Henri Salmide, né Heinz Stahlschmidt le à Dortmund et mort le à Bordeaux, est un sous-officier de la KriegsmarineDu Marine-Regiment Kühnemann de la Marine-Brigade Weber, mais dépendant du Leutnant-General Nake, commandant en 1944 la division d'infanterie. qui a empêché la destruction du port de Bordeaux par les Allemands en août 1944 durant la Seconde Guerre mondiale en faisant sauter le bunker qui abritait les explosifs.

Seconde Guerre mondiale Son père est renversé à vélo. Sa mère doit subvenir seule aux dépenses du foyer. Seul l'un des deux frères fera des des études, tandis que Henri intégrera la marine allemande pour apprendre un métier. A la déclaration de guerre en 1939, Il survit aux naufrages des trois navires de guerre sur lesquels il sert. Lors de son premier naufrage, il se trouvait à bord du croiseur lourd Blücher, qui fut coulé le dans le golfe d'Oslo par des torpilles lancées depuis la côte (seul navire coulé par des torpilles terrestres durant la guerre). À la suite de ses trois naufrages en deux mois, il demande à ne plus naviguer, demande acceptée par sa hiérarchie. À l'issue de contrat d'engagement de cinq ans, il se forme aux explosifs et revient à Bordeaux en tant que réserviste. Il conçoit mines et torpilles pour les bases de Bordeaux, Royan et La Rochelle, engins conçus dans la base de Roque-de-Thau, près de Blaye, qu'il dirige en 1943 et début 1944.

Bordeaux, août 1944 En , avec la fin prochaine de la bataille de Normandie et après le débarquement en Provence et la rapide progression alliée, les Allemands s'apprêtent à quitter le sud-ouest de la France ou à se replier dans la poche de Royan et de la pointe de Grave.

Le , en tant que maître-artificier de la Kriegsmarine, Heinz Stahlschmidt reçoit l'ordre de détruire toutes les installations portuaires et les quais de la ville, qui s'étalent sur plus de 12 kilomètres, afin d'empêcher les Alliés de les utiliser. Le à , quatre jours avant la destruction planifiée, il fait sauter le blockhaus de la rue Raze, sur le quai des Chartrons, contenant les charges explosives ( d'explosifs et 200 détonateurs à retardement de 3, 6 et 12 minutes destinés aux 200 charges d'explosifs enterrées sur les quais). Son action aurait provoqué la mort d'une cinquantaine de soldats allemands (information non vérifiée !) mais il est estimé qu'elle aurait sauvé la vie à environ civils.. D'après lui, l'explosion des huit kilomètres de quais aurait provoqué un glissement de terrain vers la Garonne qui aurait emporté la façade des quais sur cent mètres de profondeur. Dans une interview à Reuters en 1977, Salmide dira qu'il avait agi selon sa conscience chrétienne, et qu'il ne pouvait pas accepter que le port soit détruit alors que la guerre était clairement perdue.

Il sera protégé par la résistance française, en l'occurrence les frères Moga, rugbymen béglais, qui l'ont caché, alors que l'armée allemande organise sa retraite. Il sera considéré comme perdu dans l'explosion. C'est d'ailleurs André Moga qui sur son lit de mort convoquera la presse en 1992 pour qu'on rende justice à cet homme « oublié » par l'Histoire.

Après-guerre Considéré après guerre comme traître et déserteur, son nom fut rayé de la liste des vétérans de la marine allemande éligibles à une pension. Il sera par ailleurs le premier Allemand à recevoir un laissez-passer après la Libération de Bordeaux. Naturalisé français sous le nom de Henri Salmide en 1947, il a épousé une Française en 1949 à Bordeaux où il s'est installé et a travaillé comme démineur pendant les années d'après-guerre, puis comme sapeur-pompier forestier de la Gironde, puis sur le bateau-pompe du port de Bordeaux jusqu'à sa retraite en 1969. Son action héroïque a été reconnue tardivement. Il sera décoré par le maire Jacques Chaban-Delmas le de la médaille de la Ville de Bordeaux, ce sera le dernier acte public du maire après 47 années de mandat. Il a été fait chevalier de la Légion d'honneurPromotion 2000. cinq ans plus tard, pour récompenser « 23 ans de services civils », sans mention de son fait d'armes à BordeauxMAG 44, n° 36, juin 2006, p. 12. Le siège social de Bordeaux Port Atlantique, installé en 2012 à Bacalan, porte le nom d'Henri SalmideVoir le journal Sud Ouest du 17 février 2012..

Il est inhumé au cimetière protestant de Bordeaux, rue Judaïque, dont une des allées porte son nom.

Décoration (2000) Médaille de la Ville de Bordeaux (1995)

Bibliographie Erwan Langeo, L'Allemand qui a refusé de détruire Bordeaux : Bordeaux 40-44, 2019 > La Biographie officielle. Dominique Lormier, Bordeaux brûle-t-il ?, ou la Libération de la Gironde 1940-1944, Les Dossiers d'Aquitaine, 2003 Erik Schaake, L'Allemand qui sauva Bordeaux par amour : de la Wehrmacht à la Résistance, 209 p., éd. M. Lafon, 2011 > Un Roman historique !

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes

Mohamed Taleb Aristides de Sousa Mendes Histoire du port de Bordeaux pendant la Seconde Guerre mondiale

Liens externes

Interview de Christian Seguin, qui a publié le 31 janvier 1993 dans Sud-Ouest Dimanche l'histoire d'Henri Salmide : La conscience du soldat perdu

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