mis en service en 1898 par la . Conçu à l'origine comme cargo transporteur de bétail, il est modifié durant sa construction dans les chantiers Harland & Wolff de Belfast pour transporter un millier de migrants. À sa mise en service, il est le plus imposant navire de sa compagnie. Il inaugure une stratégie commerciale centrée sur des paquebots à vitesse modérée, jugés plus rentables.

Affecté à la ligne de Liverpool à New York, il effectue également deux voyages de transport de troupes durant la seconde guerre des Boers. À partir de 1903, après une réorganisation de la compagnie, il inaugure pour elle une ligne à destination de Boston, sur laquelle il reste pendant plus de dix ans, accompagné entre autres du Republic puis de lArabic. Particulièrement rentable, il est principalement destiné à une clientèle modeste.

Durant la Première Guerre mondiale, il reste en service civil, rapidement chargé de remplacer les navires réquisitionnés de la ligne de New York. Le , alors qu'il ne transporte que des marchandises depuis les États-Unis, il est torpillé à trois reprises par le sous-marin U-20 et coule en un peu plus d'une journée, le naufrage faisant cinq victimes parmi son équipage.

Caractéristiques thumb|left|Carte postale du Cymric Avec sur 19,6, un tirant d'eau de et un tonnage de de jauge brute, le Cymric est, à sa mise en service, le plus gros navire jamais possédé par la . La mise en service de lOceanic () l'année suivante lui fait cependant rapidement perdre ce statut, et le navire est ramené à un rang modeste en comparaison des géants qui sont bientôt affectés à l'ligne de l'Atlantique Nord au début du siècle suivant. Le navire affiche un profil classique à cette époque, très similaire à celui des transporteurs de bétail de la compagnie, avec une cheminée aux couleurs de la compagnie encadrée de quatre mâts dépourvus de voile. Le navire est propulsé par deux hélices alimentées par des machines à quadruple expansion, permettant une vitesse modérée de . Le Cymric est ainsi précurseur de la nouvelle politique initiée par Thomas Henry Ismay avant sa mort, visant à privilégier des navires de grande taille et de vitesse modérée : les économies réalisées sur le combustible permettent de baisser les tarifs, et d'attirer un plus grand nombre de passagers moins pressés. C'est sur cette idée que sont ainsi mis en service à partir de 1901 les , nettement plus imposants.

Le Cymric est à l'origine conçu pour transporter de première classe dans des installations spacieuses, sans pour autant être luxueuses, destinées avant tout à une clientèle modérément fortunée. Le navire devait également transporter du bétail et des marchandises, mais cette combinaison devenant impopulaire auprès des passagers, sa grande taille est finalement mise à profit pour transporter de troisième classe. Cette grande capacité et les économies réalisées par sa vitesse modérée font du Cymric un navire particulièrement rentable pour la compagnie. Ainsi, en 1905, un voyage pour Boston en première classe y coûte tandis qu'en 1908, après une guerre sur les prix, un voyage en troisième est de cinq guinées (). En 1913, ses installations de première classe étant trop anciennes, elles sont transformées en deuxième classe pour s'adapter à une clientèle plus modeste.

Histoire Construction et mise en service thumb|left|Le Cymric était au départ conçu comme une version agrandie du Georgic.|alt=photo du Georgic vu de profil À la fin des années 1880 et surtout au début des années 1890, la met en service une série de cargos transporteurs de bétail de plus en plus imposants : le Cufic, le Runic, le Nomadic, le Tauric, le Naronic, le Bovic, le Cevic et le Georgic, ces deux derniers étant successivement les plus gros cargos jamais mis en service. Dans la continuité de l'entrée en fonction du Georgic, en 1895, un nouveau navire encore plus imposant est mis en construction dans les chantiers Harland & Wolff de Belfast, le Cymric, destiné à transporter dans les 830 têtes de bétail ainsi que 250 passagers de première classe. À l'époque, cependant, les passagers trouvent de moins en moins agréable de voyager avec du bétail, et la compagnie décide finalement de faire du navire un paquebot et de transporter à la place du bétail et des marchandises plus d'un millier d'immigrants.

Le navire est lancé le et terminé le suivant, après quatre mois de travaux d'aménagement en cale sèche. Il est alors, provisoirement, le plus imposant navire de la compagnie en attendant l'entrée en service de lOceanic l'année suivante. Il effectue sa traversée inaugurale entre Liverpool et New York le . Le navire est alors le premier navire de type intermédiaire de la : de vitesse modérée, il possède également des installations moins luxueuses et se destine avant tout à un trafic secondaire et aux passagers avec moins de moyens. À la fin des années 1890, ce type de navire est de plus en plus populaire auprès des compagnies pour compléter leur service , et il s'adapte bien au tournant effectué par la direction de la durant ces années pour privilégier le confort et la régularité au détriment de la vitesse.

