thumb|right|120px|Blason d'Angleterre. L’Angleterre est la plus étendue et la plus peuplée des quatre nations qui composent le Royaume-Uni. L'Angleterre correspond approximativement au territoire conquis par les Anglo-Saxons au , avant d'être unifié au et de former le royaume d'Angleterre, qui devient la Grande-Bretagne par les Actes d'Union de 1707 avec le royaume d'Écosse, puis le Royaume-Uni par l'Acte d'Union de 1800 avec le royaume d'Irlande.

La Préhistoire thumb|left|Stonehenge.

Les traces de pas de Happisburgh sont la plus ancienne attestation montrant que la vie humaine existait sur la masse terrestre de l'Angleterre, elles datent d'environ 840 000 ansDes empreintes de pied humain vieilles de 800 000 ans découvertes science et vie 19 février 2014 - decembre 4, 2018 Sample, Ian (7 julliet 2010) - Les premiers humains sont arrivés en Grande-Bretagne 250 000 ans plus tôt que prévu (article en langue d'anglais) The Guardian - decembre 4, 2018.

De -15000 à -7000, pendant la dernière période glaciaire, les îles britanniques font partie intégrante du continent européen. Les migrations de population qui s’ensuivent (voir Creswellien, culture de Hambourg et Ahrensbourgien) facilitent la transmission des cultures du Paléolithique supérieur et du Mésolithique à base de chasse, de cueillette, et de pêche.

Après la fonte des grands glaciers en Europe et la formation du pas de Calais conséquemment à la disparition du Doggerland, de nouvelles populations proto-germaniques (Maglemosien) issues des terres peu à peu immergées du Doggerland s'établissent sur les régions côtières de la mer du Nord (Star Carr, Howick House) alors qu'au sud le Beuronien (Horsham points) prédomine. Les cultures du Néolithique et du Bronze ancien se développent, avec des communautés d’agriculteurs-éleveurs organisées, des cérémonies d’inhumation des défunts, une croyance en une vie après la mort. Ces peuples, comme les Windmilliens, honorent leurs ancêtres, et ont une religion, comme en témoignent les monuments mégalithiques.

Ceux-ci apparaissent au cours des , par exemple les sites de Belas Knap et West Kenett, le cromlech de Castlerigg, et surtout les sites d’Avebury et de Stonehenge. Stonehenge montre certaines caractéristiques des sociétés de l’époque : elles sont puissantes et organisées, autour de chefs ou de prêtres qui dominent de nombreuses communautés, elles ont connaissance de la géographie lointaine, pour y développer les moyens de transport des minerais, et des savoir-faire d’ingénieur.

Une migration massive survenue il y a environ -4 500 ans depuis le continent introduit la culture campaniforme dans l'île. La propagation du complexe campaniforme est associée au remplacement d'environ 90 % du patrimoine génétique existant en quelques centaines d'années. Cette migration se produit dans le prolongement de l'expansion vers l'ouest qui avait amené l'ascendance liée à la steppe pontique en Europe centrale et du nord au cours des siècles précédents Iñigo Olalde, Selina Brace […], David Reich, The Beaker phenomenon and the genomic transformation of northwest Europe, nature.com, 555, pages 190–196, 8 mars 2018 Arrival of Beaker folk changed Britain for ever, ancient DNA study shows, theguardian.com, 22 février 2018.

Peu à peu, les rencontres et les échanges avec les peuples continentaux permettent la propagation de l’art du bronze, d’autant plus qu’il y a du cuivre en Irlande et en Écosse, et de l’étain dans la Cornouaille, dans le Devon et les îles Scilly (voir culture du Wessex). Des prospecteurs de toute l’Europe parviennent dans les îles britanniques, d’où une certaine richesse des peuples présents : apparition de nouveaux villages (dans le parc national de Dartmoor ou en Cornouaille), exploitation des mines, avec des routes et des frontières délimitées, et les inhumations deviennent individuelles.

