thumb|Blocus de la bande de Gaza ().|349x349px

Le blocus de la bande de Gaza de 2007 est un blocus de la bande de Gaza imposé par Israël, avec l'appui de l'Égypte, depuis la prise de contrôle par le Hamas en .

En 2005, après 38 ans d'occupation, faisant suite à la conquête du territoire lors de la guerre des Six Jours en , le gouvernement israélien retire ses forces armées, ses forces de police civile et militaire, évacuant aussi les 21 colonies juives (peuplées alors d'environ ) de la bande de Gaza.

Le Hamas remporte les élections législatives palestiniennes de , puis gouverne la bande de Gaza après en avoir évincé le Fatah lors d'affrontements armés.. En guise de sanction à l'égard du Hamas, Israël impose avec l'appui de l'Égypte, à partir du , un siège sans précédent aux quelque deux millions d’habitants de ce territoire.

Selon l'International Crisis Group (ICG), ce blocus découle de 3 facteurs: la prise de pouvoir violente du Hamas,l’effondrement des mécanismes sécuritaires de l’Autorité palestinienne et la volonté d’Israël et de l’Égypte de contenir un acteur armé soutenu par l’Iran. Il souligne que le blocus vise prioritairement les capacités militaires du Hamas, tout en ayant des effets civils massifs.

Quand le Hamas prend le contrôle de la bande de Gaza, l'Égypte et Israël ferment leurs postes-frontières avec Gaza, car les forces du Fatah et de l'Autorité palestinienne ont dû fuir la bande de Gaza et ne peuvent plus y assurer la sécurité. L'Égypte craint que le contrôle du Hamas sur Gaza n'y accroisse l'influence iranienne. Le ministre des Affaires étrangères égyptien Ahmed Aboul Gheit explique aussi que l'ouverture du poste-frontière de Rafah, le seul sur la frontière entre l'Égypte et la bande de Gaza, délégitimerait l'Autorité palestinienne. Israël, de son côté, déclare que le blocus est nécessaire pour protéger les citoyens israéliens du terrorisme, des attaques de roquettes et de toute autre activité hostile et pour empêcher l'entrée à Gaza de marchandises à usage militaire.

Le Conseil de sécurité des Nations unies demande dans sa du , et aux États membres de .

Le blocus a été allégé le par l'ouverture du poste-frontière de Rafah pour certaines marchandises, puis plus largement par l'Égypte à partir du à la suite de la révolution égyptienne de 2011 , haaretz.com..

Le blocus de Gaza par Israël a coûté 17 milliards de dollars au territoire palestinien (soit six fois la valeur de son PIB), qui a vu son PIB par personne chuter de 27 % et le chômage grimper de 49 % entre 2007 et 2018, souligne un rapport de l'Organisation des Nations unies (ONU) publié en .

Contexte En 1967, à la suite de la guerre des Six Jours, les Israéliens occupent toute la Cisjordanie, Jérusalem-Est et la bande de Gaza. La circulation des Palestiniens entre Gaza et la Cisjordanie n'est pas autorisée par les autorités occupantes. Après 1972, des permis de sortie sont distribués, qui permettent aux habitants des territoires occupés de se déplacer librement..

En , dans le contexte de la première Intifada, interviennent les premières restrictions à ces permis de sortie. Dans la bande de Gaza, le gouvernement israélien impose un système de cartes magnétiques, dont seuls les porteurs sont autorisés à entrer en Israël depuis la bande de Gaza. Les prisonniers relâchés et les anciens détenus administratifs ne peuvent pas obtenir une carte.

En , dans le contexte de la guerre du Golfe, les autorités israéliennes suspendent les permis de sortie généralisés ; chaque résident des territoires occupés qui veut entrer en Israël doit demander et obtenir un permis personnel. . Les points de passages sont rouverts, mais les permis accordés beaucoup plus parcimonieusement.

Quand éclate la seconde intifada, pendant quelques mois, il est impossible pour les Palestiniens de se rendre en Israël ou de circuler entre Gaza et la Cisjordanie.

Depuis 2001, les travailleurs palestiniens sont autorisés à se rendre en Israël en nombre limité et d'autres sont autorisés à se rendre en Israël pour raisons médicales, pour le commerce, ou d'autres raisons mais en nombre restreint. Les territoires occupés sont, depuis, régulièrement bouclés, à la suite d'actes de violence de la part de Palestiniens ou à l'occasion de fêtes juives.

En , Ariel Sharon (alors premier ministre d'Israël) prononce un discours historique devant la Knesset dans lequel il prône un désengagement unilatéral israélien de Gaza..

Président de l'Autorité palestinienne depuis 1996, Yasser Arafat décède en France, dans un hôpital militaire, le et des élections présidentielles sont organisées en , lors desquelles Mahmoud Abbas remporte une écrasante majorité..

En , se tiennent les premières élections municipales dans les territoires palestiniens depuis 1967Déclaration préliminaire de la mission d'observation du , sur le site de l', , texte intégral (consulté le ).. Le Hamas, dont c'est la première participation à un scrutin, remporte une nette victoire, en Cisjordanie notamment.. Ces résultats constituent un choc pour les partisans du Fatah et de violents affrontements éclatent à Gaza dès le mois de 2005 entre partisans du Hamas et du Fatah..

