Un médiateur est une personne physique qui intervient pour faciliter une communication ou rétablir une relation.

En latin, le mediator est un intercesseur, un entremetteurDictionnaire universel françois et latin, vol. 6, Delaune, 1743 (lire en ligne [archive]), p. 295. Le mot latin mediator est lui-même dérivé de medius, médiateur, formé sur la racine med-, qui, selon Ernoux et Meillet, se trouve d'un bout à l'autre du domaine indo-européen, au sens de « penser, réfléchir » A. Ernoux et A. Meillet, Dictionnaire étymologique de la langue latine, Klincksieck, 1967, p. 392. C'est en ce sens que l'on retrouve de manière systématique le mot médiateur pour parler de tout processus de résolution amiable des conflits, bien que ceux-ci soient, au sens strict du terme, des médiations, conciliations ou arbitrages. Pour le LittréArticle Médiateur sur le Littré en ligne., le mot provient du lat. mediatorem, de mediare, servir d'intermédiaire, partager par le milieu.

Il existe différentes pratiques de médiation appliquée aux différends. Celles-ci varient en fonction des institutions et types de personnes concernées. S'il s'agit d'un différend avec une administration, une structure d'État, le tiers officiel dans les pays francophones porte souvent le titre de , qui a évolué en France sous le nom de défenseur des droits. En matière d’information, le médiateur de presse intervient comme tiers entre une rédaction et son public, chargé d’examiner les plaintes relatives au contenu éditorial et d’en rendre compte au média concerné Radio France, « Petite histoire des médiateurs de presse », site de La Médiatrice de Radio France, 7 avril 2016, lire en ligne (consulté le 8 mars 2026).Jean‑Luc Agnès, « Les médiateurs de presse en France », Les Cahiers du journalisme, no 18, 2008, p. 64‑75, lire en ligne (consulté le 8 mars 2026).. En France, dans le domaine de la consommation publique, le médiateur de consommation est une personne nommée pour aider à régler les différends de type juridico-techniques : il intervient pour les litiges nés de l'achat de produits ou de services auprès de professionnelshttp://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=0400AF5980174C6338B128FA4B3281D1.tpdila10v_3?cidTexte=JORFTEXT000031070940&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000031069867. Dans cet esprit, il existe les pages des le médiateur national de l'énergie et tous les ombudsmans. Cette pratique est placé sous l'égide de la Commission d'Evaluation et de Contrôle de la Médiation de la Consommation - CECMC. Pour les litiges de voisinage, le rôle de médiateur est assuré par des médiateurs indépendants ou des bénévoles. Certaines municipalités ont également mis en place des services de médiation dont le rôle est d'intervenir pour l'apaisement des insatisfactions citoyennes, sans pour autant les résoudre, puisque ces « médiateurs » portent seulement "la parole du raisonnement" et transmettent des règles de savoir vivre. S'il s'agit d'un différend entre personnes privées, physiques ou/et morales, les parties peuvent s'adresser à un médiateur privé professionnel.

Naissance d'une profession En France, la professionnalisation de l'activité de médiateur a commencé dans le privé, à la fin des années 1990. Elle a été initiée par l'organisation syndicale des médiateurs professionnels, la Chambre professionnelle de la médiation et de la négociationPratique de la Médiation Professionnelle. Edition ESF. 2001. Jean-Louis Lascoux. Pour la CPMN, la médiation professionnelle a été définie comme la seule pratique qui vise la liberté de décision des parties. La CPMN est à l'origine du premier code d'éthique et de déontologie des médiateurs, le CODEOME, avec un comité de supervision de la médiation. Un manifeste et livre blanc ont été élaborés.

En 2016, le sénat débat sur le projet de loi de modernisation de la justice du . Le moment est propice pour le monde de la médiation de parler d'une seule voix et le , 12 structures se sont regroupées sous le nom de médiation21. Un travail collectif permet à médiation21 de rédiger Le livre blanc de la médiation qui sera officiellement présenté en à Madame Nicole Belloubet, Ministre de la Justice et garde des Sceaux. Ce livre blanc a été conçu autour des 3 grandes thématiques essentielles dans l'articulation de la médiation selon le collectif Médiation21 : Le statut est la représentation de la profession via le CNM (Conseil National de la Médiation) L'éthique et la déontologie avec un code unique du médiateur et un Comité National d'Ethique et de Déontologie En Médiation (CNEDEM) La formation des médiateurs et l'agrément

La professionnalisation des pratiques associatives Au début des années 1980, Robert Badinter Ministre de la Justice et garde des Sceaux souhaitait humaniser la justice et c'est donc dans un cadre pénal qu'ont lieu les premières médiations dès 1984. Cette tâche est confiée à Jacqueline Morineau qui créera dans les années suivantes l'association CMFM, Centre de Médiation et de Formation à la Médiation. Depuis, de nombreuses associations se sont créées et dans le secteur social et familial, une démarche de professionnalisation a été engagée, avec une recherche d'institutionnalisation et d'une reconnaissance par l'État. Aujourd'hui, dans le secteur judiciaire, le désengorgement de la justice a incité les pouvoirs publics à faire appel à des associations de médiation et à les conduire vers la professionnalisation de leurs pratiques.

Médiateur conventionnel Il s'agit d'un médiateur intervenant à la demande des parties, ou à l'initiative d'une seule, pour accompagner la résolution d'un différend, l'accompagnement d'un changement, la définition d'une stratégie ou l'élaboration d'un projet comportant des présupposés de difficultés relationnelles, telles les fusions ou les reprises d'entreprises.

