Charles Joseph Boyé, baron d'Abaumont, né le à Ehrenbreitstein (Électorat de Trèves), mort le à Saint-Mihiel (Meuse), est un général français d'origine germanique de la Révolution et de l’Empire.
Biographie Ses parents étant venus établir leur domicile à Saint-Mihiel (Meuse), le jeune Boyé entre au service français le 1778, comme hussard dans le régiment de Conflans-colonel-général, devenu de hussards. Il obtient successivement par sa bonne conduite, le grade de fourrier le 1780, et celui d'adjudant le 1785.
Officier de l'Armée révolutionnaire française Nommé sous-lieutenant le , il devient lieutenant et capitaine les et , et fait avec distinction les campagnes de 1792 et 1793 aux armées des Ardennes, du Nord et de la Moselle. Il se trouve aux affaires de Virton, La Croix au Bois, du camp de la Lune, à la poursuite de l'armée prussienne et au siège de Namur.
Le , à la bataille de Nerwinde, il se distingue dans la charge exécutée par son régiment contre les cuirassiers de Nassau-Usingen. Il rentre en France avec l'armée qui, sous les ordres de Dumouriez, opère sa retraite de la Belgique et assiste aux affaires de Louvain, de Valenciennes et de Wormhoudt. Chef d'escadron le , il combat avec une grande intrépidité à Hondschoote et au déblocus de Maubeuge.
Au mois de floréal an II, il est chargé par le général de division Fromentin de s'emparer d'une redoute ennemie située dans un enclos, près du village de Montgardie et du Bois l'Évêque, entre Ors-sur-Sambre et la route qui conduit de Landrecies au Cateau. Au moment où, malgré le feu de l'ennemi, il emporte cette redoute avec le du de hussards, il est chargé par le régiment tout entier de Royal-Allemand, qui se trouve embusqué derrière le retranchement. N'ayant que son escadron, il ne peut soutenir cette charge et doit songer à effectuer une retraite qui devient très difficile à opérer dans les sentiers étroits qu'il a suivis au travers du bois pour arriver sur la redoute. Dans cette position critique, le commandant Boyé ne voit d'autre moyen de salut que de se jeter sur une ligne d'infanterie ennemie qui se trouve à sa gauche, près du chemin de Landrecies au Cateau, et de se faire jour, le sabre à la main, au travers de cette ligne, ce qu'il exécute avec autant d'audace que d'intelligence, et il rejoint son régiment avec seulement, après en avoir perdu 30, soit par le feu de l'infanterie, soit par la charge de la cavalerie. Dans cette affaire, il a son cheval blessé sous lui par une balle qui lui traverse le col. Cité avec éloges par le général Fromentin, il est nommé chef de brigade le 6 du même mois, et est élevé provisoirement au grade de général de brigade le suivant, par les représentants en mission près les armées du Nord, de la Moselle et des Ardennes.
C'est en cette qualité qu'il assiste à la bataille de Fleurus et fait les campagnes des ans , et à l'armée de Sambre-et-Meuse. Commandant l'avant-garde du centre de cette armée, sous les ordres du général Kléber, il chasse l'ennemi de Tirlemont, de Saint-Tron et de Tongres, et s'empare de ces trois villes.
Confirmé dans son grade de général de brigade par arrêté du , il se trouve ensuite au premier passage du Rhin par l'armée de Sambre-et-Meuse et à sa retraite jusqu'à la fin de la campagne de l', époque à laquelle il fait une chute de cheval qui lui occasionne un crachement de sang et le force à quitter l'armée comme démissionnaire le .
Autorisé à prendre sa retraite le , il est admis au traitement de réforme le , et mis le suivant à la disposition du ministre de la guerre qui l'envoie à l'armée du Danube, où il prend part a la bataille de Zurich, au passage de la Limmat et à la poursuite des Russes en Suisse. Passé en l'an VIII à l'armée du Rhin, il se fait particulièrement remarquer aux batailles d'Engenle 1800, de Mœskirch, de Biberach et d'Höchstädt.
