La rue Laffitte est une voie du de Paris, surtout connue pour ses galeries d’art.
Cette ancienne « rue d’Artois » (actuel de Paris) est à distinguer de l’actuelle rue d'Artois ( de Paris), nommée ainsi en 1897 et qui a porté notamment le nom de « rue des Écuries-d’Artois ».
Situation et accès Elle commence boulevard des Italiens et se termine rue de Châteaudun.
Cette rue est desservie par les stations de métro Richelieu - Drouot, Notre-Dame-de-Lorette et Le Peletier.
Origine du nom vignette|redresse|gauche|Jacques Laffitte. Elle porte le nom du banquier et homme politique français Jacques Laffitte (1767-1844).
Historique Percée au-delà des remparts, dans les vastes jardins de l'hôtel de Laborde du financier Jean-Joseph de Laborde, elle est créée vers 1771 entre le boulevard des Italiens et la rue de Provence. La rue Laffitte porte d'abord le nom de « rue d'Artois », du nom du frère du roi, tout comme la rue de Provence (futur Louis XVIII).
Mais en 1792, le prince qui devait être plus tard Charles X ayant émigré, le nom de « rue d'Artois » est remplacé par celui de « rue Cerutti », du nom d'un littérateur italien établi dans un hôtel de la rue à l'angle du boulevard des Italiens (qui devint le boulevard Cerutti)Cerutti était un ancien jésuite devenu républicain, élu membre de l'Assemblée nationale et qui a prononcé l'éloge funèbre de Mirabeau en 1791. Il mourut quelques mois plus tard et on donna son nom à la rue (voir source)..
Au retour des Bourbons, la rue reprend son nom de « rue d'Artois ».
En 1826, elle est prolongée jusqu'à la rue Notre-Dame-de-Lorette sur le terrain de l'hôtel Thellusson qui est détruit. Le financier et homme politique français Jacques Laffitte (1767-1844) y avait son hôtel au . Le , avec notamment Adolphe Thiers et La Fayette, il offre la couronne au futur Louis-Philippe. En , Jacques Laffitte est président du Conseil et son nom est donné à la rue. Il partage donc avec Victor Hugo le privilège d'avoir habité dans une rue portant son nom.
Les peintres Claude Monet et Henry de Waroquier y sont nés, respectivement en 1840 et 1881.
À la fin du , elle devient la rue des experts et des marchands de tableaux et reste jusqu'à la Première Guerre mondiale le centre du marché de l'art..
Le 8 mars 1918, durant la Première Guerre mondiale, une bombe lancée d'un avion allemand explose au rue Laffitte.
Bâtiments remarquables et lieux de mémoire Au début de la rue, au niveau du boulevard des Italiens ou au croisement du boulevard Haussmann, on profite d'un point de vue sur le Sacré-Cœur de Montmartre qui semble posé sur l’église Notre-Dame-de-Lorette, alors qu’en fait il est beaucoup plus éloigné. : immeubles construits par l’architecte Victor Lemaire, dans la continuité de la Maison dorée. Les deux arcades marquaient l’entrée de l’ancienne « cité des Italiens », dans laquelle Alexandre Dumas fonda le journal Le Mousquetaire, page 211.. : le marquis britannique Richard Seymour-Conway (1800-1870) puis son fils présumé Richard Wallace (1818-1890) y vécurent, y entreposant une partie de leur vaste collection artistique. : en , Ambroise Vollard ouvre une galerie à l'angle du boulevard des Italiens. Il loue également un local aux de la même rue pour entreposer le stock très important qu'il possède. Il y demeurera jusqu'en 1918. Il y organisera soixante-deux expositions, de Cézanne à Picasso, en passant par les nabis et les fauves. : Alexandre Bernheim Jeune ouvre sa première Galerie Bernheim-Jeune en 1863 en y présentant des peintres de l'École de Barbizon jusqu'en 1906, où il s'installe au 25, boulevard de la Madeleine. : Jacques Offenbach y réside de 1859 à 1876. : adresse d'Alexis Febure, marchand de tableaux vers 1880. : maison de couture de Madame Palmyre, marchande de mode en activité de la monarchie de Juillet au second-empire. vignette|Plaque au 15 bis. : emplacement de la résidence (hôtel de la reine Hortense) où, le , est né Napoléon III ; une plaque commémorative y est installée. : en 1867, le marchand d'art Paul Durand-Ruel y ouvre sa galerie. : Louis Adolphe Beugniet y ouvre en 1848 une galerie d'art qui deviendra célèbre. Son fils Georges reprendra celle-ci en 1889, s'alliant plus tard avec Bonjean. Son atelier de restauration de tableaux (et sa première galerie de 1842 à 1848) se trouvait au 10. : Emma Livry, ballerine, y vécut avec sa mère. : ancien siège de la banque Rothschild dans l'ancien hôtel d’Otrante, jusqu'à sa nationalisation en 1982.. Le bâtiment est remanié en 1836 par Duponchel et Bellenger dans un style historiciste. Il est démoli à la fin des années 1960 pour