La Femme libre, est le premier titre de la brochure fondée en 1832 par Marie-Reine Guindorf et Jeanne-Désirée Véret. Il s'agit du premierLaure Adler, À l’aube du féminisme, les premières journalistes : 1830-1850, p. 10 : « la Femme Libre, premier journal féministe français ». journal féministe français, réalisé et publié uniquement par des femmes.

Historique

Document publicitaire Un prospectus, titré La Femme libre, annonce une première parution prévue le . Il souligne l'originalité de cette publication en indiquant : rédigée et publiée par des femmes, et en ne mettant que les prénoms d'une fondatrice et d'une directrice.

Les prénoms apparaissant sur ce document publicitaire sont attribuésSylvie Mallet, Tribune des Femmes : une éducation pour l'indépendance économique, Romantisme, 1980, n° 28, p. 206. (Persée) à deux jeunes femmes récemment militantes actives au sein du Collège ouvrier du mouvement saint-simonien : l'ouvrière modiste de 22 ans Jeanne-Désirée Véret et l'ouvrière lingère de 20 ans Marie-Reine Guindorf.

Premier numéro, un Appel aux femmes Le premier numéro titré La Femme libre porte le sous titre Apostolat des femmes. Il ne comporte pas de date de parution, et annonce un second numéro à paraître le . Il est composé de huit pages, y compris la couverture. On y trouve un seul article, titré Appel aux femmes, organisé en trois parties, chacune signée d'un prénom. Ci-dessous trois extraits, comportant les premières lignes de chaque partie : thumb|upright=1.2|La Femme libre n° 1, 1832.

La première signature, Jeanne-Victoire, est attribuée à une ouvrière lingère devenue institutrice, Jeanne-Victoire Deroin :

Après avoir plaidé la place de la femme, elle va faire le lien avec le mouvement saint-simonien et Prosper Enfantin « Nous sommes libres et égales à l'homme ; un homme puissant et juste l'a proclamé, et il est compris de beaucoup qui le suivent. » Elle termine par un appel aux « Femmes de la classe privilégiée ; vous qui êtes jeunes, riches et belles » et aux « Femmes de toutes les classes, vous avez une action puissante à exercer ».

Nous retrouvons ensuite les deux fondatrices Jeanne-Désirée Véret et Marie-Reine Guindorf.

Pour terminer ce premier numéro de La Femme Libre, un post-scriptum, précise le caractère exclusivement féminin de la brochure en excluant la possibilité d'un article écrit par un homme.

Chronologie des titres Cette petite brochure féministe, pionnière de la presse féminine, va rapidement évoluer et poursuivre sa publication jusqu'en 1834. Trente-et-un numéros vont être publiés. La Femme libre (1832-1832) le n° 1 est le seul publié avec ce titre. La Femme nouvelle L'Apostolat des femmes La Tribune des femmes

Liste des journalistes participantes Marie-Reine Guindorf Jeanne-Désirée Véret Jeanne-Victoire Deroin

Archives La bibliothèque Marguerite-Durand ( arrondissement de Paris) en conserve des numéros.

Notes et références

Bibliographie Jean Wallon, Revue critique des journaux : publiés à Paris depuis la Révolution de Février jusqu'à la fin de décembre, Bureau du Bulletin de Censure, 1849. Suzanne Voilquin, Souvenirs d'une file du peuple, ou La Saint-simonienne en Égypte, 1866. Laure Adler, À l’aube du féminisme, les premières journalistes : 1830-1850, Paris, Payot, 1979. Sylvie Mallet, Tribune des femmes : une éducation pour l'indépendance économique, Romantisme, 1980, n° 28, pp. 203-212. (Persée) Michèle Riot-Sarcey, Histoire du féminisme, La Découverte, collection Repères, Paris, 2002. .

Voir aussi

Articles connexes Féminisme Saint-simonisme

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