Général d'Empire Le , à Hohenlinden, de concert avec le général Grandjean, il dirige l'attaque contre les bataillons de grenadiers hongrois qui se trouvent dans le bois, et mérite par sa belle conduite une mention honorable du général en chef. Il soutient ensuite la retraite de la division Ney, de Muldorff sur Hœag et appuie le corps du général Lecourbe au passage de la Salza qu'il fait traverser sans barques, par un bataillon de la de ligne, en présence de l'ennemi posté sur la rive opposée et qui est culbuté en un instant. Chargé de la défense des ponts du Lech, près d'Augsbourg, et de la position avantageuse de Fribourg, contre le prince de Reuss, le général Boyé s'acquitte de cette mission avec un succès complet.
Mis en non-activité le , après la campagne, il est employé dans la militaire, comme commandant le département du Nord, en vertu d'une décision du premier Consul, en date du suivant. Officier de la Légion d'honneur le , il en est élevé au grade de commandeur de l'ordre le 25 prairial de la même année.
Passé à la militaire le , il est appelé au commandement de la de la de dragons le , et fait en cette qualité les guerres d'Autriche, de Prusse et de Pologne, de l'an XIV à 1807. Commandant le dépôt de cavalerie à Breslau, le , il est employé dans la militaire le 1808, est chargé de l'inspection des dépôts de cavalerie de la , le suivant, et avant qu'il ait pu exercer ces fonctions, une décision de l'Empereur, du 24 du même mois lui confère le commandement des régiments provisoires de la réserve de cavalerie à Rennes.
Il est créé baron de l'Empire par décret impérial du , et lettres patentes du , sous la dénomination de baron d'Abaumont et de l'Empire, dont le fief, aussi modeste que beaucoup de l'Ancien Régime, se compose de 39 hectares 37 ares 20 centiares de terres, entre Loupmont et Bouconville, la maison de la Carpière en ce village et le vieux pré de Xivray, contenant 5 hectares 90 ares. Il a avec cela, comme récompense, un majorat de de revenus sur les biens confisqués par l'Empereur en Westphalie.
Il est envoyé à l'armée d'Espagne le , il y sert avec distinction depuis lors jusqu'au 1812, époque à laquelle il prend sa retraite et rentre dans ses foyers, à Saint-Mihiel. Il y a épousé Jeanne Aubry.
Le baron Boyé est, pendant les Cent-Jours et de 1819 à 1822, maire de Saint-Mihiel et l'un de ses habitants les plus honorables et les plus justement honorés. Il a été naturalisé français le 1817.
Il meurt sans enfants, à Saint-Mihiel, le 1832, et son épouse le 1838.
Vie familiale
État de service Hussard dans le régiment de Conflans-colonel-général le ; Fourrier le ; adjudant le ; Sous-lieutenant le ; Lieutenant le ; Capitaine le ; Chef d'escadron le ; Chef de brigade le ; général de brigade à titre provisoire le , confirmé par arrêté du ; Commandant l'avant-garde du centre de l'armée de Sambre-et-Meuse ; Affecté aux armées du Nord, de la Moselle et des Ardennes réunies du au ; Affecté à l'armée de Sambre-et-Meuse du au ; Démissionne le ; Admis en retraite le ; Mis au traitement de réforme le ; Mis à la disposition du ministre de la guerre le ; Affecté à l'armée d'Helvétie du au ; Commandant de la réserve de grenadiers de l'armée d'Helvétie du au ; Commandant d'une brigade de la de l'armée d'Helvétie du à ; Affecté à l'armée du Rhin d' au ; Mis en non-activité le ; Commandant du département du Nord ( militaire) du au ; Affecté à la militaire du au ; Affecté à la Grande Armée du au ; Commandant de la de la division de dragons du au ; Commandant du dépôt de cavalerie à Breslau du au ; Commandant de la brigade de cavalerie (Wurtemberg) du au ; Affecté à la militaire du au ; Instructeur des dépôts de cavalerie dans la militaire du au ; Commandant des régiments provisoires de la réserve de cavalerie réunis à Rennes du au ; Affecté à l'armée d'Espagne du au ; Commandant de la place et de du au ; Réadmis en retraite le .
