vignette|Minaret du Masdjid Al'atiq Sétif (prononcé ) (en , en tamazight : ⵚⵟⵉⴼ) est une ville du nord-est de l'Algérie et le chef-lieu de la wilaya de Sétif. Elle est située à proximité de la Petite Kabylie, à à l'est-sud-est d'Alger, à à l'est-nord-est de Bordj Bou Arreridj, à à l'ouest-sud-ouest d'Annaba et à à l'ouest de Constantine. La ville culmine à d'altitude.
Sous le nom de Sitifis, la ville faisait partie durant l'Antiquité du royaume berbère de Numidie, puis elle devint sous l'empire romain la capitale de la Maurétanie sétifienne, avant de passer au sous contrôle arabo-musulman..
La ville est le point de départ des massacres de Sétif, Guelma et Kherrata, à la suite des manifestations du , signe avant-coureur de la guerre d'AlgérieMohammed Harbi, « La guerre d'Algérie a commencé à Sétif », Le Monde diplomatique, mai 2005, . : c'est ce qui lui fera porter le nom de « la ville du Martyr ».
Géographie Situation La ville de Sétif est située dans le Nord-Est algérien, à à l'est-sud-est d'Alger, et s'élève à d'altitude dans la région des hauts plateaux du Sud de la Petite Kabylie. La ville de Sétif est située dans la partie centrale de la wilaya limitée au nord par la commune d'Ouricia, à l’est par la commune d'Ouled Saber, à l’ouest par les communes de Mezloug et Ain Arnet, au sud par la commune de Guedjel.
Topographie La structure naturelle de la ville de Sétif est caractérisée par la non-homogénéité parce qu'elle se situe entre deux régions différentes : l’Atlas tellien dans le nord et la chaîne du désert dans le sud ; et la région des plaines au milieu. Cette diversité fait de la ville de Sétif, en particulier, une région caractérisée par la largeur et la hauteur allant à .
Hydrographie Les oueds se caractérisent par un écoulement irrégulier conséquence des données climatiques et des précipitations. Les principaux cours d'eau sont les oueds Boussalem et El Kébir..
Géologie et relief gauche|vignette|Vue aérienne de la ville La ville de Sétif a une superficie de et est située dans la wilaya de Sétif, qui a une superficie de ² soit 0,27 % du territoire national. Sétif est appelée capitale des hauts plateaux.
Climat De nombreux facteurs interviennent pour déterminer le climat de ville de Sétif, et qui sont : l'altitude estimée à , l'éloignement de de la mer Méditerranée, sa situation sur les hauts plateaux de l'est et le fait qu'elle soit, bien sûr, entourée de montagnes, la conjugaison de ces facteurs fait que Sétif jouit d'un climat semi-aride (classification climatique de Köppen-Geiger BSk), ses étés sont chauds et secs, tandis que ses hivers sont froids et pluvieux.
vignette|Ain Fouara sous la neige
En raison de l'emplacement de Sétif sur les hauts plateaux, à d'altitude, il s'agit de l'une des régions les plus froides en hiver en Algérie, elle voit fréquemment des chutes de neige annuelles allant jusqu'à . La région enregistre en hiver une importante pluviométrie, mais qui n’est pas uniforme pour toutes les zones, en effet, si la zone du Nord reçoit annuellement, la zone des hauts plateaux ne reçoit que par an. Les crues éclair sont rares, mais se sont récemment produites autour du printemps et de l'automne. L'été est relativement chaud, où les vagues de chaleur extrême sont fréquentes vers le mois de juillet et août, où les températures peuvent parfois atteindre .
Environnement Le champ de la ville de Sétif est caractérisé en particulier par une couverture végétale faible loin du pourcentage minimal de l’équilibre écologique, ce pourcentage est estimé à 25 % de la superficie totale de la wilaya, sachant que les forêts représentent 66.15 % de la superficie totale de wilaya dont de forêts naturelles et de forêts plantées qui représentent jusqu'à 41.38 % de la superficie arborée.
