thumb|270px|Un engenho-bangüê (production de sucre) en fonctionnement dans les années 1950, État du Pernambouc. Lagriculture au Brésil ne représente qu'environ 5 % du PIB (Produit intérieur brut)5,1 % en 2001 selon la Banque mondiale. du pays, mais l'industrie agroalimentaire représente 1/4 du PNB et 40 % des exportationsBrazilian scientists turning nation into an agro-power, Washington Post, 16 octobre 2010.
Certaines cultures commerciales telles que le soja, le Brésil étant l'un des plus gros exportateurs mondiaux de cette plante, ou la canne à sucre (utilisée en particulier pour l'éthanol) sont en plein essor, en particulier depuis la modernisation de l'agriculture lancée dans les années 1980, lors de la transition démocratique. Celle-ci s'est largement appuyée sur les travaux de l'Empresa Brasileira de Pesquisa Agropecuária (EMBRAPA), créée en 1973.
En 2019, le Brésil était le premier producteur mondial de canne à sucre, de soja, de café et d'orange, le producteur de papaye, le plus grand producteur de maïs, tabac et ananas, le plus grand producteur de coton et manioc, le plus grand producteur de noix de coco et citron, plus grand producteur de cacao et avocat, plus grand producteur de riz, plus grand producteur de tomate et plus grand producteur de raisin et pommeIBGE prevê safra recorde de grãos em 2020.
Le Brésil est aussi le premier exportateur de viande bovine (rouge), avec un bétail spécifique (dès la première moitié du , des races bovines adaptées au climat brésilien sont créées, telles que la nélore ou la canchim). Le cheptel était de 176 millions de têtes de bovins en 2006. Sur les 240 millions d'ha de surface agricole 160 étaient consacrés au pâturage. En 2022 le cheptel bovin a encore progressé pour atteindre 230 millions de têtes. La production de volaille et de porc est aussi très importante. En ce qui concerne la filière laitière le Brésil affiche de fortes ambitions pour devenir le premier exportateur. La production s'élève déjà à 35 milliards de litres en 2022, ce qui le rangerait à la troisième place au niveau mondial.
Histoire thumb|180px|Le Gaúcho brésilien, Statue du Laçador, Porto Alegre, Rio Grande do Sul.
Amérindiens L'histoire de l'agriculture au Brésil commence dès le avec les indigènes du Brésil, sédentaires ou itinérants, avec une grande diversité de pratiques selon les territoires et les peuples. Cette histoire est encore mal connue, en particulier en Amazonie, mais à l'arrivée des Européens, les Amérindiens cultivaient déjà tubercules, céréales et fruitiers : manioc, arachide, tabac, patate douce, millet, palmier (Attalea speciosa), péqui, jaboticaba, anacardier, goyave et prunier mombin.
L'agriculture sur brûlis est encore pratiquée chez certains Amazoniens dans une économie de subsistance basée principalement sur le manioc.
Esclavage et la canne à sucre Voir aussi Commerce triangulaire et Histoire du Brésil.
left|300px|thumb|Peinture de Jean-Baptiste Debret (1768-1848). Un propriétaire d'esclave au Brésil punissant son esclave, . Le Brésil a longtemps fonctionné autour d'une économie de plantation et jouait un rôle important dans la traite atlantique. L'esclavage a été aboli par la Lei Áurea de 1888. Au Nord-Est, dans les capitaineries de Pernambouc et de Bahia, les premières plantations sucrières virent le jour sur le sol américain, au début du Hugh Thomas, La Traite des Noirs, Paris, Robert Laffont, 2006, . La demande en travail servile explosa. Les Portugais ont exploité les Indiens. Mais la persévérance de Bartolomé de Las Casas et d'autres dominicains finirent par rendre l'asservissement des Indiens illiciteHugh Thomas, La Traite des Noirs, Paris, Robert Laffont, 2006, . De plus, l'épidémie de dysenterie associée à la grippe avait décimé la population indienne au Brésil dans les années 1560Hugh Thomas, La Traite des Noirs, Paris, Robert Laffont, 2006, . Enfin les planteurs n'étaient pas satisfaits du travail des Indiens. Ceux-ci ne résistaient pas aux mauvais traitements qui leur étaient infligés. Pour toutes ces raisons, la demande d'esclaves noirs en provenance du Congo et de l'Angola se raffermit. De à , en 1570, la population noire du Brésil s'élevait à en 1600. Le quotidien de ces esclaves était très dur. Leur espérance de vie était d'environ dix ans. Il fallait donc sans cesse de nouveaux arrivages d'Angola et du Congo. Le Brésil devenait le principal fournisseur en sucre de l'EuropeHugh Thomas, La Traite des Noirs, Paris, Robert Laffont, 2006, .
