Les châteaux de Bruniquel sont deux châteaux situés sur la commune française de Bruniquel dans le département de Tarn-et-Garonne, en région Occitanie.
Localisation L'ensemble castral est situé sur une haute falaise surplombant de l'Aveyron au sortir de ses gorges, formant un angle droit avec le vallon de son petit affluent la Vère, à proximité immédiate du département du Tarn. Il est situé à de Nègrepelisse.
Historique La légende veut que ce soit la reine mérovingienne Brunehaut qui fit construire le premier château (« château vieux » ou « castel biel ») au Bruniquel : Patrimoine et histoire. sur l'emplacement d'un castrum romain. Cette légende a probablement pour origine le mot Brunichildum qu'on trouve dans la charte de fondation de Saint-Maffre, prieuré conventuel dépendant de l'abbaye de Moissac, dans un hameau de la commune, en 1083.
Au , Bruniquel faisait partie des domaines de l'abbaye Saint-Géraud d'Aurillac..
À l'origine, Bruniquel fut un château destiné à veiller sur la route de la vallée reliant le Quercy à l'Albigeois. Il a été construit sur un piton rocheux, dominant le confluent de l'Aveyron et de la Vère. Un village, descendant la pente opposée à la rivière, se forma près de lui et devint une cité prospère dont témoignent les demeures de notables. Bruniquel devient une vicomté vers 1050. Les seigneurs de Bruniquel étaient issus des vicomtes de Toulouse. Cette branche disparaît après la mort du dernier vicomte, vers 1175..
Le castrum est conquis, en 1176, par les comtes de Toulouse sur les TrencavelGilles Séraphin, Christian Remy, Élodie Cassan, Najac, du castrum au château neuf, dans Congrès Archéologique de France, 2009, , Monuments de l'Aveyron, 2009, Société Française d'Archéologie, Paris, 2011, , .. En , le comte de Toulouse, Raymond VII, a donné Bruniquel, Montclar et Salvagnac (Tarn) à son frère Bertrand, qui était sans doute un bâtard de son père.
Sur les ruines de ce premier château fut construit l'actuel « château vieux » au . Il fut la propriété des comtes de Toulouse. Il est habité par les vicomtes de Bruniquel.. Après la construction de ce château, un deuxième fut élevé sur la falaise, par Maffre de Comminges-Couserans, donnant à l'ensemble le nom « Les châteaux de Bruniquel ». En effet, au milieu du , le vicomte Antoine-Roger de Comminges, issu des comtes de Comminges-branche des vicomtes de Couserans, vicomte en partie de Bruniquel, en querelle avec son fils Léonard-Roger, vend sa partie du domaine à un cousin, Maffre de Comminges-Couserans, déjà vicomte en partie de Bruniquel, qui fera construire son propre château de 1485 à 1510 : le « château jeune » ou « castel djoubé ». Pendant trois siècles, les deux branches ne vont cesser de se quereller, les propriétaires du « château vieux » étant catholiques et ceux du « château jeune » protestants. Le « château vieux » porte encore les stigmates des attaques, notamment dans la salle des chevaliers. Ce n'est qu'à la fin du que le vicomte du « château vieux », Louis Rigal d'Ouvrier, rachète en 1780 le « château jeune »Fascicule explicatif des châteaux de Bruniquel...
Comme l'indique le site MedLands, Raimon(d)-Roger de Comminges-Couserans († 1359) épouse en premières noces vers 1329 Marguerite de Toulouse-Bruniquel († v. 1332/1334 ; elle teste en 1329), vicomtesse principale pour moitié de Bruniquel, fille aînée du vicomte Renaud de Bruniquel († v. 1329 ; fils de Guillaume Barasc († v. ou av. 1310), lui-même fils de Bertrand II († ap. 1295), fils de Bertrand (v. 1198-v. 1249 ; bâtard de Toulouse) et de sa 1° épouse Braide/Brayda de Goth-Lomagne-Auvillar :
d'où Cécile de Comminges-Couserans († ap. 1334 sans alliance ni postérité), vicomtesse pour moitié de Bruniquel, avec le Château-Vieux : cette part de la vicomté est ensuite héritée par son père Raimon-Roger ; or ladite Marguerite de Bruniquel avait trois sœurs, dont Bertrande de Bruniquel, vicomtesse secondaire pour moitié († v. 1360/1362), qui épousa vers 1341/1343 Pierre II Trousseau, fils puîné de Pierre Trousseau (famille de Touraine qui fut seigneur de Châteaux, Vaujours, St-Christophe, Launay et Véretz : voir notamment à ce dernier article ; Pierre II était né du 2° mariage de Pierre Trousseau avec la capétienne Isabelle de Dreux-Beu) : d'où Isabelle Trousseau († ap. 1395), vicomtesse pour moitié de Bruniquel.
