Le musée de Bretagne est un musée de société et d'histoire installé depuis 2006 aux Champs libres, entre la gare et le centre-ville de Rennes, dans le département français d'Ille-et-Vilaine en région Bretagne. Il était situé auparavant au sein du palais universitaire, quai de la Vilaine, avec le musée des Beaux-Arts de Rennes. En 2016, le musée de Bretagne a fêté ses et ses passées au sein des Champs libres.

Il s'agit d'un musée à vocation régionale, qui au cours d'une longue évolution s'est présenté tout d'abord comme un musée d'archéologie et d'ethnologie puis s'est affirmé comme un musée de société.

Conformément à l'appellation Musée de France, il mène des missions d'enrichissement et de conservation du patrimoine, d'étude de valorisation lié à l'histoire de la Bretagne et la société bretonne aujourd'hui. Ses collections regroupent plus de et objets. Elles sont représentatives du patrimoine breton, des premières traces de l'Homme à nos jours.

Depuis 2007, le musée de Bretagne est labellisé Tourisme et Handicap. Il propose de nombreuses visites commentées, et également des visites LSF et tactiles. Des audioguides sont également proposés..

Histoire Les premières collections du musée proviennent des confiscations révolutionnaires de 1794, et notamment du cabinet de curiosités de Christophe-Paul de Robien (1698-1756), président à mortier du Parlement de Bretagne. Elles contiennent des œuvres d'art, d'archéologie, de numismatique, d'histoire naturelle, couvrant le territoire breton, mais également français et des objets ethnographiques extra européens.

Le premier « Musée de Rennes » naît officiellement le 24 vendémiaire an XIV (), date à laquelle la municipalité acquiert la pleine propriété des collections saisies. Elles constituent le socle des musées rennais. vignette|Musées de Rennes, vers 1915 (992.0060.9).|gauche Entre 1805 et 1850, les collections du musée sont déplacées plusieurs fois : de l'église de la Visitation au couvent des Carmélites, puis à l’évêché jusqu'en 1815 ; elles rejoignent ensuite l'hôtel de ville, puis la chapelle de l'école de droit. Un bâtiment destiné aux musées et aux facultés est ensuite construit en 1855, au niveau de l'actuel quai Émile Zola. Ce bâtiment de style néo-classique est baptisé palais universitaire en 1856. Devenu trop exigu pour les étudiants dès la fin du , l'édifice est affecté en 1911 au seul Musées de Rennes, consacré principalement aux beaux-arts et à l'archéologie.

Le premier registre d'inventaire répertoriant les objets du musée de Rennes est ouvert en 1845. La première inscription concerne Des morceaux de chaux romaine mêlés de débris d'écaille d'huîtres, collectés en 1844 sur une petite commune d'Ille-et-Vilaine. Au cours du , une grande importance est portée aux collections archéologiques.

En 1890, débute l'entrée d'objets bretons à l'inventaire. C'est à partir de 1909 que le musée commence à mentionner leur présence à travers un catalogue. La collecte d'objets d'ethnographie bretonne se poursuit dans l'entre-deux guerres, mais de manière moins soutenue que dans les années 1909-1913.. vignette|Salle consacrée à la Basse-Bretagne, 1913.|gauche La collecte d'objets bretons, soutenue à partir de 1909, aboutit à l'ouverture d'un "Musée breton" en 1913, constitué de deux salles consacrées à l'ethnographie de la région : l'une consacrée à la Haute-Bretagne, l'autre à la Basse-Bretagne.

Après la Seconde Guerre mondiale, les musées d'ethnographie régionale trouvent un nouvel élan grâce à la Direction des musées de France ainsi qu'à Georges Henri Rivière. En 1946, ce dernier propose un projet muséographique axé sur la Bretagne et les pays celtiques à la municipalité. Il sera concrétisé en 1958 avec le lancement du parcours "histoire de la Bretagne des origines à nos jours" au sein du musée de Rennes.

Entre 1960 et 1975, six salles sont ouvertes et présentent de façon chronologique l'histoire de la Bretagne depuis la préhistoire. En 1975-1976, le musée de Rennes a été partagé en deux, le musée de Bretagne d’une part et le musée des beaux-arts de Rennes d’autre part, chacun étant devenu une structure autonome. Une attribution des fonds a été effectuée entre les deux musées, aboutissant à la rédaction d'un protocole de répartition des collections. C'est à ce moment que débute la rédaction de registres d'inventaire différenciés. Les collections relevant du territoire breton reviennent au musée de Bretagne, hormis quelques exceptions.

En 1978, Jean-Yves Veillard, alors conservateur du musée de Bretagne, visite la ferme de la Bintinais. Il souhaite la transformer en écomusée. Le projet est accepté par la Ville de Rennes, et l'écomusée de la Bintinais ouvre ses portes en 1987.. Intégré au musée de Bretagne, il devient le témoin du passé rural et agricole régional. Ses collections sont communes avec le musée de Bretagne.

En 1981, une association des amis du musée de Bretagne est créée : l'ADAMB, association pour le développement des activités du musée de Bretagne. Elle prend le nom d'AMEBB., association des amis du musée et de l’écomusée Bretagne-Bintinais, en 1987, à l'ouverture de l'écomusée de la Bintinais.

Il est décidé en 1987 que le musée de Bretagne, à l'étroit sur les quais de la Vilaine, prendra place dans un nouveau bâtiment.

Le musée, jusqu’alors équipement municipal, est géré par la communauté d'agglomération (aujourd'hui Rennes métropole) depuis 2000.

