Le musée archéologique de Vieux-la-Romaine est un musée archéologique situé sur le territoire de la commune de Vieux. Il est inauguré le .

Il est situé près de différents vestiges de la cité romaine d', capitale de cités du peuple gaulois des Viducasses. Le site comprend le théâtre gallo-romain, le forum, la maison à la cour en U et la maison au grand péristyle.

Histoire Fondation et apogée pendant l'Antiquité

Le musée se situe sur le site de la ville romaine d'. La localité romaine est fondée au , probablement sous le règne de l'empereur Auguste. Sous ces successeurs Tibère puis Claude, se développe jusqu'à atteindre son apogée aux . La cité romaine comporte alors environ pour une surface d'environ . Les premiers bâtiments de style romain apparaissent vers 120-140. La maison au grand péristyle date de l'époque des Sévères. Au , la cité se nomme désormais . Puis la cité adhère à l'empire des Gaules de l'usurpateur Postume pendant la crise du troisième siècle. Le déclin commence pendant la crise au milieu de avec l'abandon de plusieurs quartiers. Vers 400, la localité perd son statut de capitale de cités au profit de d' et perd une grande partie de ses habitants.

C'est la capitale du peuple gaulois des Viducasses, dont le territoire s'étend sur . La cité donne le droit latin et les habitants y sont exonérés de l'impôt foncier dû à Rome. Les bâtiments administratifs (basilique, curie...) forment un complexe.

Christianisation et ruralisation au Moyen Âge

Le christianisme s'implante dans la localité entre le , tandis que ruralisation du site progresse.

À l'époque mérovingienne, le site semble à nouveau se développer avant que les habitants se déplacent vers un site plus septentrional.

Redécouverte à l'époque moderne et contemporaine

Les fouilles sur le site d' débutent au dans le sud du village. Puis elles se poursuivent en 1703 à l'époque de Louis XIV sous la supervision de l'intendant de la Généralité de Caen Nicolas-Joseph Foucault, quarante années avant les premières fouilles à Pompéi. Elles prennent une envergure particulière au sous la direction de la Société des Antiquaires de Normandie.

Après les bombardements alliés de la Seconde Guerre mondiale sur la Normandie pour la préparation du Débarquement, le village de Vieux est rapidement reconstruit sans réaliser les fouilles archéologiques nécessaires. Les premiers programmes archéologiques pour le secteur de Vieux-la-Romaine sont lancés dans les années 1980 par le service archéologique du département du Calvados créé en 1982. En 1988, les fouilles archéologiques permanentes débutent. L'objectif à terme est de créer un centre archéologique avec restauration des sites et ouverture au public. Un projet de musée est évoqué à condition que les découvertes soient nombreuses en qualité et en quantité.

Muséalisation au

La découverte de la maison au grand péristyle entre 1988 et 1991, dont le riche décor en fait à ce jour la villa la plus remarquable de Gaule, entraîne la volonté du conseil départemental du Calvados de faire du site un des pôles du tourisme culturel du département. Les jardins de cette maison ouvrent au public en 1993. La décision de construire le musée est prise en 1998, puis la première pierre est posée en 2000.

Les fouilles réalisées lors de la création du musée ont permis mettre au jour la découverte d'un ensemble composé de plusieurs petits temples. La création du parking en 2001 permet la redécouverte de l'édifice de spectacles, déjà découvert une première fois entre 1952 et 1954. Le musée est inauguré le par Anne d'Ornano.. En 2005, le conseil général du Calvados achète la parcelle dénommée « champ des Crêtes » pour en faire une réserve archéologique afin d'empêcher le développement de quartiers résidentiels.

L'intérêt pour le musée est relancé en 2011 avec la mise en valeur et l'ouverture au public de la maison à la cour en U. Après neuf mois de travaux, la création d'une visite virtuelle en 2013 permet d'élargir l'intérêt des visiteurs et de présenter les dernières découvertes.

Complexe muséal Forum

Au début du , le forum est construit, puis modifié à deux reprises à la fin de ce même siècle et dans le premier tiers du .

En 1703, le haut fonctionnaire Nicolas-Joseph Foucault commence les fouilles sur le site du forum. Arcisse de Caumont et Antoine Charma prennent le relais entre 1839 et 1861. Le , Arcisse de Caumont, arrivé depuis peu sur le site, dégage les murs et une partie des gradins de la Curie. En 1859, Antoine Charma et la société des antiquaires de Normandie réalisent les plans de l'édifice et décrivent les décorations en marbre récemment révélées. La société des antiquaires de Normandie poursuit les fouilles dans la seconde partie du . En 1972, une nouvelle campagne de fouille archéologique débute avec la découverte datant des règnes des empereurs Tibère et Néron jusqu'au . En 2005, des prospections électriques sont réalisées. De nouvelles fouilles sont menées en 2007 et 2008.

Le forum est de forme rectangulaire avec des mesures de sur , est excentré et se situe sur un plateau dominant la vallée de La Guigne. Deux et un permettent d'accéder au lieu. Des boutiques entourent le forum. Un temple, dont la divinité n'est pas précisée par les archéologues, et une aire sacrée se trouvent sur la partie ouest de la zone. fragments découverts par les archéologues permettent de révéler une partie de la décoration de l'édifice.

Maison à la cour en U

La construction de la maison date probablement de la fin du . Une autre hypothèse tend à dater la maison de la seconde moitié du . À la fin de la période antique, la maison a sans doute servi à un artisan travaillant l'os. La cave, créée à l'origine, est également comblée à cette période. La maison cesse d'être occupée à partir de la seconde moitié du . Les vestiges romains sont dégradés lors de l'époque médiévale à cause des intempéries.

