Frédéric Auguste de Beurmann, né le à Nancy, mort le à Metz, est un général français de la Révolution et de l’Empire.
Biographie
Enfant de troupe au régiment de Salm-Salm-Infanterie (qui deviendra le d'infanterie de ligne), il est admis à la demi-solde le , et à celle de soldat le .
Sous-lieutenant le , il part aussitôt pour le camp de Sarreguemines, de la garnison de Mayence en 1793, passe à l'armée du Nord en l'an II, et à celle de Sambre-et-Meuse l'année suivante. Aide de camp du général Kléber au commencement de l'an II, il fait avec lui les guerres de l'an III à l'an V (première Coalition).
Il reçoit un coup de sabre au bras droit au passage de la Sieg le 13 prairial an IV (). Lieutenant à la suite du de chasseurs à cheval le 30 messidor suivant (), il rejoint ce corps en qualité de titulaire le 10 germinal an V (), et le suit aux armées du Rhin, du Danube et d'Helvétie des ans V à IX.
Beurmann sert comme aide de camp auprès du général Mortier depuis le 21 messidor an VII (), lorsqu'il est nommé capitaine sur le champ de bataille devant Zurich le 5 vendémiaire an VIII (). Passé dans les chasseurs à cheval de la garde des consuls le 29 brumaire an IX (), il accompagne le 6 frimaire (), le colonel Duroc en mission à Saint-Pétersbourg.
Chef d'escadron le 21 vendémiaire an XI (), à son retour en France, il reçoit le 25 prairial an XII () la décoration d'officier de la Légion d'honneur, et fait les campagnes de cette année et la suivante à l'armée des côtes de l'Océan, ainsi que celles d'Autriche, de Prusse et de Pologne de l'an XIV à 1807. Blessé de deux coups de baïonnette à Austerlitz, il ne veut quitter le champ de bataille qu'à la fin de l'action et lorsqu'il sait que la victoire est acquise aux Français. L'Empereur le nomme colonel du de dragons le 27 frimaire an XIV ().
Passé à l'armée d'Espagne en 1808, il est blessé au talon gauche au combat de la Corogne le . Le suivant, il défend pendant huit heures, avec son régiment et deux bataillons d'infanterie, le pont d'Amarante attaqué par et quatre pièces de canon, et reçoit une balle à la joue droite.
Général de brigade le , il reçoit à Sarrelouis le suivant, les remontes destinées aux corps de cavalerie stationnés dans cette place et ses environs. Nommé inspecteur des dépôts de cette arme dans la militaire, il a l'ordre le , de prendre le commandement de la de cavalerie légère, formant l'avant-garde du corps de la Grande Armée de Russie. Le , la cavalerie du général Sébastiani, attaquée à l'improviste vers , par les cosaques de l'ataman Platow, se trouve fortement compromise, lorsque la brigade Beurmann, après avoir fait deux lieues au galop, la dégage et force les Russes à une prompte retraite. Cette action lui mérite le , la croix de commandeur de la Légion d'honneur.
Passé le , au commandement de la du d'infanterie de l'armée de Silésie, il est blessé aux reins par un boulet, près de Bunzlau le . Le , près de Dessau, il fait à l'ennemi, sabre et jette dans la Mulden . C'est lui qui commande l'arrière-garde du corps du duc de Raguse dans sa retraite depuis le Rhin jusqu'à Metz. Le , il prend part à la défense extérieure de cette place, et sert jusqu'au mois de juin à la tête d'une brigade de cavalerie dans le corps d'armée chargé de la défense de la Moselle.
Il est encore à Metz au retour de l'Île d'Elbe, et il s'y tue le , en se tirant deux coups de pistolet. On attribue ce suicide à la disgrâce qui suit sa présentation à l'Empereur.
Il est baron de l'Empire et Louis XVIII l'a nommé chevalier de l'ordre du Mérite militaire.