En 2006, le musée de Bretagne intègre le nouveau bâtiment des Champs Libres, situé près de la gare et du Champ de Mars. Cet équipement a été conçu par l'architecte Christian de Portzamparc. L'emplacement concorde pratiquement avec celui proposé pour accueillir un projet de Palais des musées imaginé dès 1945. gauche|vignette|Portrait de Céline Chanas, directrice du musée de Bretagne. Jean-Yves Veillard a été conservateur, puis directeur du musée (1967-2000). François Hubert (1983-2005)., Jean-Paul Le Maguet (2005-2009)., Pascal Aumasson (2009-2012) puis Céline Chanas (2012-). lui succèdent.

De 2015 à 2021, le musée de Bretagne a mis en œuvre un nouveau projet scientifique et culturel, visant plusieurs grands chantiers, comme le récolement et d'importants chantiers de numérisation, la création d'un portail des collections en ligne dans le cadre d'une politique d'open content, mais aussi le renouvellement de la programmation des expositions, avec un enjeu fort de déploiement de la photographie.. Ce projet a été renouvelé en 2022, dans le cadre du nouveau projet d'établissement des Champs Libres.

Prix En 2018, le musée de Bretagne, aux Champs Libres, s'est vu décerner le prix « Patrimoine pour tous ». à l’unanimité des membres du jury, sous la présidence de la Ministre de la Culture Françoise Nyssen et en présence de membres d’associations agissant en faveur de l’intégration des personnes en situation de handicap.

En 2018, Rennes Métropole a été primée par les Prix Territoriaux La Gazette-GMF pour son portail de diffusion des collections en ligne « Des collections en partage ».. Avec ce site, le musée de Bretagne et l’Écomusée de la Bintinais se sont engagés dans une politique de partage de connaissances en choisissant pour chaque image la licence la plus ouverte possible.

En 2023, Les Champs Libres, dont le Musée de Bretagne et la bibliothèque des Champs Libres, se sont vu décerner le Label Culture Libre, niveau Or, décerné par Wikimédia France.....

Fréquentation

Collections thumb|Visite du musée lors d'une wiki-permanence. Les collections du musée de Bretagne s'articulent autour de l'histoire de la région, incluant des disciplines telles que l'archéologie ou l'ethnographie. Les objets proviennent du territoire historique de la Bretagne, incluant le département de la Loire-Atlantique, bien que les collections qui en sont issues soient moins nombreuses.

Le musée de Bretagne dispose de collections riches de plus de et documents, dont plus de négatifs et tirages photographiques.

Les collections sont communes avec l'écomusée du pays de Rennes. Le musée de Bretagne en assure la gestion scientifique, documentaire et administrative.

Depuis le , la base des collections en ligne. du musée permet de rendre accessibles plus de objets et documents, en Marque du domaine public ou sous licence Creative Commons. . En 2024, plus de sont accessibles sur ce portail. Le musée de Bretagne dispose également d'un blog, Musée dévoilé., qui traite des nouvelles acquisitions, des différents métiers, etc.

Collections archéologiques vignette|Hache-marteau provenant de Langon (898.0001.1). Les collections d'archéologie du musée de Bretagne se sont construites à partir de celles de Christophe-Paul de Robien. Du jusqu’à la moitié du , ses collections s'enrichissent au fil des travaux de voirie et des diverses trouvailles apportant de nouvelles pièces aux collections des tessons, d'amphores, des éléments d'architecture, des armes, et des objets du quotidien.

L'archéologie scientifique se développe durant la seconde moitié du , et entraîne l'arrivée au musée de collections plus homogènes provenant de sites fouillés minutieusement, notamment à Rennes et en Ille-et-Vilaine. Des achats ponctuels permettent d'enrichir les collections de pièces plus spécifiques et spectaculaires. Les collections archéologiques du musée des périodes pré-historiques et proto-historiques, ainsi que celles de la période gallo-romaine sont très complètes, mais celles provenant du Moyen Âge et de l'époque moderne sont plus pauvres. Les acquisitions récentes cherchent à diversifier la provenance géographique des pièces, et proviennent notamment du Morbihan et du Finistère.

Collections numismatiques vignette|Revers de solidus, avec Valens et Gratien. Les collections numismatiques du musée de Bretagne sont riches de près de monnaies, médailles et jetons. Le fonds numismatique est particulièrement intéressant, en raison de la constance du musée dans sa politique d'acquisition. Les collections de Moët de la Forte-Maison ou Auguste André sont acquises par le musée dans la seconde partie du . En 1881, un trésor dit « trésor de la préfecture » enrichit de romaines le fonds de numismatique. Les monnayages romains et gaulois sont bien représentés. Le fonds médiéval regroupe des monnaies féodales du duché de Bretagne et du royaume de France, et compte quelques pièces prestigieuses comme l'une des cadières d'or d'Anne de Bretagne. Les collections du , les jetons des institutions d'Ancien Régime et les diverses médailles frappées aux sont également un objet de curiosité. Une exposition en 1999 Les monnaies celtes du musée de Bretagne et en 2011 Les bretons et l'argent ont mis en avant une partie de ces collections.

Collections ethnographiques alt=Façade de coffres et armoires|vignette|Façades de coffres et armoires. Les collections ethnographiques du musée de Bretagne sont extrêmement diversifiées. Elles incluent des objets de la vie quotidienne, liés à un usage domestique et appartenant à la sphère privée (mobilier, costumes, ustensiles, vaisselle...), mais aussi des objets liés aux usages professionnelles (outils et machines, uniformes de travail…). La constitution des collections ethnographiques du musée s'est faite relativement tardivement, principalement au .

C'est le projet d'ouverture de nouvelles salles consacrées à l'ethnographie bretonne qui a conduit à une recherche assez systématique d'objets, notamment costumes et mobilier. Des nombreuses expositions temporaires du musée ont mis en avant ces collections.

Collections iconographiques vignette|Breton de Ploaré, peinture de Louis Caradec.