Dans le premier quart du , le nombre total d'esclaves déportés d'Afrique devait approcher les , dont allèrent au Brésil, plus de en Amérique espagnole, à São Tomé et quelques centaines en EuropeHugh Thomas, La Traite des Noirs, Paris, Robert Laffont, 2006, .
Essor de la production de coton et café
La production de coton brésilien est en croissance au début du . Le café ne connaît son ascension qu'à partir du milieu du siècle. L'esclavage est très développé.
À la suite d'une crise du caféLa France des années 1930 sombre dans la dépressionCafé et histoire, la superficie cultivée en coton connaît une forte augmentation (117 %) entre 1920 et 1933Le coton brésilien..
Histoire récente Dans les années 70, le Brésil est un importateur de denrées agricoles. Le régime militaire en place fait du secteur un des axes de développement avec notamment la création de l'Empresa Brasileira de Pesquisa Agropecuária en 1973, institut de recherche agricole.
Dans les années 2000, les exportations agricoles brésiliennes se tournent principalement vers la Chine, permettant au Brésil d'avoir un excédent commercial important avec la Chine (44 milliards d'euros d'excédent en 2023). Ainsi en 2024, 73 % du soja brésilien exporté, est exporté vers la Chine.
Question agraire La propriété foncière est très inégalement répartie, les grands domaines latifundiaires absorbant la majorité des terres, et la pauvreté rurale reste très importante. En 2009, il y avait ainsi 4 millions de familles de paysans sans terreChristophe Ventura, « Sans terre mais non sans voix », Le Monde diplomatique, avril 2009, 12., le Mouvement des sans-terre (MST) étant leur principal porte-voix. Le gouvernement Lula affirme avoir permis à d'entre eux d'obtenir des terres depuis 2003, ce qui est contesté par le MST, fondé dans les années 1980. Le gouvernement Lula a par exemple procédé à l'expropriation de la fazenda da Barra, en 2007, dans la région de Ribeirão Preto, à de São Paulo, allouant ainsi hectares aux paysans sans terreAu Brésil, la fièvre de l'éthanol fait flamber le prix de la terre, Le Figaro, 21 juin 2007. Sous les gouvernements issus du Parti des travailleurs (2003-2016), il y a eu beaucoup de conflits mais également des compromis pour limiter l’avancée du lobby agroalimentaire sans le remettre en question. En 2022, 1% de la population détient toujours plus de 46 % des terres cultivables.
Le Brésil a pu conserver sa forte position agricole en développant, en aval, un puissant complexe agro-industriel, qui transforme et valorise les denrées agricoles. Ainsi les tourteaux produits à partir du soja sont utilisés dans l'alimentation des volailles vendues jusque sur les marchés du Moyen-Orient où le Brésil concurrence vigoureusement les éleveurs bretons.
