thumb|Vue de Po klong garai, restauré par Henri Parmentier dans les années 1900, une première fois en août 1901 puis en 1906. Henri Ernest Jean Parmentier, né le dans le arrondissement de ParisArchives numérisées de l'état civil de Paris, acte de naissance , avec mention marginale du décès (consulté le 15 août 2012) et mort le à Phnom Penh (Cambodge), est un archéologue français diplômé des Beaux-Arts. En 1905, il obtient le diplôme d'architecte du gouvernement (DPLG).

Parmentier est chef de service archéologique de l'École Française d'Extrême-Orient et membre essentiel de cette institution à partir de sa fondation en 1898. C'est l'un des pionniers de l'archéologie indochinoise. En 1902, il est à l'origine du musée des Arts cham de Tourane (Da Nang) tout d'abord nommé Musée Henri-Parmentier puis, en 1954, rebaptisé Musée de la Sculpture cham, Ce musée très visité, a permis de faire connaître l'art cham dans le monde entier.

À cette époque, Henri Parmentier s'investit aussi bien dans les deux civilisations antiques de l'Asie du Sud-Est : l'Art du Champā et l'art Khmer. En 1904, il organise la première mission de l'ÉFEO à Angkor.. Puis il engagea des fouilles au sanctuaire de Mỹ Sơn découvert par Camille Paris. Cela permit de découvrir des inscriptions qui apportèrent des éléments essentiels à la connaissance de l'histoire du Champā.

En 1930, Henri Parmentier est conservateur des monuments de la Cochinchine et du Cambodge. Il a publié d'importantes monographies, notamment celle de Banteay Srei, un ouvrage sur l'art Khmer primitif. Les études approfondies de Parmentier permirent d'orienter les nombreuses recherches sur les conceptions architecturales de la dernière période de l'art Khmère. Son nom reste attaché à la fois à Angkor la capitale Khmer et également aux temples cham, c'est-à-dire aux deux cultures longtemps dominantes et essentielles en Indochine. Henri Parmentier est l'époux de la femme de lettres Jeanne Leuba qui s'avéra être une partenaire essentielle et intrépide sur l'ensemble de ses travaux et voyages en Asie.

Biographie Henri Ernest Jean Parmentier est né le 3 janvier 1871 à Paris arrondissement dans une famille d'artistes. Son père Édouard Edmond Ernest Parmentier (1834-1877) était peintre et également professeur de dessin au Lycée de Reims et sa mère est Adélaïde Clotilde Berthault (Source : Acte de naissance ).

Henri Parmentier fait ses études secondaires au lycée de Reims où enseignait son pèrehttps://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00769182/file/lesannexes_-_vHAL.pdf. Il est bachelier es lettres et es science en 1890 puis s'inscrit à l'École nationale supérieure des Beaux-Arts, en architecture avec comme professeur Edmond Paulin. Il est diplômé en architecture à l'École des beaux-arts de Paris puis architecte diplômé par le gouvernement DPLG en 1905.

Les premières fouilles Henri Parmentier devient attaché au service d'architecture de Tunis et travaille pendant plus de cinq ans, près de Carthage, sur une première mission en archéologie qui s'avérera remarquable. En effet, il met en évidence l'importance archéologique du temple de Saturne-Baal à Dougga, en Tunisie. vignette|Capitole de Dougga (Tunisie) en 1883 C'est une cité de monuments pré-romains dont la plupart sont des mausolées. La fondation de la ville semble remonter au siècle

Avec un statut de protectorat en Tunisie en 1881, le pays se dote d'un service des antiquités, dirigé par Paul Gauckler de 1896 à 1905, qui décide du dégagement du site de Dougga.

