Les Sicaires sont une faction de dissidents juifs extrémistes du qui tentèrent d’expulser les Romains et leurs partisans de la Judée. L'historien juif Flavius Josèphe utilise ce terme péjoratif, probablement d'origine romaine, pour désigner à partir des années 50 un groupe de révolutionnaires. Il existe un débat pour savoir si ce groupe est identique ou non au mouvement des Zélotes. Avant le déclenchement de la Grande révolte juive (66), ils se distinguent par la pratique d'assassinats contre les Juifs qui collaborent avec les Romains. Chez Flavius Josèphe, à partir de 66, leurs dirigeants semblent tous liés à la famille de Judas le Galiléen, fondateur de la Quatrième philosophie. Ils jouent un rôle important au début de la Grande révolte, mais après le meurtre de Menahem, un fils ou un petit-fils de Judas le Galiléen, ils semblent se limiter au contrôle de leur forteresse de Massada et à des opérations alentour. Dans un septième volume ajouté à sa Guerre des Juifs dans les années 90 sous l'empereur Domitien, Josèphe donne une version probablement embellie de leur attitude lors du siège de Massada en 74 : il en fait le dernier épisode de la révolte juive au cours duquel selon lui tous les défenseurs préfèrent se donner la mort plutôt que d'être faits prisonniers par les Romains. Le terme sicaire vient de sica, dague (épée courte et recourbée), arme de prédilection des assassins juifs qui visaient ceux qui collaboraient avec les RomainsAlain Rey (dir), Dictionnaire historique de la langue française, éd. Les Dictionnaires le Robert, 1998, , ., et les juifs convertis qui refusaient de se faire circoncire. Étymologiquement, sicaire signifie donc « homme à la sica ».

Dénomination Sicaires vient du grec sikaroi, lui-même issu du latin sica qui signifie . Ce nom a été donné aux membres de ce groupe à cause d'une de leurs tactiques de combat.. À partir du succès de l'assassinat du grand prêtre Jonathan ben Hanan. à l'aide de ce type de poignard dissimulé dans leurs vêtements (56), ils organisent et pratiquent ce type d'assassinats politiques jusqu'au déclenchement de la Grande révolte juive. (66). Le nom de « sicaire » est une appellation négative qui vient des Romains.. Certains critiques estiment qu'eux-mêmes se désignaient sous le nom de Zélotes, et que ces deux noms sont les appellations externe et interne du même mouvement. Toutefois, ce point de vue ne fait pas consensus. Pour des historiens comme Mireille Hadas-Lebel ou Christophe Mézange, les héritiers du mouvement de Judas le Galiléen sont les Sicaires, alors que les Zélotes sont et qui sont disciples de l'école de ShammaïMireille Hadas-Lebel, Jérusalem contre Rome, Cerf, Paris, 1990, .. Simon Claude Mimouni estime qu'il est préférable de clairement distinguer les deux groupes..

Dans les archives romaines, le mot « Sicaire »

Idéologie du groupe de Judas Alors qu'il consacre près de douze chapitres à décrire, de façon idéalisée, les croyances et les pratiques des Esséniens, Flavius Josèphe expédie la description de la Quatrième philosophie en deux phrases, en expliquant que . Sur ce sujet, il se contente de dire que les partisans de Judas dont il vient de donner quelques traits. Il consacre toutefois un chapitre à décrire l'action du groupe de Judas contre le recensement (6 ). Il ne consacre aucune notice, ni aux Zélotes, ni aux Sicaires. Toutefois, il y a quasi-unanimité chez les historiens pour considérer que l'appellation « Sicaires » désigne très souvent le groupe de Judas et que les Sicaires dont il parle après le déclenchement de la révolte, sont les héritiers du groupe de Judas, dirigés par ses fils et petit-fils.