Au , l’âge du fer se développe (la période du Hallstatt a été quasi inexistante). Son arrivée est progressive, grâce à des rencontres marchandes, diplomatiques et matrimoniales avec le continent. Il y a de probables migrations depuis le littoral Atlantique, puis avec l’Europe du Nord. Plusieurs peuples belges ou frisons auraient ainsi colonisé l'Île. La génétique indique une homogénéité dans la lignée masculine dominante (R-U106) entre les Pays-Bas et l'Angleterre, ce qui laisse présumer des échanges entre les deux pays à tout le moins depuis la Protohistoire, période suivant la disparition du Doggerland qui reliait les deux territoires. L'archéologie montre qu'il y avait dès lors une unité culturelle représentée par l'Ahrensbourgien

La Bretagne romaine

vignette|L'empire romain au .

Les premières campagnes d’invasion de la « Bretagne » sont menées par Jules César, en 55 et 54 av. J.-C.. Officiellement, le but de cette pénétration est d’empêcher les Bretons d’aider les Gaulois pendant la guerre des Gaules. En réalité, l’objectif est d’apporter un prestige supplémentaire à Jules César, pour son retour à Rome. L’empereur Claude finit par conquérir définitivement la Bretagne (appelée Britannia) en 43. Camulodunum (Colchester) est la première colonie bâtie par les Romains, et quatre ans plus tard Rome annexe la région qui va de la Severn à la Trent.

Après des premiers troubles en 47, la reine Bouddica mène une révolte de plus grande ampleur en 61, en réponse aux exactions commises par les Romains. Camulodunum, Verulamium (St Albans) et Londinium (Londres) sont incendiées, avant une lourde répression romaine. L’Empire romain en tire les conséquences et conquiert le Pays de Galles et l’île d’Anglesey en 78. En 83, Julius Agricola parcourt les Lowlands en Écosse, sans parvenir à briser la résistance calédonienne. En 122, l’empereur Hadrien édifie un mur de protection contre les peuples insoumis au nord de la province. Entre 139 et 142, l’empereur Antonin le Pieux construit un second mur plus au nord, abandonné quarante ans plus tard, à cause des tribus pictes. En 197, la Bretagne est séparée en deux provinces plus petites : d’une part la Bretagne supérieure dont la capitale est Deva (l'actuelle Chester), à la vocation militaire, en soutien du mur d’Hadrien, et la Bretagne inférieure qui a pour capitale Eboracum (York), où s’épanouit la paix romaine. Le christianisme fait son apparition au , d’autant plus rapidement que Constantin, proclamé empereur à Eboracum en 306, s'y convertit, probablement en 312 (Cf. Bataille du pont Milvius) et fut baptisé sur son lit de mort en 337. Le christianisme deviendra religion d'État par l'édit décrété par l'empereur romain Théodose I en 380.

Les invasions saxonnes commencent au milieu du . Les Scots d’Hibernia (Irlande) et les Pictes mettent à mal le mur d’Hadrien en 367 et 383. Malgré une nouvelle division de la Bretagne en quatre, puis cinq provinces, l’Empire romain ne parvient plus à y maintenir ses positions, d’autant que son éloignement de Rome lui donne un faible poids stratégique. Finalement les Romains, submergés par les grandes invasions, abandonnent l'île en 410* Chronica Gallica de 452 Gildas le Sage, De excidio et conquestu Britanniae (vers 460-510) Constance de Lyon, (vers 480) (Vie de Saint Germain d'Auxerre, qui l'a visitée en 429) Emporium (Haut Moyen Âge)

Les Anglo-Saxons

La conquête anglo-saxonne thumb|Les peuples de la Grande-Bretagne vers 600.

