Le taux de fécondité peut se définir comme le rapport des naissances vivantes durant une période, généralement l'année, à un effectif moyen de femmes (par exemple les 15-, ou pour chaque âge). L'indice synthétique de fécondité est la somme des taux de fécondité générale par âge durant une période. Il est en pratique synonyme d'indicateur conjoncturel de fécondité ou nombre moyen d'enfants par femme. Ce terme se distingue du taux de natalité, qui correspond au nombre annuel de naissances divisé par la population totale de cette année.
Le taux de fécondité est un indice statistique permettant de mesurer la tendance d'une population à augmenter ou à diminuer naturellement. Il détermine le taux de natalité. Celui-ci permet de calculer la variation naturelle de la population, c'est-à-dire sans tenir compte des flux migratoires, en soustrayant le taux de mortalité. Il s'agit d'une mesure transversale.
Cet indice peut prendre plusieurs formes, qui ont leurs méthodes et leurs intérêts propres : indice de fécondité générale, indicateur conjoncturel de fécondité (ou indice synthétique de fécondité) et indice de descendance finale.
Définitions Le taux de fécondité est le rapport entre le nombre d'enfants nés vivants dans un groupe, une génération au cours d'une année et le nombre moyen, durant cette même année, de femmes de ce groupe en âge de procréer. L'indice de fécondité est le nombre moyen d'enfants par femme.
Taux de fécondité général
Pour une population et une année données, c'est le rapport entre le nombre de naissances vivantes durant cette année et le nombre de femmes en âge de procréer (15 à ) en milieu d'année. Ne nécessitant que la connaissance de ces deux nombres, ce taux a l'avantage de la simplicité.
Mais il dépend de la structure par âge de la population féminine. Or la fécondité par âge varie largement à l'intérieur de la tranche 15 – . Difficile à interpréter, cet indice n'est guère utilisé. On préfère calculer les taux de fécondité pour chaque âge ou groupe d'âges, opération qui sert au calcul de l'indicateur synthétique de fécondité (ou indicateur conjoncturel de fécondité), qui est aujourd'hui davantage utilisé par les démographes, avec l'indicateur de la descendance finale.
Indicateur conjoncturel (ou synthétique) de fécondité Il permet de calculer le nombre moyen d'enfants auxquels les mères donneraient le jour si les générations futures avaient le même taux de fécondité par âge que les générations actuelles. On le calcule en faisant la somme des taux de fécondité pour chaque âge (de 15 à ), ou en divisant par cinq la somme des taux pour chaque groupe d'ages de cinq ans (15-19, 20-24) établis pour une année donnée selon l'INED. , c'est-à-dire qu'il mesure la fécondité « du moment » (à ne pas confondre avec la descendance finale). Dans une note méthodologique, l'Insee précise les limites de cet indice : « L’indicateur ne mesure pas les comportements d’une génération réelle. Il est probable qu'aucune génération réelle n'aura à chaque âge les taux observés. L’indicateur conjoncturel de fécondité sert donc surtout à caractériser d'une façon synthétique la situation de la fécondité au cours d'une année donnée, sans qu'on puisse en tirer des conclusions certaines sur l'avenir de la population. »
En France
L'Insee a constaté en France (comme ailleurs en Europe et dans le monde) une tendance à un premier accouchement arrivant plus tard dans la vie des femmes (âge moyen : en 2019).
Pour cette raison, l'indice conjoncturel de fécondité a subi un apparent ralentissement après 1976 (environ par femme) ; Mais quand on intègre dans les modèles une fécondité des femmes déjà mères variant avec l’âge du dernier enfant, et non avec l’âge de la mère, la fécondité est alors estimée à par femme (taux proche de la descendance finale des générations).
Cette descendance finale des générations va un peu diminuer pour les générations nées après 1956, mais pourrait se stabiliser aux alentours de par femme pour la « génération 1970 », à la suite d'une légère augmentation de la part des femmes qui resteront sans enfant (hausse de l'infécondité, qui pourrait notamment être due à une délétion de la spermatogenèse chez les hommes et à une diminution de la fécondité féminine).
La répartition des femmes selon le nombre d’enfants reste cependant, selon l'Insee, . Les naissances sont retardées mais la fécondité est stable.