Transport vignette|gauche|Ligne de tramway Sétif occupe une position prédominante parmi les villes des hauts plateaux de l'Est. Elle constitue également un point de passage d'une grande importance du fait qu'elle est traversée par la route nationale N° 5, plus récemment par l'autoroute est-ouest, enfin par la route nationale reliant Bejaia à Sétif. À cela s'ajoute le fait qu'elle sert de lieu de transit aux convois de marchandises provenant du Sud et qui se dirigent vers les ports de Bejaia et de Jijel, de plus, elle dispose d'un aéroport ouvert au réseau tant national qu'international.
Sétif dispose d’un aéroport national ( d'Alger par avion) et international (desservant les principales villes françaises).
Toponymie Sétif a été numide avant de subir la domination romaine. Le nom de Sétif n'est pas tiré du latin, mais c'est un mot berbère Zdif. qui signifie « terres noires », allusion faite à la fertilité de ses terres. Occupant une position stratégique (porte d'entrée ouest des hauts plateaux constantinois) et un point d'eau important grâce à ses nappes phréatiques, située au pied des montagnes au seuil d'une plaine immense.
Histoire
Préhistoire vignette|Outils atériens La Préhistoire de Sétif commence avec les premières traces d'occupation humaine, il y a environ d'années, et s'achève avec les premiers textes carthaginois, au
L'ensemble de sites d'Aïn El Ahnech, à Guelta Zerka, comporte plusieurs locus qui ont livré des vestiges lithiques très anciens de type oldowayen, toutefois sans fossiles humains associés.
Le site d'Aïn Boucherit a livré en 2018 des vestiges d'industrie lithique (outils en pierre taillée), datés entre 1,9 et d'années..
Le , la revue Science annonce la datation du site par quatre méthodes qui se corroborent. : la polarité géomagnétique négative rapportée au chron Matuyama, les datations par la méthode ESR, la biochronologie (les assemblages d'espèces fossiles) et la vitesse de sédimentation.. Aïn Boucherit pourrait être le troisième site africain le plus ancien après Lomekwi 3 au Kenya (3,3 Ma), et Kada Gona en Éthiopie (2,55 Ma)..
Le gisement préhistorique d'Aïn El Ahnech est à quelques kilomètres à l'est de la ville, l'âge des vestiges lithiques est évalué par archéomagnétisme à d'environ d'années. Il s'agit d'un ancien lac, situé dans la commune de Guelta Zerka..
Le site fut découvert en 1947 par le paléoanthropologue français Camille Arambourg (1885-1969), au cours de ses recherches à visée paléontologique de dépôts continentaux dans la région de SétifCamille Arambourg, 1947 et 1949a.. Le est publiée une découverte d'outils datant de d années, ce qui fait de ce site, au moment de sa découverte, le berceau de l'Humanité avant celui de Tanzanie. Le professeur Sahnouni confirme cette découverte.
Antiquité vignette|Carte des royaumes de Numidie occidentale et de Numidie orientale avant leur unification par Massinissa.
La ville, d'origine numide, faisait partie du royaume des Massæsyles en l'an Elle était également considérée comme capitale avant que Juba II lui ait préféré Cherchell. Jugurtha y livra une bataille à Marius.
Elle est une partie intégrante de la province romaine de la Maurétanie Césarienne devenue la Maurétanie sétifienne. Jugurtha livré, Sitifis releva du royaume de Maurétanie, attribué successivement à Bocchus puis Boccuris, Juba II et enfin à Ptolémée de Maurétanie, assassiné à Lugdunum à l'instigation de Caligula.
Par sa situation stratégique, Sitifis intéressa Nerva qui y installa dès 96 une colonie de vétérans, la Colonia Nerviana Augusta Martialis Veteranorum Sitifensium. Claude réduisit la Maurétanie en province romaine, la divisa en deux, et rattacha Sétif à la nouvelle Maurétanie césarienne, capitale Césarée/Cherchell. En 290, Sétif devient capitale de la Maurétanie sétifienne (actuelle Algérie orientale), détachée de la Maurétanie Césarienne. La nouvelle province relève alors du diocèse d'Afrique, relevant lui-même de la préfecture d'Italie.
