Le takamaka ou tamanu. (Calophyllum inophyllum L., 1753), en francisé tamanou est une espèce de plantes à fleurs de la famille des Calophyllaceae. C'est un arbre tropical sempervirent que l'on trouve sur de nombreux rivages de l'océan Indien et de l'océan Pacifique. Écologiquement lié à la mer, il aime les terrains salés, sablonneux, meubles et frais, sa dissémination se faisant grâce à ses fruits flottants.

Étymologie

Le nom scientifique provient du grec : le nom du genre vient de « kalos » (beau) et « phullon » (feuille) et le nom de l'espèce vient de « is » (fibre) et « phullon » en référence aux veines fines mais marquées sur le dessous des feuilles.

Synonymes et noms vernaculaires Synonymes Balsamaria inophyllum Lour. (1790) Calophyllum apetalum Blanco (1845), nom. illeg. Calophyllum bintagor Roxb. (1814) Calophyllum blumei Wight (1840) Calophyllum inophyllum f. oblongata Miq. (1854) Calophyllum inophyllum f. obovata Miq. (1854) Calophyllum inophyllum var. takamaka Fosberg (1974) Calophyllum inophyllum var. wakamatsui (Kaneh.) Fosberg & Sachet (1980) Calophyllum ovatifolium Noronha (1790), nom. nud. Calophyllum wakamatsui (1934).

Noms vernaculaires Le takamaka porte différents noms suivant les langues utilisées pour le désigner : anglais : alexandrian laurel, beauty leaf, dilo oil tree, oil nut tree, beach mahogany ; bengali : kathchampa, punnang, sultanachampa ; birman : ph’ông, ponnyet ; chuuk : rakich ; cingalais : domba ; chamorro : daog, daok ; français : tamanou ; fidjien : dilo, vetao. ; filipino : bitaog, palo maria ; futunien : feta’u gilbertin : itai ; hawaïen : kamani et kamanu ; hindî : sultanachampa, surpan, surpunka, undi ; khmer : daoem khting (ដើមខ្ទឹង), daoem khching (ដើមខ្ជឹង) ; kosrae : eet ; malais : bentagor bunga, pegana laut, penaga pudek ; maori des îles Cook : tamanu. ; marshallais : lukwej. ; niuéen : fetau; paluan : btaches ; pohnpei : isou ; samoan : fetau ou tamanu sanskrit : nagachampa, punnaga ; swahili : mtomondo, mtondoo ; tamoul : pinnay, punnagam, punnai ; tahitien : tāmanu ; thaï : krathing (กระทิง), naowakan, saraphee talee (สารภีทะเล) ; tongien : feta’u; vietnamien : cây mù u ; wallisien : feta’u ; yap : biyuch.

L'arbre est également appelé différemment suivant les zones géographiques où il est présent : takamaka aux Seychelles et dans les Mascareignes ; takamaka bord de mer à La Réunion ; foraha à Madagascar ; ball nut en Australie ; m'trondro à Mayotte ; beach calophyllum en Papouasie-Nouvelle-Guinée ; tamanu. en Polynésie Française ; Pit en Océanie. Poon est le nom commercial du takamaka.

Une autre espèce de takamaka endémique des Mascareignes, le Calophyllum tacamahaca, y est également appelée takamaka ; mais pour la différencier on précise alors qu'il s'agit du takamaka des Hauts.

Habitat, distribution géographique et statut IUCN

Le takamaka est originaire des zones tropicales humides (essentiellement littorales) en Afrique de l'est (du Kenya au Mozambique), dans la partie ouest de l'océan Indien, en Asie tropicale et subtropicale (dont Inde méridionale et Insulinde) et dans le Pacifique (dont Australie). En Colombie il est cultivé jusqu'à d'altitude.

La partie de l'arbre la plus riche en latex étant l'écorce moyenne, les incisions faites à l'arbre pour récolter ce produit doivent être relativement profondes et, à terme, finissent par tuer l'arbre. Malgré son utilisation traditionnelle fréquente de longue date et les dangers que celle-ci représente pour l'individu exploité, en 2018 l'espèce n'est pas considérée en danger par l'IUCN..

