L'indice de démocratie (en anglais : Democracy Index) est une évaluation annuelle du niveau de la démocratie des États dans le monde, créée par le groupe de presse britannique The Economist Group (The Economist Intelligence Unit). Cette étude publiée pour la première fois en 2006, analyse la situation de , dont souverains et de l'Organisation des Nations unies (ONU).

Le calcul est fondé sur regroupés en cinq catégories. La notation se fait selon une échelle allant de 0 à 10. À partir de cette note, les pays sont classés selon quatre types de régime politique : démocratie à part entière, démocratie imparfaite, régime hybride et régime autoritaire.

Le plus faible score enregistré est celui de l'Afghanistan en 2023 atteignant 0,26. Le score le plus élevé correspond à celui de la Norvège qui en 2012 était de 9,93. Score que la Norvège a gardé jusqu'en 2016, avant de connaître une légère baisse à 9,87, qui ne l'empêche pas de rester première du classement. L'Afghanistan occupe quant à lui la et dernière place du classement, détrônant ainsi la Corée du Nord qui occupait la dernière place depuis 15 ans.

Méthodes

The Economist Group a calculé cet indice à partir de différents et a réparti les étudiés en quatre différents types de régime : les démocraties à part entière sont les pays qui ont un indice égal ou supérieur à 8 ; les démocraties imparfaites sont les pays qui ont un indice entre 6 et 7,99 ; les régimes hybrides sont les pays qui ont un indice entre 4 et 5,99 ; les régimes autoritaires sont les pays qui ont un indice inférieur à 4.

L'indice de démocratie est fondé sur appartenant à cinq catégories :

le processus électoral et le pluralisme ; les libertés civiles ; le fonctionnement du gouvernement ; la participation politique ; la culture politique.

Elles sont interdépendantes et conçues comme un tout conceptuel cohérent ; les élections libres et justes et la liberté politique sont considérées comme des conditions sine qua non à l'idée de liberté politique. L'indice de démocratie prend également en compte les libertés d'expression, de religion, d'association, et le droit à un procès juste et équitable. Democracy index 2010: Democracy in retreat (fichier PDF).

Définitions officielles Les « démocraties à part entière » sont les États où les libertés civiles et fondamentales sont reconnues, respectées et également renforcées par une culture politique correcte permettant la bonne conduite du processus démocratique. Ces États possèdent un système gouvernemental fonctionnel (comme le respect de la séparation des pouvoirs législatifs, exécutifs et judiciaires), un système judiciaire indépendant où les jugements sont appliqués, des gouvernements fonctionnant dans le respect de leur constitution, une diversité et une indépendance des médias assurés et l'organisation régulière d'élections démocratiques et justes. Ces États possèdent uniquement des problèmes mineurs dans le fonctionnement de leur démocratie..

Les « démocraties imparfaites » sont les États où les élections sont transparentes et libres et les libertés fondamentales sont reconnues mais des violations de ces dernières peuvent être constatées (par exemple : des atteintes à la liberté de la presse ou des restrictions à l'opposition politique et aux critiques). Ces États possèdent également des défauts significatifs dans d'autres aspects démocratiques, comme une culture politique insuffisante, un faible niveau de participation politique et/ou des problèmes dans le fonctionnement de leur gouvernement.

Les « régimes hybrides » sont les États où les élections comportent régulièrement des fraudes électorales, les empêchant d'être des démocraties imparfaites. La majorité des gouvernements de ces États appliquent des pressions sur l'opposition et les médias, possèdent une justice n'étant pas indépendante et favorisant le parti politique au pouvoir, font face à une corruption généralisée ou répandue, possèdent un État de droit anémique et des défauts plus prononcés que les démocraties imparfaites en ce qui concerne une culture politique insuffisante, un faible niveau de participation politique et/ou des problèmes dans le fonctionnement de leur gouvernement.

Les « régimes autoritaires » sont les États où le pluralisme politique est sévèrement limité voire inexistant. Ces États sont souvent des monarchies absolues ou des dictatures, peuvent posséder certaines institutions démocratiques conventionnelles mais ayant une maigre importance, les violations des libertés fondamentales sont récurrentes, les élections (si elles se tiennent) ne sont pas transparentes et/ou libres, les médias sont souvent possédés par l'État ou contrôlés par des groupes associés au régime en place, le système judiciaire n'est pas indépendant et la censure et la répression de l'opposition est courante.

Évolution La première édition de l'étude est publiée le . Jusqu'en 2010, le rapport sera publié tous les deux ans, et à partir de 2011 il sera publié chaque année. Le pays le plus démocratique était la Suède avec un score de 9,88 et le pays le moins démocratique était la Corée du Nord à 1,03. En 2006, 28 pays (13 % de la population mondiale) sont classés comme des démocraties à part entière, 54 pays (38,3 %) des démocraties imparfaites, 30 pays (10,5 %) des régimes hybrides et 55 pays (38,2 %) sont classés comme des régimes autoritaires. La région Amérique du Nord avait un score de 8,64, la région Europe occidentale un score de 8,60, la région Europe orientale était à 5,76, la région Amérique latine et Caraïbes un score de 6,37, l'Asie et Océanie un score de 5,44, la région du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord était à 3,53 et l'Afrique subsaharienne un score de 4,24..

