(ou ) est un programme spatial de la NASA comprenant deux missions lancées en 1978 chargées d'explorer la planète Vénus. a étudié Vénus durant depuis son orbite tandis que a lancé quatre sondes atmosphériques dans l'atmosphère de la planète pour effectuer des mesures . Les deux missions ont été des succès et ont permis de compléter les données collectées par les sondes spatiales du programme spatial soviétique Venera.
Vénus : état des connaissances en 1978
Au moment du lancement des sondes du programme en 1978, spatiaux de tout type (survol, orbiteur, atterrisseur, sonde atmosphérique) ont été lancés vers Vénus dont 10 ont atteint leur objectif. Les missions soviétiques du programme Venera en particulier ont collecté suffisamment de données pour permettre de dresser une image relativement complète de Vénus. L'atmosphère est constituée de 96,5 % de dioxyde de carbone et de 3,5 % d'azote. À la surface, la pression atteint celle de la Terre au niveau des océans. Entre les altitudes de on trouve des nuages d'acide sulfurique. Il n'existe que des traces infimes d'eau : par million dans l'atmosphère et aucune étendue d'eau libre à la surface. La température en surface est très élevée atteignant . L'ionosphère est comparable à celle de la Terre mais la planète est dépourvue de champ magnétique significatif. Les plateaux et montagnes de Vénus atteignent des altitudes supérieures à ce qu'on trouve sur Terre mais les parties basses n'atteignent qu'un cinquième de la profondeur des abysses terriennes..
Contexte
Le programme marque le retour de la NASA à l'étude de Vénus. Après le survol réussi de cette planète réalisé par (1962) et (1967), l'agence spatiale américaine concentre ses efforts sur l'exploration de la planète Mars (programme Viking) et des planètes externes du système solaire (programme Voyager). Au début des années 1970, le centre de recherche Ames de l'agence spatiale américaine tente de développer des compétences dans le domaine de l'exploration du système solaire. En 1971, le centre développe et lance un prototype de sonde atmosphérique (PAET, ) pour tester le recueil de données scientifiques au cours d'une rentrée atmosphérique. Il étudie la réalisation d'un ensemble de missions à destination de Vénus comprenant au moins un orbiteur et des sondes atmosphériques. Une coopération avec l'agence spatiale européenne de l'époque, l'ESRO, est étudiée en 1972 puis abandonnée. Finalement, la NASA décide en de développer toute seule deux sondes spatiales pour la fenêtre de lancement de 1978. L'appel d'offres pour la réalisation des deux sondes spatiales est remporté par la société Hughes Aircraft. Le coût des missions est relativement modique ( de dollars de l'époque) notamment grâce à l'utilisation d'une plateforme développée pour les satellites de télécommunications de ce constructeur en maintenant 78 % des éléments communs entre les deux sondes spatiales. doit analyser l'atmosphère de la planète grâce à quatre sondes atmosphériques qui seront larguées dans l'atmosphère de Vénus tandis que est chargée de se placer en orbite autour de Vénus et de recueillir des données grâce à une batterie de dont un radar rudimentaire.
+Chronologie Date Jalon1968 Publication d'un rapport de l'Académie Nationale des Sciences recommandant une mission d'étude de Vénus1974 La NASA décide de développer deux missions1975 Sélection des instruments scientifiques Lancement de Pioneer Venus Orbiter Lancement de Pioneer Venus Multiprobe Pioneer Venus Orbiter se met en orbite autour de Vénus Les sondes atmosphériques de Pioneer Venus Multiprobe pénètrent dans l'atmosphère de Vénus. Fin de la mission Fin de la mission Pioneer Venus Orbiter qui, devenu incontrôlable, est détruit en plongeant dans l'atmosphère de Vénus
Objectifs Les objectifs des deux missions du programme sont : réaliser une cartographie générale de l'atmosphère à l'aide des instruments de télédétection dans les spectres ultraviolet, infrarouge, lumière visible, radio, gamma et en utilisant les occultations radio (orbiter) ; effectuer des mesures de l'atmosphère neutre, de l'ionosphère, et des régions où l'atmosphère vénusienne interagit avec le vent solaire (orbiter) ; cartographier la surface de la planète à l'aide d'un radar (orbiter) ; la structure et la composition des nuages depuis la surface jusqu'à la couche la plus haute (multiprobe) ; la composition et la structure de l'atmosphère depuis la surface jusqu'aux altitudes hautes (multiprobe) ; les principales caractéristiques de la circulation générale de l'atmosphère (multiprobe) ; les interactions entre le vent solaire et l'environnement de la planète (multiprobe).
