Théodore Faullain de Banville, né le à Moulins (Allier) et mort le dans le de Paris, est un poète, dramaturge et critique dramatique français.

Célèbre pour les Odes funambulesques et Les Exilés, il est surnommé le « poète du bonheur »Charles Baudelaire, dans la revue Fusées..

Ami de Victor Hugo, Charles Baudelaire et Théophile Gautier, il est considéré de son vivant comme l’un des plus éminents poètes de son époque.

Biographie vignette|gauche|redresse|Théodore de Banville. Fils du lieutenant de vaisseau Claude Théodore Faullain de Banville et de Zélie Huet, Théodore de Banville a fait ses études au lycée Condorcet à partir de 1830. Encouragé par Victor Hugo et par Théophile Gautier, il se consacra à la poésie, et fréquenta les milieux littéraires parmi les plus anticonformistes. Il méprisait la poésie officielle et commerciale, fut l’adversaire résolu de la nouvelle poésie réaliste et l’ennemi de la dérive larmoyante du romantisme.

Il collabore aussi comme critique dramatique et chroniqueur littéraire aux journaux Le Pouvoir (1850), puis Le National (1869) ; il devient une figure très importante du monde littéraire et participe à la Revue fantaisiste (1861), où se retrouvent les poètes qui furent à l’origine du Parnasse et de tous les mouvements de ce siècle.

Il rencontre Marie-Élisabeth Rochegrosse (1828-1904)Marie-Élisabeth Rochegrosse, née Bourotte, est la mère du peintre Georges-Antoine Rochegrosse. Son premier mari, Jules Jean Baptiste Rochegrosse, meurt en 1874. en 1862 (ils se marieront treize ans plus tard, le ), et organise la première représentation de Gringoire en 1866. Il publie Les Exilés en 1867, recueil qu’il dédie à sa femme et qu’il considéra comme le meilleur de son œuvre. Il adopte son beau-fils, Georges-Antoine Rochegrosse, et contribue à la culture littéraire et artistique de celui qui deviendra un des peintres les plus en vue de la République.

Le , il a fait l'éloge de Baudelaire sur sa tombe au cimetière du Montparnasse ( division), en présence de moins de cent personnes. Banville s'est aussi occupé, avec Asselineau, de la troisième édition des Fleurs du mal de Baudelaire.

En 1870, Arthur Rimbaud, âgé de 16 ans, initié à la poésie de son temps par la revue collective Le Parnasse contemporain, lui envoie une lettre (datée du ), en y joignant plusieurs poèmes (Ophélie, Sensation, Soleil et chair), dans l’espoir d'obtenir son appui auprès de l’éditeur Alphonse Lemerre. Banville répond à Rimbaud, mais les poèmes ne sont pas publiés.

En , Théodore de Banville héberge Arthur Rimbaud, mais dès le mois de mai, ce dernier dans ses lettres dites « du voyant » exprime sa différence et, en , dans son poème parodique Ce qu'on dit au poète à propos de fleurs, exprime une critique ouverte de la poétique de Banville.

En 1872, avec son Petit Traité de poésie française, Banville rompt avec le courant symboliste.

Il publie presque une œuvre par an tout au long des années 1880.

Il meurt à Paris le , la veille de ses 68 ans, peu après la publication de son seul roman, Marcelle Rabe. Il est inhumé au cimetière du Montparnasse ().

Appréciation Théodore de Banville a particulièrement travaillé, dans son œuvre, les questions de forme poétiqueDans la préface de son Anthologie de la Poésie Française, Gide cite une phrase de Banville qui lui semble une définition parfaite de ce qu'est la poésie : , et a joué avec toutes les richesses de la poésie française. Il lui a été reproché d'avoir manqué de sensibilité et d'imagination, mais son influence salutaire permit à de nombreux poètes de se dégager de la sensiblerie mièvre qui survivait au véritable romantisme.

Théodore de Banville unit dans son œuvre le romantisme et le parnasse, dont il fut l’un des précurseurs. Il professait un amour exclusif de la beauté et la limpidité universelle de l’acte poétique, s’opposant à la fois à la poésie réaliste et à la dégénérescence du romantismeOn reprochait à l'époque à Alphonse de Lamartine d'engager le romantisme sur la voie de la mièvrerie., contre lesquels il affirmait sa foi en la pureté de la création artistique.

Décorations

Œuvre Proses et poésies vignette|redresse|Distique placé par Théodore de Banville au bas d'une lithographie de Manet :Féroce & rose, avec du feu dans sa prunelle,Effronté, saoul, divin, c'est lui, PolichinelleHistoire d'Édouard Manet et de son œuvre par Théodore Duret..