Évolution récente (2005 à 2016) du taux de fécondité par groupe d'âge. L'âge moyen des mères a augmenté de , passant de en 2005 à en 2015. Diminution du taux pour les jeunes femmes : de 15 à mettaient au monde en 2005 et 2,7 en 2015. Diminution également du taux pour les femmes ayant entre 25 et : pour le nombre de naissances passe de 12,8 à 11,9 par an. À l'inverse, le taux augmente pour les trois autres groupes d'âge : pour celui de 30 à , il passe de 12,3 à 12,9 ; pour les 35- de 5,7 à 7,9 et pour les 40- de 0,6 à 0,8. Au total l'indicateur conjoncturel de fécondité est assez stable, passant, pour , de 193,8 à 196,1. L'INSEE estime en conséquence que « la fécondité française se maintient à un niveau élevé par rapport aux autres pays européens, même si l'indicateur conjoncturel de fécondité passe sous la barre des par femme. Il s'établit à 1,96 en 2015, retrouvant à peu près son niveau de 2005 ». En 2016, l’indicateur conjoncturel de fécondité diminue à nouveau et s’établit à par femme. En 2017, il continue de baisser pour atteindre par femme.En 2020 le taux de fécondité était de 1,83 en France (à comparer par exemple à 1,55 en Belgique ; 1,54 aux Pays-Bas ; 1,36 au Luxembourg dans le Bénélux).
Descendance finale
La descendance finale se mesure dans chaque génération : c'est le nombre moyen d'enfants que les femmes de cette génération ont eu à la fin de leur vie féconde, en ne tenant pas compte de leur mortalité. C'est la somme des taux de fécondité par âge d'une génération, ce qui, en l'absence d'estimations, nécessite des données collectées pendant . Le nombre moyen d'enfants par femme a diminué en France au cours des dernières décennies. En 2013, un document de l'Insee précisait : .
Seuil de renouvellement des générations Le seuil de renouvellement (ou de remplacement) des générations, c'est-à-dire le nombre moyen d'enfants par femme nécessaire pour que chaque génération en engendre une suivante de même effectif, est au minimum de par femme, soit pour , parce que pour il naît . Les seuils réels sont supérieurs à ce minimum en raison de la mortalité entre la naissance et l'âge de procréation. Ce seuil varie selon les pays, allant d'un peu moins que 2,1 dans les pays développés (2,075 au Royaume-Uni, par exemple) jusqu'à 3,4 dans certains pays en voie de développement pour une moyenne mondiale autour de 2,33.
Un pays dont le taux de fécondité se maintient durablement en dessous de ce seuil verra sa population diminuer (en l'absence d'immigration).
Indice conjoncturel de fécondité dans le monde
L'indice synthétique de fécondité varie beaucoup selon les différentes régions du monde.. Les facteurs généralement associés à une baisse de la fécondité comprennent, entre autres, la richesse, l'éducation des femmes..., la participation des femmes au travail. et l'urbanisation.. En 2023, le taux de fécondité le plus bas du monde est celui de la Corée du Sud avec 0,72 tandis que le plus élevé est celui du Niger avec 7,6 enfants par femme.
Région Indice de fécondité2024 Indice de fécondité2014 Afrique subsaharienne 4,4 5,1 Afrique 4,1 4,7 Asie centrale 3,2 2,7 Afrique du Nord 2,8 3,4 Asie de l'Ouest 2,5 2,9 Asie du Sud 2,2 2,5 Moyenne mondiale 2,2 2,5 Océanie 2,0 2,4 Asie du Sud-Est 2,0 2,4 Asie 1,8 2,2 Amérique latine 1,7 2,2 Amérique 1,7 2,1 Amérique du Nord 1,6 1,8 Europe 1,4 1,6 Asie de l'Est 1,0 1,5
Taux d’infécondité de période Ce nouvel indice, proposé en 2026 par trois professeurs d'économie belges, vise à capter, au-delà de la diminution de la taille des familles (et donc du taux de fécondité par femme), les proportions de femmes susceptibles de ne jamais avoir d'enfant si les conditions socio-économiques restent identiques. Selon les chercheurs qui en sont à l'origine, cette mesure du non-passage à la parentalité permettrait d'avoir une vision plus parlante que le taux de fécondité par femme pour montrer la baisse de natalité. En 2023, ils ont calculé que ce taux était de 27% en France et de 45% en Corée du Sud.
Notes et références
Notes
Références
Annexes Articles connexes Transition démographique Explosion démographique Facteur de fécondité (démographie) Liste des pays par taux de fécondité Taux de fécondité général Taux de natalité
Liens externes Nombre d'enfants nés vivants par femme dans les différents pays du monde, selon la CIA Indicateur conjoncturel de fécondité dans les différents pays du monde, selon l'INED Indicateur conjoncturel de fécondité dans les différents pays du monde, selon le Population Reference Bureau Lexique de démographie (INED)
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