Atteinte environnementale
Sur le plan écologique, les progrès de l'agriculture sont liés à une forte déforestation, en particulier en Amazonie et dans le Mato Grosso (plus de 38 % du territoire de cet État en 2007, soit plus de ), ainsi qu'à de la pollution. Entre 1975 et 1985, les exploitations ont conquis 52 millions d'hectares , soit plus d'une fois et demie la surface agricole de la France . En effet, chaque année, les pâturages sont dans un état avancé de dégradation, les agriculteurs cherchent de nouvelles terres car les rendements sont de plus en plus faibles ce qui entraîne la déforestation, première source nationale d'émission de carbone, loin devant la combustion d'hydrocarbure. Ces effets délétères ont poussé les principales associations agraires à négocier, en 2006, un moratoire sur le soja cultivé dans les zones défrichées, lequel a été reconduit jusqu'en juin 2010. Des programmes de reboisement ont également été mis en place, par exemple dans le bassin d'un affluent de l'Amazone, le fleuve Xingu, zone d'habitat du peuple Xingu et dont les sources correspondent aux zones de production agricoles. La pollution agricole affecte d'autres peuples autochtones, telle la petite communauté des Enawene Nawe, à Juína (Mato Grosso), en aval de la . Enfin, la fumée des feux, des brûlis et des scieries contamine la qualité de l'air environnant.
C'est en partie pour ouvrir de nouvelles terres qu'ont été construites certaines routes. La colonisation de l'Amazonie n'a pas résolu les problèmes fonciers du Nordeste et du Sud mais, du moins, les grands axes ont-ils permis la conquête des cerrados, ces savanes arborées du Centre-Ouest (Mato Grosso, Goiás), où se sont développées les cultures mécanisées du riz et du soja, ainsi que d'importants élevages extensifs. Toutefois, l'érosion des sols est préoccupante dans le Paraná, tandis que la conquête de l'Amazonie a entraîné d'énormes défrichements, rapidement suivi par un fort lessivage des sols.
Le Brésil est le premier consommateur de pesticides au monde, avec plus de 500 000 tonnes par an. En 2017, le pays représentait 18 % du marché mondial des pesticides. Un Brésilien meurt presque tous les deux jours intoxiqué par les pesticides (principalement des ouvriers agricoles).
Poids politique Le lobby agro-alimentaire possède un poids considérable au Parlement brésilien : en 2017, le « Bloc ruraliste », constitué pour la défense des intérêts de la grande propriété et de l’agrobusiness, regroupe plus de 200 députés, soit 40 % du parlement. Le Bloc ruraliste détient également les ministères de la Justice et de l'Agriculture sous le gouvernement de Michel Temer.
Selon le député Nelson Marquezelli, lui-même propriétaire d'une vaste exploitation agricole et membre du Bloc ruraliste : « L’agriculture est la base du pays. Si vous ne lui donnez pas de ministres qui parlent la même langue que le front rural, il ne reste pas « très » longtemps. Ni le ministre, ni même le président ».
Entre 1985 et 2017, 1 722 militants du Mouvement des sans-terre ou autres organisations sociales ont été assassinés.
Grandes cultures et exportations Soja, maïs et riz vignette|Cereal harvest in Brazil Malgré son décollage industriel, le Brésil n'a pas renoncé à son développement agricole : il reste un des tout premiers exportateurs mondiaux dans ce domaine, juste derrière les États-Unis, les Pays-Bas et la Allemagne. Il y est parvenu en s'adaptant rapidement à la demande et en mettant sur le marché de nouveaux produits, qui ont parfois éclipsé les plus anciens.
Le soja a été introduit au Brésil après la crue du Mississippi de par . Surnommé le « Roi du soja », Moraes est le propriétaire de la fazenda Itamaraty ( ha à Ponta Porã, dans le Mato Grosso do Sul, près du Paraguay). Grâce à un investissement dans un laboratoire d'agronomie et à la généralisation de l'irrigation, la fazenda Itamaraty se transforma en symbole de la production intensive et de l'agriculture mécanisée, tranchant avec l'agriculture extensive d'autres fazendasO símbolo troca de mãos, Veja, 27 juin 2001. Elle devint ainsi, dans les années , la plus grande productrice individuelle de soja au monde, puis, dans les années , le deuxième producteur brésilien de coton, avant de devenir le premier producteur de maïs. En , sous le gouvernement Lula, la moitié des ha de la fazenda ont été transférés à des familles et coopératives membres du Mouvement des sans-terre à la suite des difficultés financières d'Olacyr de Moraes, qui avait investi des millions dans le chemin de fer , afin de lier le Centre-Ouest du Brésil au port de Santos (São Paulo), le plus grand port d'Amérique latine.