Ces deux branches fusionnent en partie par le mariage en 1359 de Raimon(d)/Raimundo Roger II de Comminges († 1392), vicomte de Couserans, avec Isabelle Trousseau de Bruniquel. Raimon-Roger II était le fils de Raimon-Roger et de sa 2° femme Mathe, fille de Gaston d'Armagnac-Fezensaguet), et l'héritier du quart de la part de sa demi-sœur Cécile allée à leur père Raimon-Roger (avec, donc, un quart du Château-Vieux). Deux fils sont issus du couple : Raimon-Roger III et Arnaud-Roger († v. 1440).
Mais les trois autres quarts de la part paternelle et du Château-Vieux vont, par disposition testamentaire paternelle, au demi-frère cadet de Raimon-Roger II, Roger-Roger († v. 1402 ; fils de la 3° épouse de Raimon-Roger , Léonore de Pallars, probable fille de Raymond-Roger II de Mataplana-comte de Pallars-Sobira ; sans lien avec les Toulouse-Bruniquel) : en fait, l'unité de Bruniquel n'était pas retrouvée !
Puis succession aux deux branches de Comminges-Couserans issues :
d'Arnaud-Roger († v. 1440) : (Branche de Couserans-Trousseau, puis de Château-Jeune, la seule descendant des Toulouse-Bruniquel), Père de Raimon-Roger IV († v. 1451/1458), père lui-même de Maffre-Roger de Comminges († ap. 1509, v. 1510) ; et de Roger-Roger († v. 1402 ; x 1° Jeanne, fille de Jean-Jourdain II, comte de L'Isle-Jourdain et sire de Clermont, puis 2° Jeanne, fille de Pierre-Raymond III de Rabastens) : (Branche de Couserans-Pallars, puis de Château-Vieux), (du 2°) Père d'Antoine-Roger († 1476 ; père de Léonard-Roger, † v. 1502), et de Jean-Roger de Comminges, deux vicomtes en partie de Bruniquel.
Or on a vu plus haut qu'Antoine-Roger déshérita son fils Léonard-Roger en cédant à Maffre-Roger en 1471. En fait, Léonard-Roger (v. 1440 ?-† v. 1502 ; cf. Geneanet : Léonard-Roger) ne lâcha pas prise et garda le château du bas (Château-Vieux), conforté dans ses droits par un arrêt du Parlement de Toulouse du ; Maffre-Roger († v. 1510) éleva alors le château du haut (Château-Neuf ou -Jeune) (cf. Geneanet : Maffre-Roger ; Geneanet : Maffre-Roger).
Deux lignées s'ensuivirent jusqu'au (cf. Revue du Tarn, 1962 ; et Congrès archéologique de France, 2012 : Château de Bruniquel, p. 1 à 7, par Colin Debuiche et Sarah Munoz).
Ainsi, Hector d'Ouvrier (v. 1653-1730), conseiller au Parlement de Toulouse, devint vicomte de Bruniquel-Château-Vieux par son mariage en 1689 avec Louise-Galiote du Lion de Gasques (cf. Geneanet Pierfit ; Revue de l'Agenais, 1885, p. 129 ; marquis Hector de Galard-Magnas : Administration provinciale d'Auch, 1887, p. 196 ; François Moulenq : Documents historiques sur le Tarn-et-Garonne, t. II, 1881 : Bruniquel, p. 159-171)? Car en 1672, Guy du Lion de Gasques avait succédé à son oncle Bertrand-Roger II de Comminges-Château-Vieux, descendant de Léonard-Roger : il était le fils de Jean-Paul du Lion de Gasques, marié en 1619 avec Marie-Roger de Comminges. Il se marie en 1643 avec Anne de La Tour, fille de Pierre de La Tour, seigneur de Reyniès, dont il aura un fils : Paul. Il aura de son deuxième mariage avec Jacquette de Corneillan de Vernède une fille : ladite Louise-Galiote du Lion. Le fils d'Hector et Louise-Galiote, Guillaume-Marie d'Ouvrier de Villegly, président à mortier au Parlement de Toulouse en 1739, succéda au Château-Vieux, puis, † en sans postérité, il légua Villegly, Penne et Bruniquel-Château-Vieux à son très jeune cousin germain Joseph-Accurse-Louis-Rigal d'Ouvrier (né posthume en 1748, fils de Louis-Rigal, le chevalier d'Ouvrier, un des frères cadets d'Hector) Or le , Emery-Louis-Roger de Rochechouart-Faudoas (1744-1791), vicomte de Bruniquel (Château-Jeune ; car en 1716, son lointain arrière-cousin Jean-Louis de Rochechouart-Faudoas avait marié Marie-Anne de Comminges-Bruniquel, descendante de Maffre-Roger, sans