À partir du milieu du , les envahisseurs germaniques assimilèrent ou repoussèrent progressivement vers l'ouest de l'île de Bretagne les populations autochtones du sud et de l'est, tandis que les Irlandais effectuaient des raids sur la côte ouest de la BretagneC'est d'ailleurs à cette occasion que saint Patrick, qui était breton, fut capturé par les Irlandais. Les Irlandais finirent par fonder de véritables principautés sur les côtes galloises et écossaises. Si les premières furent finalement écrasées, les secondes donnèrent naissance à l'Écosse par la fusion du Dál Riata avec les royaumes britanniques du nord. Durant cette période sur laquelle les sources fiables font défaut, des populations bretonnes peu romanisées établirent de nombreux royaumes dans l'île de Bretagne, notamment dans le pays de Galles et d'autres migrèrent en Irlande. De même, là se trouve probablement la cause première d'une émigration en masse de Bretons vers la péninsule armoricaine, celle-ci prenant alors le nom de « Petite Bretagne ».

L'Angleterre (en anglais England) est littéralement la « terre des Angles ». Elle reste longtemps divisée en plusieurs royaumes, parmi lesquels les principaux sont ceux de Kent, de Northumbrie, de Mercie et du Wessex. Leur unification survient après les invasions vikings, sous l'impulsion des rois du Wessex Alfred le Grand, Édouard l'Ancien et Æthelstan, au tournant du .

Cependant malgré les défaites, une partie du peuple breton, invaincue par les Angles, réussit à se maintenir jusqu'à nos jours en Grande-Bretagne, dans la principauté du Pays de Galles et en Cornouailles. , on a largement cru (dû à l'absence de toponymes celtiques dans l'Est et le centre de l'Angleterre) que les Anglo-Saxons avaient supplanté les populations bretonnes, ou que les régions de la Bretagne occupées par les Anglo-Saxons étaient inhabitées ou bien que les Bretons avaient pris la fuite devant leur avance. Des études génétiques récentes sont en désaccord avec toutes ces hypothèses, suggérant que les Anglo-Saxons ont contracté des mariages mixtes avec les Bretons. En effet, ces études génétiques suggèrent que les Anglais n'ont pas éliminé les premiers habitants bretons et que beaucoup de tribus sont restées dans ce qui allait devenir l'Angleterre. Les résultats de Capelli renforcent la recherche de Steven Bassett de l'université de Birmingham ; son travail pendant les années 1990 suggère qu'une grande partie des Midlands occidentaux ont été seulement très légèrement colonisés par les Angles et les Saxons. Les résultats de ces recherches coïncident avec celles du Evans, et suggèrent que la majeure partie des Bretons sont restés dans la Bretagne qui allait devenir l’Angleterre et qu’ils se sont donc mélangés aux Anglo-Saxons (surtout les filles et les femmes, capturées en grand nombre semble-t-il, d'après le ) ; ils ont ainsi contribué à donner sa physionomie originale au peuple anglais, mélange de racines celtiques (ou belges) et germaniques. Il est toutefois impossible d'identifier ce qu'était la langue des autochtones de cette partie du Royaume-Uni (orientale et centrale) et ainsi confirmer leur appartenance à la famille celtique. L'anglais (ainsi que le scot) ayant des affinités certaines avec le frison, il y a lieu de croire que ce sont les Frisons qui ont implanté un de leurs dialectes en Bretagne insulaire, mais aucune preuve archéologique ou mention historique n'a précisé à ce jour les endroits où ils se seraient établis, ce qui laisse à penser que cet événement s'est produit durant une période très ancienne telle que la protohistoire ou même la préhistoire (peut-être en relation avec la disparition du Doggerland, remplacé par la mer du Nord). thumb|left|Le casque de Sutton Hoo (). D'autres, notamment les Cornouaillais et les Cambriens, restent plus fortement apparentés aux BretonsCertains Cornouaillais revendiquent de ne pas être anglais, mais cornouaillais. Un nouveau groupe d'Anglais a été influencé par la culture scandinave, en particulier dans le nord de l'Angleterre (York était autrefois sous la juridiction danoise de Jorvik).

L'origine des noms de lieux en Angleterre