Le royaume du Kongo ou royaume du Congo était un royaume mais aussi un empire Kintotila kia Kongo/Kongo dia Ntotila (ou Kongo dya Ntotila, Kongo dya Ntotela et Kongo dia Ntotela) était plus comme une forme d’État fédéral au sens large. de l'Afrique centrale, situé dans ce qui est actuellement les territoires du nord de l'Angola, dont le Cabinda, du sud de la république du Congo, de l'extrémité occidentale de la république démocratique du Congo et du sud-ouest du Gabon. À son apogée, il s'étend de l'océan Atlantique jusqu'à l'ouest de la rivière Kwango à l'est, et du fleuve Congo jusqu'au fleuve Loje au sud.

Il est l'un des premiers États d'Afrique à avoir adopté le christianisme par l'intermédiaire de sa famille royale sous influence portugaise à la fin du - début du .

Géographie Lors de la découverte de la région par les Portugais, le Kongo ne forme qu'un seul État exerçant une hégémonie sur une vaste région située entre le plateau de Benguela, les plateaux Batéké et jusqu'à la mer au-delà du Kwango. Les frontières suivent la rive du fleuve Congo et son expansion s'effectue vers le sud. Le royaume est très peuplé et les auteurs évoquent une démographie estimée entre 2 et 8 millions d'habitants.

Selon certains chroniqueurs européens, dont Duarte Lopez en 1591 et Giovanni Cavazzi Antonio de Montecuccolo en 1667, à l'époque du premier contact avec les Portugais, le royaume du Kongo devait avoir une étendue de plus de . Une grande partie du Sud-Ouest de la république démocratique du Congo, du Nord de l'Angola, du Sud de la république du Congo et du Sud-ouest du Gabon composaient cet État.

Toutefois, les chroniqueurs européens ont fait beaucoup de confusions dans leurs estimations du territoire d'un pays dont ils ignoraient l'organisation administrative. C'est ainsi que certaines provinces qu'ils rencontrèrent loin de la capitale Mbanza-Kongo devinrent des « royaumes » à part entière sous leur plume. Il s'agit généralement des localités traversées par les voyageurs européens, depuis les ports de la côte atlantique, d'où ils débarquaient, jusqu'à la ville de résidence du Mwene Kongo située à dans l'arrière-pays.

Ainsi, pour tout le département, on comptait sept districts. Ce sont ces districts que les Européens ont pris, tantôt pour des royaumes, comme le Ngôyo, le Kakongo du Kôngo-dya-Mpânzu, tantôt pour des provinces, comme le Nsûndi, le Mbâmba et le Mpêmba du Zyta-Dya-Nza

Généralement, les chroniqueurs européens réduisent le territoire de Kongo aux seules dimensions de sa province capitale, Zita-Dya-Nza (le « nœud du monde »), dont le chef-lieu était précisément Mbanza-Kongo, où le Mwene recevait les ambassades étrangères. D'ailleurs, l'on sait désormais que l'Angola faisait partie de la fédération Kongo-Dyna-Nza, jusqu'à ce que Paulo Dias de Novais y arrive en 1574 et y organise une sécession.

Bref, en nous fondant sur ces renseignements fournis par Duarte Lopez via Felippo Pigafetta, renseignements que semblent confirmer la Tradition, nous pouvons avancer que le royaume du Congo s'étendait entre la latitude 1 1/2° nord et la latitude 22° sud, du 24° de longitude est à l'océan Atlantique. Il atteindrait une superficie dépassant les […].

Histoire

Origines

Selon la mythologie

Selon l’une des versions mythologiques de leur origine, rapportée par Raphaël Batsîkama, l’ancêtre primordial (Nkâka ya kisina) des baKongo serait une dame nommée Nzinga, fille de Nkuwu et épouse de Nimi. La société traditionnelle kongo étant matrilinéaire, à l’instar de tant de sociétés africaines dites bantoues, on conçoit que son aïeul primitif fût nécessairement une femme, sinon réellement, au moins symboliquement.

