Le Festival Berlioz est un festival de musique classique et plus particulièrement de musique symphonique qui se déroule chaque année à La Côte-Saint-André, la ville natale du compositeur et musicien français Hector Berlioz (1803 - 1869), située dans le département de l'Isère en région Auvergne-Rhône-Alpes.
Ce festival, généralement organisé à la fin du mois d'août, depuis l'année 1994, est dirigé de 2009 à 2026 par le musicologue Bruno Messina. Il a acquis, au fil des années, une renommée nationale et internationale, le principal site de celui-ci étant la cour du Château Louis XI de la ville de la Côte Saint-André qui, durant la durée des manifestations musicales bénéficie d'un aménagement scénique pouvant accueillir jusqu'à .
Durant les quinze jours durant lesquels cet événement musical et festif se déroule, les habitants de la ville de la Côte-Saint-André et le public festivalier peuvent bénéficier, au-delà de cette scène aménagée, de nombreux concerts de rue dans différents sites locaux tels que la Halle médiévale, le Musée Hector-Berlioz, le cinéma de la ville ou à la Ferme Berlioz.. Histoire Un premier festival a été créé à Lyon en 1979. Celui-ci deviendra ensuite la biennale de Lyon, alternant ainsi des spectacles de danse et de musique, jusqu’à l’arrêt définitif de ce premier festival Berlioz à la fin des années 1980.
Cependant, le musicien Hector Berlioz natif de La Côte-Saint-André, était très attaché à sa petite cité située au cœur de la plaine de Bièvre, sa famille y étant installée depuis le et il l'évoque d'ailleurs dès le début de ses « mémoires » :
il paraissait donc nécessaire, au point de vue historique, de créer un festival dans sa cité natale, ce qui fut effectif en 1994 grâce à l'action du conseil général de l'Isère.
Le festival avant le Festival 293px|droite|Hector Berlioz en 1863 Une relation particulière lie Hector Berlioz à la notion de « festival » et ce qu’elle sous-entend de festif, populaire et rassembleur. Dès les années 1830, le grand compositeur français organise une série de manifestations musicales, autour d’un même lieu et d’une même histoire et nomme l’événement « festival ». Dans ses Mémoires, il rend compte de ces journées « festivalesques » qui se terminent bien souvent en banquets.
La musique d'Hector Berlioz était déjà célébrée dans sa ville natale bien avant la création du Festival Berlioz. En 1930, un orchestre joue la Damnation de Faust sous la halle médiévale en présence d'Édouard Herriot, alors maire de Lyon, mais aussi du dramaturge et poète Paul Claudel.
Festival Berlioz de Lyon Un premier « Festival Berlioz » est créé à Lyon en 1979 sous l’égide directeur musical de l’Orchestre national de Lyon, le chef d'orchestre français Serge Baudo.
Réputé pour son talent dans l’interprétation de la musique française, Serge Baudo donne un véritable élan à la connaissance de l’œuvre de Berlioz. Il dirige en 1987 une intégrale des Troyens.
Le festival Berlioz arrêtera son activité en 1989..
Festival Berlioz de la Côte-Saint-André Entre 1994 et 2008 Un nouveau projet de festival centré sur la ville natale du compositeur sera alors projetée. L'année 1994 voit la première édition du Festival Berlioz s'organiser à La Côte-Saint-André, celle-ci est gérée par l’Association du Festival Berlioz et présidée par le sénateur Jean Boyer et ancien député de la de l'Isère. 293px|droite|Caricature d'Hector Berlioz Les concerts du soir ont lieu sous la Halle médiévale au cœur de la ville. Alain Picard en assure la direction artistique de 1994 à 1996.
Au cours de cette première édition du nouveau festival fut donnée la Messe solennelle, œuvre de jeunesse qui venait tout juste d'être redécouverte et enregistrée à la basilique de Vézelay par France-Musique et France-Télévision (Radio-France, premier enregistrement mondial de l’œuvre, le -Accord Musidic), par le Chœur et l'Orchestre de la Philharmonie Nationale de Cracovie, sous la direction de Jean-Paul Penin.