Théâtre

Œuvres posthumes Dans la fournaise, poésies, 1892 Critiques, 1917.

Hommages vignette|redresse|Statue de Théodore de Banville à Moulins. vignette|redresse|Théodore de Banville par André Gill, . Moulins, sa ville natale, lui a dédié une avenue, ainsi qu'un parc (près de la gare) où trône sa statue de bronze, œuvre du sculpteur Jean Coulon. Le plus ancien lycée de la ville porte son nom. Un square est dédié à Théodore de Banville dans le quartier du port de Nice, face à la mer. Citation gravée dans la pierre du square : Son buste, sculpté par Jules Roulleau, est exposé dans le jardin du Luxembourg, à Paris. Georges Brassens a mis en musique son poème Le Verger du roi Louis. Sur son album Momente en 2012, le groupe autrichien L'Âme Immortelle a mis en chanson L'Étang Mâlo, poème tiré des Stalactites. Une rue du de Paris porte son nom, une autre rue à Toulouse. Une compagnie de théâtre porte le nom d'un de ses célèbres poèmes : Le Saut du tremplinSite de la compagnie..

Poèmes mis en musique Aimons nous et dormons, Le Rossignol, Les Fées (1892) de Camille Saint-Saëns Aimons nous et dormons, Dernier vœu, L'air, La nuit, Le jour, La paix, La pêche, Les étoiles, L'automne, Le printemps, L'énamourée de Reynaldo Hahn Aimons-nous et dormons, Caprice, Les Baisers, Nuit d'étoiles, Pierrot, Fête galante, Le Lilas, Les Roses, Sérénade, strophes d’Hymnis (Il dort encore), Triolet à Philis (Zéphyr), de Claude Debussy Aimons nous, de Pierre de Bréville L'Enamourée, de Charles Gounod Le verger du roi Louis de Georges Brassens

Citations « Théodore de Banville n'est pas précisément matérialiste ; il est lumineux. Sa poésie représente les heures heureuses. » Baudelaire, Fusées, 9.

Notes et références

Bibliographie Éditions critiques Œuvres poétiques complètes, Édition critique publiée sous la direction de Peter J. Edwards, Éditions Honoré Champion, en 9 volumes : Les Cariatides, textes établis, notices, variantes et notes par Peter S. Hambly, préface à l’édition critique par Edgard Pich, 2000 Les Stalactites. Odelettes. Le sang de la coupe, édition critique par Eileen Souffrin-Le Breton, Peter S. Hambly, Rosemary Lloyd, 1996, Odes funambulesques, édition critique par Peter J. Edwards, 1995 Les Exilés. Améthystes. Les Princesses, édition critique par François Brunet et Eileen Souffrin-Le Breton 1994 Occidentales. Rimes dorées, textes établis, notices, variantes et notes par Peter J. Edwards, 1998, TLMC 25, 560 p. Idylles prussiennes ; Trente-six ballades joyeuses ; Rondels ; Roses de Noël, édition critique par Ph. Andrès et R. Lloyd, 1999 Nous tous. Sonnailles et clochettes, édition critique par Peter S. Hambly, 1997 Dans la Fournaise, texte établi, notice, variante et notes par Peter S. Hambly, poèmes non recueillis et inédits, 2001 Compléments. Poèmes et manuscrits retrouvés, réception critique de l'œuvre poétique, texte établi, variantes et notes par Peter J. Edwards et Peter S. Hambly, 2009 Lettres à Auguste Poulet-Malassis, établissement du texte et annotation par Peter J. Edwards, avec la participation de Peter S. Hambly, introduction par Eileen Souffrin-Le Breton, Éditions Honoré Champion, 2006 Critique littéraire, artistique et musicale choisie, Tome I : Poésie et poètes, beaux-arts, musique. Tome II : Romanciers, prosateurs, théâtre, préfaces et lettres, choix de textes, introduction et notes par Peter J. Edwards et Peter S. Hambly, Éditions Honoré Champion, 2003, 2 vol Études Philippe Andrès, Théodore de Banville. Un passeur dans le siècle, Éditions Honoré Champion, 2009 . La biographie de Victor Barrucand Raymond Lacroix, Théodore de Banville. Une famille pour un poète, éd. Pottier, Moulins, 1990 Raymond Lacroix, La saga d'un Banville au , éd. Pottier -CSP, Creuzier-le Vieux, 2007 Philippe Andres, La femme et ses métamorphoses dans l'œuvre de Théodore de Banville, Éditions Honoré Champion, 1994

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Commentaire de Théodore de Banville sur ses Odes funambulesques

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