En 2005, après 38 ans d'occupation, Israël retire ses forces armées et supprime les 21 colonies situées de la bande de Gaza. Toutefois, ce désengagement est unilatéral, sans coordination avec l'Autorité palestinienne. Le , Israël termine l’évacuation de ses ressortissants de la bande de Gaza.. Toutefois, l'espace aérien, maritime et les frontières restent contrôlées par Israël.

Le , Condoleezza Rice annonce que l'Autorité palestinienne et Israël sont parvenus à un accord sur la liberté de mouvement des Palestiniens à Gaza. L'accord prévoit notamment qu'Israël facilite la circulation entre Gaza et la Cisjordanie, et accepte que ses soldats ne soient pas présents au point de passage de Rafah entre Gaza et l'Égypte, dont la sécurité doit être assurée par un contrôle conjoint israélo-palestinien par vidéo-surveillance, sous supervision européenne. La construction d'un port à Gaza est évoquée dans l'accord.. Le , le point de passage de Rafah (fermé depuis le retrait israélien en ) est rouvert à la circulation.

Du 25 au , le Hamas participe aux élections législatives palestiniennes de 2006 et remporte 76 des du Conseil législatif palestinien. Ces résultats constituent un choc, tant pour les gouvernements occidentaux et israélien, que pour les partisans du Fatah. L'annonce des résultats donne lieu à des protestations et à de violentes altercations entre partisans du Hamas et du Fatah.. Le gouvernement israélien et le Quartet pour le Moyen-Orient annoncent rapidement que la reconnaissance du futur gouvernement palestinien sera soumis à trois conditions : à la violence, l'État d'Israël, les précédents accords israélo-palestiniens, conditions refusées par le Hamas..

Le , Ismaël Haniyeh est nommé premier ministre de l'Autorité palestinienne. Les tensions inter palestiniennes s'intensifient.

En , les sanctions économiques sont prononcées contre l'Autorité palestinienne (par le Quartet et Israël).

Le , à la suite du bombardement israélien de la plage de Gaza qui causa la mort de huit personnes (dont trois enfants) d'une même famille palestinienne., le Hamas rompt une trêve de seize mois. Le , des combattants palestiniens attaquent un poste militaire de l'armée israélienne, tuent deux soldats et capturent Gilad ShalitGilad Shalit, enlevé le , Le Figaro, .. L'attaque, qui a fait deux morts côté palestinien, est revendiquée conjointement par les Brigades Izz al-Din al-Qassam (branche armée du Hamas), le Comité de résistance populaire et l'Armée de l'islam..

En , le Hamas et le Fatah forment un gouvernement d'unité nationale palestinienne dirigé par Ismaël Haniyeh. Le président de l'autorité palestinienne Mahmoud Abbas le dissout le suivant et décrète l'état d'urgence après plusieurs mois de violents affrontements entre les membres du Hamas et ceux du Fatah« Gaza : Abbas limoge le gouvernement et décrète l'état d'urgence », TF1 News, .. Le lendemain, le Hamas prend le contrôle de la bande de Gaza« Le Hamas contrôle la bande de Gaza, le président Abbas a décrété l'état d'urgence », LeMonde.fr, .. En une semaine de combats, le bilan est de et plus de selon le CICRGaza et Cisjordanie – CICR Bulletin / 2007..

En , dans la foulée de la prise de contrôle de la bande de Gaza par le Hamas, l’Égypte et Israël scellent leurs passages frontaliers avec Gaza au motif que les forces du Fatah ayant pris la fuite, la sécurité des points de passages n’est plus assurée du côté palestinien , ..

Conséquences du blocus Restrictions

Le blocus imposé par Israël sur la bande de Gaza a été très sévère de à . Presque tous les produits commerciaux ont été interdits d'importation, sauf quatre-vingt-trois produits qui ont été autorisés à un moment ou un autre. Les organisations humanitaires ont pu apporter une quantité limitée d'aide humanitaire. Le blocus comprenait également des restrictions à la fourniture d'électricité par Israël. B’Tselem, une ONG israélienne active dans le domaine des droits de l'homme, considère que ces interruptions de l'approvisionnement électrique constituent une forme de punition collective, donc contraires au droit international , .. En , des documents obtenus au tribunal par Gisha, un groupe israélien de défense des droits de l'homme, montrent que le blocus a été mis en place principalement comme moyen de pression psychologique pour forcer les habitants de la bande de Gaza à chasser le Hamas du pouvoir , ..

Faute d’approvisionnement en camions et carburant, les Gazaouis se sont tournés vers des charrettes tirées par des ânes afin de transporter divers produits agricoles ou se déplacer. En 2021, Israel interdit également l'importation d’ânes à Gaza, ces derniers étant devenus indispensables à l'économie gazaouie.

Conséquences sanitaires du blocus Dans un rapport de 2011, l'OMS, rappelant que , considère qu'Israël .. La position officielle du gouvernement israélien, formulée en 2007, qui consistait à limiter le passage au poste-frontière d'Erez , introduisait une distinction entre les cas d'urgence vitale et ceux ne concernant que la .. Dans un arrêt de 2009, la cour suprême israélienne a atténué cette analyse en considérant qu'une telle distinction n'était pas appropriée en cas de . En 2011, la position officielle d'Israël est d'autoriser le passage en cas de ..

Max Gaylard, coordinateur humanitaire de l'ONU pour les territoires palestiniens, déclarait en 2010 que . Selon l' en 2011, le blocus compromet l'exercice du droit à la santé. des Gazaouis sur les plans suivants, essentiels et liés entre eux. :