Hugues-Guillaume-Bernard-Joseph Monmayou, né le à Lauzerte (généralité de Montauban, actuel département du Tarn-et-Garonne), mort le à Lausanne (Suisse, canton de Vaud), est un homme politique de la Révolution française.

Biographie

Hugues-Guillaume-Bernard-Joseph Monmayou est avocat au Parlement de Toulouse sous l'Ancien Régime.

La monarchie constitutionnelle mise en application de la constitution du 3 septembre 1791 prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris. Louis XVI est suspendu et incarcéré, avec sa famille, à la tour du Temple.

En , Joseph Monmayou, alors administrateur du Lot, est élu député du département, le cinquième sur dix, à la Convention nationale.

Il siège sur les bancs de la Montagne. Lors du procès de Louis XVI, il vote la mort, et rejette l'appel au peuple et le sursis à l'exécution de la peine : Je cherche dans la loi la peine contre les conspirateurs, j'y trouve la mort ; je prononce la mort. Le , il est absent lors du scrutin sur la mise en accusation de Jean-Paul Marat. Le , il vote contre le rétablissement de la Commission des Douze.

Le 16 nivôse an II (), Joseph Monmayou est élu secrétaire aux côtés de Gabriel Bouquier (député de la Dordogne) et de Jean-Baptiste Clauzel (député de l'Ariège), sous la présidence de Jacques-Louis David (député de la Seine).

Le 2 floréal (), au nom du Comité d'Aliénation et des Domaines, il prononce un rapport au terme duquel on décrète que les voitures du roi et de la famille royale seront démontées et ses pièces en or versées à la trésorerie nationale : Il est temps de balayer les restes impurs de la tyrannie, il est temps d'en faire disparaître tous les signes et tous les attributs ; il ne faut pas qu'il en reste le moindre vestige. [...] Je viens [...] vous proposer de purifier également la maison appelée les petites écuries du ci-devant tyran. Après la chute de Robespierre, Joseph Monmayou prend part à la réaction thermidorienne. Le 15 thermidor (), il appuie l'arrestation de Jacques-Louis David, membre du Comité de sûreté générale, pour sa proximité avec Robespierre. Le 15 fructidor (le ), il est élu membre du Comité de sûreté générale. Le 15 ventôse an III (), il y est réélu.

Mandat aux Cinq-Cents et aux Anciens Sous le Directoire, Joseph Monmayou est réélu député et siège au Conseil des Cinq-Cents. Il est tiré au sort pour quitter le Conseil le prairial an VI (). Lors des élections législatives de 1798, il est élu député au Conseil des Anciens aux élections de 1798 et son élection est validée par la loi du 22 floréal an VI (11 mai 1798).

Le 2 vendémiaire an VII (le 23 septembre 1798), il est élu secrétaire aux côtés de Mathieu-Augusin Cornet (député du Loiret) et de Jean-Jacques Lenoir-Laroche (député de la Seine) sous la présidence de Benoît Michel Decomberousse (député de l'Isère).

Au Conseil des Anciens, il se prononça avec le parti jacobin contre le Directoire. Il ne reçut par conséquent pas de billet de convocation à la séance extraordinaire du 18 brumaire an VIII (), jour du coup d'État de Napoléon Bonaparte. Cependant, proche du général Murat, comme lui originaire du Lot, Monmayou se vit plusieurs fois proposer des fonctions politiques sous Bonaparte. Mais, républicain intransigeant, indépendant par sa fortune et ses opinions, il refusa toutes ces propositions.

Après la restauration, il est contraint à l'exil par la loi du 12 janvier 1816 contre les régicides. Il quitta la France le , s'installant à Genève puis à Constance et enfin à Lausanne, où il mourut. Alors que ses amis avaient obtenu sa grâce, il avait refusé de rentrer en France : «Une loi m'a frappé, disait-il, c'est une loi qui doit me rappeler».

Positions

Le , la Convention décréta, sur sa motion, l'exclusion des nobles et des prêtres de toutes fonctions publiques. Plus tard, en 1798, il demanda que ces derniers soient exclus de l'instruction publique.

Véhément à l'encontre des émigrés fuyant la Révolution française, il demanda l'exécution dans les 24 heures de ceux qui seraient saisis sur le territoire, et il proposa au Conseil des Cinq-Cents le de rétablir la loi qui ordonnait à chaque parent d'émigré d'entretenir deux soldats aux frontières.

Se spécialisant dans le domaine des finances au sein du Conseil des Cinq-Cents, il fut l'un des derniers à défendre, lors d'un long et virulent plaidoyer le , le système des assignats et du papier-monnaie.

Notes et références

Bibliographie Bibliographies de l'Assemblée Nationale, 1789-1889, Tome 4 Les Conventionnels régicides, de Micheline Vallée, Larousse, , rapporté par le site Les guillotinés de la Révolution française P. J. Besson, Volume 3 de Biographie moderne, ou Dictionnaire historique de tous les hommes morts et vivans qui ont marqué à la fin du et au commencement de celui-ci, et surtout dans le cours de la Révolution française, par leurs vertus, leurs talens, 1806. Gerrit Van Lennep, Pierre Louis Pascal Jullian, Philippe Lesbroussart, Galerie historique des contemporains, ou Nouvelle biographie, Bruxelles, 1819. Louis Gabriel Michaud, Biographie des hommes vivants, Paris, 1818. Procès-verbaux du Comité d'instruction publique de la Convention nationale. Tome 4 / publ. et annotés par M. J. Guillaume - Impr. nationale (Paris) - 1891-1958, .

Liens externes

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