Le Sabre de mon père est une pièce de théâtre de Roger Vitrac créée au Théâtre de Paris le 17 février 1951. Elle a été mal accueillie par la critique. La pièce, inspirée par des réminiscences de l'enfance de l'auteur, a déçu beaucoup de critiques, même parmi les plus ouverts à l'œuvre de Vitrac.

Présentation La pièce est une « comédie en trois actes ». Le personnage principal est le père (Édouard Dujardin) ; la pièce est profondément marquée par les souvenirs d'enfance et de jeunesse de l'auteur. Vitrac a confié qu'il avait écrit les deux premiers actes facilement, en 1945, puis qu'il s'était senti bloqué ; et il ajoute qu'en 1950, « le refoulement qui m'empêchait de voir la fin de ma pièce est levé ». Il est probable qu'il craignait de blesser son père ; entre-temps, celui-ci était mortHenri Béhar, Roger Vitrac, un réprouvé du surréalisme, ..

Dans une petite ville du Lot, en (comme le montre le passage de la comète de Halley), la vie des personnages s'écoule dans la médiocrité du quotidien, au milieu des mensonges et des compromissions, des désirs plus ou moins assumés et des velléités sans lendemain. Le petit SimonOn peut rappeler que Simon est le troisième prénom de Roger Vitrac. regarde avec déception le monde qui l'entoure et ce père qui n'est pas à la hauteur de ses ambitions.

Certains des personnages sont, quatre ans plus tôt, ceux qu'on avait vus à Paris dans Le Coup de Trafalgar : les Dujardin et leur fils Simon, Flore Médard.

Création Mise en scène : Pierre Dux Décors : Félix Labisse Costumes : Rosine Delamare Personnages et interprètes : Françoise Dujardin : Sophie Desmarets Édouard Dujardin : Pierre Dux Pierre Martignac : Max Palenc Adélaïde Poinsot : Claire Gérard Boussu : Noël Roquevert Albert Feuillade : Jean Lagache Docteur Laborderie : Charles Deschamps Nini : Anne Vitrac Clémence : Luce Clament Simon : Serge Lecointe Flore Médard : Marcelle Arnold Diane Condé : Geneviève Berney Popaul : Jean-Jacques Duverger Isabelle Laborderie : Janine Liezer Pierril: René Génin

Critiques La critique (Robert Kemp, Max Favalelli, Roger Nimier, Renée Saurel et bien d'autres) se déchaîne contre la pièce. On lui reproche de manquer de « construction » et de fil conducteur, de comporter des longueurs et des éléments superflus ; ce n'est donc même pas un bon vaudeville. Gabriel Marcel déclare que c'est « la fosse commune du vaudeville et du mélodrameLes Nouvelles littéraires, 20 février 1951. ». On ne reconnaît pas, et certains regrettent, le dramaturge subversif d'avant-guerre. On reproche à Pierre Dux d'avoir monté à grands frais une pièce qui n'en valait pas la peine. Jean-Jacques Gautier est plus indulgentLe Figaro, 19 février 1951..

La pièce fut cependant défendue par Jean Anouilh :

Cette critique fait écho à celle de Robert Kemp :

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Henri Béhar, Roger Vitrac, un réprouvé du surréalisme, Paris, Nizet, 1966, (en ligne).

Liens externes

Henri Béhar, "Vitrac, théâtre ouvert sur le rêve"

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