laisser la place à un bâtiment à usage de bureau construit par Pierre Dufau, en rupture architecturale avec son environnement. : Lucien Moline, courtier en œuvres d'art, y ouvre une galerie d'art à la fin du , qui verra les grands noms de la peinture passer dans ses murs.Ancien siège du journal « Pariser Tageszeitung » (PTZ), d' à . Ce journal de tendance anti-fasciste et d'opposition au régime hitlérien qui ciblait des lecteurs exilés de langue allemande avait succédé en au « Pariser Tageblatt » (PTB), fondé en 1933. Lorsque après le début de la Seconde Guerre mondiale les exilés et autres ressortissants allemands furent sans distinction considérés comme ennemis de la France et envoyés dans des camps d'internement, le manque de journalistes de langue allemande contraignit le journal de cesser sa parution en Michaela Enderle-Ristori, Markt und intellektuelles Kräftefeld : Literaturkritik im Feuilleton von « Pariser Tageblatt » und « Pariser Tageszeitung » (1933-1940), Max Niemeyer Verlag, Tübigen,, 1997, p. 19, note 52 (en ligne), quatre mois avant l'arrivée des troupes allemandes à Paris (). 20-22 : hôtel Byron où Victor Hugo réside à l’automne 1871 en attendant que son appartement du 66, rue de la Rochefoucauld soit prêt.. 21 : consulat général d'Autriche-Hongrie dans les années 1900Annuaire diplomatique et consulaire de la République française, Berger-Levrault, 1907, p. 447.. : hôtel du financier Jacques Laffitte. Il s'agissait du n°19 selon la numérotation de l'époque. : la Maison Fouquet, confiserie, chocolaterie et épicerie fine dont les origines remontent à 1852 est, depuis les années 1900, gérée par la famille Chambeau dont la cinquième génération a pris la relève en 2005La Maison Fouquet, www.fouquet.fr.. : Ambroise Vollard y ouvre sa première galerie en . Il organise une exposition inaugurale consacrée aux dessins et croquis de Manet provenant de son atelier, du au « De Cézanne à Picasso, chefs-d'œuvre de la galerie Vollard », musée d'Orsay, 2007, notice détaillée sur l'exposition, www.musee-orsay.fr.. : Ambroise Vollard y emménage en pour occuper un local plus grand. Il inaugure sa galerie en organisant la première exposition consacrée à Vincent van Gogh à Paris. L'exposition est un succès et, encouragé par cet accueil chaleureux, il présente quelques mois plus tard l'œuvre d'un autre délaissé, Paul Cézanne. Du au , il présente cent cinquante œuvres par roulement dans sa petite galerie. : l'homme politique José de la Cruz y meurt le . : André Citroën y est né le . : Claude Monet y naquit en 1840Jean-Jaques Lévèque, Gustave Caillebotte. L'oublié de l'impressionnisme, 1848-1894, 1994, acr-edition.com (en ligne). ; l'atelier de photographe qui y est installé depuis au moins 1877 est repris par le photographe Raoul Autin en et revendu en novembre de l'année suivante à CapellePortrait photographique de Guy de Maupassant par Autin et note s'y référant dans Guy de Maupassant, William Busnach, Madame Thomassin, édition de Marlo Johnston, Publications des Universités de Rouen et du Havre, 2005.. Au XXe siècle, ce sont les Laboratoires et studios Sartony qui occupent dans les lieux.
Clovis Sagot y établit sa galerie d'art dans les premières années du Séance plénière de la Commission du Vieux Paris du 28 juin 2017, . ; Berthe Weill y tint sa galerie de tableaux de 1920 à 1927.. : l'artiste peintre Louise Abbéma (1853-1927) avait son atelier à cette adresse de 1883 à 1908André Roussard, Dictionnaire des peintres à Montmartre, Roissy-en-Brie, Éditions A. Roussard, 1999, , ..
Monuments détruits Hôtel de la reine Hortense : logement d'Hortense de Beauharnais, à l'emplacement de la rue Pillet-Will. Hôtel Laffitte appartenant au financier Jean-Joseph de Laborde, à cheval sur la rue de Provence, qui deviendra par la suite l'hôtel de Jacques Laffitte, puis d'Alexandre Goüin.
Dans la littérature Dans Le Flâneur des deux rives, le poète Guillaume Apollinaire intitule un chapitre « La Cave de M. Vollard », qu’il situe au .
Peinture En 1907, Pierre Bonnard peint Un dîner chez Vollard ou La Cave de Vollard..
Bibliographie « Rue Laffitte », www.paris-pittoresque.com. Charles Lefeuve, Histoire de Paris rue par rue, maison par maison, 1875 (en ligne). Jan-Wilem Noldus, « Une rue avec vue : la rue Laffitte », autourduperetanguy.blogspirit.com (en ligne).
Notes et références
Pour approfondir Bibliographie
Articles connexes Liste des voies du de Paris
Liens externes
Carte interactive des voies de Paris sur le site de la direction de l'urbanisme de la Ville de Paris
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