Campagnes Armées des Ardennes, du Nord et de la Moselle (1792-1793) : Affaires de Virton, de la Croix-au-Bois, du camp de la Lune, à la poursuite de l'armée prussienne, siège de Namur ; Guerre de la Première Coalition : Bataille de Neerwinden (1793), retraite de la Belgique, affaires de Louvain, de Valenciennes et de Wormhoudt, bataille d'Hondschoote, déblocus de Maubeuge, bataille de Fleurus (1794) et fait les campagnes des ans , et à l'armée de Sambre-et-Meuse, premier passage du Rhin par l'armée de Sambre-et-Meuse ; Guerre de la deuxième coalition : Bataille de Zurich, passage de la Limmat, poursuite des Russes en Suisse, bataille d'Engen (), bataille de Moesskirch, de bataille de Biberach et bataille d'Höchstädt (1800), Bataille de Hohenlinden ; Campagne d'Autriche (1805) : Bataille de Wertingen, bataille d'Austerlitz ; Campagne de Prusse (1806) : Bataille d'Iéna ; Campagne de Pologne (1807) ; Campagne d'Espagne (1808).
Faits d'armes Le , à la bataille de Nerwinde, le capitaine Boyé se distingue dans la charge exécutée par son régiment contre les cuirassiers de Nassau-Usingen ; Il combat avec une grande intrépidité à Hondschoote et au déblocus de Maubeuge ; En , il est chargé par le général de division Fromentin de s'emparer d'une redoute ennemie située dans un enclos, près du village de Montgardie et du Bois l'Évêque, entre Onse-sur-Simbie et la roule qui conduit de Landrecies au Cateau. Dans cette affaire, le commandant Boyé a son cheval blessé sous lui par une balle qui lui traversa le col. Cité avec éloges par le général Fromentin, il est nommé chef de brigade le du même mois, et est élevé provisoirement au grade de général de brigade le suivant ; Le , à Hohenlinden, de concert avec le général Grandjean, il dirige l'attaque contre les bataillons de grenadiers hongrois qui se trouvent dans le bois.
Blessures
Décorations Légion d'honneur : officier de la Légion d'honneur le , puis, Commandant de la Légion d'honneur le ; Ordre royal et militaire de Saint-Louis : Chevalier de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis le .
Titres baron d'Abaumont et de l'Empire (décret impérial du , lettres patentes du ) : le fief se compose de 39 hectares 37 ares 20 centiares de terres, entre Loupmont et Bouconville, la maison de la Carpière en ce village et le vieux pré de Xivray, contenant 5 hectares 90 ares.
Hommage, Honneurs, Mentions... Naturalisé français le .
Autres fonctions Maire de Saint-Mihiel : Cent-Jours ;
Pensions, rentes, etc. Il a comme récompense, un majorat de de revenus sur les biens confisqués par l'Empereur en Westphalie.
Armoiries Figure Blasonnement Armes du baron d'Abaumont et de l'Empire (décret du , lettres patentes du (Bayonne)),
Écartelé : au I d'argent, au casque de hussard d'azur, à la crinière de sable ; au II, du quartier des barons militaires de l'Empire ; au III, d'azur à un pont de accompagné de rangées en chef, le tout d'argent et soutenu par une terrasse cousue de sable ; au IV, d'or à un cheval effaré de sable.La noblesse d'Empire sur http://thierry.pouliquen.free.frNobiliaire de Saint-Mihiel, Par Dumont, Publié par Derache, 1864Fiche de Charles Joseph Boyé sur roglo.eu
Livrées : jaune, blanc, rouge, bleu, noir ou gris-bleuPLEADE (C.H.A.N. : Centre historique des Archives nationales (France))..
Voir aussi Bibliographie Fastes de la Légion-d'honneur: biographie de tous les décorés accompagnée de l'histoire législative et réglementaire de l'ordre, Par A Lievyns, Jean Maurice Verdot, Pierre Bégat, Édition: 2, Publié par Bureau de l'administration, 1844 ; Nobiliaire de Saint-Mihiel, Par Dumont, Publié par Derache, 1864.
Articles connexes Liste des généraux de la Révolution et du Premier Empire ; Noms gravés sous l'arc de triomphe de l'Étoile.
Liens externes Service Historique de l'Armée de Terre – Fort de Vincennes – Dossier S.H.A.T. Côte : 8 Yd 567.
Notes et références
Catégorie:Général de la Révolution française promu en 1794 Catégorie:Baron de l'Empire Catégorie:Commandeur de la Légion d'honneur promu en 1804 Catégorie:Chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis Catégorie:Maire de la Meuse Catégorie:Naissance en février 1762