Vie familiale
Sa famille, noble et originaire du Hanovre, reçoit du roi de ce pays, en récompense de ses services militaires, une forte dotation immobilière, transmissible de mâle en mâle, et dont la branche française a aliéné, en 1850 seulement, la faible part qu'elle a conservée de ces biens.
Le père de Frédéric Auguste, Auguste de Beurmann (1741 - Münster (Westphalie) ✝ tué le - bataille d'Entrammes), est entré comme sous-lieutenant au régiment de Salm-Salm le , lieutenant (1765), capitaine (1776), chef de bataillon au de ligne (1779), il y est rejoint par son fils cadet. Celui qui trouve une mort glorieuse à la bataille d'Entrammes (pendant la guerre de Vendée), a épousé, Catherine Kübleber qui lui donne Jean Ernest (1775 ✝ 1850), général de brigade et baron de l'Empire, Frédéric Auguste, général de brigade et baron de l'Empire, Pierre Frédéric ( - Landau ✝ - Wissembourg), Lieutenant-colonel, Chevalier de l'Empire ().
Frédéric Auguste épouse en 1803 Anne Gobert (1776 ✝ ). Ensemble, ils ont : Eugène Catherine ( - Sailly (Ardennes) ✝ ), baron de Beurmann (confirmé par décret impérial du ), Officier d'artillerie en 1826 (au sortir de l'École polytechnique : promotion 1824), chef d'escadron (1849), attaché à l'ambassade militaire du général Baraguey d'Hilliers à Constantinople (1853), lieutenant-colonel (1854), commandant des batteries françaises de siège de Crimée, colonel (1855), général de brigade (1862), commandeur de la Légion d'honneur et officier de l'Ordre du Médjidié, marié le avec Elvire Friquet-Gobert (née en 1825 - Sedan), dont : Auguste (né le ), baron de Beurmann (titre confirmé par arrêté ministériel du ), Sous-inspecteur des Eaux et Forêts ; Jeanne ( ✝ ), mariée en à Charles-Édouard Gobert (1851 ✝ 1891), dont postérité ; Cornélie ( ✝ 1856), mariée, dont postérité ; Ernestine (née le ), mariée avec un cousin germain ; Prosper (né le ), marié, dont : un fils ( ✝ ).
État de service
Enfant de troupe au régiment de Salm-Salm-Infanterie ; Admis à la demi-solde le ; Soldat le ; Sous-lieutenant (à titre provisoire le , confirmé le ; Aide de camp du général Kléber début an II ; Lieutenant le ; Lieutenant à la suite du de chasseurs à cheval le ; Aide de camp auprès du général Mortier le 21 messidor an VII ; Capitaine sur le champ de bataille devant Zurich (à titre provisoire le , confirmé le ; Chasseur à cheval de la garde des consuls le 29 brumaire an IX ; Chef d'escadron le ; Colonel du de dragons le , confirmé le ; Général de brigade le ; Inspecteur des dépôts de remontes dans la militaire du au ; Commandant de la de cavalerie légère, formant l'avant-garde du corps de la Grande Armée de Russie du au ; Affecté au corps d'observation des Côtes de l'Océan du au ; Commandant d'une brigade de cavalerie légère en Hanovre du au ; Commandant de la de cavalerie légère du corps de la Grande Armée du au ; Commandant de la levée en masse du département des Vosges du au ; Mis en non-activité le ; Adjoint à l'inspecteur général des Troupes à cheval dans la militaire du au ; Mis en non-activité le .
