Le monastère de Sainte-Enimie était un monastère fondé dès le au-dessus du village de Sainte-Enimie, aujourd'hui dans le département français de la Lozère. Il a été actif jusqu'à la Révolution française, puis a subi de nombreuses destructions. Il n'en reste aujourd'hui que l'ancien réfectoire et la chapelle romane Sainte-Madeleine.
Le prieur de Sainte-Enimie avait une certaine importance puisque le titre donnait un droit d'entrée aux États particuliers du GévaudanDocuments historiques sur la province de Gévaudan, Gustave de Burdin, p.38..
Histoire Origine Le premier monastère attesté à BurlatisLe nom du village de Sainte-Enimie en ce temps-là. avait été établi par l'évêque du Gévaudan, saint Ilère, au . Mais assez rapidement le monastère tombe en désuétude. Les documents sur la vie de sainte Énimie, qui aurait vécu au , ne donnent pas de détails sur la présence des moines. Toujours est-il qu'au le monastère ne semble plus être habité.
La restauration En 951, l'évêque de Mende, Étienne, décide de « rétablir dans son ancienne splendeur le monastère en l'honneur de la Mère de Dieu, où reposent les restes de la Bienheureuse Énimie », tome I, pp. 227 à 231. Si la vie de sainte Énimie qui nous est parvenue, et qui a été écrite par le troubadour Bertran de Marseille, date du , il semble donc acquis que le monastère détenait déjà les reliques de la princesse mérovingienne.
Le monastère restauré est confié au seigneur Dalmace du couvent de Saint-Théofred dans le Velay, et est placé sous l'ordre de Saint-Benoît. Si Dalmace accepte la charge du monastère, il refuse d'être dépendant d'un seigneur local. Il exige donc la donation totale et héréditaire du monastère. L'évêque accepte finalement le marché, avec en retour des contraintes d'ordre spirituel (imposition de certaines prières). Tous les protagonistes de cet échange devant se rendre à Rome, l'acte est signé le , devant le tombeau de saint Pierre, par l'évêque de Mende, Étienne, celui du Puy, Godescalc, le pape Agapet II et de nombreux clercs.
La terre qui appartient dès lors aux moines, devient une sauveté, autrement dit une terre exempte de seigneur. C'est cette particularité qui a donné son nom au causse de Sauveterre, l'un des grands Causses du massif central causse-de-sauveterre.org.
Prospérité Rapidement, les moines de Saint Chaffre donnent au monastère un certain lustre. Les pèlerinages ne cessent de se multiplier vers les reliques d'Énimie.
Au , le monastère est peut-être élevé en abbayeIl n'a pas été trouvé trace de l'érection du monastère en abbaye, cependant François Alamand se targue du titre de « premier abbé commendataire ». Il est possible que François Alamand ait été abbé, ce qui permit au monastère de porter le nom d'abbaye. Mais le titre a peut-être été retiré à la mort de François Alamand. Les prieurs suivants sont cependant abbés commendataires.. Le « premier abbé commendataire » est François Alamand, qui fut vicaire général du diocèse de Mende du temps de l'évêque Julien de la Rovère. C'est d'ailleurs lui qui avait été élu évêque vers 1478, mais avait résigné au profit du neveu de Sixte IVPhilippe Maurice « François Alamand (env. 1413-1505), protonotaire apostolique, élu de l’Église de Mende et vicaire général de Julien Della Rovere », dans « Revue d’Histoire de l’Église de France, t. 86, n° 216, janvier-juin 200, pp. 39-54.. Son oncle, également prénommé François, avait également été prieur de Sainte-Enimie de 1425 à 1458, et avait obtenu de Charles VII des « lettres de sauvegarde » assurant la protection royale, tome II, pp. 983- 993. C'est de lui qu'il a pris la succession, à son décès, en 1459. Il est alors protonotaire apostolique. Le monastère est alors composé de 12 moines.
En 1491, François Alamand obtient d’Innocent VIII le droit d’annuler les aliénations des biens de son monastère. Il est remplacé cette année-là par Antoine Raymond comme prieur, mais le remplace fréquemment lorsque ce dernier s'absente.
En 1597, le prieur obtient de l'abbaye mère de Saint-Chaffre que le monastère soit chauffé de novembre à avril.
Depuis la Révolution française vignette|Ruines du monastère de Sainte-Enimie. En 1788, un Bref papal sécularise les Bénédictins de l'ancienne observance de Cluny. Ceci est appliqué au monastère de Sainte-Enimie par l'évêque Jean-Arnaud de Castellane le . Il supprime ainsi la vie monastique. La Révolution française a donc vidé le monastère de ses moines. Il est alors vendu comme bien national, et est ensuite peu à peu démembré et incendié. Aujourd'hui la bourgade de Sainte-Enimie en a gardé deux éléments : la chapelle Sainte-Madeleine et l'ancien réfectoire. Ce dernier sert parfois de lieu d'expositions. L'ancienne abbaye est classée au titre des monuments historiques en 1932.
Localisation
Liste des prieurs prieur 1074 - 1086 : Guillaume 1086 - ???? : Pierre 1165 - 1175 : Arnal ???? 1244 - ???? : Pierre de Montjézieu vers 1262 : Bertrand de Pierre 1280 - 1294 : Pierre Eraclée vers 1301 : Astorge de Châteauneuf (Randon) 1308 - 1318 : Gui de Châteanuneuf (Randon) 1319 - 1326 : Bertrand Eraclée vers 1343 : Etienne Hugonet 1381 - 1399 : Gui de Lestrange ???? - ???? : Gérald Alamand ???? - ???? : Pierre Alamand 1425 - 1458 : François I Alamand abbé commendataire 1458 - 1491 : François II Alamand 1491 - 1505 : Antoine Raymond 1505 - ???? : Gaspard (ou Jean ?) de Tournon 1514 - ???? : François de Tournon 1523 - ???? : Mafred de Comminges 1529 - 1532 : ??? 1532 - 1534 : vacance 1535 - 1536 : Réginal de Marigny (évêque de Vabres 1536 - 1538 : Michel de Pontaut 1538 - 1570 : Bertrand de Pontaut 1570 - 1578 : Sébastien de Pontaut 1578 - 1591 : Antoine Fages 1591 - 1599 : François Teissier 1599 - 1602 : Vidal Vally 1602 - 1607 : Claude de Pontaut et Vidal Pitot 1607 - 1631 : Adam de Rousseau 1631 - 1642 : Jean-Jacques Lefebvre 1643 - 1653 : François de Ranchin 1653 - ???? : Jean de Fumel 1656 - 1658 : Silvestre de Crusy de Marcillac (évêque de Mende) 1658 - 1668 : Alexandre Guérin de Châteauneuf 1669 - 1721 : Adam Guérin de Châteauneuf (abbé du Tournel) 1721 : Alexandre Guérin de Châteauneuf du Tournel 1722 : Dom Jacques Picard 1726 - 1732 : Dom Pierre-François de Bellegarde d'Antremont 1733 - 1734 : Jean-François de Bernage 1735 - 1752 : Jean-Antoine de Saurin 1752 - 1765 : Louis-Raymond de Saurin-Murat 1765 - 1769 : Dom Antoine Brunel d'Arcenesches, Dom Pierre Malroux et Jean Bridat de la Barrière 1769 - 1786 : Jean Malroux 1786 - 1790 : Pierre-Antoine Malroux
Annexes
Notes
Sources et références
Liens externes
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