Le mandat de Bernard Merlino qui lui succède durera de 1997 à 2008. Il est marqué par la célébration du bicentenaire de la naissance d’Hector Berlioz en 2003. Le château Louis XI devient à son initiative le haut lieu des concerts symphoniques du soir. En 2003, la cour se dote d’un gradin de et d’une scène pouvant désormais accueillir des formations orchestrales d’envergure.
En 2004, l’organisation du Festival Berlioz est confiée à l’Agence Iséroise de Diffusion Artistique, établissement public de coopération culturel (EPCC), mis en place et subventionné par le Département de l’Isère, la commune de La Côte-Saint-André et la communauté de communes de Bièvre Isère.
De Mstislav Rostropovitch à Michel Plasson en passant par Emmanuel Krivine, le Festival Berlioz accueille durant douze ans les maestros de la musique classique.
Depuis 2009 En 2009, Bruno Messina succède à Bernard Merlino à la direction artistique du Festival. Il nourrit le festival de sa passion pour les musiques traditionnelles du monde entier et crée des ponts entre musiques savantes et musiques populaires.
Selon le site officiel du festival, ce nouveau directeur présente la volonté de rendre la musique classique populaire et accessible à tous et . Il instaure le cycle de concerts « Sous le balcon d’Hector » dans les jardins du Musée Hector-Berlioz, la maison natale du compositeur à La Côte-Saint-André. Ces rendez-vous gratuits sont l’occasion de découvrir des artistes de qualité dans un cadre intimiste et familialSite du festival, page d'accueil, consulté le 27 août 2019.
Le mandat de Bruno Messina est marqué par de nouvelles collaborations artistiques, notamment avec l’Orchestre Les Siècles et son chef François-Xavier Roth, avec qui il crée en 2010 le Jeune Orchestre Européen Hector Berlioz. Cet orchestre-académie composé pour moitié de musiciens des Siècles et d’élèves issus des meilleurs conservatoires de musique européens, œuvre à la promotion des jeunes talents.
Depuis l'arrivée de ce dernier directeur, le festival est également partenaire du Palazzetto Bru Zane (Centre de musique romantique française à Venise) qui a pour vocation de favoriser la redécouverte du patrimoine musical français du siècle.
Le mandat de Bruno Messina prend fin au terme de l’édition 2026 du festival, le 31 août (au 1er septembre, il prend la direction artistique des Chorégies d'Orange).
Les éditions du festival depuis 2009 Chaque édition du Festival Berlioz est placée sous le signe d’un thème explorant l’une des facettes du compositeur. La fréquentation est passée de festivaliers en 2009 à en 2015.. L'édition 2017 a attiré plus de festivaliers.. « Hector Berlioz 2009 » (2009) 80px|droite|Daniel Hope L’édition 2009 permet d'entendre le violoniste Daniel Hope avec le Kammerorchester Basel pour un hommage à Mendelssohn, la soprano Véronique Gens aux côtés de l’Orchestre de Bretagne, Roméo & Juliette de Berlioz par l’Orchestre symphonique national de la RAI, une soirée autour de Beethoven proposée par le maestro Emanuel Krivine et La Chambre Philharmonique ainsi qu’une production avec Les Siècles et les Chœurs et solistes de Lyon de Bernard Tétu sous la baguette de François-Xavier Roth avec en tant que récitant, le comédien Charles Berling , le Choeur Britten et le Quatuor Debussy.
« Berlioz et les romantiques » (2010) 80px|droite|Marc Minkowski Lors cette édition, l'organisation du festival invite Nathalie Stutzmann pour une ouverture du festival avec les Musiciens du Louvre sous la direction de Marc Minkowski, et Serge Baudo à la direction de l’Orchestre national de Lyon pour l’Enfance du Christ de Berlioz.
Le Jeune Orchestre Européen Hector Berlioz clôt le festival avec le Te Deum de Berlioz.