postérité ; Aimery-Louis-Roger n'avait pas lui-même de lien avec les anciens vicomtes : cf. Racines&Histoire : Rochechouart, p. 23-26) vendit sa part de la vicomté au vicomte Joseph-Accurse-Louis-Rigal d'Ouvrier de Villegly (du Château-Vieux) : Bruniquel était enfin réuni ! Mais son désormais unique vicomte ne descendait ni des Comminges-Couserans, ni des Toulouse-Bruniquel ! Dernier seigneur de Villegly, Penne et Bruniquel, Joseph-Accurse-Louis-Rigal d'Ouvrier fut inquiété par la Révolution, comme sa femme Marie-Charlotte de Brunet de Villeneuve († le ; Postérité), mais ils sauvèrent finalement leur tête ; le dernier propriétaire de Bruniquel s'éteignit le à Villegly (cf. Jacques-Alphonse Mahul : Cartulaire et archives du diocèse de Carcassonne, vol. II, 1859 : Villegly, p.108-143).
Grâce à la famille des anciens propriétaires, les d'Ouvrier de Bruniquel (cf. Société héraldique et généalogique de France,vol. III, à Paris, 1882 : d'Ouvrier), les châteaux de Bruniquel ont été classés en 1840. À cette même époque, un impôt prélevé sur les ouvertures, incitera le vicomte à murer fenêtres et portes de sa nouvelle acquisition. Seul le « château vieux » continuera à être habité en permanence, puis comme résidence secondaire jusqu'en 1980, année du décès de la vicomtesse de Bruniquel, madame de Bellefon, propriétaire des châteaux. Jusqu'à son décès, ces derniers feront l'objet de travaux d'entretien (toiture, restauration du bâti). Après le décès de madame de Bellefon, la municipalité s'en portera acquéreur en 1987 pour la somme de . Depuis cette date, les restaurations ont essentiellement porté sur la partie du « château jeune », tandis que le « château vieux » fait l'objet de peu de restauration.
Description Le « château vieux » a conservé son donjon carré du et des logis . avec son niveau voûté. du , ses remparts du , époque à laquelle il appartenait aux comtes de Toulouse, et son corps de logis du . Dans ce périmètre se côtoient deux bâtiments depuis le partage de l'enceinte entre les deux cousins rivaux en 1484. Il possède également une galerie Renaissance à six arcades surplombant la rivière Aveyron à de hauteur, et d'autres parties qui ont connu de profonds remaniements, du fait que le château a été incendié durant les guerres de Religion, au et plus tard au .
Le « château jeune » a été construit entre 1484 et 1510 et a subi des remaniements pendant la période baroque avec des aménagements internes, des percements de fenêtres aux , et l'ajout d'une porte sculptée en 1683 à l'entrée de son escalier.
Les châteaux offrent quelques raretés telles que le donjon du , une cuisine du équipée d'un rare potager (ancêtre du fourneau) à neuf trous, la salle d'apparat réaménagée au , une chapelle transformée en cuisine, la galerie citée précédemment. Une cheminée de ce château a été transférée au dans la salle à manger du château de Lastour à Réalville.
Protection Les châteaux ont été classés au titre des monuments historiques par la liste de 1840..
Le site archéologique des quatre abris sous roche du château de Bruniquel, l'abri Montastruc, l'abri Gandil, l'abri Lafaye et l'abri Plantade, a été inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du ..
Les fortifications avancées des châteaux sont inscrits par arrêté du .
Visite Les châteaux sont ouverts à la visite de début mars à mi-novembre ; hors saison, les dimanches et jours fériés. Le « château jeune » comprend une salle évoquant la préhistoire avec les « trésors de Bruniquel » trouvés dans plusieurs grottes à proximité du château.
Divers Les châteaux ont servi de décor en 1975 pour le film Le Vieux Fusil de Robert Enrico avec Romy Schneider et Philippe Noiret. Le puits qui se trouve en son centre est une réalisation factice réalisée pour les besoins du film.