Campagnes
Camp de Sarreguemines ; Garnison de Mayence (1793) ; Guerres de l'an III à l'an V (Première Coalition) : Armée du Nord (an III), Armée de Sambre-et-Meuse (an IV) ; Armée du Rhin, Armée du Danube, Armée d'Helvétie (an V - an IX) ; Armée des côtes de l'Océan (an XII - an XIII), ainsi que Campagne d'Autriche (1805) : Bataille d'Austerlitz Campagne de Prusse (1806) ; Campagne de Pologne (1807) de l'an XIV à 1807. Campagne d'Espagne (1808-1811) : Combat d'Amarante (Portugal), bataille de La Corogne ; Campagne de Russie (1812) : Combat d'Inkowo Campagne d'Allemagne (1813) ; Campagne de France (1814) : Défense de Metz
Faits d'armes
Défense du pont d'Amarante () ; Combat d'Inkowo () ; Combat de Dessau ().
Blessures
Reçu un coup de sabre au bras droit au passage de la Sieg (13 prairial an IV) ; Blessé de deux coups de baïonnette à la bataille d'Austerlitz () ; Blessé au talon gauche à la bataille de La Corogne () ; Reçu une balle à la joue droite à Amarante (Portugal) () ; Blessé aux reins par un boulet, près de Bunzlau ().
Décorations
Légion d'honneur : Officier de la Légion d'honneur (25 prairial an XII) ; Commandeur de la Légion d'honneur () ; Chevalier de l'ordre du Mérite militaire (1814 : première Restauration).
Titres
Baron de l'Empire (, lettres patentes du ).
Autres fonctions
Membre de l'ambassade du colonel Duroc en mission à Saint-Pétersbourg (6 frimaire an IX).
Armoiries
Figure Blasonnement Armes du baron de Beurmann et de l'Empire (décret du 19 mars 1808, lettres patentes du 27 novembre 1808 (Aranda de Duero))
Écartelé : au premier d'or au casque grillé, taré de profil, de sable, clouté d'argent ; au deuxième des barons militaires ; au troisième d'azur au cheval gai galopant d'argent ; au quatrième d'argent, à la tente d'azur ouverte et terrassée de sable, surmontée d'une étoile de sinople et entourée de deux branches de laurier au naturel croisées en sautoir par la tige.PLEADE (C.H.A.N. : Centre historique des Archives nationales (France)).Armorial de J.B. RIETSTAP - et ses ComplémentsLa noblesse d'Empire sur http://thierry.pouliquen.free.fr
Livrées : jaune, bleu, blanc et verd ; le verd dans les bordures seulement.
Bibliographie
Fastes de la Légion-d'honneur: biographie de tous les décorés accompagnée de l'histoire législative et réglementaire de l'ordre, Par A. Lievyns, Jean Maurice Verdot, Pierre Bégat, Publié par Bureau de l'administration, 1844 ; Armorial historique et généalogique des familles de Lorraine titrées ou confirmées dans leurs titres au renfermant les titres impériaux et royaux, les pairs héréditaires, les majorats ainsi que les généraux, les préfets et les évêques…, de Joseph Alcide Georgel ; gravures de Emile Deschamps, In-fol., VIII-719 p., Éditions L'auteur, Elbeuf, 1882 ; Armorial du Premier Empire ; Titres, Majorats Et Armoiries Concédés Par , de Albert Révérend, publié au Bureau de l'annuaire de la noblesse, Alphonse Picard, 1894-1897 ;
Voir aussi Articles connexes
Liste des généraux de la Révolution et du Premier Empire ; Haras sous le Premier Empire
Liens externes
Archives nationales (CARAN) – Service Historique de l’Armée de Terre – Fort de Vincennes – Dossier S.H.A.T. Côte : 8 Yd 1 364.
Notes et références
Catégorie:Général du Premier Empire promu en 1811 Catégorie:Naissance en septembre 1777 Catégorie:Naissance à Nancy Catégorie:Décès en avril 1815 Catégorie:Décès à Metz Catégorie:Baron de l'Empire Catégorie:Commandeur de la Légion d'honneur promu en 1812 Catégorie:Suicide par arme à feu en France Catégorie:Décès à 37 ans Catégorie:Nom gravé sur l'arc de triomphe de l'Étoile