Ce qui caractérise la doctrine du groupe de Judas le Galiléen , expression de l'attente d'une rédemption ou d'une libération eschatologique par Dieu. Selon Josèphe, . Ses adeptes préconisent l'action violente contre les Romains afin d'aider la venue de cette rédemption. Ce qui permet . Simon Claude Mimouni estime que l'accord avec dont parle Josèphe, indique que Judas partage certains points de vue des pharisiens en matière de pureté rituelle. D'autres critiques comme Robert Eisenman estiment que ce dont parle Josèphe, c'est uniquement ce qu'il vient de citer concernant les Pharisiens : mépris , , prédestination de la vie humaine tempérée par le fait que Dieu laisse à la volonté de l'Homme , croyance .

Son groupe est animé ainsi que . Selon les membres du groupe, la présence des Romains est une souillure de la « terre d'Israël » et tolérer le pouvoir romain sur la Judée est une offense faite à Dieu.

Les membres du groupe de Judas le Galiléen cherchent à hâter l'intervention divine en « purifiant » le pays, au besoin par la violence. Pour eux, doit d'abord être mené au sein de la nation juive en éliminant physiquement ceux qui acceptent ou souhaitent le maintien de la domination romaine sur la Judée. C'est ainsi qu'ils tentent de mener passant par une politique de liquidation des collaborateurs juifs avec le pouvoir romain. Ce groupe . L'époque est en effet marquée .

En au moins deux occasions .

Rapport avec les autres groupes Liens avec la Quatrième Philosophie Les Sicaires semblent représenter, à partir des années 50, le renouveau de la « Quatrième philosophie » de Judas le Galiléen. Ils sont apparemment constitués d'une seule branche, celle fondée par Judas le Galiléen, connu aussi sous le nom de Judas de Gamala. Ce qui caractérise la doctrine du groupe de Judas , expression de l'attente d'une rédemption ou d'une libération eschatologique par Dieu. Ses adeptes préconisent l'action violente contre les Romains afin d'aider la venue de cette rédemption.. Ce qui permet .

Tout comme les Sicaires, le groupe de Judas le Galiléen est animé . Comme le seront les Zélotes qui apparaissent à un moment indéterminé. Tous ces groupes considèrent que la présence des Romains est une souillure de la « terre d'Israël » et que tolérer le pouvoir romain sur la Judée est une offense faite à Dieu..

Ces groupes restent incompréhensible si on ne les . L'époque est en effet marquée .

Sicaires et Zélotes Les chercheurs sont extrêmement divisés au sujet du mouvement zélote, de ses rapports avec les autres groupes, du moment où il a été créé. Chez Flavius Josèphe, le terme sicaire apparaît en 56, à l'époque du procurateur Antonius Felix lorsqu'ils assassinent le grand prêtre Jonathan ben Hanan, alors que le terme Zélote n'apparaît qu'avec la Grand révolte (66). Flavius Josèphe n'utilise pas le terme de « zélote » à propos de Judas le Galiléen. La filiation de son groupe avec les Zélotes ne paraît cependant pas faire de doute. Après avoir utilisé le terme de « philosophie », Josèphe désigne par la suite ce même groupe, de manière contradictoire, par l'appellation « sicaire » et non par celle de « zélotes ». Selon Simon Claude Mimouni, malgré cette confusion terminologique de Flavius Josèphe, on est certain que l'appellation « sicaire » vient des Romains et que l'appellation « zélotes » vient des Juifs.