Parmentier publia alors une importante étude avec des relevés et une restitution du temple de Saturne, ce qui lui valut une mention honorable au Salon des Artistes Français en 1896. Le site de Dougga est désormais inscrit sur la liste du Patrimoine de l'UNESCO depuis 1997. (source: Dictionnaire des orientalistes de langue française sous la direction de François Pouillon)

La collaboration avec L'École Française d'Extrême Orient L'École française d'Extrême-Orient créée en 1898 à Hanoi à partir de la Mission Archéologique de l'Indochine est un établissement relevant du Ministère français de l'enseignement supérieur et de la recherche dont la vocation scientifique est l'intelligence des civilisations classiques et locales de l'Asie, de l'Inde au Japon, au travers des sciences humaines et sociales. L'EFEO est présente grâce à ses 17 Centres dans 12 pays d'Asie. L'EFEO dès sa création, s'assurera la collaboration de Henri Parmentier en tant que membre-pensionnaire puis Architecte et ensuite, architecte en chef et il en deviendra un membre essentiel. vignette|Henri Parmentier à đông Dương en 1903 (Archive EFEO)

Travaux prioritaires et mesures conservatoires vignette|Henri Parmentier et Charles Carpeaux 1903-1904 (Archives EFEO) En 1899, Louis Finot et Etienne Lunet de Lajonquière (Officier, archéologue et ethnologue attaché à la mission d'archéologie d'Indochine en 1893) ont effectué un inventaire des sites historiques repérés en Annam, Henri Parmentier établit alors une liste de travaux à effectuer mais des mesures conservatoires s'imposaient pour les sites les plus sinistrés et menacés par la ruine, tels Po Nagar à Nha Trang ou encore Mỹ Sơn près de Hoi An.

Mỹ Sơn est aussi inscrit sur la liste du Patrimoine de l'UNESCO depuis 1999..

Le Parmentier arrive à Saigon, mandaté par l'École française d'Extrême-Orient (EFEO) pour étudier et enregistrer les monuments Cham au Vietnam, en particulier en Annam. À cette époque les connaissances sur les deux civilisations Khmers et cham dans les arts du Sud étaient imprécises, et mal délimitées. En août 1901, il entreprend des fouilles sur le site cham de Po Klong GaraiComptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres Année 1901 Volume 45 Numéro 6 près de Phan Rang au Sud Vietnam qu'il reprendra ensuite en 1906.

L'Indochine thumb|left|300px|Musée de la sculpture cham de nos jours thumb|right|300px|Musée des antiquités chames à Đà Nẵng Parmentier propose en 1902 de fonder un musée des antiquités chames., il imagine, dessine, conçoit, réalise les plans, et enfin, suit les travaux de construction de ce musée d'art cham à Tourane, baptisée ainsi par les français devenue aujourd'hui Đà Nẵng.

Ce musée sera achevé en 1915 et inauguré en 1919 puis sera agrandi en 1936. Il est situé sur les bords du fleuve Han, sous le nom « Musée Henri Parmentier » et sera rebaptisé en 1954.

thumb|center|300px|Tête de dragon au Musée de la sculpture cham

Mỹ Sơn left|thumb|400px|Ce piédestal et les contours d'un mur sont tout ce qui reste d'un magnifique temple appelé "A1." Henri Parmentier entreprend ensuite à des fouilles archéologiques en 1903 et 1904 pendant onze mois au Sanctuaire cham : culture spirituelle reliée à l'hindouisme indien de Mỹ Sơn originellement appelée Lin Yi jusqu'en 446, puis l'implantation des chams se déplacent dans la vallée du Thu Bon.

Ce site est situé sur la région montagneuse du district de Duy Xuyen de la province de Quang Nam au Centre Viet Nam en Annam, à de Tourane (désormais Da Nang) et à 50 km de Hoi An. Le sanctuaire de My Son est composé de huit groupes de 71 temples construits entre datant le et le . C'est une série de tours sanctuaires construites à l'apogée du Royaume Cham et dédié au culte du lingam du Dieu roi Civa Bhadresvara; dont le temple Bhadresvara du nom du roi qui a fondé le premier royaume de la région d’Amaravati à la fin du . Avant 1471, la religion dominante était l'hindouisme mêlé à des pratiques plus anciennes. On adorait Vishnou, mais surtout Shiva / Bhadreshvara, qui devint la divinité nationale du royaume..

Le sanctuaire est campé dans un cirque élevé, entouré d’une chaîne de montagnes formant le bassin-versant du fleuve sacré de Thu Bon..

Le Mỹ Sơn fut découvert en 1889 par Camille Paris 1856-1908 fonctionnaire de l'administration française qui participa à la construction d'une ligne télégraphique en Annam.