Nzinga aurait eu trois enfants, deux garçons jumeaux et une fille, respectivement N'vita Nimi, Mpânzu a Nimi et Lukeni Lwa Nimi. Les quatre noms primordiaux de l’ancêtre et de ses enfants tiennent lieu également d’appellations pour les quatre mvila initiaux ; c’est-à-dire les lignages ancestraux des ba-Kongo.

Les frères et autres collatéraux de Nzinga à Nkuwu ont reçu la fonction de maître des terres ; c'est-à-dire qu'ils se sont spécialisés dans la manipulation des énergies telluriques, notamment en vue d'exécuter les opérations rituelles présidant aux implantations coloniales successives dans le bassin du fleuve Nzadi. Vit’a Nimi était l’aîné des enfants Nzinga, on l’appelle également Ma-samba, ou encore Nsaku. Ses descendants sont les ki-Nsaku. À eux sont dévolues les fonctions de médiation aussi bien spirituelle que politique. Héraut, négociateur, diplomate, voire intercesseur auprès des ancêtres. Mpânzu-a-Nimi était réputé intrépide, habile de ses mains et excellent agriculteur. C’était également un Ndamb’a Ngolo, c’est-à-dire un excellent mineur. Lukeni se distinguait surtout par sa beauté et sa fécondité qui lui donna une nombreuse progéniture, dont elle aurait excellé dans l’éducation. D'où son surnom Mungoyo’a Ntende, c’est-à-dire « la belle aux mille chances ». Elle hérita aussi du nom de sa mère, Nzinga.

Les mvila primitifs auraient occupé d’abord le territoire de Kongo-Dya-Mpangala sous l’autorité spirituelle et politique de Vit’a Nimi. Ils investirent progressivement cette région, une vaste plaine très ensoleillée et riche en minerais, traversée par le fleuve Kwânza (ou Nzadi = Zaïre). Ils y fondèrent diverses agglomérations, notamment Mpangala, Mazinga, Ngoyo, Mpemba, Lwangu, Nsundi, Mbinda, Mbembe, Mbamba, Mpangu.

Selon les historiens Selon les traditions orales recueillies par les missionnaires au , le fondateur du royaume est un conquérant venant soit de l'est, soit du nord, mais dans tous les cas par-delà le fleuve. Dans Historia do reino do Congo (1624), les Portugais indiquent que le royaume aurait été fondé au . Dapper, missionnaire au précise que le royaume du Kongo naît dans le royaume de , formé par un père fondateur, Lukeni lua Nimi. Ces affirmations indiqueraient que les premières organisations politiques se formeraient au nord et nord-ouest du Pool Malebo dèjà vers l'an 1000.

Les analyses linguistiques des sources et des dialectes kongo permettent de conclure que les fondateurs sont originaires de la région de Mbanza-Kongo et qu'ils résultent d'une branche du bantou de la côte occidentale provenant d'une migration depuis le Pool Malebo dans le processus des expansions bantoues. Cette migration s'effectue entre le et le Une rupture s'observe après le dans ces phases d'expansion avec une période de longue durée qui provoque des regroupements politiques. Plusieurs chefferies apparaissent. Au , l'ouest du bassin du Congo compte trois principales confédérations d'États : les , absorbés au par le royaume du Kongo, le , et enfin la confédération qui forme l'origine du royaume Kongo. Ce dernier repose sur trois royaumes : (État dirigeant), Kakongo et Ngoyo. Ces royaumes sont repris dans la tradition pour désigner les royaumes suivants : le Kongo, le Loango et un royaume Téké.

La constitution du royaume du Kongo se distingue des royaumes voisins en reposant sur l'agglomération et la confédération de plusieurs chefferies et provinces. Le pouvoir du roi kongo, le Manikongo, est d'abord de nature spirituelle, cette autorité lui venant de pouvoirs surnaturels et divinatoires qui lui donnent accès aux ancêtres. L'origine attribuée au remonte à la tradition enregistrée au , cependant, cet État est à l'époque déjà considéré comme un site sacré par Girolamo de Montesarchio.