« Berlioz, Liszt et le Diable » (2011) 80px|droite|Anna Caterina Antonacci La saison 2011 rend hommage à l’amitié entre les deux compositeurs, nouée autour de la figure du Faust de Goethe. Une année marquée par les Nuits d’été de la cantatrice Anna Caterina Antonacci sous la baguette d’Emmanuel Krivine, la version de la Symphonie fantastique pour piano sous les doigts du pianiste Roger Muraro, ou encore la Dante Symphonie de Liszt avec l’orchestre Les Siècles de François-Xavier Roth et le Chœur Britten de Nicole Corti.
« Berlioz en Italie – Un Carnaval romain » (2012) Cette édition donne à entendre en 2012 de grands orchestres symphoniques et solistes français et italiens. Une parade de rue carnavalesque est également organisée aux couleurs de l’Italie, des sérénades de musiciens venus de Gênes, Sardaigne et Sicile se succèdent et un typique banquet musical sarde est donné pour une grande fête gastronomique et musicale.
« Berlioz l’homme-orchestre » (2013) La saison 2013 célèbre le anniversaire du festival. De l’opéra Béatrice et Bénédict aux grandes œuvres symphoniques que sont la Symphonie fantastique et Harold en Italie, jusqu’au célèbre cycle des Nuits d’été donné dans sa version originale à trois voix, c’est la diversité de l’œuvre de Berlioz qui est donnée à entendre.
« Berlioz en Amérique, au temps des révolutions industrielles » (2014) 80px|droite|Kate Lindsey La principale manifestation de cette année se dénomme le « Concert monstre » réunissant comme au temps de Berlioz plus de 1 000 musiciens. Les soirées symphoniques sont menées par les plus grands orchestres (de l’Orchestre national de Lyon, au London Symphony Orchestra, en passant par l’Orchestre des jeunes de Sao Paulo et des musiciens venus du Nord comme du Sud de l’Amérique). Cette édition réunit de nombreuses célébrités de la musique classique : les divas Anna Caterina Antonacci et Kate Lindsey, les frères Renaud et Gautier Capuçon, les maestros Sir John Eliot Gardiner, Leonard Slatkin et François-Xavier Roth, les pianistes Roger Muraro et François-Frédéric Guy ainsi que le comédien Denis Podalydès.
« Sur les routes Napoléon » (2015) 80px|droite|Hervé Niquet L’édition 2015 est composée en écho à la fascination que l’Empereur suscitait chez Berlioz et s’inscrit dans le cadre des célébrations du bicentenaire du retour de Napoléon de l’Ile d’Elbe. Tout au long du festival, les orchestres symphoniques illustrent batailles et grands idéaux. En journée, les récitals et concerts de musique de chambre dessinent la carte des ambitions de Napoléon : l’Italie de Paganini, la Pologne de Chopin, mais aussi la Russie, la Hongrie, l’Espagne, l’Egypte et la Corse.
Le Te Deum de Berlioz est donné par le Jeune Orchestre Européen Hector Berlioz, dans le respect de l’effectif souhaité par le compositeur. Les orchestres symphoniques se succèdent : Le Concert Spirituel dirigé par Hervé Niquet (au château de Pupetières), l’Orchestre Révolutionnaire et Romantique sous la baguette de Sir John Eliot Gardiner, l’Orchestre national de Lyon, l’Orchestre de Chambre de Paris, dirigé par François-Frédéric Guy depuis son piano…
« Les fleurs du mal ou Berlioz au bal des sorcières » (2016) 80px|droite|John Eliot Gardiner Cette édition s’ouvre par une grande fête populaire au château de Sassenage avec des concerts dans les parcs et jusque dans les grottes toutes proches (lieu de résidence présumé de Mélusine, femme au corps de serpent et aux ailes de chauve-souris).
Les concerts symphoniques sont marqués par la présence de chefs de renom : Sir John Eliot Gardiner, Ingo Metzmacher, François-Xavier Roth… Temps fort de cette édition : le concert inédit reconstituant la participation de Berlioz au Prix de Rome de 1828. Sont représentés l’opéra Benvenuto Cellini en version concert avec 190 musiciens et choristes de l’Opéra de Cologne, mais aussi plusieurs créations mondiales.
« Berlioz à Londres au temps des expositions universelles » (2017) 80px|droite|Laurent Naouri vignette|gauche|Concert à Pupetières