Lancée le , la sonde (ou ) se place en sur une orbite fortement elliptique de qui variera au cours de la mission entre et . D'une masse de , a la forme d'un cylindre de de diamètre pour de haut. La plate-forme de la sonde a été développée à partir de celle du satellite de télécommunications et certains autres composants viennent du programme OSO. Cette plate-forme a été également utilisée pour . La sonde dispose d'un moteur d'une poussée de avec environ d'ergols qui lui permet, en la freinant de de se placer sur orbite. La sonde est stabilisée par rotation autour de son axe principal à raison de par minute. Des cellules solaires placées à la surface du cylindre lui fournissent d'énergie.
La charge utile comporte d'une masse totale de , tous concentrés à une des deux extrémités du cylindre sauf le magnétomètre placé au bout d'une perche de . Une antenne parabolique de de diamètre permet de communiquer avec la Terre en fréquence S et X. La sonde embarque un radar qui est utilisé pour étudier la topographie et les caractéristiques du sol vénusien, des spectromètres de masse, ainsi que des instruments permettant d'étudier la composition et l'étagement des nuages, le rayonnement infrarouge et X, la densité atmosphérique, la gravité locale, le vent solaire, la composition de l'atmosphère
Lancée le , la sonde (ou ), d'une masse totale de emporte quatre modules de descente. Le plus important est largué par la sonde le tandis que trois modules plus petits sont largués le . Les quatre modules pénètrent dans l'atmosphère de Vénus le , suivis de peu par la sonde elle-même. Les sondes atmosphériques sont pressurisées et conçues pour survivre suffisamment longtemps aux conditions particulièrement hostiles de l'atmosphère vénusienne : vents extrêmement violents, pression atmosphérique au sol supérieure à celle de la Terre, température atteignant plus de au sol, composés chimiques très agressifs dans l'atmosphère, luminosité faible dans les basses couches atmosphériques.
Le module de descente le plus important, d'une masse de emporte sept instruments dans une sphère scellée de protégée par un bouclier. Après avoir été freinée jusqu'à la vitesse de par sa rentrée dans l'atmosphère au niveau de l'équateur, la sonde largue le bouclier et déploie un parachute à une altitude de . Les instruments, qui fonctionnent grâce à des batteries embarquées, sont un spectromètre de masse et un chromatographe en phase gazeuse pour mesurer la composition de l'atmosphère, des capteurs de pression et de température ainsi que des accéléromètres, un radiomètre à infrarouge pour mesurer le rayonnement infrarouge, un spectromètre pour étudier la composition des nuages, un radiomètre pour étudier la pénétration du rayonnement solaire, un néphélomètre pour analyser les particules dans les nuages. Les observations sont effectuées durant la descente d'une durée d'une heure et demie. La capsule pressurisée comporte neuf fenêtres d'observation pour les instruments et trois entrées pour recueillir des échantillons de l'atmosphère.
Les trois petits modules de descente, d'une masse de chacun, sont dépourvus de parachutes. Les trois modules entrent dans l'atmosphère en des points distants. Ils disposent de trois instruments pour étudier l'atmosphère : un néphélomètre, des capteurs de température, pression et accélération ainsi qu'un radiomètre pour mesurer la distribution de l'énergie radiative.
thumb|Carte radar établie par Pioneer Venus Orbiter. La sonde elle-même dépourvue de protection effectue des mesures en entrant dans l'atmosphère grâce à deux spectromètres de masse avant d'interrompre ses émissions à l'altitude de .
Résultats
Les objectifs du projet ont été atteints. La carte obtenue grâce au radar, même si sa résolution était limitée à pour , est la première carte presque complète de Vénus (93 % de la surface cartographiée). , dont la durée de vie prévue était de huit mois, survit jusqu'en 1992JPL : Pioneer 12, sur NASA.gov. La sonde permet d'observer les vents changeants de l'atmosphère vénusienne sur une longue période. Les sondes atmosphériques de Pioneer Venus Multiprobe permettent de connaître avec beaucoup plus de précision la composition de l'atmosphère. Une des trois petites sondes atmosphériques survit à l'atterrissage sur le sol vénusien qu'elle heurte à une vitesse de et continue à émettre durant . C'est la première sonde américaine à réussir un atterrissage sur Vénus. Cette première, non prévue par les responsables de la mission, est éclipsée plus tard par l'atterrissage de la sonde soviétique qui continue à fonctionner durant après l'atterrissage.
a pour successeur la sonde Magellan.
Notes et références
Bibliographie
Voir aussi Articles connexes Vénus Exploration de Vénus
Liens externes NASA : Page dédiée au projet Pioneer Venus Site Bernd-Leitenberger : La sonde Pioneer Venus Orbiter Site Bernd-Leitenberger : La sonde Pioneer Venus Multiprobe
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