Vers 1375, Nimi a Nzima, souverain de Mpemba Kasi et de , conclut une alliance avec Nsaku Lau, souverain du . Nimi a Nzima épouse Lukeni lua Nsanze, la fille de Nsaku Lau. Lukeni Iua Nimi, fils de cette union, lance l'expansion des territoires. Après la mort de Nimi a Lukeni, les souverains qui lui succèdent se réclamèrent de son lignage, prenant le nom de Kilukeni, et régnant sur le royaume du Kongo sans opposition jusqu'en 1567.

Hégémonie du Kongo ()

Christianisation et règne d'Alphonse I thumb|Armes personnelles d' commémorant sa victoire remportée en 1506 ou 1507 sur son beau-frère Mpanzu à Kitima grâce à l'apparition miraculeuse de cinq chevaliers célestes.

Au cours de ses voyages le long de la côte africaine dans les années 1480, le navigateur portugais Diogo Cão fut le premier Européen à évoquer un grand empire qui contrôlait le commerce dans la région. Il évoque la présence de trois organisations politiques : le Kongo, le Loango et le (associé au royaume Tio). Cao remonta le fleuve Nzadi ou Zaïre qui était selon lui la voie d’accès vers le royaume du prêtre Jean. En 1483, il rendit visite à Ntinu Nzinga Nkuwu dans sa capitale, Mbanza-Kongo. Le royaume du Kongo était alors à son apogée grâce à la production d’ignames et d’échange de houes et d’armes (et de cuivre transitant par les Batéké) avec les populations de l’intérieur de l’Angola. Le premier contact fut pacifique et certains dignitaires furent emmenés (ou capturés par surprise selon les sources) au Portugal.

Des missionnaires catholiques arrivèrent dans la région en 1490. L'année suivante, Nzinga Nkuwu fut baptisé et prit le nom de Ndo Nzuawu (prononciation kongo de Dom João), imité par la famille royale et les proches du pouvoir. À sa mort, les anciens désignèrent un de ses enfants non chrétiens, Mpanzu, pour lui succéder mais son fils aîné, Mvemba-a-Nzinga, baptisé Alfonso ou Ndo Funsu vers 1491, le renversa en 1509. et devint « par la Grâce de Dieu » le septième « roi du Congo, de Loango, de Kakongo et de Ngoyo, sur et sous le Zaïre, seigneur d'Ambundo et d'AquisimaSud de l'actuel Bengo au-delà de la Cuanza, cf. Parc national de Kisama., de Musunu, de Matamba, de Mulili, de Musuku et des Anziques, de la Conquête, de Pangu Alumbu, ». Il reçut à cette occasion du roi du Portugal des armes et une bannière d'argent à la croix de saint André alésée de gueules alésée.

Alphonse Ier fait par ailleurs appel à l'un des héraldistes du roi du Portugal afin de réaliser son blason. Celui-ci apparaît aux côtés de ceux du roi de Pologne, d'Écosse ou de Bohème dans un armorial de 1528, témoin du caractère particulier qu'occupe ce royaume catholique hors d'Europe au . À son apogée, le royaume s'étend sur plus de et sa capitale abrite .

Le christianisme devient officiellement religion d'État sous le règne d'Alphonse Ier qui envoie son fils Lukeni Lua Nzinga étudier au Portugal afin d'y suivre les enseignements religieux. Ce dernier devient en 1518 le premier évêque africain de l'histoire de l'Église catholique moderne sous le nom de Henrique. Il encourage les baptêmes et l'éducation et accueillit des jésuites qui l'aident à ouvrir une école pour . La capitale du pays fut reconstruite en pierre et renommée São Salvador (Saint-Sauveur).

Intégration au commerce atlantique Les échanges commerciaux avec les Portugais se développent particulièrement sous le règne d'Alphonse Ier du Kongo. Les premiers échanges portent sur l'exportation du cuivre, de l'ivoire, de tissus de raphia, de peaux de fauves et de miel, mais également les premiers esclaves. Dès 1514, la traite des esclaves s'intensifie et le Manikongo Alphonse Ier tente de mettre en place des monopoles royaux. Cependant, la politique commerciale échoue et la traite est monopolisée depuis Sao Tomé ainsi que les royaumes voisins situés sur la côte.