La région de Sétif est un des greniers à blé de la Rome antique : Caput Saltus Horreorum (aujourd'hui Aïn-Zada) en est le siègeCorpus inscriptionum latinarum : inscriptionum mauretaniae latinarum par Th. Mommsen, J. Schmidt, R. Cagnat, H. Dessau, .. On possède une lettre d'Augustin à Novat, évêque de Sétif.
thumb|Forteresse byzantine de Sétif
Préludant à la chute de l'Empire romain d'Occident en 476, un peuple germanique, les Vandales, menés par leur roi Genséric, (427 - janv. 477), passa d'Espagne en Afrique, en l'an 429, à la demande du gouverneur romain, le comte Boniface, révolté contre l'empereur Valentinien. L'itinéraire des Vandales en Afrique, de Tingi (Tanger) vers Carthage, passa par Sitifis atteinte probablement dès 430. Boniface vaincu, Genséric établit le siège de son royaume à Carthage en 439, forçant l'empereur à le reconnaître maître de l'Afrique « romaine ».
La ville conserve des vestiges des et : remparts, temple, cirque, mausolée dit « de Scipion », etc. Le produit des fouilles archéologiques est conservé et exposé au Musée archéologique de la ville, et diverses stèles dans le jardin Abd el-Kader. Il est à mettre en relation avec le site de Cuicul / Djemila.
Au , les Byzantins trouvèrent à Sitifis une population réduite, du fait des prédations vandales. En 539, Sitifis redevint capitale d'une province « romaine » byzantine : la Maurétanie Première. À cette époque, Solomon édifia l'enceinte de la forteresse byzantine, dont les murs Ouest et Sud sont encore visibles.
Période islamique thumb|Amer La ville a été administrée successivement par les dynasties musulmanes qui ont régné en Afrique du Nord : Omeyyades, Abbassides, Aghlabides, Fatimides, Zirides, Hammadides, Almohades, Hafsides, Zianides, Royaume des Beni Abbes, Ottomans. Selon l'historien Al-Yaqubi dans le kitab al-Buldan, repris par AA.Duri une fraction des arabes Banu Assad ibn Khuzaima du nom de Banu Usluja originaires d'Irak se sont installés à Setif à l'époque des AghlabidesAl-Yaqubi, Kitāb al-Buldān. avec des non-arabes (persans abna) du Khorasan..
Sétif selon le géographe et historien Al-Bakri :
Al-Bakri (1014- 1094) op cit. ..
C'est à Sétif que se déroule la bataille de Sétif entre les Arabes hilaliens et les Berbères almohades, qui se solda par la victoire des Almohades..
Des vestiges de cette époque arabo-musulmane furent exhumés au début des années 1980. Selon Khelifa Abderrahmane, les résultats de ces fouilles sont très intéressants : ..
Cette fouille a démontré que les premières maisons islamiques avaient été construites avec des réemplois de pierres de taille renforcées sur leur face intérieure de cailloux liés à du pisé. La datation au carbone 14 nous renvoie à une période située entre 655 et 970. La fouille avait mis au jour neuf bâtiments qui ont été datés entre l'an 810 (au temps des Aghlabides) et 974 (du califat des fatimides). Une monnaie du calife fatimide Al Mu’izz avec un tesson de céramique figuré ont été trouvés dans le troisième sol. Selon Khelifa Abderahmane, l'important est que la fouille a pu dégager une typologie de l'habitat des pour cette région, avec des pièces plus longues que larges.
La tribu arabe des Banu Hilal peuplait une grande partie des plaines sétifienne..
Époque française
vignette|220x220px|Blason de Sétif pendant la colonisation française. En 1838, la ville est prise par une colonne de l'armée coloniale française dans le cadre des opérations visant la prise de Constantine. L'occupation est d'abord militaire mais très vite les civils affluent (ouvriers). Un premier plan urbain de la ville est mis en chantier par arrêté de 1843 et voit la formation d'une cité européenne en 1846. L'année suivante, le , une ville européenne est créée par ordonnance royale avec une dotation de de terre. Dès 1850 , la ville devient un centre de peuplement colonial attiré par les potentialités agricoles de la région.
La colonisation se développe notamment sous le Second Empire, et accentue la structuration urbaine de l'actuel centre-ville. La construction de la gare de Sétif, sur la ligne Alger-Constantine, aurait été décidée par le conseil communal en 1877.