Ces travaux révélèrent les restes d'une véritable ville de soixante et onze temples dont beaucoup étaient encore debout, un véritable joyau artistique pour le patrimoine de l'humanitéhttps://core.ac.uk/download/pdf/5105066.pdf. Ces temples avaient perduré depuis des siècles jusqu'à la guerre du Vietnam et en 1969, l'attaque américaine à partir d'un hélicoptère qui tira intentionnellement à l'aplomb du groupe A sur My Sơn.

Cet épisode souleva des protestations vigoureuses dans le monde entier. Philippe Stern, le conservateur du Musée Guimet envoya une lettre d'indignation au Président Nixon pour lui demander d'épargner les monuments cham dont il disait qu'ils constituaient une valeur immense pour le patrimoine artistique de l'humanité

Le sanctuaire de Mỹ Sơn. est situé dans la province de Quảng Nam près de Nha Trang (Patrimoine de l'UNESCO) depuis 1999. vignette|Monastère de Đồng Dương (Quang Nam) lors du chantier de fouilles d'Henri Parmentier (debout à gauche) et de Charles Carpeaux en 1902 (photothèque EFEO, PAR00952, cliché H. Parmentier)

Architecte en chef de l'EFEO : École française de l'Extrême-Orient. Instaurée par un arrêté du 15 décembre 1898 par le Gouverneur Général de l'Indochine Paul Doumer (1857-1932), la Mission archéologique en Indochine, l'institution scientifique devient en 1900 l'École française d'Extrême-Orient. Louis Finot est directeur de la mission archéologique dès 1898 à 1904 devenue EFEO et de 1920 à 1926 avec des périodes où il assume l'intérim de 1914 à 1918 et de 1928 à 1930. La carrière de ces pionniers de l'archéologie est tracée et leur destin se confond désormais avec l'Ecole.

Après trois prorogations de son séjour d'un an à chaque fois en tant que membre-pensionnaire depuis 1900, en 1904, Henri Parmentier est nommé chef du service archéologique de l'EFEO par Louis Finot.

Il organise, en compagnie d'Henri Dufour (architecte DPLG) et Charles Carpeaux (fils du sculpteur Jean-Baptiste Carpeaux), une première mission à Angkor. Les trois archéologues effectuent un relevé complet des bas-reliefs du Bayon, un travail considérable qui sera publié en 1913.

Carpeaux s'attelle à sa mission épuisante d'explorer les sites cham toute l'année 1903 jusqu'au printemps 1904. Il se consacre également à une campagne photographique du monument bouddhique de Đồng Dương dont les fouilles sont dirigées par Henri Parmentier. Charles Carpeaux voit sa santé décliner et succombe à 34 ans d'une crise de dysenterie aiguë à Saïgon en 1904 en attendant le bateau la veille de son départ pour la France.

Avec Charles Carpeaux, Parmentier a procédé aux fouilles de Đồng Dương et Mỹ Sơn mais il dut poursuivre seul le chantier de Chánh Lô en 1905 avec le décès en 1904 de Charles Carpeaux. 1905 est aussi l'année d'un retour en France pour son mariage, le 14 Mars 1905 à Paris avec Jeanne Leuba de son vrai nom Jeanne Leuba-Bastillon et de son retour en France, fille du dessinateur anatomiste Gustave Leuba-Bastillon.

Đồng Dương a révélé un monastère bouddhique sur le territoire Cham et a ainsi créé son propre style ; le style Đồng Dương est identifié sous la forme des figurines tutélaires et protectrices de Dvarapala. Les travaux de Chánh Lô mirent au jour un Temple important, ce qui permit à Parmentier de recevoir la médaille de la Société centrale des architectes français. vignette|Henri Parmentier, sa fille et Jean-Yves Claeys à Tra Kieu (Archives EFEO)

Apport pour la connaissance de l'art cham Les travaux d'Henri Parmentier dans les temples cham sont un apport indéniable et ont ainsi permis de révéler l'art cham : Temple de Mỹ Sơn près de Da Nang, appelée Indrapura au temps des Cham et bien plus tardivement Tourane au temps des Français; Temple de Po Nagar près de Nha Trang ou Kauthara au temps des Cham ; Temple de Po Klong Garai près de Phan Rang ou Panduranga au temps des Cham