Le rapport de 2008, publié le , fait déjà état d'une détérioration chez certains. Le Bangladesh, Hong Kong et la Palestine passent du statut d'une démocratie imparfaite à celui d'un régime hybride. Certains pays cependant s'améliorent par rapport à la précédente édition. La Corée du Sud et l'Uruguay passent d'une démocratie imparfaite à une démocratie à part entière, la Bolivie, la Malaisie, le Nicaragua et la Thaïlande passent d'un régime hybride à une démocratie imparfaite, le Bhoutan, le Népal, le Pakistan et la Sierra Leone passent d'un régime autoritaire à un régime hybride. Une nouvelle Constitution est promulguée le au Bhoutan, abolissant la monarchie absolue en place depuis un siècle pour une monarchie constitutionnelle. Le pays organise également cette année ses premières élections démocratiques depuis l'indépendance, en 1949. Au Népal, des élections sont organisées le pour élire une Assemblée constituante et établir une nouvelle Constitution.. Le Parti communiste du Népal (maoïste) obtient 100 sièges sur 335... Des élections législatives se tiennent au Pakistan le dans un climat tendu.. Le Parti du peuple pakistanais obtient 124 sièges sur 342, sans pour autant obtenir la majorité absolue. Les amendements de la Constitution votés en 2003 qui augmentaient les pouvoirs du président sont annulés.. En tout, on compte 57 pays ayant eu un meilleur score, 67 pays ayant obtenu un plus mauvais score et 44 pays ayant obtenu le même score qu'il y a deux ans. Le score moyen de la démocratie dans le monde est alors de 5,55, un score en augmentation de 0,03 points..

Le rapport de l'année 2010, publié le , montre qu'une grande partie des pays ont continué à voir leurs scores diminuer. Ce rapport sera le dernier à être publié une fois tous les deux ans. Cette fois, un plus grand nombre de pays ont obtenu un plus mauvais score. Seuls le Ghana et le Mali se sont améliorés : ils sont passés d'un régime hybride à une démocratie imparfaite. ont connu une régression : La France et la Grèce sont passées d'une démocratie à part entière à une démocratie imparfaite, la Bolivie, le Honduras et le Nicaragua sont passés d'une démocratie imparfaite à un régime hybride, l'Éthiopie, les Fidji, la Gambie et Madagascar sont passés d'un régime hybride à un régime autoritaire. En 2009, le président fidjien Josefa Iloilo s'octroie les pleins pouvoirs, abroge la Constitution et démet tous les juges.. L'armée commence également à censurer les médias.. En Éthiopie, les violences et restrictions de la liberté d'expression lors des élections législatives du sont des facteurs ayant contribué à grandement faire diminuer la note du pays, passée de 4,52 à 3,68.. Le parti au pouvoir, le Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien, remporte 499 sièges sur 547.. Dans ce rapport, 48 pays ont obtenu un meilleur score, 91 pays ont obtenu un plus mauvais score et 74 pays n'ont pas vu leurs scores évoluer. Un aspect important expliquant une telle détérioration est celui des conséquences de la crise économique mondiale ayant commencé en 2008 et de son impact non négligeable sur les décisions politiques prises ainsi que sur l'indice de démocratie ayant eu tendance à diminuer, et ce surtout en Europe. Pour cette année, on constate une forte diminution du score moyen de la démocratie dans le monde : un score de 5,46 (- 0,09 points)..

Le rapport de 2011, publié le , fait toujours état d'une détérioration de la démocratie dans un grand nombre de pays, toujours à cause de la crise financière mais en même temps certains régimes se sont démocratisés (notamment certains pays du monde arabe grâce au Printemps arabe par exemple). Le Portugal baisse d'une démocratie à part entière à une démocratie imparfaite, le Guatemala et l'Ukraine chutent d'une démocratie imparfaite à un régime hybride, la Russie passe d'un régime hybride à un régime autoritaire. En Ukraine, les pressions exercées sur l'opposition et les détentions jugées comme politiquement motivées par l'Occident depuis l'arrivée au pouvoir du président Viktor Ianoukovytch ont contribué à la forte baisse du score du pays, passé de 6,30 à 5,94... En Russie, les présumées fraudes électorales et irrégularités des élections législatives du , ainsi que la violente répression qui s'ensuivit, ont fait chuter la note du pays, passée de 4,26 à 3,92... Du côté des augmentations, la Zambie monte d'un régime hybride à une démocratie imparfaite, la Mauritanie, le Niger et la Tunisie passent d'un régime autoritaire à un régime hybride. Dans le cas de la Tunisie, cette forte amélioration (passage de 2,79 à 5,53, + 2,74 points) est grâce au Printemps arabe, grand mouvement de contestations ayant commencé à émerger le . La Tunisie gagne 52 places (passée de la place à la ). En 2011, 41 pays se sont améliorés, 48 pays ont régressé et les 78 pays restants n'ont pas vu leurs scores changer. Le score moyen de la démocratie dans le monde remonte un peu, se remettant légèrement de la forte diminution de : un score de 5,49 (+ 0,03 points)..