Les désignations de cette activité sont diverses : médiateur civil, médiateur privé, médiateur indépendant, médiateur en entreprise.

Des textes légaux prévoient la possibilité de recours à un médiateur, comme une incitation préalable à toute procédure judiciaire dans le cas de : Harcèlement moral conflit collectif du travail - où il apparaît dans le Code civil français de nombreuses contradictions avec la conception européenne d'un médiateur.

Distinctions clefs du métier à travers les autres métiers de la résolution amiable Négociateur Le négociateur, à l'inverse du médiateur n'est ni neutre, ni impartial. Il cherche à faire aboutir les intérêts de la partie qu'il représente au risque d'un accord « gagnant perdant ».

Conciliateur Le conciliateur n'a pas besoin de l'accord des parties. Dans le domaine judiciaire, il est en lien direct avec la/le juge et lui rend des comptes. Enfin, il est là pour aboutir à une solution.

Le médiateur doit s'assurer de la pleine participation des parties à la médiation. Dans le domaine judiciaire, il peut être nommé par le juge, mais est soumis à un principe de confidentialité qui le rend indépendant de cette instance, et permet de développer des points qui n'auraient pu l'être en conciliation.

Arbitre Le juge ou l'arbitre rendent une décision visant la résolution juridique et technique du différend. L'arbitrage donne lieu à une sentence arbitrale dénommée « compromis d'arbitrage » qui a la même valeur qu'un jugement. Il a le même pouvoir qu'un juge de rendre une décision qui s'impose aux parties avec force exécutoire. Le médiateur n'est pas là pour décider qui a tort ou raison : il est multipartial. Les parties conservent la responsabilité de résoudre leur différend par elles-mêmes. L'accord lie les parties sur la base des règles contractuelles. L'accord peut ensuite, sur demande des parties, être enregistré chez un avocat ou un notaire ou homologué par un juge.

Modérateur Présent surtout sur Internet, le modérateur s'assure que les contributeurs d'un site (forum, blog, espace de discussion, commentaires, etc.) respectent la loi et l'éthique du site. Il intervient pour modérer la violence, les propos racistes ou irrespectueux des personnes, les activités illégales, etc. Son action peut comporter des aspects de médiation (contact avec les contrevenants, par exemple), mais il n'y est pas tenu.

Médiateur Le métier de médiateur est une posture extrêmement précise nécessitant une formation permettant son intégration et une interrogation permanente de sa pratique. Le médiateur s'engage à suivre un code de déontologie conforme aux textes juridiques.

Les Codes des organisations de la Médiation La première organisation à avoir élaboré un code spécifique à la profession de médiateur est la Chambre professionnelle de la médiation et de la négociation. Elle a été progressivement suivie par plusieurs autres. L'originalité de ce premier code réside dans le fait que le médiateur professionnel marque l'originalité de la profession indépendante de toute conception culturelle, ce qui favorise son développement dans tous les environnements culturels et nationaux.

Les associations de médiation ont quant à elles adopté le principe de l'exercice de la médiation en référence à l'environnement juridique.

Code d'éthique et de déontologie des médiateurs Lors de la définition de la profession de médiateur, en 2001, la Chambre professionnelle de la médiation et de la négociation a élaboré un Code, avec pour acronyme le CODEOME, dont se sont inspirées plusieurs organisations de la médiation. Ce code est conçu en deux chapitres : l'éthique : elle porte sur l'ensemble des questionnements du médiateur professionnel sur son rôle sociétal la déontologie : elle porte sur l'ensemble des règles relationnelles du médiateur professionnel dans l'exercice de sa profession : relations avec les clients relations entre professionnels relations avec les professions connexes relations avec la presse et publicité

Le principe de ce code est de garantir la liberté de décision des parties et de définir les modalités d'intervention des professionnels de la médiation formés à des techniques d'ingénierie relationnelle.

Les principes fondamentaux ont été définis : Indépendance par rapport à toute forme d'autorité Impartialité relativement aux enjeux et intérêts Neutralité relativement à la solution

En affirmant la création de la profession dès 2001, la CPMN a fondé un ensemble de concepts d'accompagnement des projets relationnels, le conflit étant considéré ici non pas comme un événement juridicisable ou judiciarisable, mais comme une situation de heurts dans un contexte relationnel évolutif.

Techniques et compétences du médiateur professionnel La médiation est une discipline à part entière qui accompagne la liberté relationnelle et contractuelle. Elle permet donc une grande diversité d'expériences et de profils.

Les principales compétences sont les suivantes : l'accueil des positionnements et des points de vue. Ceci diffère de la tolérance qui implique des interdits, des tabous, et un comportement d'acceptation lequel implique un seuil où s'affirme le jugement implicite véhiculé par la tolérance ; la reconnaissance en légitimité : reconnaître que tous les points de vue, sentiments et attentes des parties sont légitimes ; la reconnaissance de l'altérité : reconnaître le droit à la différence ; l'altérocentragecf. Jean-Louis Lascoux, Dictionnaire encyclopédique de la médiation. Edition ESF, néologisme signifiant "se centrer sur l'autre" ; la distanciation : « ne pas prendre pour soi ce qui n'est pas soi », en appuyant sa pensée sur la démarche de René Descartes (Méditation seconde, 5 et suiv.), ne pas se sentir impliqué ; la maîtrise de l'art du non-questionnement pour sortir des obstacles à la relation ; la pédagogie : transmettre des savoir-faire et savoir-être facilitateurs du changement ; la créativité et la neutralité : être accompagnateur sans être soi-même porteur d'une solution ;