Les fusées Mu (ou M) sont une famille de lanceurs japonais propulsés par des moteurs à propergol solide utilisés entre 1966 et 2006. Elles sont développées et mises en œuvre par l'ISAS. Cette agence spatiale tournées vers les missions scientifiques et dépendant de l'Université de Tokyo utilise ces lanceurs pour lancer une vingtaine de satellites scientifiques depuis le centre spatial de Uchinoura. Constamment améliorées ces fusées sont passées d'une capacité de satellisation en orbite de (modèle Mu-4S) à . Le dernier lanceur de cette famille, la M-, est en fait un lanceur entièrement nouveau qui peut placer en orbite basse. Ce dernier modèle a placé sur orbite les sondes spatiales Nozomi et Hayabusa.
Contexte
L (ISAS), agence spatiale japonaise dépendant de l’Université de Tokyo développe dans la deuxième moitié des années 1960 de puissantes fusées-sondes à propergol solide de la série Lambda. Ces fusées sont lancées depuis le site d'Uchinoura dans la préfecture de Kagoshima (dans l'île de Kyūshū, la plus méridionale des grandes îles du Japon. C'est une de ces fusées dotée d'un étage supplémentaire (version Lambda 4S) qui parvient à placer en orbite le premier satellite artificiel japonais baptisé Ōsumi. Mais sa capacité trop réduite (environ en orbite basse) et ses caractéristiques ne permettent pas d'en faire un véritable lanceur.
Dès 1966 l'agence spatiale commence à développer une nouvelle famille de fusées plus puissantes, la série Mu qui doit lancer les futurs satellitesLa Fusée Mu et l'atome in L'Express du 3-9 octobre 1966, . Contrairement aux autres agences spatiales dans le monde qui optent pour une propulsion à ergols liquides plus performante, l'ISAS décide de continuer à utiliser des moteurs à propergol solide. un premier vol suborbital, Mu-1est réalisé le .
Différentes versions
Mu-4S +Lancements de Mu-4S Date Charge utile Commentaire MS-F1 Tansei-1 Shinsei 19 aout 1972 Denpa Les fusées Mu utilisent la même technologie à propergol solide mais sont nettement plus massives. Alors que la Lambda 4S a une masse de et un diamètre à la base de , la nouvelle fusée Mu-4S qui comporte trois étages, a une masse de , un diamètre à la base de et une longueur de . Elles peuvent placer en orbite basse une charge utile de . Après un premier échec en 1970, une fusée Mu-4S parvient à placer en orbite le le satellite Tansei d'une masse de . Cette première version de cette famille de lanceur n'est pas guidée et l'orbite atteinte est peu précise.
Mu-3C +Lancements de Mu-3C Date Charge utile Commentaire Tansei-2 Taiyo Corsa Hakucho
La version Mu-3C dont le premier exemplaire est tiré en 1974 comporte un système de radio-guidage qui permet de passer des commandes agissant sur l'orientation de la poussée du second étage : celui-ci est équipé à de petites fusées latérales qui agissent sur le roulis tandis qu'un système d'injection de fréon dans la tuyère permet de dévier la poussée du propulseur principal. Le , une fusée de ce type place en orbite Hakucho (ou CORSA-B) premier observatoire spatial à japonais. Il a été développé à l'initiative de Minoru Oda qui va exercer jusqu'à sa mort en 2001 une grande influence sur le programme spatial scientifique japonais en faisant de ce domaine très particulier un des points forts de la recherche spatiale de son pays. Quatre satellites sont lancés par cette version de la fusée.
Mu-3H +Lancements de Mu-3H Date Charge utile Commentaire Tansei-3 Kyokko Jikiken
Avec la version Mu-3H, la charge utile passe de 195 à . Le premier étage est allongé. Par rapport à la version précédente, le troisième étage ne reste pas solidaire du satellite mais est largué et un quatrième étage de petite taille peut modifier l'orbite. Trois exemplaires de cette version sont lancés. Le dernier exemplaire est lancé après que le premier exemplaire de la version suivante ait été lancé.
Mu-3S +Lancements de Mu-3S Date Charge utile Commentaire Tansei-4 Hinotori Tenma Ohzora
La Mu-3S est pratiquement identique à la Mu-3H. Les différences portent sur le système de guidage. C'est la première version dont le premier étage dispose d'un système de guidage. Celui-ci emporte de fréon et de peroxyde d'hydrogène pour modifier son orientation. La charge utile est identique à celle de la Mu-3H (). Quatre exemplaires de cette version sont lancés.
Mu-3SII +Lancements de Mu-3SII Date Charge utile Commentaire Sakigake Suisei Ginga Akebono Hiten Yohkoh ASCA Express
L'agence spatiale japonaise décide en 1979 de lancer ses premières missions interplanétaires, les sondes spatiales Suisei et Sakigake dont l'objectif est de survoler la comète de Halley par la sonde spatiale jumelle Suisei qui doit effectuer un passage au plus près du Soleil en 1986. Mais la version Mu-3S n'a pas la puissance nécessaire. Pour lui donner une capacité de lancement interplanétaire, le deuxième (M-23) et le troisième étage (M-3B) sont allongés, les huit propulseurs d'appoint sont remplacés par deux propulseurs fournissant une poussée globale beaucoup plus importante. Le premier étage (M-13) reste inchangé. Un quatrième étage (KM-P) est ajouté pour fournir la poussée permettant d'échapper à l'attraction terrestre. Toutes ces modifications permettent au lanceur de placer un satellite de sur une orbite basse et une sonde spatiale de sur une orbite interplanétaire. Huit engins sont lancés entre 1985 et 1995 avec un unique échec.
+ Principales caractéristiques des lanceurs MU Japanische Trägerraketen, site de Bernd Leitenberger, consulté le 22 mai 2009.Mu-4S Mu-3CMu-3HMu-3SMu-3SIIMu-Dates lancement1970-19721974-19791977-19781980-1984 1985-1993 1997-2006Charge utileen orbite basseMasse au décollage 43,5 tonnesStructure4 étages + 8 boosters3 étages + 8 boosters4 étages + 8 boosters3 étages + 8 boosters4 étages + 2 boosters3 étages ou 4 étagesNombre de volsdont échecs4 dont 1 échec4 dont 1 échec348 dont 1 échec7 dont 1 échecPrincipales caractéristiquesGuidage rudimentaireDiamètre élargi, et nouveauxAjout d'un et allongement Évolution mineureNouveaux boosters, Lanceur complètement nouveau, optionnel
Version M-
Le modèle M- ( pour ) est utilisée de 1997 à 2006. C'est un lanceur entièrement nouveau et beaucoup plus puissant que les précédents. Sept lancements ont été effectués dont six couronnés de succès. Selon la mission, le lanceur était dans une configuration trois ou quatre étages. Cette dernière version (KM), la plus puissante, pouvait placer en orbite un satellite de sur une orbite basse de avec une inclinaison orbitale de 30°. Elle fut utilisée à trois reprises, en particulier pour le lancement des sondes spatiales Nozomi et Hayabusa. La version KM avec sa masse de constituait à l'époque le plus gros lanceur à propulsion solide. La fabrication du M- a été arrêtée à cause de son coût de fabrication particulièrement élevé ( de dollars).
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
Articles connexes ISAS Programme spatial japonais Lanceur
Liens externes Site de Bernd Leitenberger : Les fusées japonaises Encyclopedia Astronautica : la famille des lanceurs MU Les lanceurs de l'ISAS
Catégorie:Lanceur spatial du Japon