Les fouilles pour cette maison débutent dans les années 1990 et les travaux de mises en valeur comprenant la création d'un création d'un préau en 2008. Les fouilles réalisées par les archéologues permettent de révéler une partie d'une colonne d'ordre toscan. Des corps sont également mis au jour : celui d'un enfant âgé de huit à dix ans et un cheval sans jambe. En 2013, une reconstitution virtuelle est créée après neuf mois de travail.

La maison se situe à une centaine de mètres du musée. Sa superficie est de dont pour la cour. Le sol est en béton de tuileau. La partie habitée comporte cinq pièces. La cave fait et elle sert probablement de lieu de stockage. La maison bénéficie d'un raccordement aux réseaux d’égout de l'époque. Les habitants de cette maison sont sans doute d'un niveau social moins élevé que ceux de la maison au grand péristyle.

Maison au grand péristyle

Avant la construction de la maison, le site possède des constructions légères en bois aux . À partir du milieu du , une en pierre est construite. Puis cet immeuble est remplacé par deux maisons dont celle construite dans la partie occidentale est rapidement rasée. Une maison avec un petit péristyle est alors bâti vers 170-180. À la fin du , la maison est agrandie pour devenir la maison au grand péristyle. Après avoir subi un incendie, elle cesse d'être habitée à la fin du . Après un nouvel incendie au début du , la bâtisse commence à servir pour la récupération et le réemploi de matériaux. Au de la terre recouvre entièrement le site pour en faire une zone de culture.

La première découverte réalisée a lieu en 1812, il s'agit d'une mosaïque. Peu après, en 1826, la société des Antiquaires de Normandie commence les fouilles. Les fouilles archéologiques axées sur la maison débute réellement en 1988 et se terminent en 1991 sous la direction de Pascal Vipard. La célèbre tutela de Vieux-la-Romaine y est découverte en . La maison est aménagée à partir de afin de pouvoir y accueillir du public pour . Les jardins de la maison ouvrent également en 1993. C'est le seul bâtiment d'époque romaine visitable en Basse-Normandie et la seule maison à peristyle du nord de la France.

Théâtre

Le monument de spectacle est d'abord un théâtre qui est transformé en arène au cours du .

L'édifice est dégagé une première entre 1852 et 1854 puis recouvert peu après. En 2001, il est à nouveau déterré lors des travaux pour la création du parking du musée.

Thermes et gymnase

Les thermes se situent au sud de la cité romaine.

Au , le haut fonctionnaire Nicolas-Joseph Foucault révèle les premiers éléments des thermes et le gymnase. Pour les thermes, les fouilles se terminent au . Après leurs découvertes, ces derniers sont ré-enfouis.

Description vignette|alt=Plan moderne localisation les différents sites de Vieux-la-Romaine : théâtre gallo-romain, forum, deux maisons et musée|Plan moderne de l'ensemble du site de Vieux-la-Romaine. Le musée comprend dans son ensemble deux villas gallo-romains restaurées : la maison à la cour en U et la Maison au grand péristyle.

Le bâtiment principal a un aspect contemporain et comprend des colonnades et des claustras en bois rappelant l'époque romaine. Une partie de la façade est composée de baies vitrées et de béton pour rappeler le . Des jardins de style pompéien sont proches du bâtiment. Le musée comporte plusieurs salles. L'exposition permanente fait .

La première salle concerne le développement et la forme de l'antique cité d'. Cette salle comporte une maquette proposant la restitution de la cité à l'époque romaine, les colonnes décorées de la maison au grand péristyle et une statue gallo-romaine dénommée .

La seconde salle comprend le décor de la maison au grand péristyle et des différentes pièces de la . Les éléments exposés sont des peintures murales comme celle composée d'un panneau représentant le personnage de la mythologie grecque Achille recevant ses armes de la Néréide Thétis ou bien encore une fresque aux poissons.

Les autres salles comportent une coupe stratigraphique des fouilles réalisées et des objets de la vie quotidienne dont des céramiques dans un bon état de conservation. Une reconstitution d'une ferme de l'époque carolingienne est également présente.

Différentes méthodes sont utilisées pour expliquer la période romaine aux visiteurs : maquettes, mises en scène, objets à manipuler ou restaurés, parcours d'enquêtes ou bien encore reconstitutions. La plupart des éléments sont traduits en anglais.

Peu après son inauguration, le musée est dirigé par Béatrice Labat, puis par Xavier Savary. Le musée accueille environ par an.

Collections

En 2022, le musée comporte plus de , avec en réserve et , racontant l'histoire de la localité et des habitants. Les éléments exposés sont liés à la vie quotidienne des habitants et comprennent des colonnades reconstituées, mais aussi des peintures et des mosaïques.

Une partie des fonds du musée des antiquaires de Normandie a été déposée au musée (la majeure partie ayant été déposée au musée de Normandie).

Éléments remarquables

Colonnes de la maison au grand péristyle

Les riches colonnes sculptées de la maison au grand péristyle se trouvent dans la salle 1 du musée.

Marbre de Thorigny

Le marbre de Thorigny est mis au jour en 1580 selon la date admise pendant longtemps. Ce marbre rend hommage à la carrière d'un magistrat de la cité, Titus Sennius Sollemnis, et à ses amis.

Une copie du marbre de Thorigny est exposée dans la salle 1 du musée de Vieux mais l'original se trouve dans le musée de Saint-Lô.

Trépied