Guerre des Boers et carrière en temps de paix thumb|Le Republic sert sur la ligne de Boston aux côtés du Cymric de 1903 à son naufrage en 1909.|alt=photographie du Republic Le Cymric reste durant ses premières années affecté à la ligne Liverpool - New York. Cependant, sa grande capacité de transport entraîne sa réquisition durant la seconde guerre des Boers : il effectue deux voyages à destination du Cap, en janvier et , afin d'y débarquer des troupes, sous l'immatriculation . Hormis cela, la carrière commerciale du navire n'est troublée que par des incidents mineurs. Le , il heurte sur la Mersey le vapeur britannique Caribu Prince, mais ses dommages ne l'empêchent pas de faire sa traversée transatlantique. Le suivant, le navire connaît un incident peu commun : durant le petit déjeuner, Thomas Halliday, un passager, brandit un couteau et menace de tuer tout le monde avant d'attaquer sa femme et de se trancher la gorge. Sa femme gravement blessée et son cadavre sont débarqués durant l'escale de Queenstown« Madman Seeks His Wife's Life », San Francisco Call, . Lire en ligne. Sur la ligne de New York, le Cymric est rejoint dans les années qui suivent par trois autres navires destinés à un service lent : le Celtic, le Cedric et lArabic.

Après l'entrée de la au sein de l', en 1902, les lignes maritimes sont réorganisées et certains paquebots transférés entre les compagnies qui composent le trust. C'est ainsi que la récupère plusieurs navires et lignes de la , notamment celle de Boston. Le Cymric est ainsi placé à titre expérimental sur cette route le , et y reste, servant dans un premier temps avec le Republic et le Canada, de la . Durant ces années, le Cymric connaît un incident le , alors qu'il est pris dans une forte tempête : un de ses mâts de charge s'effondre, blessant cinq passagers d'entrepont, tandis que sa cargaison est pour partie entraînée d'un côté du paquebot, le faisant gîter. Le navire peut cependant poursuivre sa route après plusieurs heures d'arrêt par mesure de sécurité. De à , l'un des officiers du Cymric est Henry Wilde, futur commandant en second du Titanic « Mr Henry Tingle Wilde », Encyclopedia Titanica. Consulté le .

Début 1909, le Republic fait naufrage après être entré en collision avec un autre paquebot. Il est temporairement remplacé aux côtés du Cymric par le Zeeland de la , puis par lArabic à partir de 1911. Ce dernier est un navire construit sur le même modèle que le Cymric, mais dans une version agrandie. Tous deux servent ensemble jusqu'au début de la Première Guerre mondiale. Entre-temps, le naufrage du Titanic entraîne un changement dans la sécurité du navire, qui embarque de nombreux canots de sauvetage pliants supplémentaires, afin de pouvoir secourir tous ses passagers en cas de naufrage. En 1913, le navire vieillissant est refondu pour ne plus transporter que des passagers de deuxième et troisième classe à faible tarif.

Première Guerre mondiale thumb|Le capitaine du Cymric Franck E. Beadnell (à gauche) thumb|Le Cymric a été torpillé par le sous-marin U-20, deuxième au premier plan en partant de la gauche.|alt=sous-marins alignés au port La Première Guerre mondiale ne touche pas le Cymric durant ses premiers temps. Alors que d'autres navires de la sont réquisitionnés dès le début des hostilités, il reste pour sa part sur la ligne de Boston. Le , il est déplacé sur la ligne de Liverpool à New York pour remplacer plusieurs paquebots requis pour servir à l'effort de guerre.

C'est dans le cadre de ce service commercial que le Cymric quitte New York le , sous le commandement de Franck E. Beadnell. Il ne transporte alors aucun passager ; uniquement des marchandises et d'équipage. Le suivant, vers , alors qu'il se trouve à 140 milles nautiques au nord-ouest du Fastnet, le navire est torpillé à trois reprises par le sous-marin U-20 commandé par Walther Schwieger « Cymric », Uboat.net. Consulté le . Le même sous-marin allemand avait coulé le Lusitania presque un an jour pour jour auparavant, au même endroit. Bien que touché par les trois torpilles, le Cymric met près de à couler « White Star Liner, Cymric 1898-1916 sunk by U-20 » Titanic and Other White Star Ships. Consulté le . Tout l'équipage peut ainsi être sauvé, à l'exception de quatre hommes tués dans l'explosion, et d'un steward qui s'est noyé en quittant le navire.

Références

Annexes

Bibliographie

Articles connexes White Star Line Henry Wilde Georgic (navire de 1895)

Liens externes Titanic and Other White Star Ships, site consacré à la White Star Line avec une liste de navires Titanic-Titanic.com, site de référence sur le Titanic contenant des pages sur la plupart des navires de la compagnie

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