Des critiques estiment que ces deux noms sont les appellations externe et interne du même mouvement. Pour les chercheurs qui estiment que les Zélotes sont identiques à la Quatrième philosophie, le terme « sicaire » est un nom péjoratif donné par les Romains à un ensemble de révoltés juifs et en particulier aux Zélotes. Pour eux le mouvement des Zélotes naît à un moment quelconque du bien antérieur au déclenchement de la Grande révolte et c'est pour une raison inconnue que Flavius Josèphe n'utilise ce terme qu'après le déclenchement de la révolte. Il peut s'agir de satisfaire les instructions de ses commanditaires Vespasien et Titus. À l'appui de cette position, une notice sur les Esséniens écrite dans un texte attribué à Hippolyte de Rome, indique que les Zélotes, aussi appelés Sicaires, seraient l'une des quatre tendances d'EsséniensAndré Dupont-Sommer, Les écrits esséniens découverts près de la mer Morte, Paris, Payot, 1983, . D'autres chercheurs accordent peu de fiabilité à cette notice car elle serait tardive et confuse. Pour Robert Eisenman, la notice d'Hippolyte permet d'identifier les Sicaires et les Zélotes au mouvement essénien. Elle expliquerait contradictions qu'on a trouvé entre les descriptions idéalisées des Esséniens par Josèphe et Philon d'Alexandrie et les manuscrits de la mer MorteRobert Eisenman, James the Brother of Jesus And The Dead Sea Scrolls, The Historical James, Paul as the Enemy, and Jesus' Brothers as Apostles, tome , éd. GDP, Nashville, 2012, mais cette identification des Sicaires aux Esseniens est très minoritaire.

Pour d'autres historiens, les Sicaires ne doivent pas être confondus avec les Zélotes. Les Sicaires seraient les héritiers de la Quatrième Philosophie alors les Zélotes ne seraient que des adhérents indépendants à la philosophie de Judas le Galiléen apparaissant au grand jour en 44-46. Toutefois, la plupart des historiens estiment que chez Flavius Josèphe ou dans les archives romaines, le mot sicaire désigne souvent les zélotes. Les Sicaires paraissent issus d'une radicalisation intellectuelle de certains « sages », alors que les Zélotes semblent issus de la radicalisation de certains « prêtres », . Toutefois Simon Claude Mimouni, estime qu'il y a lieu de ..

« Banditisme » ou « résistance » Le problème des Sicaires et des Zélotes Pour désigner les membres de ces groupes, Flavius Josèphe introduit une confusion terminologique car outre « Sicaires » et « Zélotes », il fait aussi usage des termes de « bandits » et de « brigands », utilisant le mot grec lestaï.. Il s'approprie ainsi Dans la littérature talmudique, au mot grec lestaï correspond le mot birioné ou bariona.

Les termes utilisés par Flavius Josèphe . Le banditisme ou la résistance s'est maintenu dans certaines régions de la Palestine. La Galilée est le principal foyer de cette agitation. En 47 - 46 avant notre ère alors qu'il n'est encore que stratège de Galilée, Hérode est obligé de lutter contre Ézéchias, un insurgé galiléen dont les coups de main allaient jusqu'à harceler la ville de Tyr. C'est encore en Galilée que son fils Judas conduit l’attaque de la garnison romaine de Sepphoris ( au nord de Nazareth) et s'empare de son arsenal, indiquant ainsi ses prétentions messianiques à la succession d'Hérode le Grand qui vient de mourir (4 avant notre ère). Malgré son échec, (v. 6 à 9).

De la mort d'Hérode au déclenchement de la Grande révolte, les troubles ne cessent guère. Or, pendant toute cette période, Josèphe n'utilise que le terme brigands, avant de parler pour la première fois des Sicaires en 56, puis des Zélotes en 66. Le phénomène semble s'amplifier à chaque changement de statut de la région, l'espoir dans une amélioration des conditions sociales et fiscales étant à chaque fois déçu.. .. Ces émeutes insurrectionnelles présentent un caractère répétitif, en apparence anecdotique.. Toutefois, .. La multiplication des interventions des notables auprès des autorités romaines, pour entre 52 et 66 en est l'illustration. Lorsque vers 60, Néron décide que Césarée est une ville grecque les affrontements entre Juifs et Samaritains reprennent de plus belle.

Tout concourt à exacerber les tensions et on peut considérer qu'à partir du début des années 60 la Palestine est en état de révolte. . .

Histoire Révolte contre le recensement