Caractéristiques physiques Le takamaka est un arbre haut de . Son écorce est de teinte gris pâle à jaune-ocre, ; elle est marquée de fissures longitudinales elliptiques superficielles, notamment aux angles de réunion des rameaux.

vignette|Floraison de takamaka : pétales blancs, étamines jaunes et ovaire rose. vignette|Anatomie des cotylédons de C. inophyllum. Dessins de gauche : coupes transversales de cotylédons, de C. inophyllum (fig. 3, en bas, x140) et de C. calaba (fig. 3', en haut, x80).

, mesurant de huit à vingt centimètres de longueur en moyenne Les bords peuvent être légèrement ondulés. Leur pétiole est long de , élargi et aplati vers l'apex.

Les bourgeons terminaux sont globuleux et mesurent de longueur. L'inflorescence est terminale,

L'ovaire est rond, d'une couleur rose très marquée. Le fruit est mûr lorsque la drupe est recouverte d'un épicarpe jaune orangé et d'un mésocarpe devenu succulent et dont le goût rappelle la pomme. Ce mésocarpe est plus abondant dans les fruits originaires d'Inde que dans ceux d'Océanie.

Latex, oléorésine et huile

L'arbre produit un latex collant, opaque et de couleur blanche, crème ou jaune. Sa couleur jaune est peu accentuée dans les rameaux jeunes, mais dans le tronc le latex devient plus dense et prend une teinte verte. Cette couleur verte s'accentue de l'extrémité des rameaux jusqu'aux branches ; elle devient bien manifeste dès que le latex est exposé à l'air - ce qui est dû à une oxydation. Le latex est contenu dans des vaisseaux, dont les plus gros se trouvent dans l'écorce moyenne.

Heckel et Schlagdenhauffen décrivent son oléorésine ainsi : « [elle] est d'un vert foncé, en masses à éclats vitreux, non transparentes, formées de larmes agglutinées, à l'odeur d'angélique et à saveur très légèrement amère. Cette dernière propriété lui est commune avec tous les produits similaires des Calophyllum et chez quelques-uns d'entre eux elle y est très accentuée… ». Ces auteurs précisent que les cotylédons de la graine contiennent aussi une quantité abondante de résine, principalement concentrée à leur périphérie.

Des lipides de l'arbre est tirée l'huile Sa couleur varie selon le mode de préparation et la maturité des graines : une huile extraite à froid à partir de graines saines et mûres est d'une belle couleur vert chlorophylle (bien que ne contenant pas de chlorophylle) ; elle est d'un jaune sale si elle est faite avec des graines avariées et/ou non mûres et/ou si elle est extraite à chaud. Pour que les graines soient à point, il convient de les expoxer au soleil pendant un court temps avant de les presser. La densité de l'huile varie de à selon sa teneur en résine, et la quantité d'huile contenue dans les drupes varie selon leur provenance.

vignette vignette vignette|Jeune arbre. vignette|Jeunes pousses en pépinière.

Biologie reproductive

Culture

Maladies

Utilisations Consommation humaine

Construction et industrie

ou pour le calfatage des bateaux

Pharmacopée Une huile extraite du fruit est utilisée de longue date en Inde comme remède contre la gale, les rhumatismes., les ulcères, les brûlures, les maladies de peau mais également sur les plaies infectées. En 2015, une équipe de chercheurs a démontré pour la première fois que l'huile possède d'une part des propriétés cicatrisantes sur des cellules de peau humaine, et d'autre part des propriétés antibactériennes remarquables.. L'écorce, aux vertus astringentes, est utilisée en décoction mélangée à du latex pour lutter contre les diarrhées, contre les maladies de peau et des yeux, contre les rhumatismes ou pour aider la mère après un accouchement. Les fleurs, les feuilles et les graines sont parfois également employés dans les médecines traditionnelles.

Les huiles du takamaka sont aujourd'hui produites par l'industrie pour en faire des cosmétiques (page accessible par Archive.is). Les travaux menés en 2015 Une étude de 2016 a confirmé les résultats publiés en 2015 sur les vertus cicatrisantes de l'huile de takamaka. Elle a également montré que cette huile favorise la production de glycosaminoglycanes sur des cellules de peau en culture..

Utilisations écologiques vignette|Arbre du centenaire philippin, en 2017.

Rôle culturel

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Article connexe Takamaka des Hauts (Calophyllum tacamahaca)

Bibliographie

Liens externes

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