Philippe Arthuys est un musicien et réalisateur français né à Paris le et mort le à ToulouseRelevé des fichiers de l'Insee. Il est le fils de l'homme politique et résistant Jacques Arthuys, et père de la comédienne Sophie Arthuys, du réalisateur Bertrand Arthuys et du compositeur Christophe Arthuys.

Le Groupe de Recherche de Musique Concrète

C'est au sein du GRMC, avec Pierre Schaeffer et Pierre Henry, que Philippe Arthuys se familiarise avec la musique concrète. Le principe de base de la musique concrète consiste à travailler la matière sonore directement sur le support d'enregistrement, à partir d'une écoute assidue des éléments enregistrés, conformément à l'idée, que Schaeffer formule dès 1948, « qu'il existe un autre chemin que la notation pour accéder à la musique ».

À cette période, la musique concrète paraît essentiellement destinée à renouveler la musique dramatique. Le tempérament d’Arthuys s'accommodant bien de cette tendance, il recherche surtout les rapports de la musique avec la poésie ou l'image, dans des œuvres illustrant des textes de Kipling (Le crabe qui jouait avec la mer, 1955) ou d’Apollinaire (Le voyeur, pour un film de Henri Gruel, 1956). La libération d’esprit et de technique ainsi trouvée influence les musiques de films qu'il compose pour Jacques Rivette (Paris nous appartient, 1961) et Jean-Luc Godard (Les Carabiniers, 1963).

Mais la collaboration entre Maurice Béjart et Pierre Henry s'intensifie, et Philippe Arthuys se spécialise dans la composition de musiques de films, ce qui exaspère Pierre Schaeffer. Constatant qu'ils s'adonnent plus à la composition qu'à la recherche, celui-ci finit par les contraindre à démissionner du Groupe. Ce sera la fin de l'avant-garde de la musique concrète, et la naissance du GRM que l'on connaît encore aujourd'huiUne culture du son, Evelyne Gayou http://www.mouvement.net/site.php?rub=2&fiche_alias=&id=136303d6dd5e9e87&fsize=5 (le lien ne semble plus marcher).

Compositeur Philippe Arthuys défend l'idée que le traitement musical doit être appréhendé par-delà sa fonction de renforcement du récit. Le musical doit demeurer selon lui « en dehors du film »Quand le film se fait musique : Une nouvelle ère sonore au cinéma, Jean-Claude Mari, L'Harmattan, : « Les nouvelles procédures prétendent à un plus haut degré d'abstraction, une plus grande complexité. En réaction, en lutte avec les images, son action visant à exhiber, voire à déterminer la structure filmique, le musical entre dans son rapport d'hétérogénéité avec le discours visuel.».

Il écrit de nombreuses musiques de films, entre autres : Les Camisards (1970) et Rude journée pour la Reine (1973) de René Allio, Le Vent des Aurès (1966), Chronique des années de braise (Palme d'or au Festival de Cannes de 1975), Vent de sable (1982) et la Dernière Image (1986) de Mohammed Lakhdar-Hamina.

Parallèlement à la musique de film, Arthuys compose des musiques pour le théâtre, le cirque et la danse. Il écrit notamment la musique de Voilà l'homme (1956), ballet de Maurice Béjart sur un argument de Jacques PrévertBéjart, Antoine Livio.

Réalisateur Parallèlement à sa carrière de compositeur, il se dirige vers la réalisation. Il travaille comme assistant réalisateur sur Vanina Vanini de Roberto Rossellini puis réalise de nombreux films, faisant notamment tourner Françoise Prévost dans La Cage de verre (coréalisateur : Jean-Louis Levi-Alvarès, 1965), sur l'holocauste juif ; Jean Vilar dans Des Christs par milliers (1969), sur la violence du monde ; Jean Négroni dans Noces de sève (1979), parabole antinucléaire.

Filmographie 1959 : Parfois le dimanche d'Ado Kyrou et Raoul Sangla (court métrage) 1959 : Inde, terre mère (India: Matri Buhmi) de Roberto Rossellini 1959 : Le Général Della Rovere (Il generale Della Rovere) de Roberto Rossellini 1960 : Le Trou de Jacques Becker 1960 : La ciociara de Vittorio De Sica 1961 : Vanina Vanini de Roberto Rossellini 1961 : Paris nous appartient de Jacques Rivette 1963 : Les Carabiniers de Jean-Luc Godard 1965 : La Cage de verre (coréalisateur :Jean-Louis Levi-Alvarès) 1966 : Le Vent des Aurès de Mohammed Lakhdar-Hamina 1969 : L'Opium et le Bâton d'Ahmed Rachedi 1969 : Des Christs par milliers 1969 : Dieu a choisi Paris (coréalisateur de ce documentaire avec Gilbert Prouteau) 1972 : Les Camisards de René Allio 1973 : Rude journée pour la reine de René Allio 1975 : Chronique des années de braise de Mohammed Lakhdar-Hamina 1974 : Et courir de plaisir 1979 : Noces de sève 1982 : Vent de sable de Mohammed Lakhdar-Hamina 1982 : Une femme pour mon fils de Ali Ghalem 1986 : La Dernière Image de Mohammed Lakhdar-Hamina

Discographie 1955 : Le crabe qui jouait à la mer, d'après Rudyard Kipling 1956 remasterisé en 2010 : Panorama de la musique concrète Pierre Henry / Pierre Schaeffer / Philippe Arthuys

Notes et références

Liens externes

Les gens du cinéma pour l'état civil http://www.larousse.fr/encyclopedie/musdico/concr%C3%A8te/166944

Catégorie:Compositeur français de musique de film Catégorie:Réalisateur français du XXe siècle Catégorie:Naissance en novembre 1928 Catégorie:Naissance dans le 7e arrondissement de Paris Catégorie:Décès en janvier 2010 Catégorie:Décès à Toulouse Catégorie:Décès à 81 ans